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Thérèse Zrihen-Dvir

Regard d'un écrivain sur le Monde

1 juillet 2017 6 01 /07 /juillet /2017 23:58

On encense Simone Veil alors qu’on a dénaturé sa loi : quelle hypocrisie !

Publié le 1 juillet 2017 - par 

 

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Simone Veil nous a quittés, paix à son âme. Elle avait incontestablement une grande classe. Mais on lui tresse de faux lauriers en ce moment, on dit que grâce à elle l’IVG a été introduit dans nos lois. Certes. Mais pas du tout comme elle l’entendait en 1975.

La loi de Simone Veil ne condamnait plus l’avortement et c’était évidemment une avancée car comment jeter la pierre à la misère, au désespoir, à  l’abandon de la mère par le père, etc ?… Mais Simone Veil ne faisait pas un droit de l’IVG, au contraire l’IVG devait rester cantonnée à l’exception.  Elle disait :

« L’avortement doit rester l’exception, l’ultime recours pour des situations sans issue ». Et elle ajoutait  au sujet de sa loi / « Si elle n’interdit plus, elle ne crée aucun droit à l’avortement. »

Simone Veil a déploré ce que sa loi était devenue. Elle était contre la banalisation de l’avortement. Il faut qu’on puisse le dire. Récemment des féministes se sont réjouies que la loi sur l’IVG n’ait plus rien de ce que lui avait donné Simone Veil et qu’on ait renoncé à la notion de détresse. Alors l’encenser pour son action, n’est-ce pas un peu hypocrite, alors que la loi actuelle n’a plus rien de Simone Veil ?…

Cette loi est devenue un droit, dont on ne peut même plus débattre. Pourtant un large débat est possible, qui ne peut être réglé en quelques lignes… Force est de reconnaître qu’il y a une dérive idéologique en faveur de l’avortement « libre, gratuit, et obligatoire pour toutes. » Beaucoup de femmes se voient proposer un avortement de facilité alors qu’elles n’ont que des problèmes de santé mineurs qu’il convient de traiter. Comme c’est pratique ! On décide pour elles. C’est un lâchage. Je n’invente pas, je le sais, on me l’a proposé à moi-même ! Quelle humiliation ! Je me suis sentie traitée comme une vache marquée et maquée par le vétérinaire dans un pré, brave ruminant obtus qui dépend de son propriétaire, du bon vouloir de l’UE, et des écolos tout puissants. (Mon fils va bien, merci.)

Or une femme est un être humain, doté du libre arbitre et d’une conscience et elle peut vouloir, comme n’importe quelle mère du monde animal, comme la louve avec ses petits, ou comme la maman hibou, toutes deux très maternelles, mettre au monde son enfant, quelles que soient les conditions, tout simplement. Il ne faudrait pas oublier cette liberté des femmes de mettre au monde leur enfant. Ni l’espoir qu’elles ont naturellement en la vie, l’espoir que tout s’arrangera.

A ce propos l’expression utilisée par certains « ah mais ce n’est pas un enfant, juste un embryon » est une manière choquante de balayer la poussière sous le tapis. Qu’on veuille bien m’expliquer à partir de quand l’embryon devient un enfant digne de respect. A minuit quinze il est encore un embryon, on peut lui faire n’importe quoi, et à minuit seize il devient un enfant ?…Allons, allons !…

Qu’on veuille bien m’expliquer aussi pourquoi les sigles IVG, GPA, PMA rendraient les choses sympathiques et douces.

Et avec ce droit pour tous, nous dit-on, youpiii, on peut enfin agir légalement. Ah bon ? Mais ce qui est légal est-il forcément juste et bon ? Nous savons bien que non. Légaliser ne suffit pas à légitimer une pratique, ni à la fonder moralement. Et si la loi change si souvent, n’est-ce pas justement parce qu’elle n’est jamais parfaite ?

Légaliser permet d’avorter « dans des conditions médicales et humaines » dit une commentatrice ! Est-ce vraiment humain pour une mère de supprimer son enfant ou de se le laisser enlever ? N’y-a-t-il pas là une forme de maltraitance ? C’est ce que dit Karin Viard dans le film « haut les cœurs » où elle hésite à subir une IVG puis choisit de garder son enfant car « moi, un médecin qui m’écarte les cuisses pour me piquer mon bébé et le mettre à la poubelle, ça, je le vois pas ». Sait-on que l’IVG surtout répétée, laisse des séquelles sur le corps de la femme ?

Sait-on que beaucoup d’enfants avortés trop tard naissent en réalité viables et qu’on les laisse agonir tout seuls, pendant des heures, sans assistance, dans des cuvettes en pleins courants d’airs, ou pire, on les glisse, encore vivants, avec les déchets pour être brûlés ? C’est cela, le progrès humain, le progrès médical ?…

Il semble vraiment que l’avortement soit un faux problème, dans la mesure où la contraception existe. Ceux qui ne veulent pas d’enfant n’ont qu’à utiliser la contraception. Mais voilà, certaines personnes veulent expérimenter leur toute puissance. Dans une société parfaite, tout le monde aurait une  contraception et il n’y aurait plus d’IVG.

Mieux, dans une société parfaite on serait heureux à chaque naissance, comme le dit Victor Hugo : « lorsque l’enfant paraît le cercle de famille applaudit à grands cris… » et l’Etat se donnerait pour obligation de protéger le plus faible et d’aider les mères. Car qu’on le veuille ou non, une société qui ne protège pas l’enfant dans le ventre de sa mère, qui ne donne pas à celle-ci assistance matérielle et morale, est une société malade. A notre époque, on protège, et à juste titre, les chimpanzés, les abeilles, les bébés phoques, les papillons, mais qui protégera les bébés d’hommes ?…

Le taux d’avortement ne reste pas constant, illusion dont certains se bercent : il augmente sans cesse. Et si selon l’Ined en 1975 41% des grossesses non prévues se terminaient par un avortement, en 2002 nous en étions à 62 % : un recul massif du droit à la vie du citoyen français à naître.

On ne peut pas ne plus débattre au sujet de l’IVG, car c’est de notre condition humaine qu’il est question, au plus profond. Dire « attention, vous ne croyez pas qu’on avorte un peu trop de nos jours » ce n’est pas être intégriste n’en déplaise aux esprits chagrins, c’est être réaliste. Mais voilà, idéologie quand tu nous tiens…

Ce qu’il nous faut maintenant, c’est une  politique de natalité.

 Sophie Durand

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Published by PIMPRENELLE POURPRÉE - dans Riposte Laique
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