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Thérèse Zrihen-Dvir

Regard d'un écrivain sur le Monde

5 janvier 2017 4 05 /01 /janvier /2017 07:55

Réactions des dirigeants palestiniens et de la presse palestinienne à l’adoption par le Conseil de Sécurité de l’ONU de la Résolution 2334 contre les colonies israéliennes : « Une victoire historique »

Par : D. Hazan et C. Jacob *

La résolution 2334 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée le 23 décembre 2016, selon laquelle les points de peuplement israéliens dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967, y compris Jérusalem-Est, constituent une violation flagrante du droit international [1], a été accueillie avec enthousiasme au sein de l’Autorité palestinienne (AP). Le président palestinien Mahmoud Abbas l’a considérée comme une reconnaissance mondiale du fait que ces implantations sont illégales. De même, des responsables palestiniens et des chroniqueurs de l’AP ont perçu cette résolution comme une victoire palestinienne essentielle et historique et un coup porté à Israël, soulignant que son importance venait du fait qu’elle représente la reconnaissance mondiale de l’illégalité des colonies.

Certains ont estimé que cet important succès et le sentiment de triomphe qu’il génère pousseront l’AP à continuer de prendre des mesures contre Israël au sein des institutions internationales, à renforcer son statut international et à promouvoir la solution des deux États, via un comité international et une résolution du Conseil de sécurité. Pour eux, cette résolution est une justification de la politique d’Abbas, contrastant avec les critiques récentes émises à son égard par ses adversaires au sein de l’AP. [2]

La presse de l’AP a aussi exprimé sa satisfaction en termes victorieux, même si certains journalistes appelaient à la retenue.

La presse de l’AP : La Résolution 2334 est une victoire pour la Palestine

Le 24 décembre 2016, au lendemain de l’adoption de la résolution, l’organe de presse de l’AP Al-Hayat Al-Jadida affichait en une « La Palestine gagne » en grandes lettres rouges, avec la photo du président Mahmoud Abbas souriant et levant les bras en signe de triomphe. Dans l’article, on pouvait lire que pour la présidence de l’AP, le vote au Conseil de sécurité représentait « une gifle retentissante [au visage] de la politique israélienne et [la démonstration] d’un soutien international absolu à la politique du président Abbas ». Un article sur les réactions israéliennes, intitulé « Panique en Israël », citait des responsables de l’AP louant le triomphe historique des Palestiniens, contrastant avec la défaite israélienne. Le secrétaire du Comité exécutif de l’OLP, Saeb Erekat, a déclaré que c’était « une journée historique et une victoire pour la légitimité internationale ». [3]

L’adoption de la résolution a été également largement couverte par d’autres médias palestiniens, certains articles faisant état de distributions de bonbons dans les rues. [4]

Une du quotidien de l’Autorité palestinienne Al-Hayat Al-Jadida au lendemain du passage de la résolution : « La Palestine gagne ». Al-Hayat Al-Jadida, 24 décembre 2016.

Abbas : Le monde reconnaît l’illégalité des colonies ; Israël est appelé à assister à la Conférence de Paris

Suite à la résolution du Conseil de sécurité, le président palestinien Mahmoud Abbas a affirmé que le monde avait déclaré « illégales les colonies dans les territoires palestiniens occupés en 1967, Jérusalem-Est compris… Le monde appelle Israël à se réveiller et à renoncer à cette politique erronée qui ne peut déboucher sur la paix… Ce qui s’est passé hier [l’adoption de la résolution] n’a pas résolu le problème [palestinien] mais l’a délimité et a bien défini les fondements juridiques d’une solution ».

Il a ajouté : « Nous disons à la partie israélienne : asseyons-nous à la table des négociations, abordons toutes les questions en suspens et résolvons-les de bonne foi, car nous sommes voisins en ce lieu saint et nous désirons la paix, [nous] dans notre Etat et vous dans le vôtre. Vivons côte-à-côte dans la sécurité et la stabilité. Si vous acceptez, 57 pays arabes et musulmans seront prêts à reconnaître l’Etat d’Israël. Pour l’heure, vous vivez sur une île isolée, mais si vous acceptez l’initiative arabe [de paix], vous vivrez avec nous dans la paix et la stabilité. La Conférence de paix de Paris se tiendra en janvier, avec la participation de 70 pays, pour réitérer ce qui a été dit hier au Conseil de sécurité. Venez y prendre part, asseyez-vous et négociez avec nous, conformément à ces principes qui ont été approuvés par la communauté internationale il y a 70 ans… Les termes de référence de ces négociations seront sur la table et un mécanisme international pour les mettre en application sera formulé, de sorte que les négociations seront parrainées par sept ou dix pays… et un calendrier sera fixé. Une fois tout cela accompli, les portes seront ouvertes à l’établissement de la paix. » [5]

Le ministre des Affaires étrangères de l’AP : nous oeuvrerons à l’application de la résolution afin d’actualiser le droit des réfugiés palestiniens à retourner à leurs habitations

D’autres responsables de l’AP se sont félicités de la résolution. Le ministre des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne, Riyad Al-Maliki, s’est engagé à « continuer de collaborer avec la communauté internationale à l’actualisation des droits palestiniens… pour mettre fin à l’occupation israélienne dans les territoires palestiniens, créer l’Etat de Palestine avec Jérusalem pour capitale et pour le retour des réfugiés aux habitations desquelles ils ont été expulsés, conformément à la résolution [194] de l’ONU ». [6]

Le membre du Comité exécutif de l’OLP, Hanan Ashrawi, a remercié les membres du Conseil de sécurité, le Venezuela, la Malaisie, le Sénégal et la Nouvelle-Zélande, qui ont présenté le projet de résolution, pour leur « soutien à la cause palestinienne ». L’observateur permanent palestinien à l’ONU Riyad Mansour a déclaré que l’adoption de la résolution avait ouvert la porte au Conseil de sécurité pour qu’il corrige ses erreurs passées, précisant : « Nous remercions tous les pays membres qui ont soutenu cette résolution et nos frères en Egypte, les représentants arabes au Conseil, pour tous les efforts que l’Égypte a investis dans cette démarche. » [8]

Un haut responsable palestinien : Notre plan était de mettre Israël en embuscade avec un projet de résolution surprise

Le quotidien de l’Autorité palestinienne Al-Ayyam a cité les propos d’un haut responsable palestinien : « Le plan était de présenter un projet de résolution par surprise, qui serait une embuscade pour Israël, afin qu’il n’ait pas le temps de téléphoner aux pays membres du Conseil de sécurité pour tenter de les influencer ou même de les menacer. » [9]

Le 27 décembre, on pouvait lire dans le quotidien égyptien Al-Yawm Al-Sabi que le projet de résolution avait été rédigé en coordination avec l’administration Obama lors d’une réunion du 12 au 15 décembre de la délégation palestinienne, menée par Saeb Erekat et par le chef du renseignement palestinien Majid Faraj, avec la délégation américaine, dirigée par le secrétaire d’État John Kerry et la conseillère pour la sécurité nationale Susan Rice. « Kerry et Rice ont précisé qu’ils étaient prêts à coopérer à une résolution équilibrée », était-il souligné. [10]

Un éditorial du quotidien de l’AP : La bataille diplomatique est la bonne voie

L’éditorial du quotidien de l’AP Al-Hayat Al-Jadida a fait l’éloge d’Abbas :
« Le président Abou Mazen [Mahmoud Abbas] ne s’adonne pas à des jeux de hasard ou à des expériences. C’est au contraire un dirigeant qui croit en la fermeté de la position de son peuple et au pouvoir de son libre-arbitre. C’est un dirigeant sage, convaincu qu’une activité politique intense est le bon moyen de surmonter les difficultés et même de rendre l’impossible possible, du moment que ses principes reposent sur des positions nationales fermes…

Par conséquent, il est parfaitement clair que cette démarche politique est la bonne, aux côtés de la lutte et de la résistance… et a aujourd’hui conduit à une victoire historique pour la Palestine au Conseil de sécurité – la plus haute instance de légitimité internationale – qui a voté de manière écrasante pour condamner les colonies israéliennes et appeler à leur arrêt immédiat, réaffirmant la position palestinienne… C’est une victoire de la voie sage, une victoire de la position juste dans le combat pragmatique, une victoire de la défense de principes, une victoire de l’adhésion à la décision nationale indépendante. Par-dessus tout, c’est une victoire de la Palestine, grâce aux sacrifices massifs de ses fils, une victoire de la position puissante et tenace des courageux martyrs, blessés et prisonniers. »

L’éditorial attribuait également la victoire diplomatique des Palestiniens au Congrès du Fatah :

Cette victoire est le premier résultat du Septième Congrès général du Fatah. C’est ce succès – qui a prouvé l’unité du mouvement, la force de ses cadres juridiques et de sa structure organisationnelle, son aspiration à un renouveau et son parcours qui ne s’écarte pas de la voie nationale juste, qui a rendu la démarche politique au Conseil de sécurité si puissante et si présente. Les membres du Conseil [de sécurité], et le monde entier, savent désormais que le succès appréciable du Septième Congrès général a, malgré des défis de taille, fait du Fatah l’élément palestinien le plus puissant, qui ne peut être ni ignoré ni occulté, et que son plan national contient une solution juste, conforme à la légitimité internationale, car [le Fatah] est le modèle, le leadership et la voie juste. [11]

Des chroniqueurs saluent la résolution, appellent à sa mise en œuvre et à prendre d’autres mesures contre Israël

La presse de l’AP a publié de nombreux articles saluant la victoire et la situation qu’ils disent avoir créée : Israël en position défensive et les Palestiniens prenant l’initiative. De nombreux articles ont appelé à la conservation de cet avantage, à l’application de la résolution et à profiter de cette occasion pour prendre d’autres mesures contre Israël au niveau international et diplomatique.

Rabah, chroniqueur d’Al-Hayat Al-Jadida Yahyah écrit : « La résolution met définitivement un terme aux arguments et aux mensonges d’Israël selon lesquels les territoires palestiniens occupés en 1967 sont des territoires disputés. » [12]

La résolution encouragera l’Autorité palestinienne à poursuivre son action diplomatique contre Israël

Des chroniqueurs des quotidiens de l’AP ont soutenu que d’autres mesures suivront la résolution. Hassan Al-Batal, chroniqueur du quotidien de l’AP Al-Ayyam, écrit que le sentiment de victoire de l’AP après l’adoption de la résolution 2334 l’incitera à poursuivre son action diplomatique contre Israël, y compris les tentatives visant à améliorer le statut de l’AP auprès des instances internationales, des appels à la Cour pénale internationale (CPI), la défense d’une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies pour la solution à deux États et le renforcement du boycott anti-israélien : « Une analyse de sa victoire motivera l’AP à commencer à améliorer la représentation de la Palestine au sein des Nations unies, [pour passer du statut] d’Etat observateur à celui d’Etat membre, et à se porter candidate pour être membre de centaines d’organismes internationaux. Le mouvement international BDS de boycott d’Israël et des colonies renforcera son activité et il faut souligner que la France est le premier pays de l’Union européenne à avoir décidé de mettre en œuvre la recommandation du parlement européen d’étiqueter les produits des colonies [israéliennes]… Si Israël ignore la nouvelle résolution, la Palestine peut répliquer en portant la question des colonies et de la politique israélienne devant la CPI… Après tout, les colonies constituent un crime de guerre international, car il est interdit de transférer une population d’un État à un autre… Le mois prochain, au début de 2017, la Suède occupera la présidence tournante du Conseil de sécurité, remplaçant l’Espagne, et les diplomates palestiniens pourront alors tirer parti des résultats de la Conférence de Paris en soumettant [au Conseil de sécurité] une proposition directement liée à la mise en œuvre de la solution à deux États. » [13]

Pour Muwaffaq Mattar, chroniqueur d’Al-Hayat Al-Jadida, l’AP est sur la bonne voie et la formulation de la résolution prouve que les puissances, notamment les États-Unis, sont convaincues du droit du peuple palestinien à un État indépendant, avec Jérusalem-Est comme capitale. « Nous pouvons être optimistes et affirmer que la résolution 2334 accélère l’arrivée du jour où notre pays, la Palestine, sera membre du Conseil de sécurité en tant qu’État souverain indépendant. » [14]

Nous devons garantir l’application de la résolution 2334 contre les colonies

Le chroniqueur d’Al-Ayyam Akram Atallah a écrit : « La résolution ne mettra pas fin à l’occupation ni ne démantèlera les colonies. Ce [but] ne peut être atteint en une fois. La politique internationale vis-à-vis des Palestiniens progresse à un rythme effréné, mais plus important encore, elle progresse vers la réalisation des droits des Palestiniens et l’isolement d’Israël… Il est important de traduire la résolution en [action, en veillant à ce que] chaque pays ayant voté pour elle adopte des mesures punitives contre les colonies, boycotte leurs produits et place leurs résidents sur la liste des individus interdits d’entrée [dans leurs pays], faisant ainsi de tout colon un paria… Nous devons préparer un plan pour gérer les colonies ». [15]

Un autre journaliste d’Al-Ayyam, Hanni Habib, écrit : « Les pays ne se sont pas contentés de déclarer que les colonies constituent un obstacle à la paix. Ils ont explicitement proclamé leur illégalité, plaçant Israël [en position de violation] du droit international, vu que la Cisjordanie et Jérusalem-Est sont des terres palestiniennes et doivent devenir [une partie intégrante] d’un Etat palestinien créé via des négociations. Cette résolution jettera les bases… d’un comportement différent de celui des organes et comités des Nations unies, très explicite sur les colonies israéliennes. [Particulièrement] si la CPI traite les plaintes de l’AP sur les violations israéliennes contre le peuple palestinien et sa terre. La Conférence de Paris, qui se tiendra le mois prochain et abordera des sujets [encore] plus importants sur l’occupation israélienne et toutes les questions en suspens depuis les Accords d’Oslo, pourrait renforcer la position des Palestiniens… [Elle pourrait aussi] consolider la position européenne qui a récemment commencé à émerger en faveur d’une résolution du Conseil de sécurité pour imposer la fin de l’occupation, même si Israël n’assiste pas à la conférence… Nous ne devrions certainement pas parler de renouveler les négociations pour l’heure, mais seulement après l’application des résolutions du Conseil de sécurité, notamment la dernière concernant les colonies. [16]

Israël est sur la défensive sur la scène diplomatique ; les Palestiniens prennent l’initiative

Hussein Hijazi écrit dans Al-Ayyam que le conflit avec Israël étant une épreuve d’endurance, les Palestiniens ont le dessus, et qu’après la résolution 2334, l’initiative est aux mains des Palestiniens, tandis qu’Israël est sur la défensive :

« La question est au bout du compte une question d’endurance et non de ruse… Les colonies en tant que projet et stratégie sont vouées à l’échec, non seulement parce qu’elles sont illégales et n’ont pas de légitimité internationale, mais parce que l’expansion d’Israël dans une région si étroite et limitée [les territoires occupés]… ne peut réussir, car dans cette petite région, [encore] plus petite que le gouvernorat de Homs [en Syrie], il ne peut y avoir de troisième option : soit nous y vivons en paix en voisins, soit nous continuons à nous la disputer pendant encore 1 000 ans… Les Palestiniens sont capables de poursuivre cette guerre, sous occupation, pendant un siècle encore, mais la question est combien de temps Israël peut endurer [un état de guerre]…

Aujourd’hui, [après l’adoption de la résolution 2334], Israël est sur la défensive sur [la scène] diplomatique, essayant de repousser les attaques répétées, et n’est pas [en position] offensive… Ceux qui initient et déterminent l’ensemble de l’ordre du jour stratégique sont les Palestiniens et, si ce n’est eux, alors c’est la France et les Etats-Unis. Et si l’Occident n’agit pas en ce dernier moment décisif, peut-être est-il temps que l’initiative passe aux mains du nouvel équilibre tripartite du pouvoir – comprenant la Russie, la Turquie et l’Iran – qui prend actuellement forme sous la direction de la Russie. [Cette troïka] est aujourd’hui la variable stratégique la plus importante de l’équilibre [du pouvoir] mondial… Obama retire actuellement sa protection du voyou [Israël] qui a, jusqu’à peu, été choyé et protégé ». [17]

Montaser Hamdan, membre du secrétariat de l’Union des journalistes palestiniens, écrit dans le quotidien de l’AP Al-Hayat Al-Jadida : « L’adoption d’une telle résolution est une réelle preuve de l’adhésion d’Abbas à sa position, qui s’oppose à la reprise des négociations tant que la construction des colonies n’est pas gelée, malgré toutes les critiques et tous les efforts déployés pour l’écarter de cette position et le dépeindre comme « ayant escaladé un grand arbre et ne sachant pas comment en redescendre ». Que le Conseil de sécurité ait adopté cette résolution prouve la justesse de la position tenace du président Abbas, car il est descendu de l’arbre en portant cette résolution internationale si importante pour la cause palestinienne et qui constitue une base solide pour toute future négociation avec la partie israélienne…

La bataille n’est pas encore finie. En fait, il faut accorder une attention majeure à l’évaluation des mesures tactiques [qui doivent être prises] pour gérer la réaction israélienne [à la résolution], aux niveaux local, arabe et international, et nous devons agir pour optimiser ce succès, d’autant plus que, en s’abstenant de mettre son veto à cette résolution au Conseil de sécurité, les Etats-Unis ont temporairement retiré leur soutien à l’Etat d’occupation [appelé] ‘Israël’. Voilà une occasion en or de renforcer les relations avec le Parti démocrate aux États-Unis et d’atteindre [les échelons] décisionnels, tant au Parti républicain qu’au Congrès, afin de les soumettre à un test diplomatique [et de voir si] les États-Unis sont [réellement] l’un des parrains du processus de paix, quel que soit leur président… » [18]

D’autres auteurs : Calmez votre enthousiasme, la résolution n’est qu’un coup de fouet à notre moral

En marge des éloges à la résolution, certains ont appelé à freiner l’enthousiasme général, soulignant qu’une action diplomatique énergique doit se poursuivre. L’ancien ministre de l’AP, Ziad Abu Zayyad, a tenté de calmer les passions, écrivant :

« Nous devons réfréner notre enthousiasme face à cette résolution, car ce n’est que de l’encre sur du papier et une énième résolution qui en rejoint des dizaines d’autres… Elles ont une valeur morale, mais rien de plus, si elles ne sont pas accompagnées d’un mécanisme de mise en œuvre… La seule manière de nous défendre contre le ressentiment, la fureur et l’éruption de la nouvelle administration [américaine] est d’appeler immédiatement à une adhésion à l’ONU, avant que Trump n’entre à la Maison Blanche le 20 janvier, pour nous protéger d’une campagne israélo-américaine de vengeance contre les Palestiniens ». [19]

Dans la même veine, le chroniqueur du quotidien Al-Qods basé à Jérusalem-Est et membre du FPLP [Front populaire de libération de la Palestine] Rasam Abidat, écrit :

« Il est vrai qu’aucune résolution de ce type n’a été votée depuis 35 ans… et qu’elle constitue une victoire pour la vérité et pour la justice… et pour la cause palestinienne, et est également une gifle pour l’Etat d’occupation… Mais elle devrait aussi nous motiver à continuer d’exercer une pression diplomatique à tous les niveaux, afin que l’État d’occupation applique les résolutions de légitimité internationale…

Ce que signifie cette résolution, c’est que tous ceux qui croient en la justice, en l’humanité et au droit des peuples à la liberté, à l’indépendance et à l’autodétermination, ont soutenu notre peuple. Mais ne soyons pas trop optimistes sur cette question, et n’utilisons pas la terminologie de l’illusion et de l’émotion déconnectée de la réalité, pour amplifier ces succès. En effet, nous parlons, non pas d’une victoire historique, ni d’une nouvelle phase dans la lutte – car cette [démarche] de l’administration [sortante], qui a passé tout son mandat [à avoir un comportement] totalement biaisé en faveur de l’Etat d’occupation… [provient d’] une vendetta personnelle et de son désir de gifler Netanyahu au visage… Cette administration aussi – comme Obama et Kerry l’ont répété – a cherché à sauver l’Etat de l’occupation de lui-même.. car la poursuite des colonies et l’annexion de la Cisjordanie menacent sa sécurité et sa judéité… Il est donc essentiel de ne pas créer des attentes quant aux changements qui s’opèrent dans la politique américaine, particulièrement en ce mois où nous affronterons une administration américaine très extrême…

Avant de parler de victoires, et de faire preuve de trop d’optimisme à leur égard, l’AP, les autres factions doivent surveiller l’application de cette résolution et sa mise en pratique sur le terrain… renforcer l’unité palestinienne… et agir pour relancer la centralité de la question palestinienne dans le monde arabe… Au niveau international, nous devons fédérer toutes les ambassades, représentations et communautés palestiniennes, ainsi que nos amis [dans le monde entier]… afin de condamner l’occupation et ses crimes contre notre peuple palestinien… de renforcer l’isolement [israélien] et d’étendre autant que possible le boycott économique et politique ». [20]

 

Le chroniqueur d’Al-Ayyam Hani Al-Masri écrit que la réaction israélienne à l’adoption de la résolution a révélé la surprise du Premier ministre israélien Netanyahu et la gifle au visage d’Israël. Toutefois, a-t-il déclaré, « les dirigeants palestiniens amplifient l’importance de la résolution et la considèrent comme un tournant historique et un changement dans la position américaine… [mais] on néglige le fait qu’elle relève de l’article 6, signifiant qu’elle n’est pas applicable. En outre, le prochain président américain s’est engagé à adopter une position différente à l’égard de la résolution une fois que son mandat débutera, le 20 janvier, c’est-à-dire qu’il ne l’honorera pas et défendra d’autres politiques qui empêcheront sa mise en œuvre, même si ce ne sera pas facile pour lui. »

« De même, la résolution ne reconnaît pas l’Etat palestinien que le monde reconnaît et met la victime et le bourreau sur un pied d’égalité concernant le terrorisme, l’incitation à la haine et le meurtre de civils. En revanche, elle signale la coordination sécuritaire entre Israël et les Palestiniens, et la poursuite de la phase intérimaire. C’est une bonne chose que la résolution ne dise rien sur le principe d’échange territorial accepté par les négociateurs palestiniens, un accord qu’ils réitèrent alors même que ce principe légitime les colonies… »

« Mahmoud Abbas a déclaré que les dirigeants palestiniens ont choisi de renouveler les négociations suite à la résolution, qui annonce la re-création du soi-disant ‘processus de paix’ qui nous a menés à la catastrophe actuelle. Cela signifie que la résolution a manqué [sa cible] et qu’elle est passée d’une bonne chose à une mauvaise chose, tandis qu’Israël essaie de la transformer d’une chose nuisible en une chose bénéfique, en étendant la construction dans les colonies, en poursuivant le plan d’annexion, et en encourageant l’administration Trump à tenir sa promesse de transférer l’ambassade des États-Unis à Jérusalem, d’éliminer la solution des deux États et d’appeler à une reprise des négociations sans implication internationale. » [21]

* D. Hazan et C. Jacob sont chargés de recherche à MEMRI.

Lien vers l’article en anglais

Notes :

[1] Un.org/press/en/2016/sc12657.doc.htm, le 23 décembre 2016.

[2] Voir Enquête et analyse n° 1283 de MEMRI, Fatah’s Seventh General Conference Will Convene Under The Shadow Of The ‘Abbas-Dahlan Struggle, le 28 novembre 2016 ; Enquête et analyse n° 1282 de MEMRI, The ‘Abbas-Dahlan Power Struggle Over The Palestinian Presidential Succession, le 28 novembre 2016 ; Dépêche spéciale n° 6689 de MEMRI, Muhammad Dahlan: I Don’t See Myself As A Presidential Candidate – I Support Marwan Barghouti, 23 novembre 2016 ; Dépêche spéciale n° 6684 de MEMRI,Reports In Arab Press: ‘Abbas Resisted Arab League Pressure To Appoint Successor – Despite Threats Of Sanctions Against Him, le 18 novembre 2016 ; Enquête et analyse n° 1270 de MEMRI, Tension Between Mahmoud ‘Abbas, Arab Quartet Over Initiative For Internal Reconciliation In Fatah, 27 septembre 2016 ; Enquête et analyse n° 1290 de MEMRI, Fatah’s Seventh General Conference Bolsters ‘Abbas’s Standing; Contradictory Messages In ‘Abbas Statements On Terror, Negotiations With Israel, 21 décembre 2016.

[3] Al-Hayat Al-Jadida (AP), le 24 décembre 2016.

[4] Al-Quds (Jérusalem), le 24 décembre 2016.

[5] Wafa (AP), le 24 décembre 2016.

[6] Al-Hayat Al-Jadida (AP), le 24 décembre 2016.

[7] Al-Hayat Al-Jadida (AP), le 24 décembre 2016.

[8] Al-Hayat Al-Jadida (AP), le 24 décembre 2016.

[9] Al-Ayyam (AP), le 24 décembre 2016

[10] Al-Youm Al-Sabi (Égypte), le 27 décembre 2016

[11] Al-Hayat Al-Jadida (AP), le 25 décembre 2016.

[12] Al-Hayat Al-Jadida (AP), le 26 décembre 2016.

[13] Al-Ayyam (AP), le 25 décembre 2016.

[14] Al-Hayat Al-Jadida (AP), le 25 décembre 2016.

[15] Al-Ayyam (AP), le 25 décembre 2016.

[16] Al-Ayyam (AP), le 25 décembre 2016.

[17] Al-Ayyam (AP), le 25 décembre 2016.

[18] Al-Hayat Al-Jadida (AP), le 26 décembre 2016.

[19] Al-Quds (Jérusalem), le 25 décembre 2016.

[20] Al-Quds (Jérusalem), le 27 décembre 2016.

[21] Al-Ayyam (Jérusalem), le 27 décembre 2016.

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