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Thérèse Zrihen-Dvir

Regard d'un écrivain sur le Monde

19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 14:20

Colloque Iliade : « Européens, transmettre ou disparaître »

Publié le 19 mars 2017 - par 

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Hier se tenait à la Maison de la Chimie à Paris un colloque de l’Iliade qui avait pour thème « Européens : transmettre ou disparaître ».

« Nous sommes debout face à ceux qui voudraient nous faire plier », résumait en introduction Grégoire Gambier, porte-parole de l’Iliade avant de laisser la parole à Philippe Conrad, président de l’institut, qui a expliqué la nécessité de se recentrer sur les bases familiales et sur les moyens de communication « lieux essentiels de reconquête de la transmission », fustigeant le « triomphe de l’immédiat et du plaisir sur les valeurs d’effort et de dépassement de soi ». Il a ajouté que « nous devons redécouvrir notre histoire pour lutter contre sa déconstruction volontairement orchestrée ».

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Puis François Bousquet, écrivain, a évoqué ceux qu’il nomme des « pédagocrates », ces dé-faiseurs de savoirs mais aussi le naufrage de l’Education Nationale, demandant s’il valait mieux accompagner les élèves dans l’appréhension des savoirs ou dans la file d’attente de Pôle Emploi, désignant un responsable parmi d’autres de ce carnage moral, Bourdieu, qu’il a qualifié de « Tchernobyl intellectuel », faisant s’esclaffer l’auditoire.

« Le Bourgeois Gentilhomme n’est jamais qu’un bobo du grand siècle » a-t-il ajouté.

Des pédagogistes fous suppriment le principe de sélection et la culture générale au nom de l’égalitarisme. Résultat : les élèves moins favorisés n’ont plus du tout accès à la culture, la vraie. Terminées donc les évaluations jugées trop discriminantes. Les enfants doivent apprendre par eux-mêmes mais le problème c’est qu’ils ne savent rien, qu’on ne leur donne pas accès à la connaissance, on ne leur donne plus les moyens d’apprendre à penser par eux-mêmes. Les pédagogistes tracent ainsi l’avenir de millions d’élèves sur la base asséchée de la méconnaissance car, selon Rousseau et ceux qui s’en inspirent, seule l’ignorance serait vertueuse. Nous connaissons tous ce funeste slogan du roman 1984 « l’ignorance est une force ». Or, c’est bien ce délirant slogan que les têtes mal faites de l’Education Nationale appliquent à vos gosses avec l’empressement zélé d’un certain nombre d’enseignants mentalement liquéfiés par leurs idéologies fétides.

Il a évoqué la difficulté à accepter l’idée de l’ascendance d’un maître, possesseur d’un savoir et censément payé pour le transmettre à l’élève, principe jugé trop autoritariste pour être acceptable. « L’enfant est devenu co-auteur de son apprentissage », peut-on ainsi lire sur les documents officiels. L’élève est mis sur le même plan des connaissances que son professeur avec l’effet calamiteux qui ne peut qu’en découler, sans parler de l’anxiété forcément générée par une telle pression sur les petites épaules de l’enfant. On masque les échecs cuisants, on refuse le redoublement trop stigmatisant et coûteux, on camoufle la baisse du niveau pour éviter d’avoir à remettre en cause un système foireux dans lequel trop de gens trouvent leur compte, on peaufine avec célérité « le fiasco et la faillite ».

François Bousquet a rappelé que la tragique méthode globale a été créée à l’origine pour les élèves sourds et demande « pourquoi l’avoir généralisée aux entendants ? »…

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Une table ronde menée par Charlotte d’Ornellas a ensuite réuni Françoise Candelier,directrice d’école hors contrat du Blanc-Mesnil, Jean-Paul Mongin de SOS Education et Jean-François Chemain, professeur.

Ce dernier a enseigné à des élèves issus de l’immigration qu’il appréciait mais qui ne savaient rien, dit-il, parce que rien ne leur avait été transmis, qu’à la maison le français n’était pas parlé. Alors, pour éviter que ces élèves-là ne se sentent stigmatisés en raison d’un retard culturel, le niveau de tous les élèves a été abaissé. Principe égalitaire républicain obsessionnel compulsif.

La conséquence est que dorénavant plus personne ne maîtrise le français mais que tout le monde est enfin à égalité dans cette ignorance. L’égalitarisme est un terreau infertile qui ne peut se concevoir qu’au détriment de la réussite.

Au nom de ce principe, on a supprimé les classes de bons élèves jugées trop élitistes et dans un « entre soi » stigmatisant. Les bons élèves ont été parqués avec les mauvais afin qu’ils cessent, ces petits saligauds, d’être meilleurs qu’eux.

Cette baisse du niveau est volontaire, le but étant d’empêcher l’individu d’acquérir des capacités à raisonner et de le rendre plutôt esclave de ses pulsions primaires, ce qui le rendra plus tard plus perméable à la manipulation mentale. Les égalitaristes, sous couvert de bienveillance, souhaitent en réalité du mal à ceux qu’ils prétendent défendre, et participent avec zèle à les rendre les plus intellectuellement faibles possible. Ainsi, au cours des dernières décennies le niveau a considérablement baissé mais on peut encore faire mieux.

Jean-François Chemain a également fustigé la sélectivité idéologique en matière d’histoire consistant à systématiquement dénigrer la France sans jamais montrer ce qu’elle a fait de beau, quitte au besoin à forcer le trait : « On ne peut pas promouvoir le vivre ensemble quand on résume l’Histoire de France à la traite africaine, la colonisation, la Shoah ».

Françoise Candelier a évoqué ces livrets d’évaluation hermétiques aux parents, ces enfants en difficulté que l’Education Nationale abandonne à leur sort. Elle a témoigné de ces parents, soucieux de donner une chance à leur enfant d’avoir plus tard un bagage intellectuel en poche, condition sine qua non à leur épanouissement, qui accourent inscrire leur enfant dans son école hors contrat, décrits comme désespérés par une école publique moribonde et rendue incapable d’instruire, de cette massive déconstruction méthodique, de cette « idéologie mortifère » qui dure depuis quatre décennies, des parents.

Dans les années 60, a t-elle rappelé, la France avait la meilleure école au monde, elle a aujourd’hui totalement dégringolé dans le classement. C’est un devoir régalien que de gérer l’école, comme elle l’était autrefois quand tous les élèves maîtrisaient le français, l’Histoire, le grec et le latin, a t-elle insisté, ajoutant que l’Education Nationale fait « un Alzheimer terrible » et que, heureusement, l’école hors contrat fait en sorte de préserver ce trésor de savoir, un trésor qui semble d’ailleurs beaucoup déranger les différents ministres – qualifiés de « toxiques » – qui régulièrement réclament son interdiction. Il ne fait pas bon garder les preuves de l’ampleur du désastre.

Le représentant de SOS Education, Jean-Paul Mongin, a rappelé que 20 % des élèves de 6e arrivent illettrés et que le niveau des maîtres lui aussi s’effondre lamentablement puisque les candidats sont admis à partir de 4/20 de moyenne. La structure enseignante, a t-il expliqué, « poursuit un relativisme libertaire issu des années 70 » fait de poncifs. Il a moqué le sacro-saint « vivre ensemble », cette plus impérieuse matière que le français : « On parle de vivre ensemble comme des poulets dans un abattoir vivent ensemble ». Selon lui, il y a une violence totalitaire à vouloir interdire les écoles hors contrat. Il a conclu en disant qu’il fallait redonner aux parents le choix de l’établissement.

Sourire aux lèvres, Charlotte d’Ornellas a ironisé sur le fait que la veille de ce colloque, alors qu’elle visitait un collège, Najat Vallaud-Belkacem avait distribué des baguettes magiques aux élèves. Manifestement, il ne reste plus que cette option…

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L’intervenant suivant, Fabien Niezgoda, chroniqueur de la revue Eléments, a parlé de la transmission de la tradition grecque au Moyen-Age, s’appuyant sur l’ouvrage « Aristote au Mont-St-Michel », livre devenu introuvable car non réédité par les éditions du Seuil, suite à la montée de terrorisme intellectuel qui a suivi sa parution en raison du caractère sulfureux des propos de l’auteur minimisant drastiquement le rôle de l’islam dans cette transmission, contrairement à ce que voudrait nous faire accroire la doxa pâmée devant cette idéologie génératrice de quelques inquiétants déséquilibres.

http://static.ripostelaique.com/wp-content/uploads/2017/03/Fabien-Niezgoda-2.jpgLors de sa tonitruante sortie, une liste de signataires avait éclos pour réclamer la peau de son auteur Sylvain Gougenheim qui remettait en cause, d’une part, les poncifs sur un Moyen-Age habituellement considéré comme obscurantiste et arriéré quand il était au contraire si riche en créations de toutes sortes, et d’autre part les mensonges éhontés sur des relations soi-disant harmonieuses entre l’Europe médiévale et le monde islamique où se vendaient sur les marchés aux esclaves des Européens chrétiens capturés jusque sur nos côtes, pratique qui a perduré durant de nombreux siècles.

Parmi ces signataires se trouvaient des gens qui n’avaient pas lu le livre, d’autres encore qui ne parlaient pas français. Une liste de grands démocrates convaincus, très certainement…

« L’héritage grec n’a jamais été perdu même dès les premiers siècles du Moyen-Age, grâce aux chrétiens fuyant l’islam », a affirmé Fabien Niezgoda qui a poursuivi : « l’Europe a eu connaissance des textes grecs parce qu’elle les a cherchés, non parce qu’on les lui a apportés ».

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Après la pause déjeuner, une deuxième table ronde avait pour thématique la transmission des savoirs à travers le scoutisme, école de la persévérance, de l’éducation de terrain et de valeurs morales communes avant d’être à leur tour transmises à la génération suivante, mais également à travers les contes ou encore le compagnonnage, avec notamment la présence d’un compagnon venu d’Allemagne pour témoigner de son parcours et de la nécessité de ne transmettre que le meilleur pour que le métier perdure.

Le chef d’entreprise Philippe Christèle est ensuite intervenu pour parler de la transmission en entreprise : « l’entreprise réapprend certaines réalités : ponctualité, courtoisie, travail communautaire, complémentarité ».

Mathilde Gibelin et Anne Trewby, du mouvement des Antigones, ont ensuite parlé de la femme, de son corps, de ses cycles, du foyer, centre familial de la transmission quand il n’est pas accaparé par le support de propagande et d’abrutissement qu’est la télévision.

« Michéa nous l’expliquait, le système éducatif enseigne l’ignorance pour que nous restions consommateurs ».

L’intervention de l’écrivain belge Christopher Gérard avait pour thème « Paideia, la transmission comme acte révolutionnaire », la paideia signifiant « l’éducation » en grec ancien. « On veut nous priver de l’héritage grec au nom de l’amnésie programmée de notre société », or « l’héritage est un lien qui rend libre », a t-il déclaré, enjoignant le public à participer activement à la reconstruction de notre civilisation : « Pour reconstruire l’Europe nous devons faire ce qui a toujours été fait : retrousser nos manches ! ».

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Puis Jean-François Gautier nous a offert un cours de musicologie grâce auquel nous avons notamment appris que Louis XIV était si féru de musique et de danse qu’il a accordé à ces deux disciplines « une place majeure » qu’il avait à cœur de transmettre à ses deux filles nées de son union avec la Montespan. Il nous a raconté comment notre patrimoine musical a été remisé aux oubliettes alors que « l’art sacré fut une pépinière de talents », comment 1789 avait aussi ratiboisé ce trésor-là, comment des partitions de chants régionaux patiemment collectées sous Napoléon III ont fini leur vie empoussiérés depuis des lustres aux Archives Nationales dans un oubli retentissant.

« Nous devons éviter le grand remplacement démographique mais aussi musical, musique européenne, musique polyphonique », a t-il asséné, interrogeant : « face à ce passé musical illustre, comment se fait-il que la France soit devenue une ignare ? ».

Un jeune participant aux formations de l’Iliade, Thibaut Cassel, a pris sa suite pour déclamer un poème d’Alfred de Vigny « la Mort du loup », une prestation magistrale qui lui a valu des applaudissements nourris.

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Lionel Rondouin, normalien de son état, a parlé de ces enfants élevés dans des foyers où il y a des livres et de ces autres élevés dans des foyers sans livres, avant d’évoquer la mémoire d’Ernest Lavisse, cet amoureux de la France charnelle, qui disait que « l’Histoire ne s’apprend pas par cœur, elle s’apprend par le cœur ».

Il a parlé de la basilique Sainte-Sophie devenue mosquée et dont le dôme avait tellement ravi les Orientaux qu’ils ont fait, par la suite, de cette coupole la caractéristique principale des mosquées. Un rien goguenard, il s’est amusé de ce que l’on n’apprend pas aux enfants que ce sont les Grecs qui sont à l’origine de l’architecture des mosquées.

Lionel Rondouin a rappelé aussi que les grandes avancées de l’humanité qui ont véritablement changé la vie des hommes sont nées en Europe : les grandes découvertes, les vaisseaux d’exploration scientifique, le perfectionnement des horloges, la mécanique, la physique, la chimie moderne, la révolution industrielle, la machine à vapeur, les progrès de la médecine, l’abolition de l’esclavage… (intégralité de son intervention : http://institut-iliade.com/colloqueilaide-le-recit-civilisationnel-de-leurope/)

Nous avons vu ensuite une vidéo vantant l’intérêt de retrouver nos racines européennes et de maintenir les liens qui nous unissent les uns aux autres.

Enfin, le sémillant Jean-Yves Le Gallou a conclu cette journée en évoquant la promotion permanente de paradis artificiels faisant croire qu’on pourrait ne vivre que de jeux et de plaisirs égoïstes et immédiats, un monde factice destiné seulement à nous noyer dans une ignorance crasse et moutonnière, promesse d’un rétrécissement futur de cet organe que l’on appelle « cerveau » rendu inutile par tant de couches de fumisterie idéologique et abrutissante. Il a montré cette féminité que l’on dégrade peu à peu, avant de faire rire l’assistance par l’évocation du dernier homme sur cette pauvre terre devenue complètement barrée, lequel ne saurait être que le rejeton issu de l’effrayante union de Yann Barthès et Hanouna.

Un cycle historique de déconstruction se termine. Le cycle de culpabilisation a débuté en 1945, visant l’Allemagne avant de s’étendre à toute l’Europe coupable, forcément coupable. Et comme cela ne suffisait pas, on en a rajouté une bonne grosse couche avec l’esclavage, cet esclavage aboli pourtant grâce à l’insistante demande de la civilisation européenne, quand il se pratique encore dans nombre d’autres pays.

Mais, a t-il terminé, « partout à l’Ouest, des mouvements nationalistes s’éveillent ».

Caroline Alamachère

 

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Published by PIMPRENELLE POURPRÉE - dans Riposte Laique
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