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Elie Arié - Tribune | Mardi 13 Septembre 2011 à 12:01 |
De tous les candidats à la Présidentielle et
militants de la « démondialisation », analyse Elie Arié, seule Marine Le Pen pourrait en tirer profit.
Il est intéressant de voir à quel point le créneau politique de la « démondialisation » (appelons-le comme ça pour
simplifier...) est aujourd’hui occupé par de nombreux candidats potentiels à la présidentielle... sans plus d’espoirs de succès que Die Linke en Allemagne : Marine Le Pen, Jean-Luc
Mélenchon, Nicolas Dupont-Aignan, Arnaud Montebourg, Jean-Pierre Chevènement (ne parlons pas des trotskistes, qui, comme sœur Anne, guettent une révolution à laquelle personne ne
croit).
Il faut noter quels sont ceux, parmi eux, qui sont aux deux extrémités de l’éventail que donnent les sondages actuels
:
-
au plus haut, aux alentours de 18% des intentions de vote : Marine Le Pen, parce qu’elle fait dans le « yaka
», et est la seule à préconiser pour la France une impossible sortie unilatérale de l’euro... qu’elle se garderait bien de mettre en œuvre au cas, aujourd’hui très improbable, où
elle serait élue, car elle déclencherait de grosses catastrophes immédiates pour la France ;
-
au plus bas, vers les 1 % : Jean-Pierre Chevènement, qui se refuse à toute démagogie, et ne préconise que ce qu’il sait
peut-être (mais ça ne sera pas facile) réalisable : tenter de convaincre l’Allemagne d’appliquer une politique européenne plus keynésienne, de faire modifier les statuts de la BCE pour
lui confier une mission de lutte pour la croissance et l’emploi, et même de transformer la monnaie unique qu’est l’euro en monnaie commune ; les dirigeants allemands savent bien que
c’est leur intérêt à long terme, mais, comme tant d’autres, ils sont prisonniers de leur électorat ; mais, sans l’Allemagne, la France ne peut rien faire.
Entre les deux, s’échelonnant entre 6 % et 1,5 %, Jean-Luc Mélenchon, Nicolas Dupont-Aignan et Arnaud Montebourg, qui
font semblant de croire que la France peut, toute seule, démondialiser l’économie de la planète ou simplement européenne, et « réguler le capitalisme mondial » (discours déjà tenu
par Sarkozy et Obama, qui s’y sont essayés, en pure perte) : à juste titre, personne n’y croit, et ils n’ont aucune chance de séduire une part significative de l’électorat, moins naïf
qu’ils ne l’imaginent.
Il faut se demander ce qui se passerait, lors des présidentielles, au cas où – c’est de moins en moins exclu ces temps-ci –
le capitalisme connaîtrait bientôt une nouvelle crise grave, plus grave que celles de 1929 et de 2008, plongeant l’Occident – et tout particulièrement l’Europe – dans une véritable
récession à la grecque, ou pire encore.
Les discours simplistes ont toujours plus d’impact, dans les périodes de panique généralisée, que l’analyse lucide de la
complexité du réel, et il n’est pas simple (même si c’est indispensable) de faire la part, dans la situation actuelle de la France, de :
-
ce qui relève de la politique, ou plutôt des politiques successives, de Sarkozy,
-
ce qui relève de la mondialisation,
-
ce qui relève du mode de fonctionnement de l'UE,
-
ce qui relève du mode de fonctionnement de la zone euro.
On peut donc redouter que Marine Le Pen, « dédiabolisée » ou pas, ne soit la seule à tirer les marrons du feu,
parce que c’est la seule qui touche vraiment l’électorat populaire – celui qui sera évidemment le plus victime de cette crise (qui se retrouverait au chômage en cas de faillite des banques
? Pas les banquiers !) ; et elle n’aurait alors aucun mal à récupérer également une grande part de l’électorat non seulement des autres « démondialisateurs », mais aussi du PS,
dont une crise ferait voler en éclats le programme actuel, qui repose entièrement sur une croissance à 2,5% : qu’en resterait-il, avec une décroissance de 5% ou davantage ?
Ceux qui – ils sont nombreux – voient venir avec satisfaction « une grande crise du capitalisme » devraient
réfléchir au fait que celle-ci conduirait sans doute, en 2012, à un 2ème tour opposant Martine Le Pen à Nicolas Sarkozy (et une bonne partie d’entre eux, au Pôle Emploi).
Article paru sur le site:
http://www.marianne2.fr/Demondialisation-un-creneau-qui-sert-surtout-Marine-Le-Pen_a210294.html
Par La Libellule
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Publié dans : Laique de Champs
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