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Thérèse Zrihen-Dvir

Regard d'un écrivain sur le Monde

7 mai 2017 7 07 /05 /mai /2017 15:03

Des journalistes jordaniens : des centaines de milliers de jeunes Jordaniens soutiennent l’EI, et les autorités ne font rien

 

Le nombre croissant d’actions terroristes menées par des ressortissants jordaniens affiliés à l’Etat islamique (EI), ou par de jeunes Jordaniens ayant rejoint les organisations salafistes-djihadistes en Syrie et en Irak [1], suscite l’inquiétude en Jordanie.

La Jordanie est récemment devenue la cible de nombreux attentats. Le dernier a eu lieu le 18 décembre 2016, lorsqu’une cellule de quatre ressortissants jordaniens a frappé un certain nombre de cibles dans la ville de Karak. Des hommes armés, embusqués dans un château croisé du 10e siècle, ont tiré sur une patrouille et une installation de sécurité, et mené un long combat contre les forces de sécurité jordaniennes, jusqu’à les abattre. Au cours des échanges de tirs, quatre membres de la sécurité ont été tués, ainsi que deux civils et un touriste canadien. [2] Une fouille dans l’appartement loué par les membres de la cellule terroriste dans la ville d’Al-Qatraneh a donné lieu à lé découverte de cinq ceintures explosives prêtes à l’emploi et d’autres explosifs. L’État islamique a revendiqué l’attaque. [3] L’enquête a indiqué que trois membres de la cellule avaient purgé une peine de prison pour tentative de ralliement à l’État islamique. [4]

Après l’attaque, une chasse à l’homme a été menée pour tenter de capturer des hommes recherchés dans la province de Karak, au cours de laquelle quatre autres membres de la sécurité ont été tués, ainsi qu’un homme recherché. L’un des hommes arrêtés a reconnu lors des interrogatoires avoir obtenu les armes et le financement de la cellule terroriste [5]. Plus tard, l’ancien commandant de la Direction de la sécurité publique de Jordanie, Atef Al-Saudi, a révélé que la cellule avait prévu de mener une opération terroriste de grande envergure contre plusieurs cibles en Jordanie, le 31 décembre 2016. [6]

Des explosifs trouvés dans l’appartement des terroristes à Al-Qatraneh. Source : Al-Ghad (Jordanie), 19 décembre 2016.

Cette attaque s’ajoute à la série d’opérations terroristes menées en Jordanie ces dernières années par des Jordaniens. En novembre 2015, un officier de l’armée jordanienne avait ouvert le feu dans la base d’entraînement d’Al-Muwaqqar, près de la capitale Amman, tuant trois de ses collègues et trois membres du personnel de sécurité des États-Unis et d’Afrique du Sud. [7] En mars 2016, une cellule terroriste inspirée de l’EI avait été débusquée dans le camp de réfugiés près d’Irbid, et une attaque de grande envergure en cours de préparation avait été déjouée. [8] En juin 2016, un militant salafiste-djihadiste, adepte de l’idéologie de l’EI, avait abattu cinq membres de la Direction générale du renseignement de Jordanie au camp de réfugiés Al-Baqaa au nord d’Amman [9]. En février 2017, le US Congressional Research Service publiait un rapport citant des statistiques situant la Jordanie en deuxième place, après la Tunisie, pour le nombre de citoyens appartenant à l’EI et spécifiant que depuis 2011, quelque 4 000 Jordaniens avaient rejoint l’organisation en Syrie et en Irak. [10]

Après les événements de Karak, la Jordanie a durci les peines des individus impliqués dans des activités terroristes. Par exemple, en janvier et février 2017, les militants jordaniens reconnus coupables d’appartenir à l’EI et de diffuser son idéologie ont reçu des peines d’emprisonnement plus longues que celles réservées aux mêmes infractions par le passé. Une source du système judiciaire jordanien a révélé que le tribunal avait choisi d’imposer des peines plus sévères pour lutter contre l’idéologie extrémiste et le terrorisme et renforcer la dissuasion [11]. Le 4 mars 2017, certains membres de la cellule terroriste d’Irbid et l’agresseur armé de l’incident du camp de réfugiés d’Al-Baqaa ont été pendus. [12] Le porte-parole du gouvernement jordanien, Mohammed Al-Moumini, a déclaré que les exécutions visaient à envoyer un message dissuasif et à faire valoir la volonté de la Jordanie de lutter contre le terrorisme et l’extrémisme [13].

Après la crise terroriste de Karak, la presse jordanienne a publié plusieurs articles indiquant que de nombreuses cellules terroristes opèrent en Jordanie et qu’elles ne peuvent plus être qualifiées de « cellules dormantes ». Le nombre de sympathisants de l’EI aurait considérablement progressé et ceux-ci seraient plus prompts à perpétrer des attaques. D’éminents journalistes jordaniens ont estimé que le pays ne prenait pas la situation au sérieux, dénonçant le laxisme des autorités. D’après eux, si l’État ne propose pas de stratégie sérieuse, la situation ne fera qu’empirer. Selon certains articles, les services de sécurité ne gèrent pas comme il se devrait le phénomène des jeunes sympathisants de l’EI ; une réforme idéologique et morale s’impose, selon eux, pour promouvoir un discours religieux modéré. D’autres articles préconisent l’exécution des individus reconnus coupables de terrorisme, considérant que l’aggravation des peines aurait un effet dissuasif.

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Published by PIMPRENELLE POURPRÉE - dans MEMRI
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