Dans la section Affaires de La Presse, Claude Picher parle de l'étude In America's National Interest - Canadian Oil publiée en juillet par l'Institut Fraser. Le document de 138 pages (anglais) peut être téléchargé à partir du site de l'Institut.
L'argent du pétrole des monarchies du Golfe que nous achetons est réinvesti dans des mosquées et centres islamiques partout en Occident, où l'on propage l'islam salafiste haineux, arriéré et subversif. Le monde libre a clairement intérêt à trouver d'autres sources d'énergie, ou d'approvisionnement en pétrole.
Voir le site de la Campagne
pour du pétrole éthique
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Il existe présentement aux États-Unis un vaste lobby déterminé à faire stopper les importations de pétrole canadien.
On y retrouve pêle-mêle Greenpeace et les groupes environnementalistes, Amnistie Internationale, des politiciens protectionnistes, et même, comme chaque fois qu'il y a une bonne cause à défendre, l'acteur Danny Glover et une couple de comédiens - et à cette liste il faut ajouter, comme de raison, l'incontournable David Suzuki. Ce qui soulève l'ire de tout ce beau monde, c'est l'exploitation des sables bitumineux de l'Alberta. L'affaire est sérieuse: on en discute même au Congrès.
Vrai. L'exploitation des sables bitumineux est polluante. Amnistie Internationale, entre autres, s'inquiète du sort des populations autochtones vivant aux alentours de Fort McMurray, et proclame que les droits humains l'emportent largement sur le développement des ressources. On ne peut pas lui donner tort. Sauf que tout ce discours évacue trop rapidement une autre question: si les États-Unis cessent d'acheter du pétrole canadien, où donc vont-ils s'approvisionner ? [...]
Voyons la liste des 15 premiers pays exportateurs de pétrole. Seulement deux d'entre eux, le Canada et la Norvège, ont un dossier présentable en matière de droits démocratiques, liberté de presse, corruption, intégrité du système judiciaire, alphabétisation, droits de l'homme - et surtout droits de la femme. Voici quels sont les 13 autres: Arabie Saoudite, Russie, Iran, Émirats arabes, Koweït, Nigéria, Angola, Algérie, Irak, Venezuela, Libye, Kazakhstan et Qatar. On conviendra que ce n'est pas la liste des endroits les plus reposants sur la planète.
L'Angola, la Russie et le Nigéria, pour ne nommer que ceux-là, figurent parmi les pays les plus corrompus de la planète. En Arabie Saoudite et en Iran, une femme n'a pas le droit de voyager sans l'autorisation de son mari (ou d'un autre «gardien»: père, frère, fils...). Dans les Émirats arabes, une femme doit également avoir la permission d'un «gardien» mâle pour avoir accès à une chirurgie. Il est pas mal plus agréable (et sécuritaire) d'être journaliste au Québec plutôt qu'au Venezuela, en Russie ou en Libye. Il n'y a même pas semblant d'élections libres en Arabie Saoudite, au Qatar, en Algérie. En Russie, au Kazakhstan et au Venezuela, l'indépendance des tribunaux est une farce. On peut continuer la liste longtemps. Droits humains, vous avez dit?
Le lobby américain contre le pétrole canadien peut bien s'indigner. Les dommages causés par l'exploitation des sables bitumineux sont bien réels (bien que les deux principales pétrolières concernées se soient engagées à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre). Mais ce qui se passe chez les autres pays exportateurs de pétrole est encore bien moins édifiant. [...]
Source : Pétrole sale et sales pays, par Claude Picher, La Presse Affaires, 23 juillet 2011
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