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Thérèse Zrihen-Dvir
Regard d'un écrivain sur le Monde
E&D : Vous venez de faire paraître le Défi démographique, pourquoi faire paraître ce livre maintenant ?
R : L’ouvrage était prêt depuis plusieurs années. Les éditeurs ne se bousculaient pas pour le publier. Sujet trop délicat, dont l’énoncé même était incorrect. J’ai eu la chance qu’il corresponde aux préoccupations du rédacteur en chef des « 4 Vérités », Guillaume de Thieulloy. Il sort donc en appui de sa grande campagne contre l’immigration. Au moment même où le nouveau président de la République prévoit dans son programme des mesures qui vont accélérer le désastre.
E&D : Comment un ancien général de l’armée de l’air en est-il venu à se soucier de démographie ?
R : Les gradients démographiques et les migrations qu’ils engendrent sont des éléments essentiels des équilibres internationaux, leur étude relève directement de la stratégie générale. Il est normal qu’un militaire s’y intéresse. Pas spécialement j’en conviens, un officier de l’armée de l’air dont les préoccupations professionnelles sont en cours de carrière orientées vers la technique.
E&D : Vous avez aussi été professeur à l’École supérieure de guerre aérienne, cette école se penche-t-elle sur les questions démographiques ?
R : J’étais à l’École supérieure de guerre aérienne il y a trente ans. A l’époque la démographie n’entrait pas dans le champ de nos préoccupations. Depuis les trois écoles de guerre, terre, mer, air, ont été regroupées au sein de « L’École de Guerre » qui accueille aussi les gendarmes. J’espère que l’étude des conflits ethniques liés aux déséquilibres démographiques figure aux programmes. J’espère que mon ouvrage intéressera les stagiaires et les candidats et que, même s’ils ne sont pas d’accord avec mes conclusions, il les amènera à réfléchir sur le sujet. Je compte sur « Enquête et Débat » pour les inciter à la lire.
E&D : Vous développez la thèse selon laquelle la bombe démographique serait plus grave que la crise. Pourtant la France sera bientôt plus peuplée que l’Allemagne, dont la démographie baisse. Notre situation est-elle moins enviable que celle de l’Allemagne ?
R : La démographie arithmétique mise en avant pour démontrer que la situation de la France est moins catastrophique que celle du reste de l’Europe est fallacieuse et dangereuse. La population à prendre en compte pour un bilan démographique politiquement significatif n’est pas tant celle des habitants d’un pays mais celle des citoyens. J’entends par citoyens ceux des habitants qui considèrent la France comme leur patrie, respectent son histoire et envisagent l’avenir comme son prolongement. Le rapport immigrés inassimilés/citoyens est un paramètre démographique bien plus important que leur somme. C’est lui qui allumera la bombe automatiquement quand il atteindra un certain seuil. Nul ne saurait nier aujourd’hui que la machine à intégrer est enrayée, ni que, parmi les facteurs qui expliquent cet échec, la culture musulmane joue un rôle de marqueur identitaire favorisant le repli communautaire.
E&D : Quelles sont les causes d’une baisse de natalité des Français d’origine ?
R : A mon sens la première cause est la disparition de la famille lignagère. L’individu se recroqueville sur son chétif ego et ne se préoccupe plus de ce qui dépasse la durée de sa vie. Le féminisme moderne, qui participe de cet égoïsme, porte aussi une grande part de responsabilité. Il met à mal l’instinct maternel. Il inverse pour les femmes l’importance relative de la maternité et de l’accomplissement professionnel. Au lieu d’être considérée comme la mission principale, prioritaire, autour de laquelle doit s’organiser la vie d’une femme, la procréation est devenue mission secondaire, accomplie quand elle ne contrarie pas d’autres ambitions. « Un enfant, si je veux, quand je veux. » Quand j’aurai le temps et je n’ai pas souvent le temps. Maintes contraintes matérielles dissuadent les parents de mettre au monde de nombreux enfants : pas de logements adaptés, pas de voitures bon marché de plus de cinq places, fiscalité inéquitable.
E&D : Si les immigrés ne sont pour rien dans cette baisse de la natalité, ne faut-il pas se réjouir que des immigrés viennent compenser ce manque ?
R : La compensation est illusoire. La justification de l’immigration pour des raisons économiques ne tient pas la route. Peu d’immigrés viennent occuper des emplois vacants. Faute d’être choisie, comme elle l’est dans des pays comme le Canada ou l’Australie, l’immigration nous est imposée par les migrants eux-mêmes qui ne viennent pas en France avec des compétences utiles mais pour bénéficier des avantages sociaux. Les emplois non pourvus par des autochtones pourraient l’être si les chômeurs étaient tenus de les accepter après une formation adaptée. Réorientons les « bac plus cinq » fourvoyés dans des études inutiles vers de vrais métiers.
E&D : La politique communautariste n’est-elle pas plus blâmable que la politique d’immigration ?
R : La politique communautariste est un constat d’échec. Elle n’est pas choisie, elle est inéluctable dès que la proportion de migrants devient importante, c’est une question de rapport de forces. Lorsque les rapports de forces deviendront encore plus favorables aux « communautés étrangères » le communautarisme débouchera sur la guerre civile. Kosovo, Ceylan, Liban….
E&D : Les projections démographiques dont vous parlez tiennent-elles compte de la transition démographique ?
R : Les chiffres que je cite sont ceux des démographes professionnels qui ne se contentent pas d’extrapoler les courbes. La transition démographique est un phénomène historiquement
constaté dans les pays développés. Nous n’en avons pas encore aperçu les prémices dans les pays du sud les plus préoccupants. En admettant même qu’elle se généralise à l’ensemble de la planète
la transition démographique mettra si longtemps à faire sentir ses effets que le mal sera fait. Le déséquilibre au détriment de l’Europe sera définitivement installé. L’Europe et la France, à
l’inverse du reste du monde, devraient donc pratiquer une politique résolument nataliste. Mais faute de pouvoir les réserver aux populations de souche, pour cause de blocages
idéologiques, les mesures d’incitation à la procréation perdent une partie de leur intérêt.
E&D : Environ 500 000 emplois ne sont pas pourvus aujourd’hui dans notre pays, dans l’hôtellerie, la restauration, les services. Le problème n’est-il pas plutôt un problème de formation et
de flexibilité du marché du travail ?
R : Je pense avoir déjà abordé la question en traitant la question 6.
E&D : N’y a-t-il pas une corrélation dans l’histoire entre les pays en déclin et la baisse de leur démographie, et inversement ?
R : La corrélation entre le déclin politique et le déclin démographique est évidente. Dans l’histoire du monde nous ne trouvons pas d’exemple de peuple dont l’influence politique ait grandi en période de régression démographique. Mais… Suis-je en bonne santé parce que je pratique le sport ? Ou est-ce que je pratique le sport parce que je suis en bonne santé ? J’ai essayé de répondre à cette question dans le chapitre II de mon livre en invoquant un instinct de vie animant les nations, la Lebenkraft de Herder. Taine évoque lui des périodes de santé et des périodes de maladie pour les peuples. Pour la France j’espère que la maladie n’est pas incurable et mon modeste ouvrage n’a d’autre intention que d’aider mon pays à retrouver la santé et le désir de vivre.
Merci d’avoir répondu à nos questions.
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