Partager l'article ! Lettre Ouverte à Mr. Amr Moussa,: Lettre Ouverte à Mr. Amr Moussa, Par Thérès ...
Thérèse Zrihen-Dvir
Regard d'un écrivain sur le Monde
Lettre Ouverte à Mr. Amr Moussa,
Par
Thérèse ZRIHEN-DVIR
Étant avant tout un homme de droit, on peut supposer que vous préconisez la justice, maniant vos vastes connaissances pour son seul triomphe, pour le bienfait de l'humanité, des peuples et des nations. En vous entendant, hier soir, clamer devant l'assemblée de la ligue arabe qui s'est réunie de toute urgence, et devant tous les médias, que "Blâmer Israël pour l'annonce de son intention de construire des bâtiments sur les terrains occupés (sic) est insuffisant," je suppose que beaucoup d'entre nous se demandent encore, "qu'avez-vous fait de tout le répertoire de votre érudition, de l'histoire, de l'équité, de la justice?"
En effet, le quartier qui provoque vos foudres, et votre qualification « d’occupation », Ramat Shlomo, se situe très précisément au nord de Jérusalem, aucunement dans un des quartiers de Jérusalem-Est, éventuellement revendiqué par les Palestiniens pour y disposer d’une capitale. A vous entendre, tout Juif vivant à Jérusalem, indépendamment du quartier dont il s’agit, serait un « occupant ». Cette interprétation fantaisiste impliquerait que toute présence juive sur son socle originel, dans sa capitale est à bannir, si l’on veut construire un Etat palestinien. Les deux peuples ne peuvent coexister dans leurs quartiers respectifs, sans empiéter sur le domaine de l’autre… Les chancelleries semblent, d’ailleurs, vous emboîter le pas, sur la foi d’une « coïncidence » malheureuse des agendas municipal et gouvernemental. La même erreur d’appréciation, pour qui ne connaît pas la topographie de Jérusalem, s’est déjà produite par le passé, à propos de Talpiot, quartier israélien depuis 1949 au Sud-Ouest, que le monde entier s’est empressé de re-localiser à « Jérusalem-Est ».
Si nous nous penchons sur l'histoire de la Palestine, nous obtenons le résultat irréfutable que la Palestine n'est rien d'autre que l'ancien Israël que les Romains avaient conquis, et afin d'annihiler toute trace de sa population originelle juive, le nom Palestine lui fut donné. Depuis, plusieurs armées, venant des quatre coins du monde, musulmane, arabe ou ottomane, avaient échoué sur ses rives. La toute dernière était celle des Anglais qui, injustement avaient réparti cette région en trois morceaux distincts: La Syrie, la Jordanie et la partie embryonnaire de l’actuel Israël, prévue pour le peuple juif. La Jordanie était présumée prendre lesdits Palestiniens sous sa charge, jusqu’en 1922, date de l’édification de la Transjordanie hachémite. Or, cette répartition ne convenait pas aux pays arabes qui ne voulaient d'aucun état juif à leurs côtés, et je suppose que vous connaissez la suite, des pogroms de 21, 29 et 36 à la guerre d’Indépendance.
Parlons simplement d'équité :
- Jérusalem a été, de tout temps, la capitale du peuple juif, par la présence et la prière. La Ville Sainte n’a jamais constitué une capitale pour aucun état ni empire arabe, mais, au contraire, s’est vue reléguée au stade de bourgade de passage. Pourquoi cherchez-vous à nier la légitimité de construire la capitale d’un Etat Juif, alors que cette revendication n’apparaît, chez les Palestiniens qu’à partir des années 1968 et après, plus par émulation que par reconnaissance? Toute l’histoire dit qu’elle a essentiellement une valeur spirituelle de « mosquée lointaine » pour les uns, alors qu’elle est un foyer antique central pour les autres.
- Israël a, d’emblée accepté, en 1947, la solution de deux états, l'un Israélien et l'un palestinien, l'un aux côtés de l'autre (résolution 181), sur son terrain miniature, contrairement à l’ensemble du monde arabe. Puis, il a, à nouveau, acquiescé, à partir de 1993, et non sans grincements de dents, à ranimer cette solution dont vous ne vouliez pas. Jusqu’à cette heure, les Palestiniens n’ont réellement pas abandonné leur intention initiale de gagner par grignotement l'état d'Israel pour en faire leur Palestine. Ce scandale que constitue l’aménagement de tout quartier juif, en quelque point que ce soit, est là pour le signer des deux mains.
- Cet état de choses ne vous est absolument pas inconnu, même si l’on peut pardonner à des leaders européens de ne rien entendre aux questions cadastrales dont ils se mêlent de loin, ivres des clameurs de leur rue arabe comme baromètre d’opinion. Les enfants palestiniens reçoivent, à ce jour, des livres de géographie dans lesquels aucune mention de l'état juif d'Israël n'est rapportée, par contre tout le territoire de la région est recouvert sous le terme vague de Palestine.
- Ces Palestiniens qui n'ont ni histoire, ni emblème définissant leur identité ; hormis quelques références au Jihad, qui ne se distinguent encore pas clairement de leur appartenance au monde arabe comme un tout indissociable, ne cessent de préconiser la terreur, à laquelle leur dirigeant Mahmoud Abbas, n'a substitué qu’un discours irrédentiste le justifiant.
- Une preuve très intéressante de leurs conceptions de l'héroïsme nous est offerte à travers leur intention d'ériger un monument commémoratif pour la terroriste Dalal Mograbi, ainsi honorée pour avoir battu le record, en assassinant plus de 35 civils Israéliens dans l'attaque terroriste communément appelée l'autobus transformé en boucherie (blood-bathed bus), en 1978 sur la côte israélienne.
- Mahboud Abbas n'a jamais été reconnu comme le leader incontesté des palestiniens suite aux élections qui désignaient le Hamas comme leur dirigeant.
- Comment vivre sans défiance, auprès de gens dont une grande partie sympathise avec des idées d’anéantissement d’Israël et l’ont déjà fait savoir par leur vote ou leurs actes ?
- Comment négocier une soi-disant paix globale avec une portion du peuple palestinien, tandis qu'une autre réclame de vive voix que lesdits représentants des Palestiniens sont corrompus et ne disposent d’aucun crédit réel de la part de leur propre peuple ? Sur quelles institutions politiques et judiciaires, économiques, en un mot, quelle légitimité, repose un tel chari-vari, susceptible de basculer au prochain scrutin incertain ?
Mr Amr Moussa, il est temps de dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas :
Un état palestinien ne peut être fondé que par la reconnaissance préalable d’un autre état, Juif. A cette heure, il n’est promis à l’existence, que pour mieux contester la légitimité historique de celui qui le précède, lorsqu’il prétend qu’il « l’occupe », partout où il se trouve. Ce même état à venir ne peut appuyer sa propre reconnaissance, dans l’esprit même de la frange, nombreuse, qui refuse encore le processus devant, un jour, mener à cette coexistence mutuelle. Il est impensable qu’il subsiste deux entités distinctes, dont l’une sous le joug de terroristes qui cherchent à imposer leur loi à Gaza, comme dans le Cachemire ou dans les zones tribales pakistanaises, puis au monde entier, les régimes arabes modérés inclus. À quoi servirait un état palestinien non-représentatif, incapable de s’unifier, sinon qu'à empoisonner l'existence de l'état d'Israël, ou à se livrer à une perpétuelle guerre civile, sorte de miniaturisation des influences sunnite et iranienne chi’ite au sein d’une même population ? Mais, voyez, nous dialoguons. Et c'est, à tout prendre, déjà un bon point de départ...
Thérèse Zrihen-Dvir.
http://therese-zrihen-dvir.over-blog.com/
Derniers Commentaires