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Thérèse Zrihen-Dvir

Regard d'un écrivain sur le Monde

22 mars 2017 3 22 /03 /mars /2017 03:10

Être chrétien en France c’est vraiment porter sa croix !

Publié le 21 mars 2017 - par  

 

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Martin Scorsese – « Taxi Driver », « Les Affranchis », « Gangs of New York », etc. – vient de signer un film exceptionnel, aux antipodes de ses réalisations agitées : « Silence », d’après le roman éponyme de Shūsaku Endō, écrivain japonais de confession catholique. Un vieux projet que l’intéressé mûrissait depuis des années.

« Silence » raconte la tragique expédition de jésuites portugais, partis à la recherche d’un des leurs qui aurait abjuré sa foi. L’histoire se déroule au XVIIe siècle, dans un Japon devenu hostile au christianisme, après l’évangélisation initiée un siècle plus tôt par saint François Xavier. Les chrétiens y sont pourchassés et persécutés comme aux premiers temps par les Romains.
« Silence » met l’accent sur la force de la foi des uns et des autres, montrant notamment l’empathie de ces évangélisateurs en proie à un profond cas de conscience : faut-il apostasier et vivre ou, au contraire, revendiquer sa foi et mourir ?
C’est là que le bât blesse.

En effet, les chrétiens, et particulièrement les catholiques, sont juste tolérés en France, et surtout en silence, c’est le cas de le dire ! On l’a constaté avec la folie furieuse provoquée par la croix de Valérie Boyer sur un plateau de télévision, au soir de la victoire de François Fillon aux primaires de la droite et du centre.

Aussi, le film de Scorsese – un catholique autrefois injustement accablé par d’autres catholiques avec « La dernière tentation du Christ » –, en ne racontant pas la méchante Inquisition ou la vie d’un prêtre forcément pédophile, a de quoi agacer cette sphère médiatique qui devient hystérique lorsqu’il s’agit de causer christianisme autrement qu’en l’invectivant.
Cela peut aller jusqu’à la caricature, comme le récent court-métrage de Lisa Azuelos contre le mariage forcé, qui visait insidieusement la communauté catholique, sachant que cette pratique se rencontre de nos jours plus volontiers chez les musulmans !

Ainsi, Libération persévère dans son anticléricalisme forcené, déclarant tout de go, par la voix d’un certain Marcos Uzal : « Par sa vision trop fanatique, Scorsese bâcle sa fresque historique sur le martyre de chrétiens au Japon. »

Étaler la grandeur – quelque peu exagérée ! – de l’islam n’eût posé aucun problème, mais avancer la ferveur intime de religieux catholiques et leurs fidèles, c’est « fanatique ». Il aura peut-être échappé à l’auteur de l’article qu’une situation fanatique ne fait pas de celui qui la rapporte un fanatique !

Dans la critique à charge de Libération, on trouve toutefois cette phrase qui, transposée chez nous, prend tout son sens : « Les quelques scènes où la confrontation passe par la parole ne font que confirmer l’impossibilité du dialogue : ces échanges n’évoquent pas la foi mais plutôt la revendication par les Japonais de leur souveraineté et le constat d’une incompatibilité culturelle fondamentale. »

Soudain, comme un miroir déformant, ce Japon du XVIIe siècle semble faire écho à l’Occident, où les chrétiens, paradoxalement un peu chez eux, subissent l’intolérance et la promesse d’un joug épouvantable de la part d’une religion extérieure qui s’impose de plus en plus violemment.
Précisons toutefois que le christianisme ne s’est jamais comporté au Japon comme l’islam en Europe. Un islam actuellement sous haute surveillance au pays du Soleil Levant, allez savoir pourquoi ! Sans doute parce que des ressortissants japonais ont été exécutés par Daech ?!
Fidèle à la ligne éditoriale de Libération qui préfère toujours l’Autre, Uzal prend de toute façon fait et cause pour le Japon : « les Japonais sont réduits à être soit des chrétiens apeurés rampant devant les prêtres, soit des inquisiteurs sadiques. »

On pourrait tout aussi « intelligemment » reprocher à Spielberg d’avoir massivement réduit les Allemands à des bourreaux dans « La liste de Schindler » ! Et où a-t-il vu que les chrétiens japonais rampent ? Les prêtres représentent simplement l’espérance pour eux, seconde vertu théologale, tandis qu’ils sont pourchassés. Jusque dans son martyre, le chrétien ne saurait prétendre à la moindre compassion, c’est ça l’idée ?

Quant au dénouement du film, le critique ne l’a visiblement pas compris. Il ne s’agit pas de reniement, car tant qu’un chrétien aime Dieu intérieurement, il peut le renier publiquement, la vérité n’en sera pas moins évidente : il continue de croire en Lui. Et monsieur Uzal oublie un fondement essentiel du christianisme : le pardon.

Notez que Libération n’est pas le seul journal à invectiver « Silence », la palme revenant à L’Humanité qui, en 1953, pleura cependant très dévotement la mort du Petit Père des peuples : « Deuil pour tous les peuples qui expriment, dans le recueillement, leur immense amour pour le grand Staline. »

Pour le journaliste de L’Humanité, Vincent Ostria, l’« Étouffe-chrétien » de Scorsese se résume à cette diatribe ironique : « Après avoir beaucoup péché, Scorsese semble vouloir se donner bonne conscience avec cette languissante fable hollywoodienne cousue de fil blanc et faussement modeste. » Il y a donc quelque vanité à être chrétien ? Mais qu’il est beau d’aimer Allah, aurait dû rajouter Ostria, Mélenchon aurait adoré !

Rassurons-nous, « Silence » a essuyé des attaques nettement plus feutrées que Mel Gibson, à qui on ne pardonne définitivement pas sa Passion très chrétienne. Il en a pris plein la tête pour son dernier long-métrage, qui parle encore de Japonais : Tu ne tueras point, d’après l’histoire authentique d’un soldat américain qui choisit de ne pas porter d’arme au combat mais de soigner les blessés. Là, on peut dire que l’hebdomadaire Les Inrockuptibles s’est lâché : « Tu ne tueras point relève presque du cas psychiatrique et fait basculer le cinéma de Gibson dans l’ère du “catho-porn”, cet Hollywood parallèle destiné à remplir les multiplexes de l’Amérique bigote. »

L’abnégation héroïque de ce soldat méritait-elle un pareil traitement ? Il est vrai que le torchon de Matthieu Pigasse nous a maintes fois démontré qu’il est un « grand artiste en fange », pour reprendre les mots de Barbey d’Aurevilly adressés à Émile Zola et son Assommoir. Pour information, le film de Gibson évoque Desmond Thomas Doss, qui a sauvé plusieurs de ses camarades, et fut le premier objecteur de conscience à être décoré de la Medal of Honor.
Dans les deux films cités, le très doué et prometteur Andrew Garfield tient le rôle principal. Hélas pour les adorateurs du Veau d’or islamique et autres traditions exotiques résolument anti-françaises, il interprète à chaque fois un chrétien !

Bien entendu, tous ces journalistes se fichent éperdument que pas mal de chrétiens financent, via leurs impôts, les dégueuloirs où ils sévissent !

Charles Demassieux

(PS : j’en profite pour assurer Pierre Cassen de tout mon soutien et jurer sur l’honneur qu’il n’est pas responsable de la mort de Kennedy, au cas où le tribunal voudrait aussi lui coller ça sur le dos !)

 

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Published by PIMPRENELLE POURPRÉE - dans Riposte Laique
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  • écrivain, née à Marrakech, Maroc, qui cherche une voie pour rapprocher les coeurs et les ames.
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