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Thérèse Zrihen-Dvir

Regard d'un écrivain sur le Monde

7 mai 2017 7 07 /05 /mai /2017 05:42

Quelques rappels historiques désagréables aux socialistes

Publié le 6 mai 2017 - par  

C’est curieux depuis quelque temps cette manie de faire retour constamment sur les années d’Occupation pour établir un parallèle avec le Front National de  2017.

Ainsi, la polémique sur la rafle du Vel’ d’Hiv’ a fait les choux gras des médias : Marine Le Pen ferait du négationnisme en affirmant que la France n’est pas responsable.

Tollé général, que n’a-t-elle pas affirmé ! Il est tentant de se retrancher derrière les avis des uns et des autres, c’était la position du Général, la France était à Londres pas à Vichy, mais nous entendons ici établir un autre parallèle.

Pour tous les opposants, socialistes, républicains, pour la plupart des journalistes, le Front National est un parti fasciste et la simple référence à cette période de l’histoire européenne accrédite de manière subliminale sa parenté avec le nazisme, rien de moins.

Il n’y rien à y faire, l’argument d’autorité est devenu un dogme : le Front National 2017 est le fils spirituel de Vichy même si ceux qui l’affirment sont dans la totale impossibilité d’établir une filiation directe par quelque raisonnement ou document probants.

Or, il faut revenir sur les faits, là les choses sont moins drôles et même cruelles pour le socialisme français et plus largement pour le Front républicain actuel car si filiation il y a, ce n’est vraiment pas du tout celle  à laquelle le consensus général de l’unanimité d’opposition au FN s’attend.

1936 : Le Front populaire accède au pouvoir qu’il n’abdiquera que le 10 juillet 1940.

En Allemagne, Hitler est au pouvoir depuis  1933.

En Espagne, c’est la guerre civile qui commence.

Pour les républicains espagnols cela ne va pas fort. Franco, épaulé par Hitler et Mussolini, gagne irrésistiblement du terrain : les républicains espagnols ont beau appeler au secours leurs coreligionnaires français, rien ne sera fait ou si peu et de manière clandestine, au point que l’on est obligé de reconnaître que l’inaction du Front populaire français à l’égard du front populaire espagnol s’apparente à un abandon total . On peut parler de trahison.

Il faut l’admettre, les socialistes français et plus généralement la gauche française, par leur inaction, ont  été les alliés objectifs de Franco, de Mussolini et d’Hitler.

A partir de 1938, les républicains espagnols remontent en France pour se réfugier, en 1939 c’est la « retirada ».

Ils seront désarmés et internés dans des camps de concentration.

Car il faut le rappeler, ce sont bien les socialistes au pouvoir qui ont décidé du décret du 12 novembre 1938 sur les étrangers indésirables, qui permettra l’internement dans des camps, qu’on ne peut nommer autrement que de concentration, les apatrides, républicains espagnols puis, sous le Maréchal Pétain, les  juifs et opposants allemands à Hitler qui avaient cru trouver refuge en France.

Il faut l’admettre, les socialistes et la gauche française n’ont pas attendu Hitler ni Pétain pour ouvrir des camps, et le Maréchal Pétain, à partir de juillet 1940, aura à sa disposition un dispositif d’internement tout prêt. Aussi ici la filiation socialistes/Vichy  est-elle réellement établie tandis que l’on attend toujours la filiation Front National 2017/Vichy ?

Fin septembre 1938, Daladier et Chamberlain font leur voyage à Munich.

Ils livrent la Tchécoslovaquie à Hitler en croyant gagner la paix.

On peut dire que les socialistes  et la gauche française ont trahi ignominieusement le peuple tchécoslovaque.

Seul le parti communiste français condamne ces accords.

Alors il faut finalement l’admettre, les socialistes français ont activement aidé Hitler à se renforcer avec la suite que l’on sait.

Le 23 août 1939 c’est la signature du pacte Ribbentrop/Molotov, l’URSS devient l’alliée des Allemands, les deux puissances s’accordant pour le partage de l’Europe.

Officiellement, le parti communiste français approuve, même si individuellement certains s’éloignent de la ligne officielle. Reconnaissons que Daladier prend la mesure de la fracture et interdit par décret le parti communiste français.

Mais il va falloir l’admettre, la ligne officielle communiste française, de la signature de ce pacte jusqu’au 21 juin 1941, qui vise au partage de l’Europe entre l’URSS et l’Allemagne, a été au minimum un soutien passif à Hitler nonobstant les résistances individuelles.

Début septembre 1939, c’est la déclaration de guerre.

La Pologne, qui commence d’être envahie, appelle désespérément au secours ses alliés français et britanniques et leur demande d’ouvrir un front ouest pour soulager les polonais à l’est.

Ils attendent toujours, les Français vont se cacher derrière la ligne Maginot et n’en sortiront plus jusqu’à ce qu’ils en soient délogés par la force des choses en mai 1940.

Il faut l’admettre, le pouvoir socialiste français n’a vraiment rien fait pour aider le peuple polonais à lutter contre l’envahisseur, par son inaction il a été un allié de poids pour Hitler.

Le  10 juillet 1940, les élus de la nation réunis à Vichy livrent le pouvoir à Pétain sans consulter les Français. Reconnaissons ici que 80 élus ont bien voté contre, mais 569 pour.

Il en découlera ce que l’on sait.

C’est devenu un dada à la mode de faire du front National un héritier de la période qui s’en est suivie.

Or, si l’on remonte objectivement la chaîne de causalité des événements, il va bien falloir l’admettre, c’est bien la gauche de pouvoir française qui est directement responsable de la rafle du Vel’ d’Hiv’ : si ceux qui ont voté avaient majoritairement entendu continuer le combat à partir de l’empire comme le préconisait le Général de Gaulle, il n’y aurait jamais eu transfert de pouvoir au Maréchal pour donner et faire exécuter de tels ordres, l’histoire se serait écrite probablement autrement.

On m’objectera que les temps étaient bien troubles et le pays en état de sidération, mais alors l’excuse doit profiter à tout le monde : on ne peut pas excuser la gauche de l’époque et dans le même temps esquisser une filiation du Front National de 2017 avec Vichy.

Ce petit rappel montre que le Front républicain a bien tort de faire retour sur un passé qui ne passe  pas selon l’expression d’historiens, et il est regrettable que ces derniers ne prennent pas la plume pour alerter sur la confusion révisionniste qu’entretiennent les politiciens et journalistes qui s’imaginent augurer de l’avenir du pays en ressassant un passé dont nous venons de voir que la trahison socialiste est une constante.

Car ce qu’il faut maintenant c’est savoir comment se sortir de l’endettement infernal qui a mis le pays entre les mains des créanciers et des marchés, situation de dépendance que n’aurait jamais acceptée le Général de Gaulle.

Or, cette dépendance est  bien le fruit de la politique de quatre décennies de Front républicain : ici, nous en sommes sûrs, la filiation au Général des politiciens de pouvoir des quarante dernières années est impossible à établir.

Jean d’Acre

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Published by PIMPRENELLE POURPRÉE - dans Riposte Laique
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