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Thérèse Zrihen-Dvir

Regard d'un écrivain sur le Monde

21 mars 2017 2 21 /03 /mars /2017 05:12

Macron, c’est le Clinton français… mais c’est Trump qui a gagné !

Publié le 20 mars 2017 - par  

http://static.ripostelaique.com/wp-content/uploads/2017/03/Ri7Macroncampdubien-1.jpg

A l’occasion de l’émission « Têtes à clash », sur Radio-Libertés, notre fondateur, Pierre Cassen, a fait la connaissance de l’écrivain et journaliste Christian Combaz. Une belle opportunité pour mieux connaître un homme fort intéressant, qui a bien des choses à nous raconter, sur la situation politique actuelle, et d’autres sujets…

Riposte Laïque : Vous êtes connu entre autres, pour être écrivain et journaliste. Que peut-on dire de vous, pour que nos lecteurs vous connaissent davantage ?

Christian Combaz : Que j’ai été élevé chez les Jésuites de Paris, que j’ai fait Sciences po et les Beaux Arts, que j’ai écrit trente livres, que je parle l’anglais l’italien et le russe, que je suis motard et pilote d’avions, que je ne suis pas un intellectuel, que je suis un artiste http://monsujet.fr/violon.mp4,

http://monsujet.fr/anima.mp4

http://christiancombaz.com/index.php/pages-externes

et pas un artiste en chambre

http://monsujet.fr/millau.mp4

http://monsujet.fr/cham.mp4

Victime d’un véritable Maccarthysme de droite je suis accablé de soupçons

Riposte Laïque : On vous lisait, à une époque, sur Le Figaro et Valeurs Actuelles. Et vous avez disparu. Que s’est-il passé ?

Christian Combaz : En 2006, après avoir été éditorialiste aux côtés de Rioufol et Zemmour en page deux du Figaro, je suis chassé du journal à la mort de mon seul allié dans la rédaction, Alain Peyrefitte. On m’offre une chronique hebdomadaire dans Valeurs Actuelles, chronique qui plaît aux lecteurs mais de moins en moins à la Rédaction. Mon éditeur, Fayard, qui vient de m’acheter 10 de mes anciens livres et qui a commencé à les rééditer, me lâche d’un coup parce que je suis à droite et que je viens d’accomplir une percée médiatique avec « Enfants sans foi ni loi » (Rocher), un livre qu’il a refusé, et parce que j’ai accepté d’en parler avec Marine Le Pen à la télévision chez Buisson d’ailleurs. Je m’exile en Italie pendant 5 ans, l’ancien directeur de Valeurs Actuelles, Brézet, que je prenais pour un allié, est nommé à la direction du Figaro.

Parallèlement un ancien journaliste du Figaro prend celle de Valeurs Actuelles. Aucun d’eux ne souhaite plus publier mes articles. A mon retour en France j’écris donc gratuitement, faute de mieux, dans la version internet du Figaro en me disant que les temps finiront par changer . Je ne peux plus gagner ma vie, à trois ans de la retraite, et je n’ai pas tous mes trimestres. Aucune proposition. Même pas de simples piges culturelles comme à Mme Fillon, pour me permettre de boucler mon dossier de futur retraité. Je suis obligé de pointer à Pole Emploi pour rester à la Sécu. Mais la même année le même groupe de presse, celui auquel j’appartenais, verse à Mme Fillon 50 000 euros par an pour deux articles de vingt lignes comme nous le savons désormais.

Le patron du groupe devient Grand’ Croix de la Légion d’honneur et mon rédacteur en chef membre de l’Institut. Le dégoût, quoi. De mon côté je publie quatre livres en deux ans en pure perte. Aucun commentaire, sauf des courageux et des fidèles, Taddéi, Philippe Vallet, Poivre d’Arvor. Ah si, un article très élogieux dans le Monde des Livres, mais rien à droite. Victime d’un véritable Maccarthysme de droite je suis accablé de soupçons. Je connais Coûteaux depuis Sciences Po, je connais Dupont-Aignan, j’ai débattu avec Marine sur LCI, et j’entretiens une amitié de longue date avec Renaud Camus que j’ai fait entrer chez Fayard. Nous sommes en 2014. Je suis tout juste toléré comme bénévole deux fois par semaine dans la version internet du Figaro . Manque de pot, j’y deviens détenteur du record de nombre de clics « uniques » en 2014 et en 2015 pour le support Figarovox, avec notamment 180 000 clics sur cet article de septembre 2015 :

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2015/09/04/31001-20150904ARTFIG00272-communique-truffe-de-fautes-sait-on-parler-francais-a-l-elysee.php

Inquiète de cette faveur qui peut déplaire en haut lieu, la direction du Figaro ne me réclame plus une seule ligne après cet article, ce qui est facile à vérifier. J’ai déplu à la cellule de communication de l’Elysée. Il y a eu aussi une « lettre ouverte à Bernard Cazeneuve », si cinglante qu’il s’est arrangé pour la faire arracher aux archives internet du Figaro mais on la trouve ici. Je réveille il y a un an mon compte twitter et j’ai l’impression de m’évader du château d’If. Depuis, je remonte vers ces gens comme un Monte Cristo silencieux, déterminé, souriant, enfin autant que le lui permet le poignard qu’il porte entre les dents.

Riposte Laïque : On vous voit plus souvent sur TV-Libertés. Parlez-nous des émissions auxquelles vous participez…

Christian Combaz : Je parle chaque jour pendant trois minutes de la France que je connais, celle de la province, dans La France de Campagnol qui reprend le titre d’un de mes livres parus chez Flammarion en 2012. J’y parlais de la France périphérique, rurale, le livre s’appelait au départ Eloge des braves gens : remarque de l’éditeur à l’époque, Flammarion, « ça fait trop Le Pen ». Eloge de c’était donc trop positif pour parler du peuple, il fallait faire du misérabilisme. Il fallait montrer que les pauvres étaient tentés par les extrêmes, et entrer dans le discours obligatoire à leur sujet, celui de l’ironie vaguement dédaigneuse. Je faisais le contraire dans ce livre, je blâmais plutôt les Deschiens de donner une image du peuple faite pour plaire à la bourgeoisie Neuilly-Rive gauche, celle de Ruquier/Clavier/Attali/Macron. Et puis je fais l’éditorialiste en même temps qu’une poignée d’hôtes de la maison qui aspirent à finir sur le câble, dans une émission nommée Têtes à Clash, un titre que je n’approuve guère mais bon.

Je vais m’occuper d’Hidalgo, qui a déclaré la guerre aux sans-dents et qui va le payer cher !

Riposte Laïque : Vous êtes parisien, et motard. Et pourtant, vous ne paraissez pas, quand on vous lit, beaucoup aimer Anne Hidalgo. Que vous a-t-elle donc fait ?

Christian Combaz : Je suis parisien par nécessité, parce que ma maison en province est en vente et que je m’occupe d’un très vieux monsieur. J’ai 62 ans. Ma maison, en vente depuis 3 ans, mon seul capital avant la retraite, a vu ses abords saccagés par un PLU frauduleux. J’ai donc déplacé ma moto de 1994 vers la capitale. Je n’ai pas les moyens de payer le stationnement d’une voiture, d’assumer le risque des amendes, de rater mes rares rendez-vous. Donc je suis un sexagénaire pauvre, qui ne peut pas prendre sa retraite faute d’avoir bouclé ses trimestres, dont la maison ne peut pas être vendue à cause des magouilles de la mairie, et qui est contraint de circuler à moto à Paris. Parallèlement cette vipère d’Hidalgo retraitée depuis l’âge de 52 ans, qui touche 15000 euros par mois à la ville de Paris et à la Région Ile de France, a imaginé d’interdire aux pauvres et aux vieux d’entrer dans Paris, avec le seul véhicule qui leur reste. Elle est en guerre contre les sans-dents et elle va le payer cher. J’ai bien l’intention de m’en occuper. Je ne suis pas seulement vieux pauvre et motard, je suis aussi écrivain, officier des Arts et Lettres et déterminé.

Ils veulent que la France imite les Etats-Unis, mais les Américains ont élu Trump

Riposte Laïque : Nous sommes à 5 semaines du premier tour de l’élection présidentielle. Quel est votre regard sur ce qui se passe, autour de cette échéance ?

Christian Combaz : « Ils » sont en train d’essayer de transformer notre pays en un pâle écho de la pseudo démocratie américaine, avec leurs Primaires complètement étrangères à notre constitution (qui utilisent l’espace public et les bureaux de vote, ce qui devrait être interdit). Le but du jeu était de fabriquer artificiellement un bi-partisme de façade pour pouvoir continuer à faire des affaires tout en donnant l’illusion d’un débat d’idées. Sarkozy, agent de l’empire américain, est allé jusqu’à nommer le parti de droite « Les républicains ». On s’attend à ce que Macron la voiture balai du libéralisme mondialiste et tiers-mondiste fonde un parti démocrate, c’est en route, il est en train de se faire appeler progressiste. La Culture est congédiée, même le président dit que la France c’est Disneyland. Sauf que Trump est arrivé au pouvoir, et c’est comme si le plus méchant des légionnaires romains était devenu chrétien. Panique dans les rangs. On avait tout prévu sauf ça.

Tous ces gens ne se rendent même plus compte qu’ils seront jugés et peut-être même condamnés au nom de ce qui va se passer désormais

Riposte Laïque : Beaucoup de dirigeants du FN accusent les médias de protéger, voire de soutenir ouvertement Macron, et affirment que derrière l’ancien ministre, il y a Hollande et l’aile sociale-libérale du PS. Vous partagez cette vision ?

Christian Combaz : Evidemment, Macron c’est le Clinton français et je ne serais pas surpris que Wikileaks nous en apporte la confirmation dans quinze jours. La chute du château de cartes du libéralisme socialiste dominé par la finance est sans doute imminente, alors on voit s’étaler une absence totale de pudeur dans la défense de l’empire mafieux, les chaînes de télé font de la propagande outrageusement, les journaux titrent comme si nous étions devenus la république de Weimar. Tous ces gens ne se rendent même plus compte qu’ils seront jugés et peut-être même condamnés au nom de ce qui va se passer désormais. Si nous subissons un désastre ils en seront comptables, il suffira de relire ce qu’ils ont écrit. Si la Turquie par exemple devient (redevient) le grand loup-garou de l’Europe, il faudra exhumer les déclarations qui essayaient de nous les faire passer pour des alliés naturels sous la houlette de l’OTAN au mépris de l’histoire.

Et puis j’attire votre attention sur le fait que Macron ce n’est pas seulement Hollande, c’est aussi toute cette véritable famille sociologique qui réunit la France des Bronzés, celle du Splendid, à celle des affaires financières, à celle de l’immobilier, à celle de la lutte d’influence pro-américaines. Nous vivons sous la coupe d’un magma sociologique qui réunit les déconneurs socialistes des années 70 et la grosse finance internationale. Ce n’est pas pour rien que Hollande, Clavier, Sarkozy, Attali, tout ce monde là, se fréquente, mélange ses enfants, part en vacances au même endroit. La France profonde commence à comprendre qu’on lui a volé les clés du pays.

Fillon s’est lamentablement déballonné à chaque attaque

Riposte Laïque : Que pensez-vous des réactions de Fillon, après toutes les accusations qu’il a subies ?

Christian Combaz : Manque de fermeté. Quand on est vaguement cupide et vaguement combinard comme lui, on s’arrange pour hausser les épaules et pour attaquer l’adversaire en cas de mise en cause personnelle. Au lieu de cela, il s’est déballonné. Il a donné raison à ses accusateurs en évoquant le premier une mise en examen. Il a dit qu’il se soumettrait au juge alors que Marine Le Pen a croisé les bras en disant qu’il vienne je n’ai pas peur. Il s’est excusé pour avoir employé le mot autiste. Il n’a pas défendu son propre dessinateur pour avoir caricaturé la finance avec un haut de forme alors que l’oncle Picsou dans le journal de Mickey en porte un depuis 50 ans. C’était justement pendant la semaine où Hollande plastronnait à Disneyland. Il fallait avoir la présence d’esprit, l’intelligence, le génie, de montrer Piscou à la tribune en disant à ses accusateurs: puisque vous avez introduit en France ces « références culturelles » à la noix, je vous prouve que vous ne les connaissez même pas et que vous me faites un procès de Tartuffe. Le problème, c’est qu’il est lui-même un Tartuffe. Il ne peut pas enjamber le cadre pour se regarder. Et le jour du Trocadéro il ne s’est pas adressé à Hidalgo pour lui dire Madame, voulez-vous qu’on s’intéresse à votre passé de salariée à l’inspection du Travail, voulez-vous que l’on rappelle que vous êtes retraitée de la fonction publique depuis l’âge de 52 ans ? Voulez vous que l’on rappelle que vous êtes dans la main de LVMH depuis 10 ans ?

J’attends que soient remis à l’honneur les gens qui créent, tous ceux qui ont du talent

Riposte Laïque : Vous êtes un homme de culture. Qu’attendez-vous, sur cette question, du prochain président de la République ?

Christian Combaz : Je n’attends pas de l’érudition, je n’attends pas des opérations festives, des opérations de prestige, j’attends que soient remis à l’honneur les gens qui créent, tous ceux qui ont du talent même s’ils ne sont pas modernes, tous ceux qui entretiennent le patrimoine même s’ils n’ont pas de budget, tout ceux qui ont compris que la culture est une philosophie, une morale, une discipline intérieure. J’en attends un retour aux « fondamentaux » comme on dit pour l’école. Chez nous, ceux qui savent dessiner ne peuvent plus devenir professeurs de dessin, ceux qui écrivent des chansons à succès ne peuvent pas devenir professeurs au Conservatoire, les gens qui ont l’oreille absolue et qui jouent de quatre instruments doivent pratiquement s’excuser, les génies du dessin sont obligés de faire de la BD pour ne pas être traités d’artistes pompiers, tout est verrouillé par une armée de diplômés qui n’ont pas de talent mais qui ont un salaire, dans tous les domaines, et pas seulement la culture. La culture est l’un des rares champs de l’activité humaine où la notion de « don », de dispositions au départ, voire carrément de génie, est parfaitement légitime. Après quarante ans de socialisme rampant, envieux, jaloux, les gens doués ont pris le maquis. Il est temps de les faire défiler sur les Champs-Elysées.

Riposte Laïque : Quelque chose à ajouter, Christian ?

Christian Combaz : Au Parlement futur il faut élire un pourcentage minimal, environ 10 %, de gens qui ont du vocabulaire, du jugement, une vision historique, une culture générale, qui n’ont pas un rond et qui n’ont plus l’âge de faire carrière – sauf dans l’estime générale. Suivez mon regard.

Propos recueillis par Pierre Cassen

 

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Published by PIMPRENELLE POURPRÉE - dans Riposte Laique
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