Partager l'article ! Nous passons de l’ombre à la lumière: Nous passons de l’ombre à la lumière Mais qui va payer l’électricité ? ...
Thérèse Zrihen-Dvir
Regard d'un écrivain sur le Monde
Publié le 06 mai 2012 à 23:00 dans Politique - Francois Xavier-Ajavon
Mots-clés : François Hollande
Première question : mais qui va payer l’électricité ? Trêve de plaisanterie, je voudrais rassurer mes amis de province qui craignaient pour ma vie si les chars soviétiques entraient dans
Paris : ces chars n’étaient pas là. Et depuis l’arrivée de François Hollande à la magistrature suprême je tiens à préciser que la Seine coule toujours dans le même sens. C’est d’ailleurs là
une observation que vous pouvez vraisemblablement faire avec la Loire, le Rhône et même la Garonne. Bref, en apparence par de révolution. Les conducteurs roulent toujours à droite, la
baguette de pain est toujours aussi chère, et dégueulasse, chez mon boulanger vietnamien, et les trains n’arrivent toujours pas à l’heure en gare de la Ciotat.
C’est vrai, mais l’aventure hollandaise ne fait que commencer. Espérons – ce qui serait une merveilleuse occasion de s’amuser – qu’un nouveau vocabulaire aux accents majestueux et patinés de
jospinisme se répandra bientôt dans les médias alignés… les expressions « vigilance républicaine », écocitoyenneté, « nouveaux métiers », « de l’ombre à la lumière », « République retrouvée
», etc. pourraient bien faire notre bonheur.
Beaucoup d’entre vous ont eu peur que les chars soviétiques entrent dans Paris… certes , je vous comprends, mais songez un instant qu’il y a pire : Claude Serillon pourrait bien récupérer le
journal de 20h de France 2, Noel Mamère revenir aux affaires et accéder à la présidence de Radio-France, le mec insupportable qui présente “Des mots de minuit” (c’est à dire 3h du mat’) sur
la 2 – émission dans laquelle il y a toujours une chorégraphe engagée à gauche qui parle de psychanalyse et un griot africain de Barbès critiquant Guéant – pourrait prendre la tête de France
télévisions… Sans parler même de Bruno Masure qui pourrait relancer un Intervilles des villes socialistes (et apparentées) dans un esprit de « fraternité » et « d’ouverture ». Et Pascale
Clark ? Et Laure Adler ? Je sens que des fantômes burlesques vont sortir des placards dans l’audiovisuel public…
Mais la nouvelle du jour, au-delà de ces conjectures effrayantes, est qu’un âge d’or s’ouvre pour une presse devenue d’opposition. Et ce qui se profile : cinq ans de franche rigolade en
perspective… Champagne.
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