Partager l'article ! Emile Ajar censuré en Turquie: Emile Ajar censuré en Turquie Publié le 12 avril 2012 à 10:57 dans Brèves - Gil Mihaeli ...
Thérèse Zrihen-Dvir
Regard d'un écrivain sur le Monde
Publié le 12 avril 2012 à 10:57 dans Brèves - Gil Mihaeli
Mots-clés : Erzurum, La vie devant soi, Nedim Saban, Romain Gary, Turquie
Quand le metteur en scène turc Nedim Saban a décidé de monter au théâtre une pièce inspirée du roman La vie devant soi (en turc : Quand il y a tant de misère) il n’a certainement pas imaginé qu’il allait subir de pressions politiques et se voir obligé d’arrêter le spectacle. Ni la vieille prostituée juive Rosa ni son petit protégé arabe Momo ni l’histoire de leur complicité ne semblent pas être particulièrement subversifs.
Pourtant, les édiles de la ville d’Erzurum dans le nord-est du pays, n’ont pas été conquis, loin de là ! Au lieu de rire et laisser échapper une larme comme tout le monde, ils ont décidé
d’interdire la pièce ou plus exactement d’interdire au théâtre municipal de monter le spectacle.
Leur raisonnement semble pour le moindre bizarre. Ce qui dérangeait les conseillers municipaux d’Erzurum, c’était une pancarte utilisée par le metteur en scène pour s’assurer que le public ne
rate pas le message du spectacle qui se déroule devant lui – M. Saban connaît, semble-t-il, sa clientèle provinciale. Donc pour que les bourgeois et les bourgeoises d’Erzurum aillent au-delà
du simple divertissement, des écriteaux posés sur la scène portaient des slogans comme « À bas le fascisme ! ».
Ne pouvant imaginer un seul instant que le conseil municipal d’Erzurum se revendique fasciste, peut-on en déduire qu’il se sente directement visé par une critique à peine déguisée ? Ou bien est-ce que l’actrice qui interprète Madame Rosa ressemble trop à Madame le maire voire à sa mère ? Dans cette étrange affaire, une chose est sûre : si Romain Gary était toujours en vie, il en mourrait de rire…
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