L’Autorité palestinienne empêcherait les résidents de la bande de Gaza de quitter l’enclave côtière pour soins médicaux dans le cadre de sa lutte pour le pouvoir contre le groupe terroriste Hamas qui contrôle actuellement la région.

Les Palestiniens qui souhaitent quitter Gaza pour bénéficier de soins médicaux en Israël, en Jordanie ou en Cisjordanie ont indiqué que les délais d’obtention des documents requis par l’AP sont inhabituellement longs depuis 2 mois, selon un article du quotidien Haaretz paru lundi.

Le groupe Physicians for Human Rights-Israël a corroboré les plaintes des Gazaouis, et a déclaré au journal Haaretz que les données qu’ils détient montre que près de 90 % des Palestiniens ayant déposé des demandes de permis ces deux derniers mois n’ont toujours pas reçu de réponse, et qu’en moyenne, seuls 10 documents sur 120 demandes déposées par jour ont été accordées, y compris pour les personnes souffrant de maladies en phase terminale qui ne peuvent pas bénéficier des soins nécessaires à Gaza.

L’AP a nié chercher à retarder la délivrance d’autorisation, malgré une baisse considérable depuis le mois d’avril. En moyenne, 2 041 laissez-passer étaient accordés chaque mois l’an dernier, selon Haaretz.

Un réfugié du camp de Jabaliya, dont la fille de 14 ans souffre de maladie vasculaire, a déclaré à Haaretz qu’elle a été contrainte de renoncer à un traitement programmé pour le 21 juin à l’hôpital Ichilov de Tel Aviv, après que l’AP a refusé de lui accorder un bon de paiement pour financer ses soins médicaux.

« L’état de ma fille se dégrade et sa vie est en danger », dit-il. « Je me rends tous les jours au ministère de la Santé à Gaza, pour tenter d’obtenir les documents, j’ai tenté de faire bouger les choses à Ramallah, et je ne sais pas quoi faire d’autre pour que ma fille puisse se faire soigner en Israël ».

En plus des délais importants pour les laissez-passer des Gazaouis, l’enclave contrôlée par le Hamas subit une grave pénurie de médecins et de matériel médical.

En avril, Haaretz a relayé les propos d’un haut-conseiller du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas qui avait déclaré que Ramallah réduirait le budget alloué à la santé à Gaza, entre autres mesures, pour forcer le Hamas à céder le contrôle de la bande de Gaza, dont il s’est emparé en 2007, et qu’il le rende à l’AP.

Un vendeur de rue palestinien derrière son stand devant la plage de Gaza, durant une coupure d'électricité, le 11 juin 2017. (Crédit : Mahmud Hams/AFP)

Un vendeur de rue palestinien derrière son stand devant la plage de Gaza, durant une coupure d’électricité, le 11 juin 2017. (Crédit : Mahmud Hams/AFP)

Par ailleurs, l’AP a réduit ses paiements pour l’électricité acheminée à Gaza, ce qui a empiré une pénurie d’électricité déjà dramatique.

Au début du mois, les ministres israéliens ont décidé de tenir compte de la demande d’Abbas, à savoir, de réduire la quantité d’électricité fournie à Gaza, ce qui intensifierait les affrontements avec le Hamas et pourrait mener à une nouvelle vague de violence.

Israël et l’AP soutiennent que le Hamas aurait la possibilité de payer pour l’électricité à Gaza s’il ne dépensait pas une partie si conséquente de son budget en armement et en préparation à un conflit futur avec l’État hébreu, avec lequel il a déjà mené 3 guerres, et qu’il s’acharne à vouloir détruire.