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Thérèse Zrihen-Dvir

Regard d'un écrivain sur le Monde

1 mai 2017 1 01 /05 /mai /2017 05:36

Kayhan attaque le camp Rohani : « C’est la guerre contre la puissance iranienne dans la région… Qu’avez-vous fait pour assurer que ce conflit s’achève par notre victoire ? »

 

Dans son éditorial du 16 mars 2017, Kayhan, organe du courant idéologique iranien, attaque la politique du camp pragmatique – le gouvernement Rohani et notamment le ministère des Affaires étrangères – qui a appelé à un dialogue avec les Etats-Unis et l’administration Trump au motif qu’il éviterait une guerre américaine contre l’Iran. On peut lire dans Kayhan qu’une guerre américaine fait rage depuis plusieurs années sur les frontières occidentale, orientale et méridionale de l’Iran, et que l’Iran participe à la gestion de cette guerre sur les fronts irakien, syrien, libanais et yéménite. Ces fronts constituent une « continuation naturelle de la Révolution islamique ». En outre, « nos forces sont engagées dans d’intenses combats en Syrie et en Irak, imposés par l’Amérique et ses agents ».

On peut encore lire dans Kayhan que ceux qui appellent à un dialogue avec l’Occident et avec les Etats-Unis, notamment au sein du ministère des Affaires étrangères, sont des « menteurs » qui présentent une image trompeuse des intentions véritables de l’Amérique, l’Iran révolutionnaire n’ayant jamais cessé d’être la cible de l’hostilité américaine, comme démontré dans le fait que les Etats-Unis ont récemment accru leurs sanctions contre l’Iran. Le camp Rohani, accuse le journal, s’oppose à l’expansion de l’hégémonie iranienne dans la région et à la « puissance iranienne », et appelle l’Iran à ne pas attirer l’attention sur sa force dans la région et sur ses capacités militaires et technologiques, et même à se retirer du front nucléaire en demandant à l’Occident de lui fournir une technologie nucléaire, afin de résoudre son conflit avec l’Occident. Selon le journal, le camp pragmatique est par conséquent pire que les ennemis occidentaux de l’Iran, car ces derniers respectent le statut supérieur de l’Iran dans la région, alors que les pragmatiques considèrent « les grands succès de l’Iran dans la région » comme une source de danger. Kayhan interroge le camp pragmatique : « Une véritable guerre a lieu actuellement contre la puissance iranienne et son honneur dans la région et dans les pays de la Résistance, et les purs enfants de l’Iran se sont mis en route [pour y prendre part]. Qu’avez-vous fait pour garantir que ce conflit se finisse par une victoire pour notre front ? » Extraits : [1]

Lorsque [des éléments du camp Rohani] affirment : « Nous devons adopter une politique qui empêche la guerre, sinon nous paierons un prix très lourd », ils vont trop loin dans leur provocation et occultent la réalité. Dans certains cas, cela s’accompagne de la diffusion de mensonges, car la guerre qu’ils parlent d’empêcher a [déjà] lieu dans la région et aux frontières occidentale, orientale et méridionale de l’Iran, et que l’Iran est sa cible principale. L’Iran lui-même est impliqué [dans les combats] sur ces fronts de différentes manières…

Depuis longtemps déjà – et notamment dans le climat post-JCPOA et après que [le camp de Rohani] fut contraint de reconnaître que l’Occident ne tient pas ses engagements – ils nous racontent que nous nous trouvons à un carrefour [et que nous devons choisir entre deux options] : la guerre ou la coopération avec le monde entier. La logique dit que nous devons choisir la coopération avec le monde, et dans le cadre de cette coopération, nous devons envisager des accords qui empêcheront une guerre contre l’Iran et [l’expansion] de la guerre régionale à l’intérieur de l’Iran.

Après l’élection de Trump, ces gens ont répété leurs arguments précédents, affirmant que Trump est un homme imprévisible qui prend des décisions imprudentes, et qu’il vaut mieux par conséquent éviter de dire quelque chose qui le vexerait. Aujourd’hui, ils vont encore plus loin, évoquant des indications concrètes selon lesquelles il serait possible de négocier avec Trump et de parvenir à un accord avec lui. Par conséquent, nous devrions maintenir un climat diplomatique et médiatique tempéré sur la question des relations avec l’Amérique, afin de parvenir à un accord sur les questions régionales…

Mais les Américains parlent et agissent de manières opposées. En effet, les Américains – qu’ils soient démocrates ou républicains, au Sénat et au Congrès ou au sein de l’administration, sous l’ère Obama et à l’ère Trump – n’ont jamais vraiment pensé à un accord avec l’Iran et ne l’ont jamais encouragé, et à en juger par [notre] expérience du JCPOA, ce qu’ils veulent est une capitulation iranienne. Aussi, même si l’Iran cesse sa politique aspirant à l’indépendance – ce qui l’affaiblira considérablement – il ne parviendra jamais à un accord avec l’Amérique [mais seulement à une capitulation], ce qui enhardira l’ennemi.

Certaines personnalités politiques [du camp Rohani] tentent de justifier une telle capitulation en affirmant que « la guerre nous attend… » [Dans le même temps,] elles affirment que l’Iran n’est plus dans la ligne de mire de l’Amérique et de l’Europe et que d’autres questions ont pris sa place. Par conséquent, la raison et la logique dictent d’éviter de prendre des mesures qui nous replaceront dans leur ligne de mire et nous transformeront de nouveau en problème numéro Un du monde. Dans leur perspective, l’Iran a graduellement cessé d’être la [cible de] l’hostilité de l’Amérique, de l’Europe et de leurs partisans… [Mais] si nous demandons à ces gens quelles preuves ils peuvent avancer pour leurs arguments… ils n’ont rien à offrir… sinon des interprétations… [Le fait est que] toutes les preuves indiquent que la Révolution islamique et le régime religieux iranien sont, et seront toujours, le principal problème de l’Amérique et de l’Europe. Les sanctions américaines contre l’Iran sont maintenues, et au cours des deux dernières semaines, l’Iran a de nouveau été qualifié « d’axe du mal » dans le cadre de l’interdiction d’entrée de ressortissants iraniens en Amérique. Dans la région aussi, l’Amérique se focalise sur les forces qui coopèrent avec l’Iran, et ce ne sont que des exemples…

Certaines de ces personnes, qui participent aux réunions de soi-disant experts, affirment que la politique iranienne visant à l’hégémonie régionale ne profitera pas à l’Iran, car elle en fera la cible de menaces et d’attaques. Selon elles, nous devons adopter une vision réaliste des capacités iraniennes ; au lieu de penser à une « région iranienne », nous devrions penser à « l’Iran dans la région » et l’Iran doit comprendre qu’aucun pays ne peut s’instaurer comme une puissance hégémonique. Mais en réalité, c’est un mensonge [de prétendre que nous poursuivons cet objectif], parce que si « l’hégémonie » signifie la tyrannie et la domination impérialiste sur d’autres nations, alors elle est interdite par les principes de la Révolution [islamique] et par ceux de la politique du régime iranien, et l’Iran n’a pris aucune mesure à ce jour allant dans ce sens. La vérité est que l’Occident, l’Orient et les régimes qui les suivent n’ont aucun problème avec notre hégémonie, car ils savent que l’Iran ne poursuit pas un tel [objectif] ; leur problème concerne la puissance de l’Iran. Le fait est que ces personnes à l’intérieur de l’Iran s’opposent à la prétention essentielle de leur pays à l’hégémonie et veulent annihiler la puissance iranienne, c’est pourquoi elles attaquent à l’intérieur toute ce qui justifie la puissance iranienne et tout ce qui crée une position de puissance pour l’Iran, tentant ainsi de l’affaiblir. Elles ont adopté la conception obsolète selon laquelle l’Iran ne peut même pas fabriquer un pot en argile pour la salle de bains et qu’il doit abandonner la voie scientifique et le [développement] scientifique aux pays occidentaux, en demeurant un client de leurs produits industriels…

Les questions régionales sont une source de fierté pour l’Iran. Mais sur cette affaire [ces personnes] demandent à l’Iran exactement la même chose que demandent [ses ennemis] en Amérique, en Europe, en Israël, en Arabie saoudite, en Turquie et ailleurs – avec une grande différence, à savoir que l’Amérique et les autres ont un grand respect pour le statut de l’Iran et le reconnaissent dans leurs déclarations. Mais eux [le camp Rohani] qualifient les grandes réussites régionales de l’Iran de « terre brûlée » et d’ « hégémonie préjudiciable »… Ils veulent abandonner [ces succès] à la Turquie, à l’Arabie saoudite, à Israël et à l’Amérique gratuitement.

Ces personnes affirment que nous devons prendre toutes les mesures pour empêcher que l’Iran soit entraîné dans une guerre, et ici aussi il y a deux grands mensonges. Le premier est leur affirmation que l’Amérique et le reste ne veulent pas nous combattre, et que nous ne devrions pas déclencher une guerre qui n’existe pas [encore]. [Mais] la vérité est que c’est une guerre contre l’Iran qui a commencé il y a longtemps, en 2012, et qui se poursuit activement. Il suffit pour comprendre ce simple fait de regarder la guerre dans notre région… en Syrie, au Yémen et au Liban. Ce sont des pays considérés comme des alliés de l’Iran, pas de l’Amérique ! Quels pays, communautés et groupes sont la cible de la guerre intense qui se déroule en ce moment ? Ce sont des fronts qui constituent la continuation naturelle de la Révolution islamique, et non des [zones contrôlées par] le front de l’arrogance [à savoir les Etats-Unis] !… Alors que chaque ville iranienne a des tombes de martyrs [tués en défendant] les lieux saints, et que nos forces sont toujours engagées dans des combats intenses en Syrie et en Irak, que l’Amérique et ses agents nous ont imposés, à nous et à notre cher peuple iranien, comment [le camp Rohani] peut-il affirmer que nous ne sommes pas dans la ligne de mire de l’ennemi, que ce n’est pas une guerre et qu’il ne faut rien faire qui puisse en déclencher une ?

Le second mensonge est qu’ils se définissent comme une force opposée à la guerre et qui veut l’empêcher, mais lorsque vous examinez les preuves sur le terrain, vous constatez [qu’ils sont partisans] du compromis et de la pensée superficielle concernant la guerre. La même chose s’est produite en Syrie et en Irak. Les gouvernements de ces pays pensaient initialement que les événements n’étaient pas le fruit d’une conspiration, mais au bout du compte, ils ont été entraînés dans une guerre intense…

Nous devons demander à ces personnes : une véritable guerre se déroule actuellement contre la puissance iranienne et son honneur dans la région et dans les pays de la Résistance, et les enfants purs de l’Iran sont en route pour y prendre part. Qu’avez-vous fait pour assurer que ce conflit s’achève par notre victoire ?

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Published by PIMPRENELLE POURPRÉE - dans MEMRI
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