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Thérèse Zrihen-Dvir
Regard d'un écrivain sur le Monde
Deux mouvements opposés révolutionnaires sont embringués dans une lutte à mort, et ce conflit n'est nulle part plus palpable que dans l'État juif. L'un d'eux est intrinsèquement juif: créé par les Juifs, pour les Juifs, et concerne les juifs. Ses relations avec la religion juive peuvent être dépeintes comme étroites mais perturbées. L'autre courant oppose la religion juive au nationalisme – mais revendique une fraction démesurément large des juifs parmi ses créateurs, leaders et activistes.
Le premier courant est sionisme, mouvement qui méprise ce qu'il considère comme l'infortuné, le rachitique juif de la Diaspora, et croit en la renaissance du juif, spécimen courageux, viril, qui détient à la fois les rênes de la charrue d'une main et l'épée de l'autre – "un judaïsme musclé", disait dans ses termes le fondateur du Sioniste Max Nordau, durant le deuxième congrès sioniste.
Le second courant est le marxisme dans sa forme absolue: pacifisme du genre féminin.
Le premier mouvement, bien que dominé par des juifs laïcs, suit la voie de la religion juive ancestrale, sanctifiant virtuellement les concepts de la nation, de la terre et de la puissance militaire. Le Sionisme croit toujours dans le pouvoir essentiel de l'épée – et aussi longtemps que le sionisme dominera la psyché israélienne, l'armée du minuscule état juif vaincra et dissuadera les armées arabes, dans une série de guerres vaillantes et dans des missions antiterroristes, gagnant ainsi respect et crainte de ses voisins.
L'ancien modèle du sionisme s'est considérablement affaibli durant les 25 dernières années, mais ressuscite à présent, coude à coude, dans une nouvelle forme de sionisme religieux, plus intellectuel, communicatif et plus confiant que dans le passé.
L'autre mouvement est un courant internationaliste, qui peut être décrit comme un confluent formé de plusieurs ruisselets, roulant côte à côte, s'alliant et mûrissant depuis presque un siècle. Une analyse partielle et imparfaite de ces courants nous révèle une composition intéressante :
1) le défaitisme de groupes de femmes pacifistes prosoviétiques qui opéraient dans l'Ouest durant la première moitié de la 20e siècle,
(2) le féminisme naissant qui s'est développé au sein du parti communiste américain durant la seconde moitié du vingtième siècle, plus connu sous "Le Front Populaire Féminin",
3) l'expérimentation du féminisme dans le monde socialiste, célébré dans les premiers kibboutzim (la Journée internationale des femmes).
(4) Le Féminisme occidental moderne, popularisée durant les années 1960 par Friedan, Steinem et al.
La confluence de ces quatre courants est le mieux exemplifiée par l'ancienne Ligue Internationale des Femmes pour la Paix et la Liberté (WILPF). Mouvement pacifiste, âgé de 95 ans, qui se spécialise dans les techniques sophistiquées de la manipulation de la langue et des images, et s'engage dans la politique à l'ONU et aux différents pays membres. La coopération entre les organisations comme Le WILPF et le NIF (Fonds nouveaux pour Israel), fonds hautement controversés à caractère pacifiste-féminin prédominant – a permis au mouvement pacifiste féminin de confondre et d'intimider le public israélien, le menant à l'état lamentable et émasculé actuel.
Plus tard, le mouvement pacifiste féminin s'amplifia pour occuper une place proéminente en Israel durant les années 80. Le pays semblait avoir perdu la confiance essentielle en lui et s'éloigna lentement de ses emblèmes éthiques militaires de ténacité. Il cessa de considérer que ses soldats sont des hommes, et les définissait "enfants" dans les discours publics. L'usage de ce terme dans le jargon commun rendit plus aisée l'influence sur les dirigeants de l'état, qui s'engagèrent dans une voie désastreuse, menant à une faillite morale et à des décisions de sécurité humiliantes, compromettant l'aptitude d'Israel de maintenir sa force de dissuasion au Moyen Orient.
La dynamique en question est très israélienne et elle renferme un poinçon supplémentaire pour le cas de l'état juif, puisqu'elle semble tenir également du vieux caractère du juif oriental : l'excessif et insalubre puissance de la figure maternelle face à la figure complémentaire du fils (homme) juif rachitique. Ce sujet, trop embarrassant pour être analysé par des académiciens, est pourtant un secret juif notoire, effleuré et ridiculisé dans des livres comme celui de Philip Roth, Portnoy et son complexe, dans des films de Woody Allen, dans quelques comédies à travers les ans et dernièrement dans le show quotidien de Jon Stewart. C'est probablement l'aspect le plus intime du problème auquel Nordau avait fait politiquement allusion durant son discours à Bâle.
Pour obtenir une idée du phénomène, une vidéo (dessins animés) créée récemment avec sous-titres anglais, raille le comportement des adeptes de la gauche israélienne, ciblant l'enlèvement du soldat juif Gilad Shalit. Faites bien attention au comportement de la femme pacifiste.
http://www.youtube.com/watch?v=Y4Idgv4Km98&feature=player_embedded
Les menaces récentes actuelles résultent dans leur grande partie de la puissance que les féministes ont accumulée et qui fracasse l'éthos vital de l'orgueil israélien et sape délibérément la combativité israélienne. La psyché israélienne ainsi qu'une grande partie du gouvernement, de l'académie, et de la presse, se trouvent tous actuellement en état d'occupation par les féministes.
Tous les concepts sur lesquels les sionistes originaux ont été élevés et croyaient, les féministes pacifistes les ont ébranlés et méprisés. L'image du combattant est vilipendée. L'homme est diabolisé pour être un homme et sa virilité criminalisée. À travers des séries de changements législatives passés par le biais de la Knesset entre 1990 et 2000, le viol ainsi que des crimes sexuels mineurs ont reçu des définitions qui font d'Israel le premier pays du monde aux mesures draconiennes sur les règles du féminisme.
Simultanément, les féministes se sont efforcés, depuis de longues décennies à modifier la définition et la perception de l'expression "violence", l'estompant graduellement et l'élargissant pour inclure des hybrides comme "violence verbale", violence émotive" violence économique" et même violence litigieuse" – parallèlement, elles rétrécissaient son utilisation dans les cas où le malfaiteur présumé est un homme et la victime une femme.
Enchaînés par les procureurs et juges féministes, les hommes israéliens – les soldats et les officiers de l'IDF (Israel Defense Forces) les héros d'hier – se sont habitués à être systématiquement et grossièrement intimidés et raillés par les journalistes féministes, les académiciens et les politiciens. Dans la vue du monde colportée par ces féministes, l'orgueil masculin – la racine de la vigueur derrière la combativité militaire nationale – est condamné et considéré comme primitif. La sexualité normale masculine est perçue au mieux comme frontalière du crime, et pratiquement le dynamisme de tous les hommes vis-à-vis des femmes est présenté comme une forme de violence.
Étant chargé de la défense et de la lutte pour la survie de son pays, avec en sous-entendu, le risque d'y laisser la vie, ou d'être blessé, depuis leur tendre adolescence jusqu'à leur maturité, les israéliens sont forcés de s'entraîner, mais, malencontreusement, ils subissent aussi une formation depuis leur naissance, pour devenir un "nouvel homme" non-agressif, sinon ils risquent de se heurter violemment à la machine contraignante des féministes.
Le féminisme est largement intercepté à la façon qu'il a choisi de l'être: autrement dit, comme un combattant des droits des femmes, leur liberté, leur protection sociale, leur dignité et l'accomplissement du potentiel féminin dans tous les domaines. Il est évident que ses réalisations sont jusque-là spectaculaires. Il est toutefois fréquemment difficile de définir où le libéral, l'équité féministe se termine et où le féminisme marxiste commence, et de faire la distinction entre les pures formes de femmes pacifistes et celles de connivence avec les anti-Occidentales. Mais en généralisant l'expérience Israélienne, il semble que, pour autant que la politique est concernée, l'équité féministe a été bafouée par le féminisme pacifiste et a, dans une certaine mesure, été son idiot utile du début.
L'effet de ce courant radical est tellement profond et vaste qu'il est qualifié deuxième mouvement révolutionnaire marxiste, succédant là où la première vague marxiste du communisme a échoué: la conquête de l'Ouest. Dans la mesure où l'histoire des féministes Israéliennes reflète la plus grande image de l'Ouest, et aussi longtemps que le pacifisme féminin domine en son sein, le féminisme serait mieux défini non pas comme un mouvement pour les droits des femmes, mais plutôt comme une organisation internationale anti-occidentale, ayant pour but de renverser et de prendre en charge des sociétés libres, pour ensuite les contrôler et les orienter vers leur ruine. Il corrompent, flattent, menacent, asservissent mentalement et utilisent les femmes pour atteindre cet objectif, en les convainquant que leur lutte les libère.
L'intimidation mentale est une technique brillante derrière la prise de contrôle féministe par le fait que l'Occident ne réalise pas à quel niveau il a été asservi. Contrairement à son frère primitif le bolchevisme, le pacifisme féminin n'a jamais recours à la violence, combats de rues, grèves violentes, assassinats entre autres –Pourtant, la terreur qu'il exerce est véritable.
Dans l'esprit des Israéliens, du vendeur au balayeur de rues jusqu'au juge, journaliste et politicien, il n'y a aucun doute concernant l'identité du gorille de 800 livres dans le salon national. Pour les jeunes, le gorille était là quand ils sont nés. Tous supposent qu'il y restera jusqu'au jour de leur mort. Beaucoup pensent qu'il accélérera cette issue. Le gorille est généralement connu comme "irgunei Hanashim" – "women's organisations.
"Irgunei Hanashim" peut se peindre en rose, mais la peur qu'il engendre est sombre, dure et tangible. Les personnes qui étaient considérées puissantes tremblent en écrivant les mots "irgunei Hanashim" et elles les mentionnent en regardant par dessus leur épaule. Les juges envoient des innocents en prison et libèrent des criminels odieux par crainte de "l'organisation féministe" – quelques uns ont même admis ces cas dans des semis forums publics.
Au cours des prochaines publications, nous espérons pouvoir donner au lecteur non-israélien une image plus nette des opérations du féminisme pacifiste israélien. La façon dont il falsifie les résultats scientifiques des recherches d'éminents experts américains sur la violence d'un partenaire intime pour instituer des tactiques politiques anti-masculines dans l'application de la loi, dans les systèmes de protection sociale; l'interaction de ses tentacules dans la presse, dans les universités, à la Knesset, au système judiciaire et à la police; l'interdépendance et synergie entre sa campagne anti-masculine et l'aspect des activités de la plus reconnaissable "gauche", et la coopération entre les organismes comme le FNI et LIFPL qui semble représenter le pivot de son pouvoir.
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