A entendre Alain Juppé, les quelque 2,7 milliards d'euros promis par la France, tambour battant, fin mai lors du G8 à Deauville, aux pays du "printemps arabe" seront soumis à "une conditionnalité". "Cette aide, nous l'apporterons dans la mesure où les lignes rouges ne seront pas franchies", a assuré le ministre des Affaires étrangères, en réaction au raz-de-marée du parti islamiste Ennahda aux élections tunisiennes. Et de citer le respect de l'alternance démocratique, des droits de l'homme et de l'égalité hommes-femmes.
Pourtant, son directeur général de la mondialisation, Christian Masset, affirme, lui, qu'assujettir l'aide au respect de ces valeurs est contraire à l'esprit et la lettre du "partenariat de Deauville" qui, justement, ne met... "pas de conditionnalité" à l'appui financier du G8 !
Comme le cas tunisien pose problème, on peut craindre le pire lorsque l'on parlera de l'Egypte et de la Libye, qui font partie, avec le Maroc et la Jordanie, des pays censés bénéficier de ce soutien.
Sarah Halifa-Legrand - Le Nouvel Observateur
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