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Thérèse Zrihen-Dvir

Regard d'un écrivain sur le Monde

22 mai 2017 1 22 /05 /mai /2017 08:13

La présentatrice Nadine Al-Budair : Les Saoudiens disent que les femmes sont des diamants mais ils les traitent comme des cailloux

 

Lors de son émission télévisée Khalijiyya, le 7 mai 2017, la présentatrice saoudienne Nadine Al-Budair a évoqué les contradictions propres aux sociétés arabes dans leur rapport aux femmes, affirmant que si les hommes les empêchent de sortir de chez elles pour les protéger, ils « violent brutalement, brûlent et tuent leurs femmes à la maison ». Al-Budair a accusé les programmes scolaires, l’establishment religieux et culturel de pratiquer une politique discriminatoire envers les femmes, estimant que « la situation des femmes arabes décline de manière terrifiante ». Extraits :

Nadine Al-Budair : Je dédie cette émission à tous ceux qui jurent des centaines de fois que les femmes dans notre société vivent comme des diamants protégés et des perles cachées. Les femmes ne sont pas des diamants, des perles ou des pierres précieuses de quelque sorte que ce soit. Certains traitent les femmes comme des pierres – les pierres les moins coûteuses qui soient.

Notre société est remplie de contradictions : on prétend se préoccuper du bien-être des femmes. On s’oppose à ce que les femmes travaillent, se trouvent en compagnie d’hommes, ou participent au progrès [du pays] – tout ceci au nom du bien-être des femmes. Ces gens refusent que les femmes montrent leurs visages, ils déclarent la guerre à la liberté et à toute manifestation de libération de la femme. Ils prétendent que les Saoudiennes vivent chez elles entourées de plumes soyeuses, et que c’est le devoir des époux et de les servir et de répondre à leurs demandes.

Nul ne peut comprendre ces contradictions. Certains sont très extrêmes dans leurs positions sur la question des femmes et les empêchent de sortir de chez elles, redoutant qu’elles ne croisent ce qu’ils appellent « les loups au-dehors », des hommes qui pourraient les violer, les attaquer ou les violenter. Dans le même temps, eux-mêmes violent brutalement, brûlent et tuent leurs femmes à la maison. Ainsi, on a affaire vraisemblablement à de la haine [des femmes] plutôt qu’au souci de leur bien-être. […]

Notre programme scolaire pourrait être la cause de cette situation. Le programme scolaire arabe – pas seulement en Arabie saoudite –est fortement discriminatoire à l’encontre des femmes. Il pourrait être la raison du mépris témoigné aux femmes. Les femmes y sont représentées totalement différemment des hommes. Elles cuisinent, ne portent que des vêtements d’intérieur, sont toujours à la maison, en train de cuisiner, de balayer et de nettoyer… La femme est dépeinte comme une domestique.

L’homme, en revanche, est un soldat courageux, qui défend et sert son pays, un constructeur, un plombier, un charpentier, un ingénieur, un médecin – une personne de valeur. Le programme scolaire instille peut-être dans les esprits des garçons un sentiment de supériorité, qui grandit avec eux, car le programme leur enseigne que les filles sont des créatures dont l’objectif est de les servir.

Je pourrais aussi imputer [cette situation] à la culture religieuse sur la base de laquelle nous avont été élevés dans notre société. Lorsque le cheikh untel – un cheikh au hasard – vous dit que les femmes sont la raison pour laquelle vous irez en Enfer, quoi de plus naturel pour vous que de les haïr. Vous pouvez aimer les corps des femmes, mais vous les haïssez à l’intérieur. Les cheikhs proposent des circonstances atténuantes à tous vos péchés et crimes contre les femmes – jusqu’au péché du viol – tandis que la femme est accusée d’être la cause du harcèlement et des agressions sexuelles [subies] et la cause de tout crime touchant à son honneur et à sa réputation… Et le criminel sort [indemne] de son crime – même quand il s’agit d’atgression physique – comme si rien ne s’était passé.

Au contraire, la société et l’establishment religieux plaignent le pauvre criminel, car la victime est perçue comme le vrai criminel. C’est elle qui doit être punie. La victime est perçue comme la cause du crime. Il existe plusieurs cas où une femme violée a été punie. Des femmes qui ont subi harcèlement et agressions sexuelles ont été punies. […]

Jetez un œil sur la carte du monde arabe. En Irak, des femmes sont violées, tuées et achetées, puis vendues sur des marchés d’esclaves. Au Yémen, on a les mariages précoces. En Egypte, 27 millions de femmes subissent une excision. En Arabie saoudite, les femmes sont opprimées. En Jordanie, il y a des crimes d’honneur. La situation des femmes arabes connaît un déclin terrifiant. Même si les révolutions arabes ont renversé quelques régimes, elles n’ont pas su trouver la liberté. Au lieu de quoi, elles ont trouvé le terrorisme, et une fois de plus, ce sont les femmes et les enfants qui doivent payer le prix. C’est sur la femme que l’homme épanche sa colère. Elles se font assassiner et leurs corps sont brûlés et traînés à terre, au nom d’un prétendu honneur.

 

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Published by PIMPRENELLE POURPRÉE - dans MEMRI
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