Les Serbes votaient dimanche au deuxième tour de la présidentielle, avec pour enjeu l'accélération du rapprochement avec l'Union européenne, le président sortant, le pro-européen Boris Tadic, faisant figure de favori face au nationaliste populiste Tomislav Nikolic.
Plus de 6,7 millions d'électeurs sont appelés à décider aussi lequel des deux hommes a réussi à les convaincre de sa capacité de sortir le pays du marasme économique.
Selon un dernier sondage, M. Tadic est crédité de 58% de voix contre 42% pour M. Nikolic.
"Je m'attends à un avenir meilleur. Pour moi il est personnifié par M. Tadic", a dit Ljubica Protic, une sexagénaire ayant voté de bonne heure à Belgrade.
Un autre retraité, Aleksa Babic, s'est prononcé pour "un changement".
"J'ai deux enfants âgés chacun d'une trentaine d'années. Les deux sont au chômage. J'estime que ceux qui étaient au pouvoir jusqu'à présent n'ont pas rempli leurs promesses et je souhaite un changement", a-t-il poursuivi.
Pro-européen fervent, M. Tadic, 54 ans -- qui a conduit la Serbie, isolée politiquement et économiquement dans les années 1990, au seuil de l'UE --, a qualifié le vote de "référendum pour l'Union européenne".
Au pouvoir depuis huit ans, M. Tadic a renforcé ses chances d'obtenir son troisième et dernier mandat présidentiel de cinq ans après avoir obtenu l'appui des socialistes, troisième force parlementaire à l'issue des élections générales du 6 mai.
Il prône une accélération du rapprochement avec l'Union européenne et assure être en mesure d'achever le processus des négociations d'adhésion durant son nouveau mandat.
"Le 20 mai signifie prendre une décision démocratique pour dire si la Serbie restera un pays stable ou un pays comblé de problèmes", a dit M. Tadic à la nation.
"Nous avons lutté dur pour devenir un pilier de stabilité dans la région et nous voulons continuer sur ce chemin", a-t-il poursuivi.
La Serbie a obtenu en mars le statut de candidat à l'intégration dans l'UE, et il a assuré que l'adhésion interviendrait "dans cinq ans".
M. Nikolic, 60 ans, un populiste reconverti en pro-européen après avoir longtemps contesté une telle option pour son pays, mise notamment sur le mécontentement grandissant de la population en raison de la mauvaise situation économique en Serbie.
Jadis allié à l'ex-homme fort de Serbie, Slobodan Milosevic, M. Nikolic, a capitalisé au premier tour notamment sur le mécontentement grandissant de la population frappée par la crise économique.
Son alliance avant le deuxième tour avec un parti résolument hostile à l'Union européenne, a servi à ses opposants qui ont mis en doute le sérieux de son engagement en faveur de l'adhésion au bloc des 27.
M. Nikolic, a promis des milliards d'euros d'investissements et s'est engagé à augmenter les impôts pour les riches et redistribuer les revenus aux plus démunis.
La campagne électorale a été marquée par des accusation de fraude le 6 mai, émanant du camp de M. Nikolic à l'adresse de M. Tadic, allégations balayées par une enquête du parquet et par les constats des observateurs internationaux ayant surveillé le scrutin.
S'il est élu, M. Tadic remporterait sa troisième victoire consécutive à la présidentielle, face à M. Nikolic.
Les bureaux de vote ouvrent à 05H00 GMT et fermeront à 18H00 GMT. Les premiers résultats sont attendus dans la soirée.