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Thérèse Zrihen-Dvir

Regard d'un écrivain sur le Monde

4 avril 2017 2 04 /04 /avril /2017 09:22

Un député koweïtien refuse de s’asseoir à côté d’une députée à cause de son parfum ; la députée dénonce un manque de respect

 

Les députés koweïtiens Safa Al-Hashem et Mohammed Hayef ont croisé le fer lors d’une session parlementaire, suite à un incident antérieur lors d’une réunion du controversé Comité de lutte contre les phénomènes négatifs, dirigé par le député Hayef. La députée Al-Hashem a estimé que le député Hayef lui avait manqué de respect en refusant de s’asseoir à côté d’elle et en faisant une remarque désobligeante. Le député Hayef a rétorqué que la loi islamique l’empêchait de s’asseoir à côté de femmes qui se parfument, citant un verset coranique exhortant les femmes à « rester à la maison ». Pendant l’échange, la députée Al-Hashem a averti le député Hayef que s’il lui manquait à nouveau de respect, elle « le tuerait d’une migraine chronique ». La vidéo a été diffusée sur Al-Majlis TV le 28 mars 2017. Extraits :

Safa Al-Hashem : Un malheureux incident s’est produit lors d’une réunion du Comité de lutte contre les phénomènes négatifs, hier à midi. […] Le président du comité, Mohammed Hayef, est arrivé tard, à 12h35. Je lui ai résumé ce qui avait été dit, précisant que la réunion était déjà en cours, mais il a saisi sa plaque nominative avec colère, s’est assis loin de moi, et a dit : « Vous ne pouvez faire comme bon vous semble. » M. le Président, je n’ai aucun problème à ce qu’il ne veuille pas s’asseoir à côté de moi. Il peut changer de place discrètement, mais il ne peut pas me manquer de respect. […]

C’est le message que je vous adresse, à vous et à quiconque considère que parce que je suis une femme, il peut me manquer de respect en public : gardez-vous de penser que votre comportement rabaissera les femmes koweïtiennes – ces femmes qui vous ont fait membre du parlement. La moitié des votes en votre faveur étaient des votes de femmes. Les femmes constituent plus de la moitié de notre société et des votes. Quiconque croit pouvoir me traiter, moi, représentante des femmes koweitiennes, sans respect, doit y réfléchir un millier de fois. Si jamais vous recommencez, je pourrai vous donner une migraine chronique. Je vous tuerai avec cette migraine chronique. […]

Mohammed Hayef : Les lois et les principes de la charia sont immuables. Nous ne pouvons les modifier simplement parce que nous vivons une nouvelle époque ou une nouvelle idéologie. Allah dit [aux femmes] dans le Coran : Et restez dans vos foyers, et ne vous exhibez pas à la manière des femmes au temps de l’Ignorance [époque pré-islamique]. Il n’y a rien de mal dans la façon de procéder du comité. Le problème, c’est qu’une femme essaie de me forcer à m’asseoir à côté d’elle. […]

Nous assistons au même cinéma au Comité des phénomènes négatifs depuis que cette députée, qui s’était opposée à la création du comité, l’a rejoint. Allons-nous rencontrer un problème à chaque fois ? J’ai changé de place. Qu’y a-t-il de mal à cela ? Elle s’est énervée, a crié, a levé la voix… C’est mal, c’est inacceptable. Nous [islamistes] sommes les premiers à revendiquer les droits de la femme.

Safa Al-Hashem : Je n’ai aucun problème avec le fait qu’il change de place. Mon seul problème, c’est qu’il prenne sa plaque pour se déplacer. Il ne doit pas me manquer de respect devant les hôtes [du comité]. Tout le monde me connaît. J’ai des relations amicales avec tout le monde. Je n’ai de problème avec personne, mais si quelqu’un me marche sur les pieds, je lui donne la migraine. Deuxièmement, le Comité des phénomènes négatifs néglige les problèmes de la jeunesse koweïtienne. Il ignore le rapport d’Omar Al-Tabtabai sur le harcèlement scolaire, le divorce à un âge précoce (sic), les petits vendeurs de rue. Il ignore tout cela pour parler d’Alexandre McQueen et des adorateurs du diable, puis passe aux salons de massage. N’est-ce pas une perte de temps ? […]

Mohammed Hayef : C’est faux. Le débat portait sur les drogues. Nous n’avons pas parlé de massages ou de quoi que ce soit d’autre. Il est vrai que ces sujets ont été suggérés pour l’ordre du jour du comité, mais le débat s’est cantonné au sujet de la drogue. Ce qu’elle dit n’est pas vrai. Je ne lui ai pas dit un seul mot. C’est simplement que la charia ne m’autorise pas à m’asseoir à côté d’une femme qui se parfume.

Safa Al-Hashem : C’est vous qui avez un problème. Vous ne voulez pas vous asseoir à côté de moi ? Très bien. Nous avons des gardiens ici qui peuvent vous protéger sur le chemin de la sortie.

 

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Published by PIMPRENELLE POURPRÉE - dans MEMRI
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