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Thérèse Zrihen-Dvir

Regard d'un écrivain sur le Monde

19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 18:13

Presse libanaise : Le Hezbollah possède des armes fournies par l’Iran « qui changent la donne »

 

Des articles ont récemment paru dans la presse libanaise sur l’activité militaire du Hezbollah au sud du fleuve Litani, à la frontière israélo-libanaise, en violation de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies, et sur la force croissante de l’organisation ces dernières années, en particulier suite à son ingérence militaire dans la guerre en Syrie. La presse libanaise signale, entre autres, que le Hezbollah a creusé des tunnels à la frontière israélienne et possède des armes perfectionnées fournies par l’Iran et la Syrie qui perturbent l’équilibre des forces face à Israël. En outre, on apprend que le Hezbollah coopérerait avec l’aile militaire du Hamas, les Brigades Izz Al-Din Al-Qassam.

Les articles sur l’activité militaire du Hezbollah dans le sud du Liban sont corroborés par la déclaration de l’organisation, le 17 janvier 2017, selon laquelle ses agents ont trouvé l’épave d’un drone israélien qui s’était écrasé près de la frontière deux jours plus tôt et l’examinait « dans un lieu sûr ». [1]

Al-Akhbar : En dépit des attaques aériennes israéliennes, des centaines de convois ont transporté des armes perfectionnées au Hezbollah depuis la Syrie ; le Hezbollah dispose d’armes « qui changent la donne »

Ibrahim Al-Amin, président du conseil d’administration du quotidien libanais pro-Hezbollah Al-Akhbar, écrit dans un éditorial, le 24 janvier 2017, que les capacités militaires, de sécurité et de renseignements du Hezbollah se sont renforcées ces dernières années. Ceci, dit-il, est manifeste au vu de la capacité de l’organisation à définir les règles du jeu de la confrontation avec Israël ; de l’arsenal d’armes variées en sa possession, fourni par la Syrie et l’Iran, dont des armes « qui changent la donne » ; de sa présence non seulement à la frontière entre le Liban et Israël, mais à la frontière entre la Syrie et Israël ; du fait qu’il soit devenu un acteur majeur en Syrie, en Irak et au Yémen, ce qui a également une influence considérable sur d’autres zones et arènes sensibles du monde arabe et musulman ; de sa coopération avec l’aile militaire du Hamas. Amin a laissé entendre que les estimations israéliennes évaluant que le Hezbollah serait capable de tirer 1 500 missiles par jour sous-estiment ses véritables capacités. Il écrit :

« En réexaminant la scène de la confrontation directe entre Israël et le Hezbollah, nous remarquons une chose qui préoccupe grandement les dirigeants ennemis : l’ennemi a échoué dans ses efforts acharnés pour modifier les règles du jeu de la confrontation avec la résistance [le Hezbollah] le long de la ligne frontalière. Les meurtres ciblés [par Israël] de hauts membres de la résistance ont contraint les dirigeants du Hezbollah à une échelle de représailles de plus en plus sévères, allant jusqu’à le préparer à la confrontation totale. Cela a forcé l’ennemi à éviter l’action militaire directe sur le sol libanais, y compris les opérations localisées.

L’ennemi a [alors] décidé de déplacer son attention vers la scène syrienne et d’exploiter la crise qui y sévit pour viser les capacités de la résistance, puisque [l’ennemi] a rapidement compris que l’implication du Hezbollah dans la crise syrienne avait ouvert en grand au Hezbollah les frontières syrienne et libanaise [avec Israël], et lui a donné accès à l’arsenal de l’armée syrienne. Un vaste approvisionnement en armes dernier cri de toutes sortes, dont des armes fournies par l’Iran, a ainsi pu parvenir jusqu’aux dépôts du Hezbollah. L’ennemi a décidé de bombarder des convois militaires ou des dépôts [d’armes] en Syrie appartenant prétendument à la résistance. [Mais le nombre de] raids aériens, signalés ou non, n’a jamais dépassé une moyenne de cinq par an depuis 2011, alors même que l’ennemi sait que des dizaines, voire des centaines de convois ont réussi [à passer] et à fournir [l’armement] nécessaire aux bases de la résistance au Liban…

Dans les faits, Israël comprend que l’arsenal du Hezbollah n’a cessé de se renflouer, qu’il est plusieurs fois plus important qu’en 2006, et que le type d’armes que l’ennemi tentait et tente toujours d’empêcher la résistance d’acquérir – ces armes « qui changent la donne », selon l’expression israélienne – sont désormais à sa disposition, et en grandes quantités. En outre, l’ennemi constate que le Hezbollah, dont l’activité se limitait autrefois au front le long de la frontière libanaise, est désormais présent tout au long du front nord de la Palestine occupée [et aussi sur la frontière syrienne], et a plus de marge de manœuvre qu’auparavant. Ceci, en sus des capacités extraordinaires qu’il a acquises au cours de la guerre de Syrie… Dans la confrontation sécuritaire avec les courants takfiris, les dispositifs de la résistance ont acquis des compétences considérables dans le domaine des renseignements, dont des capacités qu’elle n’avait pas il y a une décennie, sans compter le développement des [services de] renseignements militaires de la résistance. Tout cela accentue les appréhensions de l’ennemi.

L’ennemi comprend à présent que le rôle du Hezbollah dans la région a pris de l’ampleur – maintenant qi’il est un acteur majeur en Syrie, en Irak et au Yémen – vu son influence dans d’autres parties du monde arabe et musulman [également]. Le Hezbollah peut influencer les arènes sensibles ayant une grande importance pour l’axe rival, [un axe] qui inclut des éléments arabes, israéliens et occidentaux. En outre, aucune manifestation du conflit communautaire [entre sunnites et chiites] n’a nui à la faculté du Hezbollah de coopérer avec les forces de la résistance en Palestine, dont les Brigades Al-Qassam d’Izz Al-Din, l’aile militaire du Hamas…

[L’ennemi] fuira-t-il une fois de plus vers une guerre totale [avec le Hezbollah] ? Dans ce contexte, il est pertinent d’attirer l’attention des amis aussi bien que des ennemis [sur le fait] qu’Israël a beau tenter d’évlauer l’étendue des capacités des roquettes du Hezbollah, après chaque confrontation, il s’avère que ses [prévisions] étaient erronnées. Pendant la guerre de juillet 2006, la résistance a tiré 4 300 roquettes sur Israël en 33 jours. Aujourd’hui, les Israéliens affirment que [lors de la prochaine confrontation], le Hezbollah tirera environ 1 500 roquettes par jour. Ce sont les estimations de l’ennemi, et elles sont certainement fausses ! » [2]

Al-Mustaqbal : Le Hezbollah a des positions avancées sur la frontière avec Israël, dont des tunnels

Un autre article sur les préparatifs du Hezbollah à une confrontation avec Israël a paru le 18 janvier 2017 dans le quotidien libanais Al-Mustaqbal, appartenant au Premier ministre libanais Saad Al-Hariri, éminent rival politique du Hezbollah. Le Hezbollah opère au sud du fleuve Litani, en violation de la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui l’interdit. On peut y lire : « Le Hezbollah a dissimulé des positions avancées sur la frontière internationale [entre le Liban et Israël], dont des tunnels creusés il y a dix ans, notamment dans la région d’Al-Labouna, au sud d’Al-Naqoura. Cette région surplombe la côte palestinienne et les villes [israéliennes] de Shlomi et Nahariya. » [3]

Al-Safir : Les agents du Hezbollah travaillent jour et nuit le long de la frontière israélienne, en tant qu’observateurs et pour creuser des tunnels

Ces rapports sur l’activité du Hezbollah au Sud-Liban et les tunnels qu’il creuse s’ajoutent à ceux de la presse libanaise mentionnés dans des rapports de MEMRI. Par exemple, le 25 mai 2016, le quotidien pro-Hezbollah Al-Safir informait, dans un long article marquant le 16e anniversaire du retrait d’Israël du Sud-Liban, que des agents du Hezbollah travaillent jour et nuit le long de la frontière israélienne, « procèdent à des observations, des préparatifs, et creusent des tunnels qui font perdre le sommeil aux colons et aux soldats ennemis ». Et d’ajouter qu’au cours de ses combats en Syrie, le Hezbollah a rencontré un ennemi qui creusait des tunnels, après s’être longtemps considéré comme le seul à le faire, et que le Hezbollah a enseigné à d’autres combattants de la résistance, en particulier aux Palestiniens de la bande de Gaza, la tactique des tunnels [4].

Le 8 octobre 2014, le quotidien libanais Al-Akhbar, proche du Hezbollah, a indiqué que l’organisation avait repris ses activités au sud du Litani, des activités de même type que celles de 2000-2006 dans la région [5].

Lien vers l’article en anglais

Notes :

[1] Moqawama.org, 17 janvier 2017.

[2] Al-Akhbar (Liban), 24 janvier 2017.

[3] Al-Mustaqbal (Liban), 18 janvier 2017.

[4] Voir Dépêche spéciale n° 6447de MEMRI, Lebanese ‘Al-Safir’ Daily Marks 16th Anniversary Of Israel’s Withdrawal From South Lebanon: Hizbullah Is Digging Tunnels On Israel Border, le 25 mai 2016. Concernant l’enseignement de la tactique des tunnels, Ibrahim Al-Amin, directeur du quotidien libanais pro-Hezbollah Al-Akhbar, écrit dans un article du 13 janvier 2014 que des membres du Hamas combattant en Syrie, à Qousseir et dans d’autres régions, ont creusé des tunnels là-bas, semblables à ceux que le Hamas a creusés à Gaza. Il explique que le Hezbollah a enseigné au Hamas à creuser ces tunnels au temps où les deux organisations coopéraient à la contrebande d’armes à Gaza et fomentaient des plans militaires contre Israël.

[5] Voir Dépêche spéciale n° 5857 de MEMRI, Daily Close To Hizbullah: In Violation Of UNSCR 1701, Hizbullah Has Resumed Operations South Of The Litani River, le 13 octobre 2014.

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