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Thérèse Zrihen-Dvir

Regard d'un écrivain sur le Monde

5 avril 2017 3 05 /04 /avril /2017 09:07

Le Camp du Bien ou la victoire du gauchisme culturel

Publié le 4 avril 2017 - par  

Ce que Jean-Pierre Le Goff, dans son excellent ouvrage La gauche à l’agonie ? 1968-2017, appelle le «gauchisme culturel» et que nous nommons plutôt le Camp du Bien, la bobosphère ou la bien-pensance, n’est pas un mouvement organisé, pas un parti politique, pas une organisation structurée, mais un ensemble d’idées, de prétendues valeurs qui déterminent un comportement politique, médiatique, intellectuel.

Comme jadis le communisme, le Camp du Bien veut la fin du “vieux monde” et la création d’un “homme nouveau”, mais sans batailles de rues, sans lutte violente, sans prise d’assaut des centres de pouvoir. D’ailleurs, il déteste les masses populaires qui, sous le communisme, devaient être à la tête du combat. Il les considère comme un ramassis de “beaufs”, de “racistes”, de “fachos“.

Il a choisi d’accéder aux commandes par la persuasion, l’infiltration, la capillarité. Il change peu à peu les mentalités, la façon de penser, en s’appuyant sur les milieux où il est le plus puissant : l’éducation, la culture, la communication, la justice.

Pour s’imposer, le Camp du Bien s’est concocté une idéologie où le passé et l’histoire sont dépréciés, où des valeurs creuses comme la générosité, la fraternité universelle, l’amour de l’Autre, la réconciliation ethnique, la sanctification du multiculturalisme sont mises en avant.

L’armature de cette idéologie est un patchwork composé de bribes de Bourdieu, de Foucault, de Sartre, de Gandhi, de Mandela, de Freud, de Marx, de Fanon, de féminisme, de théorie du genre, d’écologie. Tout ce qui peut être déguisé en vertus est recyclé par le Camp du Bien.

Ceci lui permet de se présenter comme celui des “bons”, des “gentils”, des “tolérants”, des “redresseurs de torts”, de l’“ouverture”, de l’“antifascisme” contre le camp des “méchants”, des “salauds”, des “intolérants”, de la “fermeture”, du “fascisme”.

Il est la morale en marche.

Le Camp du Bien déteste être remis en cause et vomit donc ceux qui osent discuter l’inanité de sa vision du monde.

Il n’hésite pas alors, et contrairement à ses déclarations sur les bienfaits du dialogue et de la concertation, à instaurer une police de la mauvaise pensée et de la langue coupable. Il use et abuse de la reductio ad Hitlerum, diabolise, ostracise, pratique la délation, porte plainte en justice, où il sait que des juges bienveillants lui donneront raison.

Il dénonce ses adversaires en les affublant des mots qui, pour lui, représentent l’abjection la plus totale : raciste, fasciste, islamophobe, homophobe, sexiste, partisan du Front national.

Il recommence ad nauseam le procès de la civilisation occidentale, de la collaboration sous Vichy, émet des doutes permanents sur l’héritage culturel, demande une repentance perpétuelle, cultive la haine de soi (mais pas de lui-même), dénie toute nocivité à l’islam.

Cependant, le Camp du Bien n’est pas une horde de rebelles, de guerriers à l’abnégation tranchante. Ses membres vivent à l’aise dans la société. Ils règnent sur les médias et l’espace public, sont journalistes, communicants, politiciens de gauche et de droite, éditeurs, vedettes du show-bizz, organisateurs de festivals, animateurs socio-culturels, universitaires. Ils se veulent les porte-paroles des discriminés, avec une préférence marquée pour les musulmans et les fuyards des anciennes colonies, tout en demeurant dans un confortable entre-soi qui fait qu’ils n’ont jamais assez de place chez eux pour inviter un migrant clandestin, jamais le temps de déménager pour une barre d’immeubles en Seine-Saint-Denis ou de changer le collège privé de leurs gamins pour un collège public dans lequel s’exprime à plein pot la richesse des différences.

Le Camp du Bien est hors du réel et ne supporte pas les intrusions de celui-ci dans son univers enchanté.

Les attentats terroristes n’existent que dans la mesure où les djihadistes sont des victimes au même titre que leurs victimes ; les tueurs musulmans sont des déséquilibrés par la faute de la société européenne islamophobe ; les assassins coranisés sont des résistants qui n’auront pas la haine de la bobosphère parce qu’utiliser une Kalachnikov montre qu’ils sont surtout malheureux.

Aujourd’hui, le Camp du Bien est largement majoritaire dans les organes de décisions politiques, les médias, les universités, la justice.

Il commencera à régresser le jour où Zemmour remplacera Pujadas à la présentation du 20 heures. Autant dire à la Saint-Jamais.

Marcus Graven

La Gauche à l’agonie? 1968-2017 (Perrin, 2017, 350 p. coll. « tempus », 9 €).

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Published by PIMPRENELLE POURPRÉE - dans Riposte Laique
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