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Thérèse Zrihen-Dvir

Regard d'un écrivain sur le Monde

19 septembre 2017 2 19 /09 /septembre /2017 04:38

La vraie diversité, c’était avant : Nana Mouskouri, Johnny, Mouloudji, Rika Zaraï, Moustaki…

Publié le 18 septembre 2017 - par 

http://static.ripostelaique.com/wp-content/uploads/2017/09/Chanteursdiversite.jpg 

« Ils » nous bassinent avec leur « diversité » ! Pourtant il suffit d’ouvrir les yeux pour observer que tout n’est devenu que plate uniformisation et triste monotonie. « Leur » diversité à « eux » ne se résume en fait qu’à deux mots : américanisation et islamisation ; la première, véritable machine à tuer les civilisations, a permis à l’autre de se mettre en place. Côté musique et chanson, le panorama est désolant : c’est l’invasion sonore de la sous-culture anglo-américaine de la pire espèce. Rares sont, y compris dans le camp des patriotes, ceux qui ont conscience de l’ampleur des dégâts causés par cette déculturation, volontaire de surcroît, et qui a transformé les Français en des déracinés sur la terre de leurs ancêtres. Quant aux jeunes « issus de la diversité » si prompts à nous rabâcher leur différence et leur identité, leur univers ne se résume qu ‘au Rap et au McDo. Ne leur demandez pas une chanson de El Harrachi ou de Chekkara, pour la plupart il ne connaissent rien à leur culture d’origine (ne parlons même pas de celle de la France !). Remarquez, il est tout autant inutile de demander à un jeune « Babtou » de vous fredonner une chanson de Trenet ou de vous citer ne serait-ce qu’une seule œuvre de Debussy. La vraie « diversité » c’était celle qu’il y avait avant ! Mais les moins de 40 ans ne peuvent pas connaître… Permettez-moi donc une séquence souvenirs-souvenirs avec quelques évocations et quelques portraits. Je vous parle d’un temps… le temps de mon enfance ; quand je suis arrivé tout petit en France avec mes parents à la fin des années 60 et quand j’ai grandi durant les années 70. En ce temps-là, les Français étaient heureux, fiers et enracinés. Il n’y avait que trois chaînes de télévision et cinq ou six stations de radio, je crois, mais on ne sentait pas de monotonie pour autant. Au contraire, on entendait de tout à la radio ainsi que dans les émissions de variétés à la télévision ! Par-dessus tout c’était la chanson française qui dominait les ondes. La vraie chanson française, celle qui manie aussi bien le verbe classique que l’argot populaire, le plus souvent accompagnée de sonorités d’accordéon, sur des rythmes à trois temps. Par ailleurs, tout le monde savait apprécier ce qu’on osait encore appeler « La grande musique »car, contrairement à ce que disent certains, ce n’était pas du tout une musique « élitiste ». Chaque Français avait à la maison au moins un disque de Mozart, Vivaldi, Ravel, ou Tchaïkovski. Bien sûr il y avait également les nouvelles musiques populaires venant d’outre-Manche et d’outre-Atlantique, mais elles n’étaient pas encore devenues hégémoniques comme aujourd’hui. De plus, les Yéyés et autres Rockers gaulois n’avaient pas encore renié leurs racines, comme on peut l’entendre dans cette « Carmagnole » interprétée par notre Johnny national.

https ://www.youtube.com/watch?v=muMtrCCl1vU

Il y avait beaucoup de chanteurs populaires d’origine étrangère mais, à l’instar de Charles Aznavour, ils étaient tellement français que c’était des ambassadeurs de la culture populaire française et ils contribuaient au rayonnement de la France à travers le monde. Souvenez-vous comment Yves Montand (l’immigré italien !) interprétait les plus belles valses musette dédiées à la capitale : « Sous le ciel de Paris » ou « A Paris ». Plusieurs années après, il nous fera une magnifique version du « Chant des Partisans ». A propos de valse musette, il y a un album à redécouvrir : Il s’agit d’une l’anthologie intitulée « Et ça tournait ! », interprétée par Mouloudji (d’origine kabyle !) avec l’accordéoniste Marcel Azzolla (d’origine italienne). Un véritable trésor que les patriotes français devraient tous avoir chez eux !

https ://www.youtube.com/watch?v=5rUwoWhDDs4

Souvenez-vous de « Petit garçon », délicieuse chanson de Noël interprété par la chanteuse grecque Nana Mouskouri, accompagnée de ses bouzoukis et ici en compagnie de Georges Brassens.

https ://www.youtube.com/watch?v=UygsWM9lxMo&list=RDUygsWM9lxMo

En 1973, l’israélienne Rika Zaraï chantait « C’est ça la France » !

https ://www.youtube.com/watch?v=zKaS5cYaaPE

N’oublions pas les musiciens comme Georges Zamfir, le célèbre joueur de « NaÏ » (flûte de pan roumaine), qui fut entre autres l’interprète de la musique du film Le Grand blond avec une chaussure noire. Tout le monde se souvient de la scène du dos nu de la divine Mireille Darc, qui nous a récemment quittés !

https ://www.youtube.com/watch?v=cllJzGDWyas

Depuis la sortie du film Orfeu negro de Marcel Camus, en 1959, date de naissance officielle de la Bossa nova, les Français sont épris de chanson brésilienne. Chaque chanteur avait « sa » chanson brésilienne : que ce soit Claude Nougaro avec »Bidonville » (« Berimbau » de Baden Powell) ou « Ah tu verras » (« Oh que será » de Chico Buarque de Holanda), Georges Moustaki avec « Les eaux de mars » (« Aguas de março » de Antonio Carlos Jobim), ou encore (sur un ton plus humoristique) Pierre Vassiliu avec « Qui c’est celui-là? » (« Partido alto »de Chico Buarque de Holanda).

https ://www.youtube.com/watch?v=GNWKWhdnRDI

D’autres avaient leur chanson qui parlait du Brésil comme Marie Laforêt avec « Maine-Montparnasse », ou encore Chantal Goya avec « On va jouer au carnaval ». Ce fut une véritable histoire d’amour entre la France et le Brésil, pays francophile notoire. Ce n’est pas un hasard si le premier vol régulier du Concorde sera Paris-Rio en 1976. Par la suite, ce fut un véritable engouement pour les musiques des Andes, et qui donna naissance à de nombreux groupes formés par des musiciens français comme « Pachacamac » (et qui existe encore !).

https ://www.youtube.com/watch?v=rTwu-hPHJfs

A l’époque des dictatures militaires en Amérique du Sud, il y avait de nombreux artistes latino-américains réfugiés en France (des vrais réfugiés, eux !). Parmi les plus célèbres, le groupe chilien Quilapayún (souvenez-vous de « El pueblo unido jamás será vencido », « Le peuple uni ne sera jamais  vaincu ! ») composa cette « Valse de Colombes » en remerciement pour le chaleureux accueil dont ils ont bénéficié de la part de cette municipalité de la « Banlieue Rouge » (c’était bien avant qu’elle ne devienne « Verte » !). Écoutez les flûtes des Andes imiter l’orgue de barbarie, et citer les premières notes de « La Marseillaise » à la fin du morceau :

https ://www.youtube.com/watch?v=HhDAhN98WYc

Paris était la capitale culturelle du monde, tout en étant capitale de la France : cosmopolite mais pas multiculturelle ! On sentait bien que, tout en étant ouverts au monde, on était en France. C’est pour cela qu’on entendait beaucoup de musiques et chansons du monde ; les Français adoraient ça ! Que ce soient des airs russes, italiens, grecs, espagnols ou latino-américains, chantés aussi bien en version originale que française. Certaines mélodies étaient devenues si populaires qu’elles étaient transformées (avec d’autres paroles) en chansons gauloises, voire carrément paillardes ! C’est ainsi que « La raspa » mexicaine devint « L’avion, l’avion, l’avion, ça fait monter les yeux… » Dario Moreno (le plus français des mexicains-judéo-turcs !) a fait connaître les tubes  latino-américains : « La bamba », « Amor amor », « Quizas quizás », « Bésame mucho » ou encore son inimitable versión de « Coucouroucoucou paloma ». N’oublions pas également « Si tu vas à Rio » ou encore « Brigitte Bardot », chanson dédiée à la grande BB avec qui il partagea l’écran. Polyglotte, il chantait aussi bien en français qu’en espagnol, en portugais, en turc ou en arabe. Écoutons-le dans cette célébrissime chanson égyptienne dont les paroles ont la particularité d’être chantées en arabe, en français et en italien.

https ://www.youtube.com/watch?v=DGdcCLyPC_U

Par la suite, Carlos (le barbu préféré des Français !) reprendra le flambeau à sa façon. Nous le voyons ici versionner en français, non sans humour, la célèbre chanson tunisienne « Sidi Mansour ». On aimerait bien voir d’autres barbus en faire autant…

https ://www.youtube.com/watch?v=E2iplFl6PaE

Henri Salvador nous ramenait les parfums de la France d’outre-mer.

https ://www.youtube.com/watch?v=WcIrnIo_Hao

Certains artistes nous faisaient découvrir des chansons de leur pays d’origine en les versionnant en français. Ce fut le cas de Georges Moustaki (notre Métèque bien-aimé !) qui, à l’époque de la Dictature des Colonels, chanta cette dramatique « Emaste dio » (« Nous sommes deux ») du grand Mikis Théodorakis.

https ://www.youtube.com/watch?v=U0DAinZl5ho

La portugaise Linda de Suza chantait « Tiroli-tirola »

https ://www.youtube.com/watch?v=N0xT43QWUF0

N’oublions pas le « bourreau des cœurs », le « Spanish lover » de Paris et « Chanteur de Mexico »; j’ai nommé Luis Mariano ! Nous le voyons ici, en compagnie de Carmen Sevilla, dans cette adaptation cinématographique de la célèbre opérette de Francis Lopez.

https ://www.youtube.com/watch?v=T4KESvP67Gc

Parmi les artistes américains, celle qui a le plus aimé la France fut, sans aucun doute Joséphine Baker. Dès 1940, elle s’était engagée dans la Résistance. Bien-sûr, il y avait également tous ces merveilleux jazzmen, aussi bien américains que français, qui illuminaient depuis longtemps les nuits parisiennes. Revoyons-la dans le film Zouzou auprès de Jean Gabin, qui lui aussi avait combattu pour la France.

 

https ://www.youtube.com/watch?v=NjxA1LHqj0w

Je n’ai jamais compris pourquoi tout cela avait disparu par la suite. Interdit par la mairie ?… L’ambiance était pourtant bon enfant et sans le moindre problème. Je me souviens des dimanches où j’allais avec mon père sur l’esplanade devant le Centre Pompidou pour écouter les musiciens qui y jouaient. C’était une véritable place de village médiéval remplie de troubadours et trouvères du monde entier. J’écoutais émerveillé les joueurs de Oud arabe, de Kora africaine, de Valiha malgache, etc., mais également des accordéons parisiens, ou des cornemuses bretonnes. Il y avait par ailleurs un chanteur avec sa guitare qui interprétait les chansons de Brassens. Il était toujours entouré d’une foule qui chantait avec lui. D’autre part, la plupart des chanteurs français étaient polyglottes et avaient un immense succès à l’étranger, que ce soit aux USA, au Japon ou encore en Amérique latine. Avez-vous entendu Cloclo chanter en espagnol ?

https ://www.youtube.com/watch?v=gtyO8-SvGq8

Pour finir, je vais faire une confidence ; en exclusivité pour les lecteurs de Riposte Laïque : il se trouve que depuis toujours, je suis secrètement amoureux de Marie Laforêt !  Vous allez donc me permettre une séquence dédiée à « La Belle Ariégeoise », toujours aussi belle à 77 ans. Passionnée de musiques du monde, en particulier d’Amérique latine, elle se faisait accompagner par de magnifiques musiciens traditionnels et avait par ailleurs travaillé avec l’immense compositeur brésilien Egberto Gismonti. La voici en 1960 interprétant « La Petenera » mexicaine :

https ://www.youtube.com/watch?v=dSspP01ny2c

Ici nous l’entendons dans une chanson napolitaine :

https ://www.youtube.com/watch?v=DVoftt17K1o

Dans une chanson juive dont le texte est tiré du « Cantique des cantiques » :

https ://www.youtube.com/watch?v=_IVMQToLfYM

Une chanson russe :

https ://www.youtube.com/watch?v=Z_9gzN0CCSY

Une valse musette bien française avec la ritournelle traditionnelle en « Digue-digue-don » :

https ://www.youtube.com/watch?v=rZ3F99VOgxA

Marie Laforêt – Ay tu me plais (1972)

Bref, plus ouverte à la « diversité » qu’elle impossible ! Et pourtant cela ne l’a pas empêchée d’être attaquée en justice par le MRAP en 2011… pour propos racistes ! out cet exotisme était en fait on ne peux plus français, à l’image de ce peuple curieux par nature, passionné et ouvert au monde, tout en étant profondément enraciné.

Y a pas à dire : c’était mieux avant !

Santiago CARTAGENA

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Published by PIMPRENELLE POURPRÉE - dans Riposte Laique
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