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Thérèse Zrihen-Dvir

Regard d'un écrivain sur le Monde

7 mai 2013 2 07 /05 /mai /2013 03:09

Economiquement parlant

 

Dernière mise à jour Lundi, 6 mai 2013 10:08 Ecrit par Elie Kling Lundi, 6 mai 2013 10:08

 

 


Le kibboutz, qui fut naguère l’une des grandes fiertés d’Israël, se porte mal aujourd’hui. Idéologiquement parlant, j’entends.
Le grand principe du Kibboutz, c’était : « chacun produit selon ces possibilités et reçoit selon ses besoins ».
En fonction de quoi, tous les matins, des gens se levaient travailler, qui aux champs, qui a l’usine du kibboutz sans se soucier d’un éventuel salaire. 
Certains d’entre eux étaient très doués. S’ils n’avaient pas choisi de rester membre du Kibboutz, ils auraient certainement pu faire fortune et laisser a leur enfants un pactole conséquent. Mais ils choisirent la vie en collectivité, leur identification avec leurs valeurs d’égalité et de justice sociale les poussa a recherche une signification différente de l’existence que la recherche permanent du gain et du profit.
Que ressentons nous aujourd’hui envers ces héros dui kibboutz des premiers temps? Qui considère-t-on davantage aujourd’hui ? Un riche en potentiel qui fit le choix de vivre dans une communauté égalitaire ou un grand financier qui réussit a accumuler de considérables richesses?
Cette semaine, en étudiant la Paracha avec mes étudiantes de Hemdat Hadarom et en parlant, comme elle nous y invite, du système économique préconisé par la Thora, les avis étaient partagés mais la direction générale qui se dégageait des débats considérait qu’imposer l’égalité des revenus sans tenir compte de la différence des capacités de chacun relevait d’une insupportable injustice.
Il est vrai que le regard porte par la tradition juive sur le rapport au gain et au profit est, disons, complexe.
Milton Friedman, ce célèbre économiste prix Nobel en 1976, a écrit quelque part: « peu de gens au monde ont autant profité que les Juifs de la libre initiative et du capitalisme basé sur la concurrence; mais peu de gens également ont autant lutté, et de manière si cohérente, contre ce même capitalisme, en tentant de renverser jusqu’à ses bases idéologiques  »
Notre tradition, en effet, est loin de prôner l’abstinence et l’accumulation des gains n’a rien de choquant! « réjouis toi, dit le texte, de tout le bien que l’Eternel ton D.ieu te donnera. »

 

Le Talmud va même jusqu’à dire que l’homme sera amené à rendre des comptes pour n’avoir pas su profiter de ce qu’il aurait pu profiter.
Il n’y a pas chez nous de glorification de la Pauvreté. Certains passages talmudiques ne s’expliquent que dans le cadre d’une économie de marché où la concurrence fait loi et profite finalement à tous. Et pourtant, la Halakha intervient parfois pour éviter que l’individu ne se débarrasse dans ce domaine de tout contrôle, de tout frein, de toute limite.
Car il y a bien deux sortes de possédants.
Les premiers ne seront jamais satisfaits de ce qu’ils ont amassé . « אוהב כסף לא ישביע כסף » , dit Kohelet « qui aime l’argent ne pourra en être rassasie ».
Et puis il y a ceux pour qui cette richesse permet de donner un meilleur sens à leur vie et est exploitée à cette fin.
L’année chabbatique et celle du Jubilé dont parle notre Paracha sont des années de relâche. Elle viennent nous rappeler que la course effrénée vers l’accumulation et à toujours plus de part dans le gâteau des richesse du monde , provient d’un inquiétant déséquilibre. Et peut avoir de dramatiques conséquences:
Certains hommes d’affaire, certains hommes d’High Tech, toujours à la recherche d’un prochain « exit » qui leur permettra d’ouvrir une nouvelle « Start up » dans un engrenage sans fin, ne prendront jamais le temps de profiter de la beauté de l’univers, de s’émerveiller d’un coucher de soleil, de s’émouvoir du regard d’un enfant.
La Paracha de cette semaine avec sa Chemita et son Yovel, son appel a libérer les esclaves pour motifs économiques, son abolition régulière des dettes, son interdiction du prêt a intérêt, sa volonté d’abolir a intervalles réguliers la propriété privée des terrains, sa redistribution des terres tous les 50 ans, n’est pas seulement là pour rappeler aux capitalistes que nous sommes devenus l’interdiction de perpétuer indéfiniment les écarts sociaux et de transmettre en héritage et à l’infini notre richesse ou notre pauvreté à nos enfants,.
Elle est aussi la pour nous ré-enseigner à ne pas confondre le but et le moyen. Pour nous rappeler que nous ne sommes pas venus sur terre uniquement pour accumuler des richesses, mais que , si nous parvenons a en accumuler, c’est uniquement pour nous permettre de nous consacrer plus facilement à donner un sens a notre vie, et à en faire une existence chargée de significations et d’émotions.

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Published by PIMPRENELLE POURPRÉE - dans Radios Juives Francophones
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  • écrivain, née à Marrakech, Maroc, qui cherche une voie pour rapprocher les coeurs et les ames.
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