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Thérèse Zrihen-Dvir
Regard d'un écrivain sur le Monde
À PROPOS DE L’ANTISIONISME :
IL Y A URGENCE À RECTIFIER L’ERREUR
GAULLIENNE ? QUI OSERA ?
Par
Arnold Lagémi
Il est salutaire en toute crise d’en chercher les causes afin d’en mieux cerner les effets et d’en distinguer, peut, être les remèdes. L'antisionisme en France n'est pas né par génération spontanée. Il a une histoire et le général de Gaulle n'y est pas étranger.
Avant la condamnation du Général sur les conséquences de la Guerre des Six Jours, fondée, en grande partie, sur la désobéissance d’Israël à son égard, les gouvernements, les Etats, quand il s’agissait de formuler une critique à l’égard d’Israël se limitaient toujours aux circonstances, mais n’osèrent jamais poser la légitimité du sionisme comme question préalable.
De Gaulle l’a fait !
En affirmant: «L’implantation de cette communauté sur des terres qui avaient été acquises dans des conditions plus ou moins justifiables et au milieu de peuples arabes (Notons que de Gaulle ignore la nation palestinienne) qui lui étaient foncièrement hostiles, n’allait pas entraîner d’innombrables, d’interminables frictions et conflits.»
En s’interrogeant sur la légitimité des conditions d’acquisition de ces terres, de Gaulle passe la première étape d’un processus visant à délégitimer Sionisme et Etat d’Israël. Il ouvre ainsi la porte aux effluves nauséabondes d’opinions qui s’éloigneront de la critique politique pour rejoindre des contrées pernicieuses et équivoques de la critique du
sionisme.
Le grand Raymond Aron l’a bien compris et dans son magistral «De Gaulle, Israël et les Juifs, Plon 1968 » il écrit : «Le général de Gaulle a sciemment, volontairement, ouvert une nouvelle période de l’histoire juive et peut être de l’antisémitisme. Tout redevient possible, tout recommence. Pas question, certes, de persécutions : seulement de la malveillance, Pas le temps du mépris : le temps du soupçon.»
La dimension historique de l’auteur de l’Appel du 18 Juin a empêché et empêchera, sans doute, encore longtemps que sa position soit jugée responsable de la tempête antisioniste à laquelle nous assistons. Quand bien même, cette turbulence entraînerait dans son sillage, le démon familier de l’antisémitisme.
Que l’origine de la position du général à l’endroit du Renouveau National Juif ait ses sources dans l’approche catholique, plutôt radicale que le Chef de la France Libre ne s’est pas privé de rappeler en maintes circonstances particulières n’enlève pas l’hypothèque que le père de la décolonisation, fait peser sur le sionisme.
Il semble qu’un consensus se soit établi à ce sujet, à la façon d’un tabou. Aucun homme politique de droite ou de gauche ne tente d’affronter cette réalité et de la critiquer. Aucun n’ose, en effet, rappeler que de Gaulle considérait Israël comme un «ami» un «allié» à condition qu’Israël tienne compte de ses injonctions en n’ouvrant pas les hostilités.
Mais Israël a désobéi au grand timonier de l’Occident. Ont ressurgi alors les vieilles appréciations, constantes de la relation peuple juif, chrétienté : tant que les Juifs sont sous contrôle, ils peuvent aller, et même aller loin. Mais s’ils échappent à la tutelle protectrice, remontent alors les vieilles appréhensions de la conscience chrétienne, quand bien même devenue laïque, face à la Restauration Nationale Juive.
Le monde politique doit, d’abord, au nom de l’honneur, et de l’intérêt général ensuite, montrer qu’il est capable de se démarquer de cette position partisane, injuste et dangereuse.
De Gaulle a sauvé la dignité de la France Libre, mais il s’est fourvoyé sur son appréciation sur le sionisme. Le monde politique, toutes tendances confondues doit l’expliquer et le dire.
ARNOLD LAGEMI
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