Des milliers de manifestants sont rassemblés place Tahrir dans le centre du Caire, ce vendredi 22 juin, notamment à l'appel des Frères musulmans qui ont menacé le pouvoir militaire de "confrontation avec le peuple" si leur candidat n'est pas reconnu vainqueur de la présidentielle. Alors que le résultat du scrutin n'est toujours pas connu, l'armée prévient de son côté qu'elle sera "ferme" face à tout débordement.
Ces manifestations ont pour but de dénoncer le "coup d'Etat institutionnel" des militaires, qui ont récupéré le pouvoir législatif, dissous la semaine dernière l'Assemblée dominée par les islamistes, et se réservent le droit d'intervenir dans la rédaction de la Constitution.
Les Frères musulmans avaient déjà protesté contre ce texte émis par le Conseil suprême des forces armées (CSFA) au pouvoir, dénonçant un "coup d'Etat" militaire.
"L'Egypte prie en attendant son prochain président"
Dans la matinée, le CSFA a diffusé un communiqué dans lequel il critique les résultats non officiels, sources selon lui de tensions au sein de la société.
La commission électorale devait proclamer jeudi les résultats officiels mais a elle a reporté leur publication, expliquant avoir besoin de plus de temps pour examiner les nombreux recours présentés par les deux camps. Morsi, candidat des Frères musulmans, et Chafiq, ex-ministre de Moubarak et candidat de l'armée, affirment chacun avoir remporté cette première présidentielle depuis la chute du raïs en février 2011, dont le second tour s'est tenu samedi et dimanche.
Les Egyptiens descendus dans les rues prient en attendant l'annonce des résultats du scrutin, rapporte Claude Guibal, correspondante de "Libé" :
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