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Samedi 12 juin 2010 6 12 /06 /Juin /2010 21:21

 

Le Dilemme Turc,

  

Par

  

Thérèse ZRIHEN-DVIR

  

Les conclusions les plus significatives et alarmantes dérivant directement de l'incident de la flottille pour la paix et de l'assaut mené par le commando israélien sur la Mavie Marmara, nous révèlent le nouveau visage d'une Turquie, jusque là, reconnue comme alliée d'Israel et de l'Occident.

Il ne fait donc aucun doute aujourd'hui que la Turquie s'est accolée politiquement au groupe anti-démocratique qui comprend le Hamas, l'Iran, le Hezbolah et la Syrie. Ce pays musulman a été jusque là dévotement laïc et reste pourtant un membre de l'OTAN.

Sous le gouvernement du premier ministre Erdogan et du parti pour le développement et la justice, connu sous l'appellation AKP, la Turquie a incontestablement adopté un mouvement antagonique, entraînant des conséquences stratégiques énormes, tant régionales qu'internationales.

Le gouvernement AKP de Mr. Erdogan et le régime riche en pétrole du Qatar se sont ligués à un bloc totalement opposé à celui, plus traditionnel et pacifique, formé par les gouvernements de l'Arabie Séoudite, l'Égypte, la Jordanie et le Maroc, a affirmé Dr. Walid Phares du journal FrontPage.

Le virement d'Erdogan ne provient pas d'un incident banal comme l'Opération Plomb Durci ou le raid israélien contre la flottille vers Gaza, mais est l'exécution d'un programme minutieusement prémédité par ce dernier et par l'AKP datant déjà de leur montée au pouvoir.

En fait, ce n'est pas la Turquie séculaire que nous voyons se lever contre les USA, l'Occident, Israel et les pays arabes modérés, mais bien le cabinet de l'AKP islamiste qui nous dévoile enfin son blason: un agenda idéologique remit à neuf. L'Occident aurait dû prévoir cette situation déjà depuis 2002, année qui marqua la prise de pouvoir du parlement turc par Erdogan.

Rappelons qu'Erdogan avait été incarcéré en 1998 après un discours qualifié d'incitation à la haine, incluant un poème du poète nationaliste Ziya Gokalp, préconisant: "Les mosquées sont nos casernes, les dômes nos casques, les minarets nos baïonnettes et les fidèles nos soldats" ainsi qu'à son implication avec le parti prohibé "Bien-être".

À sa sortie de prison, Erdogan change radicalement de tactique et renonce à affronter les militaires. Il quitte subséquemment le groupe du Bien-être (de la Vertu) (FP), parti successeur du Refah Partisi, et se prononce en faveur d'une séparation de la religion et de l'État. En Turquie, les imams sont des fonctionnaires affiliés au Directorat des Affaire Religieuses, lui-même dépendant directement du Premier Ministre.

L'institut américain pour la politique du proche orient, décrit le parti du Bien-être comme la carte mère des islamistes turcs des années 1980, inspirée du parti des Frères Musulmans.

Erdogan fonda en 2001 l'AKP, adoptant un prétendu front modéré, se dépeignant favorable à la séparation de la mosquée et de l'état, mais conservant cependant, un contrôle sur la foi et sa perpétuation, comme le confirme Dr. Essam El-Erian, chef du bureau politique Les Frères Musulmans. Ce dernier illustre l'AKP, comme un parti à idéologie islamique tempérée, n'ayant aucune rhétorique anti-occidentale, soutenant l'adhésion à l'union européenne.

L'AKP remporta une grande victoire dans les élections de 2002, culminant en la prise de pouvoir d'Erdogan. Dr. El-Erian glorifia la victoire d'Erdogan, affirmant qu'elle dérivait directement de l'échec incontestable de l'orientation séculaire et des liens étroits entre les Frères Musulmans avec l'AKP.

L'Occident de façon incompréhensible, continua de traiter la Turquie comme dans le passé, inconscient du changement qui s'était entre-temps opéré en son sein. L'Occident ne commença à se questionner sur l'allégeance de la Turquie que lorsque cette dernière refusa fermement de permettre aux soldats américains de traverser son territoire, durant la guerre du golfe.

Depuis, le gouvernement d'Erdogan s'acharne à vilipender Israel avec une intensité sans précédent. Il sème simultanément des vents anti-américains, certain de l'appui de l'AKP face à ces bouleversantes perceptions politiques. Il fit d'une pierre deux coups en offensant ses adversaires du secteur militaire, lié de longue date avec l'Occident.

Perpétuant un travail de sape, les médias turcs signalaient régulièrement des soi-disant atrocités perpétrées en masse par les américains, attisant l'énorme courant anti-guerre. Ces scandaleuses revendications peuvent être comparées à la propagande anti-israélienne menée par les pays arabes et par l'Iran. Ses échos se traduisent en l'accusation d'utilisation d'armes chimiques et la collection d'organes des corps des irakiens tués.

Après les votes de Juillet 2007, l'AKP s'était raffermit et avait acquis une domination plus considérable sur le gouvernement. Dès lors, l'idéologie d'Erdogan s'affirma et l'opinion publique turque devint plus ouverte et même sympathisante à l'islamisme anti-européen. Peu après cette victoire, arrogante et agressive, la Turquie ébaucha une alliance avec l'Iran et les autres pays ennemis de l'Occident.

Ces accords permettent à la Turquie d'entreprendre la divertissante perspective d'acheminer le gaz naturel de l'Iran aux marchés européens à travers son territoire, mais aussi déclenchent des attaques conjointes contre les militants kurdes au nord de l'Iraq. Le parti du Kurdistan Libre ou PJAK, signala la présence d'officiers turcs aux côtés des soldats iraniens. Newsmax.com reporta le voyage de huit officiers turcs en Iran aux fins de coordonner leurs attaques contre les gardes révolutionnaires.

Au printemps 2009, Moqtada Al-Sadr, leader de la milice subordonnée iranienne, dont les partisans avaient assassiné des dizaines de soldats américains en Iraq, rencontra Erdogan et le président turc Abdullah Gul pour "des consultations politiques". Subséquemment et en dépit de l'évident refus de l'Iran de coopérer avec l'occident sur l'issue de son nucléaire, la Turquie s'opposa ouvertement aux sanctions sur l'Iran et concocta un accord grotesque avec le Brésil dans le but de les rompre.

Récemment, le gouvernement turc a entamé sa plus grande prise de mesures militaires, persécutant 33 officiers militaires accusés de conspiration pour renverser le gouvernement de l'AKP en 2003. Le chef des forces spéciales y est inclus. Toutes les personnes arrêtées sont accusées de fomentation d'actes de terreur, comprenant le bombardement de mosquées, qu'ils dénient avec véhémence. Fiers d'être les gardiens de la laïcité en Turquie, il n'est donc pas surprenant que ces éléments militaires aient nourri le désir de voir l'AKP renversé. Toutefois, cela pourrait aussi représenter une tentative islamique d'affaiblir l'armée et de la dépeindre comme antagoniste et anti-islamique.

La perte de la Turquie par l'Occident a d'effrayantes conséquences stratégiques. Elles sont si terrifiantes que l'Occident refuse d'admettre leurs influences, jusqu'à l'instant où il se verra obligé de ne plus les nier. Échéance qui ne tardera d'ailleurs pas à se manifester.

Le Professeur Juan Cole, un critique percutant d'Israel, déclara dernièrement : Stratégiquement, si les USA doivent faire le choix entre la Turquie et Israel, ils choisiront la Turquie." Afin de courtiser le bloc le plus fort, Israel sera soumise à une pression intensifiée qui n'améliorera en rien sa condition actuelle.

Les pays de la région ne seront guère épargnés et leur situation déjà précaire due à leur ligue contre l'Iran, deviendra encore plus vulnérable. L'Égypte, l'Arabie Séoudite, la Jordanie et d'autres pays du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord qui s'opposent aux ambitions iraniennes, sont confrontés aujourd'hui avec un bloc beaucoup plus dangereux, amplement grossi par la défection de la Turquie. Logiquement, ils auront tendance à se rendre et remettront leurs sceptres au bloc formé par l'Iran-Syrie-Turkie pour demeurer en surface.

À cette grave situation, il faudrait ajouter le prestige d'Erdogan devenu candidat suprême dans le dénigrement d'Israel et de l'Occident. Avec l'Iran en tête, il faut anticiper une campagne virulente contre Israel et l'Occident, qui entraînerait d'incessantes provocations et une chute à des violences désastreuses pour la région et pour le monde entier.

Israel est aujourd'hui plus que jamais, isolé et sa situation encore plus périlleuse que celle antérieure à sa création en 1948. Cependant, l'Occident et les USA seront aussi ciblés par le bloc islamique et anti-démocratique qui se repose subrepticement sur les hordes musulmanes gangrenant l'Europe, les USA et le Canada pour concrétiser leur objectif grandiose de conquérir le monde libre. Ce qui revient à dire, que les USA et l'Occident n'auront pour unique allié dans cette région, qu'Israel.

 

 

Thérèse Zrihen-Dvir

http://therese-zrihen-dvir.over-blog.com/

 


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PIMPRENELLE POURPRÉE

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  • écrivain, née à Marrakech, Maroc, qui cherche une voie pour rapprocher les coeurs et les ames.

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