Que le Front National ne prenne pas ses desirs pour la realite

Certains rêvent de voir Marine Le Pen rafler la mise dès le premier tour. C’est plausible avec un taux de participation de 30 à 35 % soit 13 à 15 millions d’électeurs pour un corps électoral de 45 millions.

Faudrait-il pour cela qu’elle conserve sa base électorale qui serait de 7 millions d’électeurs selon les chiffres des dernières Régionales.  Il semblerait qu’une partie d’électeurs qui pourraient voter Marine Le Pen au premier tour de la Présidentielle 2017 pourrait changer d’avis au deuxième tour.

Tout se passe comme s’ils avaient peur de transformer l’essai et d’ouvrir la voie à une aventure vers l’inconnu.

Le vote FN serait ainsi  un défouloir. Un avertissement aux PS et aux Républicains  en attendant qu’un jour qu’ils ne leur infligent le carton rouge.  Et du vote-sanction temporaire on passe au vote-exclusion definitive.  Pour l’instant ils ne sont pas prêts à franchir le pas et créer une dynamique importante qui pourrait faire passer un parti trouble-fête à un parti de pouvoir. Confier les rênes du pays à un parti qui a beau apparaître comme un parti souverainiste, « sécuritaire  » et moins marqué par sa mansuétude pour l’islam reste pour les Français un pari très risqué. 90 %  des Français doutent par ecemple de ses capacités à redresser l’économie française. Il ne peut y avoir de lutte contre le chômage sans le retour de la croissance econimique. On ne peut pas lutter contre l’insécurité si on laisse prospèrer le chômage. Un cercle vicieux que le FN aura du mal à le résoudre.

Etre en tête des sondages ne garantit pas le succès final. Il peut espèrer séduire de nouveaux électeurs mais de là à l’imaginer exploser son électorat de plus de 170 %  il est à douter que les Français se découvrent soudainement une fibre frontiste.

En toute évidence plus les électeurs sont moins enclins à l’abstention plus sa part du gâteau électoral est impactée à la baisse. Ses 30 %  qu’il revendiquent sont baissent mécaniquement en cas de forte mobilisation électorale

En effet, si l’on s’en tient à la dernière présidentielle de 2012 où le taux de participation était de 80% contrairement aux élections intermédiaires régionales, municipales et européennes où le taux de participation est situé dans une fourchette de 43 à 53% où les enjeux de toutes sortes sont moins risqués pour les électeurs, le FN natonal pourrait être assurer d’obtenir 20 %  de voix. C’est-à-dire 7 millions rapportés à 35 à 36 millions votants.

Pour arriver à ses fins il faudrait que Marine Le Pen soit crédité d’au moins 18 millions de voix. Elle est loin de disposer d’une réserve de voix « naturelle »  une sorte de soupape de sécurité dont bénéfice les candidats républicains.

Autant ses adversaires Macron, Fillon ou Juppé voire Hamon, ce qui sera un Waterloo électoral, sont potentiellement en état d’atteindre ce fameux seuil au 2 e tour grâce au report de voix « républicaines » autant elle aura du mal à y arriver et casser ce fameux plafond de verre.

Rien que le cumul théorique des voix de Macron, Mélenchon et Hamon dépasserait les 50% d’intentions de vote. Sauf une désaffection totale de leurs électeurs pourrait lui garantir un succès dès le premier tour. Ce qui est inenvisageable.

La cuisine électorale n’est certes pas une science exacte c’est pourquoi il ne faut pas trop tirer de plan sur la comète avec des électeurs versatiles et qui votent selon leurs humeurs.

Le vote est aussi un électeur dans son isoloir.

Beaucoup d’électeurs du FN votaient traditionnellement à gauche, ils pourraient toujours être tentés par leurs vieux démons.