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Lundi 23 janvier 2012 1 23 /01 /Jan /2012 12:10

La pauvreté en Inde recule-t-elle grâce au capitalisme ?

22 janvier 2012, 20:09 Auteur : Jean 4 commentaires
 

En Europe, et aux États-Unis, bref en Occident les médias nous servent matin, midi et soir la crise, la dette, la récession, la pauvreté. Pendant ce temps, ils sont beaucoup moins diserts sur la croissance énorme des BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) dont la moyenne annuelle frôle les 10%. Il s’agit pourtant de pays parmi les plus peuplés du monde. La mondialisation et le libéralisme sortent-ils des milliards de personnes de la pauvreté, ou bien est-ce le contraire ? Les anti-capitalistes primaires, qui se disent par ailleurs contre la pauvreté dans le monde, vont être déçus.

Un antilibéral primaire est soit contre la pauvreté dans le monde et dans son pays s’il est gauchiste, soit contre la pauvreté dans son pays s’il est nationaliste. Pour tous les antilibéraux primaires, le néolibéralisme augmente la pauvreté partout, dans son pays et à l’étranger, il augmente l’écart entre riches et pauvres, bref il est le mal. Donc, quand des pays comme l’Inde et la Chine, les plus peuplés au monde qui plus est, sortent progressivement de la pauvreté grâce au néolibéralisme, ça pose un léger problème à toutes ces belles âmes. Les nationalistes ne parlent tout simplement pas du sujet, ce qui est logique puisqu’ils ne s’intéressent qu’à leur pays comme on l’a vu. Quant aux internationalistes, ils en parlent mais en mentant, tout simplement. Il n’y a en effet pas d’autre choix : mentir ou changer d’idéologie.
Ainsi, le site ContreInfo vient de publier un article sur “La face obscure du miracle indien”. L’analyse est réalisée par… une romancière. Forcément, demander à un économiste ou à un sociologue aurait donné d’autres résultats. Je cite la romancière : “Après vingt ans de ces « réformes », et une croissance phénoménale mais peu créatrice d’emplois, l’Inde a plus d’enfants mal nourris que toute autre nation au monde. Il y a plus de pauvres dans huit de ses Etats que dans les 26 pays d’Afrique sub-saharienne réunis. La crise financière commence aussi à se faire sentir. Le taux de croissance a baissé à 6,9%. Les investisseurs étrangers s’en vont.”
Formidable. Le taux de croissance a baissé à 6,9%. C’est sûr qu’ici on s’en satisferait aisément, d’un taux de croissance pareil, ou même de la moitié ou du tiers! Quant à l’évaluation “à la louche” du nombre de pauvres, ce n’est pas aussi simple, et on voit mal comment une croissance de 7% par an en moyenne entre 2000 et 2009 n’ait pas bénéficié au plus grand nombre. Par ailleurs ces idéalistes mal informés ne parlent jamais du taux de pauvreté en Inde avant 1990, qui était non seulement plus élevé, mais qui n’a jamais réellement baissé pendant des milliers d’années, alors qu’en 20 ans de capitalisme à peine, on constate déjà des premiers changements énormes. On apprend par exemple que “la part d’Indiens vivant dans un état de pauvreté “aiguë” est tombée de 26,1% en 1999-2000 à 21,8% en 2004-2005 (années budgétaires s’achevant fin mars), sur une population totale de 1,1 milliard de personnes.” Et quand on sait que le pays s’est ouvert économiquement depuis le début des années 90, on comprend un peu mieux. En fait, l’Inde a pris énormément de retard sur le Japon par exemple, alors que leur stade de développement était équivalent au 19ème siècle, parce que le Japon s’est ouvert économiquement sous l’ère Meïji, mais qu’il a fallu attendre 1991 pour que l’Inde le fasse. D’autant que l’Inde était géré jusque là par un gouvernement dirigiste et socialiste, interdisant les investissements étrangers dans le pays et imposant le protectionnisme.
Voici une émission du dessous des cartes qui résume bien les choses :


Pour résumer :
- 1 indien sur 5 est encore sous-alimenté
- le développement économique est aussi dû à un dynamisme universitaire
- des secteurs de pointe se sont développés : nucléaire civil, secteur informatique, biotechnologies, etc.
- entre 1950 et aujourd’hui la part de l’agriculture dans le PIB a baissé, celle de l’industrie a doublé, de même que celle des services.
- l’Inde est devenue la 4ème puissance économique mondiale en parité de pouvoir d’achat
- le sud de l’Inde s’est plus développé que le Nord car il a été moins marqué par les luttes entre les castes et entre les religions
- on constate l’émergence d’une grande classe moyenne, ainsi que de grands groupes mondialisés

Voilà qui dérange sérieusement nos adeptes modernes de Marx et de Lénine, puisqu’il semble évident, année après année, que des centaines de millions de gens sortent de la pauvreté non pas grâce au socialisme, qui a plutôt tendance à les maintenir dans la pauvreté, mais au contraire grâce au capitalisme et à l’accumulation de capital. Ceci a été fort bien étudié par l’économiste péruvien Hernando de Soto, dans son best-seller mondial Le mystère du Capital. On peut lire ailleurs ceci : “L’essentiel de l’amélioration concerne la Chine et l’Inde : le taux de pauvreté a baissé spectaculairement en Asie de l’Est, passant de près de 80 % en 1981 à 18 % seulement en 2005. [...] L’efficacité de toutes ces méthodes reste discutée. De fait, les pays dont la situation a progressé de la façon la plus marquante – la Chine et l’Inde – ne sont pas ceux qui ont bénéficié du plus d’aide au développement.”
En effet, l’aide au développement est l’équivalent international de l’assistanat national, l’Etat distribue l’argent au gré de ses envies et sans consulter les peuples, au lieu de laisser les entrepreneurs développer leurs affaires.
L’Inde et la Chine arrivent après bien d’autres pays qui étaient d’une pauvreté affolante, et qui ont désormais des classes moyennes dominantes : Japon, Brésil, Etats-Unis, Chili, bientôt Inde et Chine. Et remarquez la vitesse à laquelle ce passage de la pauvreté dominante à la classe moyenne dominante s’effectue : quelques dizaines d’années au pire. Mais c’est déjà trop long pour nos anti-capitalistes forcenés, qui hurlent à la disparité de revenus entre ultra-riches et ultra-pauvres, ou à l’augmentation du nombre de pauvres en valeur absolue. Les mêmes hurlaient qu’en France il y avait une “fracture numérique” entre les riches qui pouvaient avoir Internet, et les pauvres qui ne l’avaient pas. On ne les entend plus trop sur ce sujet, évidemment, plus de 90% de la population étant équipée. Certains osent encore parler de fracture numérique, mais pour le Tiers monde.
En Inde, le taux d’équipement internet et téléphone est énorme : “Lorsque cette modernisation a commencé, il y avait environ 2 millions de téléphones pour 750 millions d’habitants. A l’époque, les délais d’attente pour obtenir une ligne téléphonique étaient de 15 ans ! Les parents la demandaient pour leurs enfants à la naissance ! Aujourd’hui, il y a en Inde 650 millions de téléphones portables et bientôt un milliard de connexions Internet.” En effet, nous avions déjà indiqué ici que chaque mois en Inde, 10 à 20 millions de personnes accèdent au téléphone, pour 750 millions personnes ayant le téléphone à ce jour.
Cela ne suffit toujours pas à nos belles âmes. Ils veulent que plus personne ne soit pauvre du jour au lendemain, par un coup de baguette magique. La réalité humaine ne les intéresse pas, seul le rêve compte, le rêve du socialisme qui a échoué partout où il a été mis en place, sauf quand le capitalisme était là pour lui permettre d’exister et de revendiquer certaines “avancées sociales”. Or le socialisme ne sait que redistribuer des richesses créées par d’autres, les entrepreneurs et les inventeurs en l’occurrence.
Leur idéologie met de côté les difficultés propres à l’Inde : une natalité galopante, des castes encore omniprésentes, un Etat corrompu et oligarchique. Lisons : “La confiance dans l’Etat et le secteur des affaires est tombée très bas après une vague de scandales de corruption à haut niveau. La plus grande démocratie du monde est paralysée par les désaccords, certains de ses hauts responsables dans les affaires étant en outre mis en cause pour des pratiques d’oligarchie. (Le 3 Février 2011, l’ex ministre des Télécommunications, M. Andimuthu Raja, accusé d’avoir organisé une vente frauduleuse de licences de téléphonie mobile de deuxième génération G2 en 2008, a été placé en détention provisoire).”
Ou voyons pourquoi la démographie est la principale cause de la pauvreté en Inde :

Donc oui, tout n’est pas parfait : “Par ailleurs, si les chiffres de la Banque mondiale attestent d’une embellie économique et sociale en Chine et en Inde, des poches de pauvreté persistent dans les bidonvilles et dans les campagnes de ces pays – ce sont les laissés-pour-compte du développement. De fait, si le niveau de vie augmente en moyenne, les écarts de revenus se creusent aussi, et tout particulièrement dans ces pays. Les disparités économiques et sociales entre les pauvres et les riches ont atteint des proportions inégalées dans l’historie et continuent à s’accroître”.
Mais quand l’Etat cherche à résorber la pauvreté, il ne fait qu’enraciner cette pauvreté : “Le principal dispositif de lutte contre la pauvreté dans le sous-continent est l’imposant système de distribution public (PDS, Public Distribution System) qui approvisionne dans tout le pays les plus pauvres en denrées de première nécessité subventionnées (blé, sucre, riz, huile, pétrole). Mais le PDS est miné par la bureaucratie et la corruption. 60 millions de tonnes de céréales dorment dans les entrepôts alors qu’elles auraient dû être acheminées vers les magasins de rationnement. Ces derniers sont ouverts aux familles bénéficiant de la carte BPL, “Below Poverty Line”, mais les cartes sont très mal distribuées, faute de listes fiables. ”

Seuls les résultats comptent, comme le montre cet article : “Il n’y a pas de fatalité au sous-développement et aux inégalités dans le monde. La situation des pays les plus pauvres peut aussi s’améliorer. Entre 1981 et 2005, le taux d’extrême pauvreté en Asie de l’est est passé de 79 à 18 %, et de 84 à 16 % pour la Chine seule.”

Voici la réalité de pays en voie de développement rapide comme l’Inde :

Voilà ce qu’il convient d’encourager : l’esprit d’entreprise, l’activité économique, et pour cela l’Etat a aussi un rôle à jouer, en permettant au droit de propriété d’être reconnu partout, en développant les moyens de communication, en assurant la protection des citoyens et les élections libres.

Pour en savoir plus, lire la fiche très bien faite de wikipedia sur l’économie en Inde.

Par La Libellule - Publié dans : Enquetes&debats
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PIMPRENELLE POURPRÉE

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  • écrivain, née à Marrakech, Maroc, qui cherche une voie pour rapprocher les coeurs et les ames.

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