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Thérèse Zrihen-Dvir

Regard d'un écrivain sur le Monde

1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 11:35

Ces Européens qui deviennent djihadistes en Syrie

 

Radicalisme

Après la mort d'un djihadiste italien de 23 ans voici deux semaines, l'Europe s'inquiète de l'importation du terrorisme sur son territoire.

Par Marion Moussadek. Mis à jour à 07h15   Imprimer

Abdul Gaffar al-Almani est un moudjahid allemand membre de l'Union du djihad islamique. Comme lui, d'autres Européens partent faire le djihad en Syrie notamment.

Abdul Gaffar al-Almani est un moudjahid allemand membre de l'Union du djihad islamique. Comme lui, d'autres Européens partent faire le djihad en Syrie notamment.
Image: D/AFP

Il était né catholique, à Gênes, il y a vingt-trois ans. Il est mort sur le front syrien, à Qousseir, voici deux semaines, en combattant contre les forces de Bachar al-Assad, non pas au côté de l'opposition, mais de celui des djihadistes qui mènent leur «guerre sainte» espérant instaurer un Etat islamique, après la chute du dictateur.

Selon le centre international d'études de radicalisation basé à Londres, 2000 à 5500 combattants étrangers auraient rejoint les forces d'opposition syriennes depuis 2011. L'institut suédois de relations internationales estime, lui, qu'ils seraient entre 800 et 2000 combattants étrangers en Syrie. Parmi eux, 7 à 11% d'Européens. Des opposants «réguliers» au régime. Et les fous d'Allah.

«La Syrie est devenue une destination de choix pour les combattants en 2012. Il y a aussi une augmentation du nombre de citoyens européens prenant les armes, dont certains sont clairement associés au terrorisme», note Europol dans un rapport. Le médecin français Jacques Bérès, 71 ans, revenant de Syrie, affirme qu'il traitait environ 40 patients par jour, dont 60% de combattants étrangers «C'est très étrange à voir. Ils disent que la chute de Bachar ne les intéresse pas, mais ils pensent à prendre le pouvoir après, pour instaurer un Etat islamique avec la charia». Sur place, les djihadistes sont eux-mêmes éclatés en bandes. A en croire la documentation disponible, le Front al-Nosra est par exemple composé aux deux tiers d'étrangers. Le groupe Katiba al-muhajireen emploie, lui, une centaine de combattants étrangers.

Les djihadistes étrangers ont existé de tout temps. Pour la Somalie, le Yémen ou la Tchétchénie. Mais l'accès facile à la Syrie a changé la donne. «Cela a aidé la Syrie à devenir une des premières destinations pour les combattants étrangers» explique un expert en extrémisme de l'université de Stanford, Thomas Hegghammer à The Economist. La mobilisation des musulmans dans le conflit syrien est comparable à celle de l'Irak des années 2000, de la Bosnie des années 1990 ou de l'Afghanistan dans les années 80. Mais ce qui complique la donne pour les Renseignements, reconnaît le Département central du renseignement intérieur français, c'est que ces nomades individuels (les jeunes qui s'auto-radicalisent) s'y rendent par leurs propres moyens.

Les priver de passeport?

Le phénomène est tel que les gouvernements européens s'inquiètent de l'importation du terrorisme sur leur territoire, une fois leurs djihadistes rentrés au pays. A l'exemple de Londres où, le 25 avril dernier, la ministre de l'Intérieur Theresa May a annoncé qu'elle pourrait retirer les passeports aux citoyens britanniques suspectés d'exercer des activités terroristes.

Il faut dire que les British ont eu leur lot de surprises. Il y a d'abord eu Issa Abdur Rahman, 26 ans, diplômé de la London University Imperial College. Mort en mai dernier en combattant pour la brigade Shuqur al-Sham en Syrie, aux côtés d'une Américaine et probablement d'un Canadien. Il y a aussi eu Ibrahim al Mazwagi, 21 ans, dont le père eût juré que son fils fût allé en Syrie pour travailler dans l'humanitaire. Mort en juin dernier dans l'armée du Sheik Suleiman, à l'ouest d'Alep, après s'être marié sur place avec une Suédoise convertie.

Les Britanniques ne sont pas les seuls inquiets. Les Pays Bas, dont les ressortissants combattant sur sol syrien seraient plus de 100, ont élevé leur niveau d'alerte terroriste sur leur sol car ils sont effrayés par la centaine de Néerlandais rentrant de Syrie et potentiellement dangereux sur leur propre territoire. En France, sur un «flux de 180 à 200» personnes qui se sont rendues en Syrie depuis 1 an selon le DCRI, une seule personne est aujourd'hui poursuivie et incarcérée pour son déplacement suspect en Syrie. Il pourrait s'agir de Flavien Moreau, 25 ans, alias Abdel Fattah, qui dit avoir entendu l'appel du djihad saoudien depuis sa prison argovienne à Lenzburg «tout confort par rapport aux prisons françaises», s'est-il permis de commenter.

La Suisse a d'ailleurs eu son djihadiste mort en martyr. Un Biennois, de 20 ans, Abou Saad le Tunisien, qui était d'abord parti en Syrie avant de se faire tuer par les Américains en Irak probablement après 2006.

Les Américains ne sont pas en reste, même là où on les attendrait le moins. Ainsi, c'est un ancien soldat de l'armée, dont la carrière a été brisée suite à un accident, qu'on a retrouvé en Syrie et arrêté à Washington en mars dernier. Eric (Omar) Harroun, 30 ans, risque aujourd'hui la prison à vie.

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Published by PIMPRENELLE POURPRÉE - dans Le Matin
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  • écrivain, née à Marrakech, Maroc, qui cherche une voie pour rapprocher les coeurs et les ames.
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