Partager l'article ! Livre censuré en France : The Bell curve: Livre censuré en France : The Bell curve 19 juillet 2012, 20:47 Auteur : Jean ...
Thérèse Zrihen-Dvir
Regard d'un écrivain sur le Monde
Enquête &
Débat s’est donné pour mission de révéler la censure, sans pour autant épouser les thèses censurées, évidemment. Or voici un nouvel exemple de cette censure, avec le livre The Bell Curve,
best-seller aux Etats-Unis, mais jamais traduit en France. 52 spécialistes du domaine de l’intelligence ont néanmoins soutenu les conclusions de ce livre dans la publication Mainstream Science
on Intelligence, dont Hans Eysenck dont nous avons déjà noté la censure dans notre pays. Après la censure du best-seller américain Atlas Shrugged pendant plus de 50
ans dans notre pays, on se demande si notre pays est si américanisé que certains veulent le (faire) croire.
Ce livre a généré une énorme polémique dans le monde anglo-saxon en 1994 à sa sortie, mais très peu en a filtré en France. Évidemment le sujet n’y est pas pour rien, mais on se demande tout de
même si cela peut justifier une telle omerta, de la part des médias, des politiques, et des éditeurs puisque ce livre n’a pas encore été traduit en français. Cela permet de mieux comprendre la
puissance du phénomène de la censure, puisqu’un esprit qui n’a pas connaissance d’une chose ne peut même pas imaginer qu’elle existe et qu’elle puisse être débattue ailleurs dans le monde. En
bons ethnocentriques que nous sommes en France, nous nous moquons parfois du manque de connaissances de telle ou telle peuplade du fin fond de l’Amazonie ou d’Afrique, sans nous rendre compte
que nous pouvons être dans le même cas sur d’autres sujets vis-à-vis d’autres populations plus avancées que nous.
Il vaut toujours mieux connaître l’existence d’un livre, d’une idée ou d’une personne, que de ne pas la connaître, surtout si le choix ne nous est pas laissé. L’ignorance est la pire des
prisons, et même les livres les plus atroces, Mein Kampf, les Protocoles des Sages de Sion, méritent d’être connus pour mieux comprendre, connaître voire critiquer les idées qui ont une telle
influence de par le monde ou dans d’autres pays. A moins de considérer évidemment que les être humains adultes ne sont pas capables d’exercer leur esprit critique dès lors qu’on en vient à
parler de certains sujets, comme l’Église le prétendait au Moyen-Age par exemple. Autant vous dire tout de suite que tel n’est pas notre cas, bien au contraire.
The Bell Curve
Ce livre, The Bell Curve, est “paru en 1994, écrit par le psychologue Richard J. Herrnstein et le politologue Charles Murray, tous deux américains. Leur thèse est que le QI serait un élément
déterminant de caractéristiques comme les revenus, la criminalité, etc. Ils définissent une « élite cognitive » et abordent en particulier la question des différences d’intelligence selon
l’appartenance ethnique, soit la thématique liée à la comparaison entre race et intelligence.”, pour reprendre la fiche wikipedia française. Donc ce livre n’est pas censuré sur le wikipedia
français, mais la fiche anglaise est bien plus fournie, nous y
renvoyons donc les anglophones que cela intéresse.
En France, l’énorme polémique créée par ce livre a très peu filtré, seul le JT de 20h de France 2 du 4 novembre 1994 en a fait état : “The Bell Curve veut démontrer, en 845 pages arides, que
c’est l’intelligence, plus que la fortune, l’éducation ou la chance, qui détermine la réussite sociale. [...] Et même le président Clinton a dû donner son avis : “Je ne suis pas d’accord, ce
livre va à l’encontre de toute notre histoire, de nos traditions.”" Et la journaliste de conclure : “The Bell Curve est déjà le livre le plus vendu mais sans doute le moins lu de l’année aux
Etats-Unis.” Tout est dit.
Le magazine de vulgarisation scientifique La Recherche a abordé la polémique : “Le best-seller américain The Bell Curve a relancé la thèse selon laquelle l’intelligence est un caractère principalement
héréditaire. Pour ses auteurs et les universitaires qui les soutiennent, seuls des tabous éthiques et politiques dépassés empêchent cette évidence d’être reconnue comme telle. La réalité est
bien différente : l’hérédité de l’intelligence n’est pas démontrée. Les méthodes utilisées par les tenants de la thèse sont biaisées. Elles reposent en particulier sur de graves confusions dans
l’emploi d’une notion complexe, l’héritabilité.”
Quant à
l’Observatoire des inégalités, il regrette que
le livre scientifique venant contredire The Bell Curve, Inequality by design, ait bénéficié d’une couverture médiatique bien moins importante aux Etats-Unis : “Alors que « The Bell Curve »,
publié en 1994 par Richard Herrenstein et Charles Murray, a connu une petite postérité en France (parfois grâce à des auteurs chez qui on ne l’attendait pas), la réponse collective des
sociologues de l’université de Berkeley n’a eu presque aucun écho. C’est regrettable. Leur travail consiste en une réfutation des thèses d’un certain renouveau ultra-conservateur américain
selon lesquelles l’intelligence serait héréditaire (et qu’il est par conséquent inutile de combattre les inégalités), et les différences raciales expliqueraient la réussite des individus.”
A contrario, on peut noter la tribune “Mainstream Science on Intelligence” d’un groupe de chercheurs initialement publiée dans le Wall Street Journal le 13 décembre 1994. Voici ce qu’en dit
l’article que wikipedia lui a consacrée :
“Mainstream Science on Intelligence, que l’on pourrait traduire par “De l’état actuel de la science sur l’intelligence”, défend les thèses présentées dans le livre The Bell Curve, notamment sur
l’importance de l’intelligence, son aspect génétique, et les différences observées entre les groupes ethniques, soit la thématique liée à la comparaison entre race et intelligence.
La tribune a été écrite par le docteur en psychologie Linda Gottfredson. Selon son auteure, il s’agit d’une réponse au traitement imprécis et trompeur qui était fait par les médias de l’état
actuel de la recherche dans le domaine de l’intelligence. Elle a été signée et approuvée par 51 autres professeurs d’université spécialisés dans le domaine de la recherche en intelligence, dont
à peu près un tiers des membres du conseil d’édition du journal Intelligence, dans lequel, par ailleurs, elle fut publiée à nouveau en 1997.”
Ce débat scientifique est censuré en France par les médias et la communauté scientifique, mais il a pourtant lieu dans le monde anglo-saxon et au Québec, jusqu’à ce jour.
Voici par exemple l’échange de quelques pages entre deux scientifiques dans le Québec sceptique :
- questionnements de Christian Tempe,
physicien et membre du conseil d’administration des Sceptiques du Québec
- réponse de Serge Larrivée, Université
de Montréal
Que retenir de tout cela ?
Hitler n’a pas seulement créé la Shoah, il a également durablement ancré en Europe l’idée (en opposition à la sienne) que les races n’existent pas, et par conséquent qu’il ne sert à rien d’en débattre, et qu’il serait même criminel de constater des faits allant en ce sens, car ce serait générer immédiatement sa résurrection. Pourtant faudrait-il interdire les recherches scientifiques ayant démontré l’évolution, alors que cela rabaisse l’homme à n’être qu’un pauvre descendant du singe ? Faudrait-il interdire les recherches scientifiques sur tout sujet dont l’une des interprétations possibles soit le racisme ? Autant interdire toute recherche sur les maladies spécifiques à certaines ethnies (comme la drépanocytose par exemple), ou sur la taille de certains groupes humains (les pygmées qui sont beaucoup plus petits que la moyenne), etc. Bref, notre morale post-Shoah nous a fermé de nombreuses portes dans la science, la sociologie et la psychologie qui nous empêchent de mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons, et donc de trouver les meilleures solutions possibles pour en faire un meilleur monde. L’ironie vient du fait que ces études scientifiques démontreraient que les juifs ashkénazes ont un QI en moyenne supérieur à tous les autres… L’être humain doit encore mûrir pour pouvoir s’attacher aux faits plutôt qu’à sa morale, y compris aux faits qu’il ne comprend pas ou qui vont à l’encontre de ses préjugés. Pour citer le biologiste, paléontologue et philosophe britannique Thomas Henry Huxsley : “Mon travail consiste à apprendre à mes aspirations à se conformer aux faits, non pas à essayer d’harmoniser les faits avec mes aspirations.”
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