L'Ère du Caméléon,
Par
Thérèse Zrihen-Dvir
Dans un grand nombre d'articles récents, des
chroniqueurs renommés ont finalement osé définir notre époque comme étant "l'Âge de la dissimulation", "l'Âge du mensonge", du "Subterfuge", "l'ère du caméléon", si, comme nous ne cessons de le
constater, les grandes cervelles de nos temps consacrent leurs énergies et leurs pouvoirs de perception et de raisonnement à échafauder des formules originales pour camoufler la
vérité au public en général, et à eux-mêmes en particulier. Une de ces méthodes adoptée par l'élite universitaire post-moderne, les politiciens, les médias experts et une liste
interminable d'intellectuels, est d'estomper, (jusqu'à quasi disparition) les limites de ce qui, au préalable, était communément désigné comme "Vérité", dans son interprétation la plus
élémentaire.
Dans la science de l'interprétation régulière, il n'existe vraiment rien de tel qui puisse être appelé
"vérité". Par contre, nous rencontrons trop souvent des substitutions sous des termes comme "défense juridique, hypothèse, perspective", ou ce qui est plus communément
désigné de nos jours "descriptif". En jargon actuel, la "vérité" est "un terrain miné" et les standards objectifs de référence sont intervertis par un relativisme épistémologique.
L'ironie est que grand nombre de nos penseurs révisionnistes célèbres savent bien définir la vérité, autrement, ils seraient logiquement disqualifiés pour établir un
argument sur son interprétation.
Et évidemment, quand ils ne se dénaturent pas dans les rouages de la théorie, nos grands penseurs, nichant en
majorité dans la traîne royale de la Gauche sociale politique, reconnaissent sublimement qu'il existe certaines vérités jugées, selon leur opinion, trop préjudiciables
vis-à-vis du monde. Ils s'efforceront donc d'abroger ou de contourner ces vérités fâcheuses pour ne pas décevoir le public ou s'embrouiller dans l'embarrassante autocensure pour ne les avoir pas
confrontées en temps réel. Il s'agit là évidemment du "politiquement correct". C'est la déclenche d'un décalage instinctif social et efficace pour dissimuler ce qui est clairement
là, à travers l'archétype du –"déni". L'idée est que ce que vous ne dites pas, n'existe pas, ou alternativement, ce que vous réécrivez comme quelque chose d'autre,
devient miraculeusement une réalité. Le politiquement correct est une espèce de pensée magique. Malheureusement, nos chers grands penseurs et tous ceux qu'ils charment, sont souvent
séduits par un débat chimérique dans leurs luttes diverses de détruire la vérité.
La "Vérité", dans ce que nous considérons la vie culturelle, a toujours été problématique et n'a, à
aucun âge particulier, joui du monopole de la vertu ou de l'intelligence. Il est cependant à noter qu'en temps modernes, notre prospérité est agrémentée par une éducation universelle efficace qui
facilite l'accès aux sources d'information. Journaux, livres à prix réduits, pamphlets, monographies, conférences publiques, discours, radio, télévision et Internet nous ouvrent les portes d'un
monde informatique dans lequel nous nous saturons intimement.
Beaucoup de ces sources sont, il ne fait aucun doute, corrompues et propagandistes. Cependant et en
parallèle, l'éventail du choix et la possibilité de comparer, contrastent et contribuent à dissocier le véridique et persuadant, du douteux et apocryphe, nous pourvoyant d'éléments nécessaires
pour l'extraction de rapports plus rationnels. De plus, le net nous permet de déterrer une documentation originale qui nous sert de trame pour vérifier l'hyperbole et la falsification. Par
conséquent, il n'existe aucune excuse pour une ignorance obstinée, des pensées imaginaires ou un préjudice aveugle, du moins pas dans une démocratie occidentale où les gouvernements censurent, et
qu'une économie de subsistance ne joue aucun rôle éloquent. Nous ne vivons pas en Corée du Nord ni au Moyen Âge, et la plupart d'entre nous ne s'inscrit pas dans les départements d'étude du Moyen
Orient.
Et pourtant, malgré les avantages distincts et les merveilles technologiques dont nous sommes bénis, nous
avons sombrés dans les marais profonds de l'ignorance, du caprice, du nihilisme, d'autoréférence et du relativisme moral au point d'évoquer l'Homme
des Tourbières du poète Seamus Heaney : parfaitement préservé, humainement reconnaissable, mais mentalement inerte. Ce qui est une autre façon de dire que notre majorité est devenue, à divers
échelons, des idiots utiles (ou inutiles) fossilisés dans un parti-pris vicieux, mais experts en prolifération et en conciliation totale avec l'absurdité.
Le déclin et l'effondrement se trouvent partout où notre regard se pose – dans les médias sympathisants et
sans scrupules, dans nos institutions politiques défectueuses, dans le droit industriel, dans la superficialité électorale et les excroissances lesquels nous sommes
enclins à placer au pouvoir, dans la prolifération des "mouvements" sociaux intercédant pour des ethniques prérogatives au détriment du bien-être général, dans la sororité féministe, avilie et
obsolète, dans nos universités de plus en plus compromises, et en tête de cette pyramide, se situe l'escroquerie du réchauffement de la planète, probablement, le canular le plus
gigantesque du siècle pour duper un public naïf . Et la liste est longue.
L'état d'ignorance et d'autocensure dont souffre l'Occident, peut le mener, dans un ordre historique abrégé,
à son effondrement final. Dans le monde éthéré et explosif où nous vivons, un manque d'attention scrupuleux, accompagné d'une carence de sagesse nous promet une eschatologie sinistre.
Alors que nous triturons le violon avec nos universités en panne et observons nos fameux
grands penseurs avec un respect indu, tout en gobant les nouvelles diffusées par nos journalistes vénaux et par nos comédiens superficiels de dernière séance, une hydre
déterminée, sous forme d'autocratie séculaire ou d'empire théologique, nous distille son agenda tyrannique.
Et nous la laissons indifféremment, faire!
Finalement, il existe un petit noyau formé par la classe de véritables penseurs et d'académiciens,
principalement de courbe conservative, muni de panneaux de signalisation, qui se fraie dans ce chambardement son chemin. Étant en parfaite connaissance du bourbier où nous nous engonçons, nous ne
pouvons plus nous arrêter! Selon l'exemple de nos cicérones intellectuels, nous devons plutôt nous appliquer, à réapprendre la patience et à investir plus de temps en cessant d'abord de nous
mentir, indépendamment des contraintes quotidiennes. Nous devons aussi nous familiariser avec notre histoire plutôt que de la diffuser de façon dérogatoire. Un brin de persistance nous suffira
pour vérifier et confirmer les études et les découvertes, honnêtement et largement recherchées, grâce aux instruments mis à notre disposition.
Caméléons, trimmers, idéologistes, dogmatistes, programmeurs, peureux, fripouilles, baragouineurs, nigauds et
simples d'esprit font bien entendu, partie de l'Âge de la Dissimulation. Ils fourmillent en quantité sans précédent. C'est si manifestement le cas que c'est un véritable miracle que nous soyons
parvenus à prétendre le contraire. Tôt ou tard, nous devons apprendre à regarder la camarilla de rédacteurs progressistes, de pontifes, de politiciens, d'ecclésiastiques, de profs humanitaires et
des experts issus par des universités comme des bouffons.
La vérité est qu'il existe une vérité. Et si peu alléchante qu'elle peut parfois nous
paraître, nous devons trouver le courage de la reconnaître, de l'honorer, et ultimement de l'avouer.
(Inspiré de l'étude de David Solway)
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