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Thérèse Zrihen-Dvir
Regard d'un écrivain sur le Monde
Publié le 24 mai 2012 à 15:00 dans Monde - Luc Rosenzweig
Mots-clés : Benyamin Netanyahou, Israël, Kadima, Shaul Mofaz
Début mai, Benyamin Nétanyahou annonce qu’il va demander la dissolution de la Knesset et convoquer de nouvelles élections pour début septembre 2012, dix-huit mois avant le terme normal de la législature. Cette décision ne surprend personne : alors que la cote de popularité du Premier ministre est au plus haut, les sondages accordent au moins 31 sièges au Likoud (contre 28 aujourd’hui) et annoncent une déroute du principal parti d’opposition, Kadima (centre-gauche), fondé en 2005 par Ariel Sharon, qui pourrait perdre la moitié de ses 29 sièges, principalement au profit d’un Parti travailliste que sa nouvelle dirigeante, Shelly Yachimovich, a remis en ordre de marche. Selon les mêmes enquêtes d’opinion, Yesh Atid (Il y a un avenir), formation fondée par Yaïr Lapid, dont l’unique objectif est de combattre l’influence des religieux1, pourrait obtenir une dizaine de sièges. La commission des lois de la Knesset donne son feu vert à cette dissolution, approuvée même par les membres de Kadima, dont certains se mettent sur-le-champ en quête d’un nouveau job, tant leur perspective de réélection leur semble mince. Il ne reste plus qu’à faire voter le texte en séance plénière.
Nétanyahou espère bien sortir du scrutin avec une coalition plus facile à gérer que l’attelage baroque bricolé en 2009, dans lequel des partis ultra-orthodoxes cohabitent avec Israël Beitenou, formation laïque et droitière dirigée par le ministre des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, et avec les travaillistes dissidents du ministre de la Défense, Ehoud Barak, qui disposent de quatre sièges. Bref, sur l’épineux sujet des privilèges accordés aux orthodoxes, la majorité est pour le moins divisée. Or, la loi dite « Tal », qui permet aux étudiants des yeshivot2 d’échapper au service militaire, arrive à échéance et Lieberman a menacé de quitter la coalition si le nouveau texte ne mettait pas un terme à ces exemptions.
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