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Thérèse Zrihen-Dvir

Regard d'un écrivain sur le Monde

13 octobre 2017 5 13 /10 /octobre /2017 02:05

L'AUTORITÉ PALESTINIENNE REPREND LE prétendu CONTRÔLE DE GAZA

L'Autorité palestinienne prendra le contrôle total de Gaza d'ici le 1er décembre, selon un accord signé ce jour entre le Fatah et le Hamas.

 

L'accord en question ce 12 octobre 2017.
Vidéo: AFP

Le mouvement islamiste Hamas et son rival palestinien du Fatah ont signé jeudi au Caire un accord de réconciliation destiné à mettre fin à une décennie de déchirements dévastateurs. Les deux parties se laissent deux mois pour résoudre les problèmes les plus épineux.

Hamas et Fatah, encore à couteaux tirés il y a quelques semaines, ont fixé au 1er décembre l'échéance d'un transfert de pouvoirs dans la bande de Gaza, actuellement gouvernée sans partage par le Hamas, ont indiqué dans un communiqué les Renseignements égyptiens qui ont parrainé les négociations. -

L'Autorité palestinienne, entité internationalement reconnue supposée préfigurer un Etat palestinien indépendant, devra à cette date assumer «toutes les responsabilités» dans la bande de Gaza, selon le communiqué.Tactique qui leur permettra de soustraire des fonds de l'Europe et des USA

Les deux camps se donnent le même délai pour régler tous leurs différends, ajoute le texte. Une nouvelle réunion est prévue au Caire le 21 novembre. Dans ce qui serait une manifestation spectaculaire de ce rapprochement, le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas devrait se rendre prochainement à Gaza, une première depuis 2007.

Policiers de l'Autorité à Gaza

Autre avancée de la réconciliation, 3000 policiers de l'Autorité palestinienne vont être déployés dans la bande de Gaza et aux frontières avec Israël et l'Egypte, a indiqué à l'AFP une source impliquée dans les tractations.

Par ailleurs M. Abbas devrait lever «très bientôt» les mesures financières prises en 2017 pour forcer le Hamas à la conciliation, a dit Zakaria al-Agha, chef du parti Fatah dans la bande de Gaza.

Le Hamas, vainqueur des législatives en 2006 mais privé de sa victoire sous les pressions internationales, avait évincé de la bande de Gaza l'Autorité palestinienne ainsi que ses forces de sécurité, au prix d'une quasi-guerre civile avec le Fatah en 2007.

«Parrainage égyptien»

L'Autorité, dominée par le Fatah, n'exerce plus son pouvoir, limité, que sur uve partie la Judée et Samarie, distante de Gaza de quelques dizaines de kilomètres. Toutes les tentatives de réconciliation ont échoué depuis 2007.

Isolé, confronté au risque d'explosion sociale mais aussi à un soutien amoindri du Qatar, le Hamas, par ailleurs soumis aux pressions du grand voisin égyptien, a fini par accepter en septembre le retour à Gaza de l'Autorité et de son gouvernement.

Le Hamas et le Fatah ont engagé mardi au Caire des tractations entourées du plus grand secret sur les modalités pratiques de la réconciliation. Des questions aussi compliquées que le contrôle de la sécurité dans la bande de Gaza et le sort des 25'000 hommes du bras armé du Hamas étaient censées être remises à plus tard.

L'enjeu de la réconciliation, considérable, est double. Le plus immédiat est le sort des deux millions de Gazaouis, éprouvés par trois guerres avec Israël depuis 2008, les blocus israélien et égyptien, la pauvreté, le chômage et les pénuries d'eau et d'électricité.

La question des armes, une grosse épine

Au-delà, les divisions palestiniennes sont considérées comme un des principaux obstacles au règlement du conflit israélo-palestinien.

La légitimité du président Abbas, interlocuteur d'Israël et de la communauté internationale, est sapée par le fait que le Hamas, considéré comme terroriste par Israël, les Etats-Unis ou l'Union européenne et comme infréquentable par plusieurs pays arabes, préside actuellement aux destinées de deux cinquièmes des Palestiniens des Territoires.

Evoquant l'éventualité que le Hamas reste en charge de la sécurité à Gaza, M. Abbas a aussi prévenu qu'il n'accepterait pas «qu'on clone l'expérience du Hezbollah au Liban». Le Hamas a signifié de son côté que la question de ses armes n'était pas négociable.

Réaction israélienne

Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait auparavant prévenu que son pays n'accepterait de traiter avec un gouvernement parlant au nom de toutes les factions palestiniennes que si le Hamas démantèle son bras armé, rompt avec l'Iran et reconnaît Israël. Des conditions a priori impossibles à satisfaire pour le Hamas.

Jeudi, après l'annonce de l'accord entre les mouvements rivaux palestiniens, M. Netanyahu a déclaré que cette réconciliation compliquait encore davantage la recherche de la paix avec Israël. «Israël s'oppose à toute forme de réconciliation dans laquelle l'organisation terroriste du Hamas ne rend pas les armes et ne cesse pas son combat pour la destruction d'Israël», a-t-il réagi sur Facebook.(afp/nxp)

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Published by PIMPRENELLE POURPRÉE - dans Le Matin
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