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Thérèse Zrihen-Dvir

Regard d'un écrivain sur le Monde

7 mai 2017 7 07 /05 /mai /2017 05:49

DIPLOMATIE TRUMP PEUT-IL IMPOSER LA PAIX AU PROCHE-ORIENT?

L'homme d'affaires vante ses talents de «négociateur». Mais ce dossier-là relève de la mission impossible.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Le nouveau président américain Donald Trump peut-il sauver la paix au Proche-Orient? L'homme d'affaires vante ses talents de «négociateur» hors pair pour imposer un accord israélo-palestinien sur lequel tous ses prédécesseurs se sont cassé les dents.

Malgré les immenses obstacles pour un règlement du conflit, le locataire de la Maison-Blanche a affiché son optimisme cette semaine en recevant le président palestinien Mahmoud Abbas. Il s'est présenté en «arbitre» d'un éventuel traité de paix. Le magnat de l'immobilier, qui s'est toujours targué d'être un «faiseur d'accord», a promis qu'il «y arriver(ait)» grâce à la bénédiction d'Israël, des Palestiniens et des pays arabes.

Pour son premier voyage présidentiel à l'étranger, Donald Trump se rendra à la fin mai en Arabie saoudite, en Israël et peut-être en Cisjordanie pour y rencontrer le roi Salmane, le premier ministre Benyamin Netanyahou et Mahmoud Abbas.

«Pour l'instant, tout le monde l'aime»

Il a déjà reçu nombre d'acteurs de la crise israélo-palestinienne: en février son «ami» Benyamin Netanyahou, en avril le roi Abdallah II de Jordanie, qui avait salué son «dévouement» et son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi dont il avait loué le «travail fantastique». «Pour l'instant, tout le monde l'aime», souligne Hussein Ibish, chercheur au Arab Gulf States Institute de Washington. «Les Palestiniens l'aiment, les Israéliens l'aiment, les Arabes l'aiment. Tous ceux qui doivent prendre part à un accord sont très pro-Trump. C'est une bonne chose», se félicite le politologue.

Rappelant à l'AFP les échecs de tous les présidents des Etats-Unis, Hussein Ibish pense qu'une «approche trumpienne» vaut la peine d'être essayée.

David Makovsky, du Washington Institute, estime aussi que l'irruption du milliardaire peut permettre de «sortir de l'impasse», bien qu'il ne soit «pas très optimiste sur un grand accord» de paix à court terme. D'abord parce que les positions d'Israël et des Palestiniens n'ont jamais été aussi éloignées. «Les parties ne se sont jamais autant méfiées l'une de l'autre», déplore Hussein Ibish.

Une région explosive

En outre, «la région est à feu et à sang» - Syrie, Irak, Yémen - si bien que «ni les Israéliens ni des dirigeants arabes ne vont risquer de faire la paix (...) dans des conditions aussi chaotiques». Pour des analystes, l'espoir d'un règlement israélo-palestinien passe par une solution «régionale», un front uni entre l'Etat hébreu et les puissances arabes sunnites contre l'Iran chiite, leur bête noire commune. C'est ce qu'avaient vanté en février Trump et Netanyahou.

«La seule voie de sortie pour Donald Trump, mais c'est très difficile, serait que les Etats-Unis repoussent avec force l'Iran, changent l'équation stratégique, affaiblissent les Iraniens», conseille Hussein Ibish.

Percée diplomatique majeure au Moyen-Orient, le président américain d'alors, Barack Obama, avait scellé, en 2015, l'accord sur le nucléaire iranien, amorçant un très timide rapprochement Washington-Téhéran, au grand dam d'Israël et des monarchies du golfe Persique.

S'ils n'ont pas de relations diplomatiques, l'Etat hébreu et les puissances arabes sunnites se sont officieusement rapprochés sur leur hostilité commune à l'Iran chiite. Lors de rencontres exceptionnelles en 2015 à Washington et en juillet à Jérusalem-Ouest, deux hauts responsables israélien et saoudien avaient évoqué le processus de paix israélo-palestinien et plaidé pour revigorer un plan de paix saoudien datant de 2002. Cette initiative proposait une normalisation entre Israël et les pays arabes en échange d'un Etat palestinien dans les frontières de 1967.

David Makovsky y voit là une «occasion d'impliquer les voisins sunnites d'Israël et les Palestiniens face aux menaces communes: l'Iran, l'EI et autres groupes djihadistes». L'Etat hébreu a fait la paix avec l'Egypte et la Jordanie, mais il faudrait que «les Saoudiens, les Emiriens et les Qatariens entrent dans la danse», abonde Hussein Ibish.

Des évolutions côté palestinien

Les Palestiniens réclament un Etat indépendant dans les frontières de 1967, ayant pour capitale Jérusalem-Est, ce qui signifierait la fin de 50 ans d'occupation de la Cisjordanie, de la bande de Gaza et de la partie majoritairement palestinienne de la ville sainte. Côté palestinien justement, le contexte semble également évoluer avec le changement de ton du Hamas qui contrôle Gaza.

Le mouvement islamiste, que Washington qualifie de «terroriste», a présenté cette semaine une nouvelle plate-forme qui adoucit la tonalité belliqueuse de son texte fondateur de 1988, notamment sur le caractère politique et non religieux du conflit avec Israël et en acceptant un Etat palestinien limité aux frontières de 1967.

Aux yeux de Hussein Ibish, «le Hamas a complètement basculé en direction de l'OLP (Organisation de libération de la Palestine)». Plus «significatif» selon le chercheur, en recevant Mahmoud Abbas, le président «Trump a soudainement ressuscité la question palestinienne, lui a sauvé la vie. Politiquement, c'est super». (ats/nxp)

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Published by PIMPRENELLE POURPRÉE - dans Le Matin
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