Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Thérèse Zrihen-Dvir

Regard d'un écrivain sur le Monde

18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 16:49

28 Minutes à « Boboland »

En débat sur Agoravox d'ores et déjà

 J'ai regardé deux ou trois soirs de suite, par curiosité masochiste, ou désœuvrement, et voir jusqu'où les « bobos » peuvent aller, l'émission « 28 minutes » présentée par Élisabeth Quin, sur Arte, du lundi au vendredi à 20h05.

image prise sur le site de Télérama

retour-sur-28-minutes-magazine-d-arte,M67317.jpgJe donne les horaires pour ceux que cela intéresserait quand même de constater une fois de plus à quel point les « bobos », une partie non négligeable de l'élite sociale auto-proclamée, sont totalement déconnectés du « pays réel » (« déconnexion » illustrée aussi par cette élue écologiste dont il est question depuis quelques jours, qui trouve visiblement normal de frauder le fisc afin d'éviter de payer l'ISF entre autres).

Cette émission est une plongée dans les abysses des préoccupations politiques et sociétales des « bourgeois dits bohèmes », classe hétérogène définie ci-dessus.

La plupart du temps y sont invités des politiques, penseurs et commentateurs de gauche, ou plutôt de « gôche » (TM°) (par là j'entends la gauche sociétale qui ne se soucie plus vraiment de l'équité sociale ou de la précarisation des salariés), tendance politique de tous les chroniqueurs de l'émission, et de temps en temps, l'animatrice et ses acolytes s'offrent en quelque sorte ce qui est pour eux un « dîner de cons » en invitant un politique ou un commentateur de droite systématiquement contredit et, ou, ridiculisé.

L'émission propose deux séquences qui se veulent « politiquement incorrects » et objectives, et que je trouve symptomatiques de la mauvaise foi qui prévaut à « Boboland », « Désintox » et « le rappel des faits », (à noter que « Désintox » s'attaque dans 80% des cas aux déclarations de l'opposition actuelle, de gauche ou de droite).

Élisabeth Quin était critique de cinéma sur « Paris Première » où elle conseillait souvent la vision du dernier film ouzbek à la mode ou de la dernière œuvre du cinéaste dans le vent dans le VIème arrondissement. Je crois savoir que c'est une grande amie de Natacha Braque.

Elle est entourée de chroniqueurs comme dans la plupart des autres émissions d'« infotainemen » qui représentent tous le même milieu social et la même pensée politique ou culturelle, le tout agrémenté par un caricaturiste de « Charlie Hebdo » pris par les participants de l'émission visiblement pour un parangon de subversion.

On a plutôt l'impression d'assister à une soirée entre jeunes filles et jeunes gens bien sages, de « bons » milieux s'enhardissant à dire des gros mots et une ou deux horreurs, ce qui leur donne le sentiment de s'encanailler.

Nous sommes bien à « Boboland ».

Où se trouve « Boboland » (décrit également dans la BD de Dupuy et Berbérian) et ses habitants qui à n'en pas douter forment le gros des téléspectateurs qui regardent « 28 minutes » ?

L'appellation « bobo » recouvre diverses situations (le blog « trucs de bobos » a essayé de les définir précisément) :

Cela va du couple homosexuel parisien, habitant le Marais, travaillant l'un dans la pub, l'autre dans un mensuel de mode pour hommes, au retraité d'une grande institution publique qui conserve quelques prétentions intellectuelles, en passant par l'ancien combattant de « Mai 68 » qui reste persuadé du bien-fondé de ces « monômes » inoffensifs au final, qui ont simplement permis à la bourgeoisie de se séparer de son ancienne hypocrisie concernant la morale individuelle.

Il y a aussi des « bobos ruraux », soucieux de développement durable ou de commerce équitable dans leurs régions qui redécouvrent l'eau tiède en remettant des considérations de bon sens de nos ancêtres paysans au goût du jour, en les faisant passer pour des trouvailles d'une grande modernité, ce qui est plus satisfaisant pour leurs égos.

Le « bobo », dans la diversité de ses représentants, est féru de culture, mais pas n'importe quelle culture, ce que montre la vision de « 28 minutes », celle qui se pare des oripeaux de la modernité et d'une audace plus ou moins frelatée qui tient plus de « l'épate-bourgeois » qu'autre chose, et qui est souvent bien anodine, une audace très codée, toujours plus ou moins sous-tendue par une perception plus ou moins bien digérée de la psychanalyse.

Domecq et Naulleau ont montré dans un livre dont la lecture est salutaire à ce propos combien cela est grotesque et dommageable pour la vraie création artistique en France.

Le « bobo » a pour caractéristique de croire fermement qu'être un bourgeois, c'est juste un ressenti, un sentiment d'appartenance, et non des privilèges matériels concrets et tangibles, dans lesquels on peut mettre également la connaissance du fonctionnement des réseaux divers et variés qui gouvernent réellement notre pays, ainsi que l'allégeance à divers lobbys communautaristes et leurs diktats sociétaux, en particulier donc en ce moment la dépénalisation du cannabis ; il fume souvent un « pétard » avec ses gosses, pour se détendre, il ne voit pas où est le problème des « drogues douces », il ne cherche donc pas vraiment à en débattre mais à en imposer la vision qu'il en a en la présentant comme la seule valable et la plus moderne ; l'autre sujet sociétal fondamental pour le « bobo » en ce moment.

Il soutient Obama surtout parce que celui-ci a une couleur de peau un peu plus sombre que les français « de souche » et non pour les qualités politiques intrinsèques du président américain.

Bien sûr cela peut sembler futile de parler d'une émission de télévision que personne n'est obligée de regarder bien évidemment, mais il apparaît qu'elle est fortement représentative de la coupure d'avec les réalités actuelles de la bourgeoisie se voulant progressiste, une partie de l'électorat UMP symbolisé par NKM, Nathalie Kosciusko-Morizet, « fille de » issue d'une longue lignée de politiques, entre autres, ou Roselyne Bachelot, et aussi et surtout par toute la gauche sociétale.

 

Amaury Watremez

Partager cet article

Repost 0
Published by La Libellule
commenter cet article

commentaires

Pimprenelle Pourprée

  • : Regard d'un Ecrivain sur le Monde
  • Regard d'un Ecrivain sur le Monde
  • : Cherchant les points communs entre les peuples, les nations et les religions pour creer un monde meilleur...et une paix durable.
  • Contact

Profil

  • PIMPRENELLE POURPRÉE
  • écrivain, née à Marrakech, Maroc, qui cherche une voie pour rapprocher les coeurs et les ames.
  • écrivain, née à Marrakech, Maroc, qui cherche une voie pour rapprocher les coeurs et les ames.

PIMPRENELLE POURPRÉE

Recherche

Pimprenelle Pourprée