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Thérèse Zrihen-Dvir
Regard d'un écrivain sur le Monde
MENACES POUR LA COMMUNAUTE JUIVE DE
DRANCY,
S'attaquer aux symboles, c'est donner quitus à
l'histoire!
Par
Arnold Lagémi
Hébergé par Thérèse Zrihen-Dvir
En menaçant la Communauté Juive de Drancy par l’envoi à sa synagogue de balles et d’une croix gammée, les antisémites ont affirmé par là qu’ils ne reconnaissent plus l’inviolabilité ou la neutralité de certains lieux. Ils affirment que seul le Juif donne son sens à l’endroit sur le quel il se trouve. Et que l’histoire n’a plus son mot à dire. Dont acte.
On peut donc affirmer que les racistes anti-Juifs ont franchi un pas de plus vers l’ignoble et l’infâme, parce que s’attaquer à des lieux tels que Drancy, c’est soutenir que l’histoire ne fait plus de distinction entre les lieux porteurs de sens et ceux qui ne le sont pas. C’est donner quitus à l’histoire et, par là même, c’est garantir que la dette, si dette il y a, est apurée.
Cette agression recèle une force symbolique exceptionnelle. Plus personne ne doit plus rien aux Juifs, quand bien même, ils demeurent à Drancy, qui fut le plus important camp de transit pour les Juifs en partance pour l’univers concentrationnaire.
Ne pas reconnaître la singularité de lieux où les Juifs ont enduré les tourments, outre l’absence de préséance des lieux de souffrance et l’aveu que les Juifs ne pourront se retrancher derrière leurs martyrs, c’est surtout la proclamation d’une terrible et funeste menace qui déverrouille les dernières sûretés.
Les Juifs sont désormais attaquables partout. Il n’y a pas, il n’y a plus de lieu qui ait une fonction protectrice similaire à celle dont bénéficiaient les églises au Moyen Âge. On n’accorde plus aux lieux du martyrologue juif un bénéfice comparable au droit d’asile.
C’est donc l’aveu d’une guerre ouverte et frontale !
Gageons que les pouvoirs publics prendront sans délai la mesure du sens et de la signification que prend la réception de menaces monstrueuses du révisionnisme.
Quelques décennies après la Shoah, on estime légitime de trouver inacceptable le retour de l’antisémitisme. Mais s’attaquer à la mémoire d’Israël en plaçant Drancy sur un pied d’égalité avec n’importe quelle commune qui serait frappée par l’antisémitisme, c’est franchir un niveau de l’abjection car c’est une des manifestations les plus odieuses du négationnisme. C’est nier la singularité de la tragédie. Auschwitz n’est pas et ne sera jamais Versailles, Drancy n’est pas et ne sera jamais St Cloud.
«Il y a des lieux où souffle l’esprit » disait Barrès.
Arnold Lagémi,
http://therese-zrihen-dvir.over-blog.com/
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