La victoire des « Frères Musulmans » lors de ces premières élections égyptiennes ne présage rien de bon mais elle été prévue par tous les observateurs. Tout autre est le succès prodigieux des
partis salafistes, encore plus radicaux et qui deviennent la 2e force politique du pays avec près de 25% des suffrages…alors que les sondages leurs en accordaient qu’1 à 2% ! Les partis
musulmans récoltent plus de 65% des suffrages selon un dernier décompte de dimanche. Au mois de septembre, l’Administration américaine avait convoqué une séance d’urgence concernant l’évolution
de la situation en Egypte, à laquelle participaient des experts et universitaires qui devaient livrer leur avis sur la situation intérieure égyptienne. Toutes ces « têtes pensantes » avaient
prévu la victoire des partis musulmans mais s’étaient trompées sur l’ampleur de la défaite des partis laïcs qui tournent autour des 20% au maximum!
Le vrai enjeu de l’avenir politique de l’Egypte se situe désormais dans l’élection présidentielle, où s’affrontent une dizaine de candidats, dont un « Frère Musulman » et un salafiste, et leurs
partis parfaitement huilés et organisés feront tout pour transformer l’essai marqué lors de ce dernier scrutin. Il est donc probable que le prochain président sorte de leur rang, ce qui aurait
des répercussions considérables, puisque contrairement au Parlement, le président et son gouvernement sont maîtres de la politique étrangère de l’Egypte.
Qu’est-ce qui explique ce succès soudain des Salafistes qui officiellement ne comptent qu’un million de membres inscrits et qui avec les « Frères Musulmans » constituent désormais la majorité
absolue dans le pays ? Jusqu’à ces dernières années, les Salafistes se tenaient à l’écart de la vie politique, préférant agir au sein de la population, dans les domaines social et éducatif.
Mais à ce moment-là, le générale Omar Suleiman, ancien ministre des Renseignement de Hosni Moubarak, a commis en 2006 une erreur tactique monumentale en encourageant les Salafistes en les
autorisant notamment à ouvrir des stations de radio et chaînes de télévision satellite qui leur a permis d’enter dans chaque foyer égyptien. Suleiman pensait qu’ils pourraient constituer une
force d’opposition aux « Frères Musulmans » mais aussi à Al-Qaïda, mais en oubliait qu’ils pouvaient aussi un jour devenir une force politique majeure, ce qui n’a pas manqué de se produire. Et
en 2010, lorsque les services de renseignements alertèrent le pouvoir sur la percée des Salafistes dans la population, il était trop tard pour revenir en arrière.
La chute de Moubarak a été perçue par les Imams salafistes comme une opportunité de devenir enfin une force politique, et le 21 avril dernier, le groupe Al-Dawa Al-Salafiya annonçait sa
constitution en parti politique sous l’appellation « Al-Nour » (La Lumière) ! A sa suite, trois autres groupes salafistes en dirent de même.
Et contrairement aux vœux pieux (!) d’Omar Suleiman, au lieu de se dresser contre les « Frères Musulmans », les Salafistes les rejoignirent lors de la grande manifestation du 29 juillet sur la
place A-Tahrir, où furent entendus des slogans en faveur de l’établissement d’un Etat islamique mais aussi des slogans haineux envers Israël et les juifs. Les Salafistes étaient également
présents en nombre lors de l’assaut de la foule contre l’ambassade d’Israël le 10 septembre.
Et pour finir, et ce n’est pas la moindre, le parti Al-Nour a menacé la caste militaire au pouvoir « de sacrifier des milliers de Shahids (martyrs) si les militaires tentaient de se cramponner
au pouvoir après les élections »
« Allah nous a accordé cette révolution afin que notre voix se fasse enfin entendre » disent les dirigeants de ce parti.
L’avenir proche dira si Omar Suleiman aura eu le dernier mot, et que les deux forces musulmanes vont finir par s’entredéchirer pour obtenir le pouvoir, ou au contraire si elles trouveront un
terrain d’entente pour ne pas échouer si près du but et transformer peu à peu l’Egypte elle-aussi en Etat islamique.
Il ne faudrait par cependant perdre naïvement de vue un élément fondamental: les « Frères Musulmans » et les Salafistes poursuivent exactement les mêmes buts mais par des moyens
différents sur le plan intérieur comme sur le plan extérieur. Il n’y a pas de « modérés » ou d’ « extrémistes » dans ce cas là non plus…
par Shraga Blum
Des résidents arabes ont bombardé de pierres un véhicule israélien dans le Goush Etzion près de Bet Oumar, au Sud-Est de Bethlehem. Il n’y a pas de blessé. Le véhicule a été
sérieusement endommagé. Les forces de Tsahal ratissent le secteur pour retrouver les jeteurs de pierres.
L’Iran brandit la menace économique
Le ministère iranien des Affaires étrangères a averti la communauté internationale "qu'en cas de sanctions qui limiteraient les exportations iraniennes de brut, le prix du baril
risquerait de grimper jusqu'à 250 dollars sur les marchés internationaux, avec tout ce que cela impliquerait pour les économies des pays occidentaux". Le prix du pétrole brut se situe
actuellement autour de 101 dollars le baril. Un argument qui trouvera sans aucun doute des oreilles attentives dans de nombreuses chancelleries notamment dans l'Europe en crise.
La députée Galon menacée
Consécutivement à des menaces qui lui seraient parvenues, un garde du corps a été chargé par la Garde de la Knesset de la protection de la députée Zahava Galon (Meretz).La décision que
Galon soit accompagnée par un garde du corps a été prise après que soient parvenus aux services de renseignement de la police des informations selon lesquelles, des éléments liés à la
droite voudraient lui porter atteinte.
Galon a précisé que les menaces ne lui sont pas parvenues directement mais que la police a décidé et la Garde de la Knesset ont décidé de la protéger sur la base des informations dont
ils disposent.
par Meir Ben-Hayoun
Dans la tradition politique britannique, l’opposition est organisée en une espèce de gouvernement alternatif virtuel, où chaque membre occupe un poste symétrique aux ministères
existants au gouvernement, Ce « cabinet de l’ombre » a pour « mission » de critiquer le gouvernement en place et d'offrir une alternative, le but étant d'avoir un gouvernement déjà
en place prêt à prendre le pouvoir en cas de victoire électorale. Mais à la différence du « Shadow cabinet » britannique, l’opposition israélienne franchit toutes les lignes rouges
et est prête à se compromettre en participant à l’étranger à des forums destinés à faire pression sur le gouvernement de leur pays.
Les médias israéliens se délectent dimanche matin des différentes déclarations émises lors du « Forum Saban » envers la politique israélienne, et notamment les propos du Secrétaire
d’Etat à la Défense Léon Panetta. Presque tous les éditorialistes et chroniqueurs israéliens soulignent « les critiques et condamnation de la politique du gouvernement israélien,
tant sur le volet iranien que palestinien, et même sur l’activité législative de la Knesset ».
En se penchant un peu plus sur ce qu’est le fameux « Forum Saban », on comprendra mieux qu’il ne s’agit pas moins d’un colloque réunissant des personnalités de gauche ou du moins
opposés au gouvernement légitime d’Israël. Le multimillionnaire Haïm Saban ne cache pas ses sympathies de gauche et il est parmi les grands donateurs du parti démocrate. En 2002, il
a créé le « Saban Center for Middle East Policy », sorte de forum dans lequel sont discutés chaque année les enjeux de la politique américaine au Proche-Orient et celle de la
politique israélienne. Le directeur de ce Forum annuel n’est autre que l’ancien ambassadeur des USA en Israël, Martin Indyck, qui fut l’un des diplomates américains les plus
critiques de la politique israélienne depuis 1996.
Ainsi pour comprendre et relativiser ce qui s’est dit dans ce Forum somme toute marginal bien que monté en épingle par les médias israéliens, il suffit de voir qui en étaient les
invités – mis à part les officiels israéliens en poste à Washington : le député israélien Itshak Herzog (Avoda), la cheffe de l’opposition Tsipi Livni ainsi que les deux anciens
chefs de renseignements Meir Dagan et Amos Yadlin, qui ont défrayé la chronique ces derniers temps par leurs attaques contre le gouvernement israélien. Leur invitation a d’ailleurs
entraîné la défection du ministre de la Défense et celui des Affaires étrangères.
Difficile de ne pas y voir une nouvelle tentative de l’administration US de peser sur la politique israélienne par le biais du généreux donateur Saban. Itsh’ak Herzog ne s’est
d’ailleurs pas gêné de souligner « que les propos de Léon Panetta traduisaient une exaspération américaine face à la politique israélienne ».
par Shraga Blum
Mme Hillary Clinton se fait du souci "sur la place de la femme dans la société israélienne". Même si le débat est légitime sur la séparation des hommes et des femmes dans les
autobus qui circulent dans les quartiers orthodoxes, la remarque de la Secrétaire d'Etat US est quelque peu déplacée envers un pays où les droits de le femme sont parmi les plus
protégés au monde. Elle ne s'est pas encore prononcée sur le fait que parmi tous les députés égyptiens déjà élus, il n'y a aucune femme. Le député Ouri Ariel (
Ihoud
Leoumi) a réagi à ces propos inconvenant en déclarant « que cette ingérence grossière dans la vie politique israélienne est une preuve de plus qu’ils est nécessaire de
prendre des mesures législatives pour que des Etats étrangers ne se mêlent pas du caractère juif de l’Etat d’Israël dans quelque domaine que ce soit ». Et cette réflexion
est la même concernant les allusions concernant une « inquiétude » américaine exprimée lors du « Forum Sabban » quant aux lois en préparation à la
Knesset…d’autant plus que certaines mesures sont presque des copies conformes de la législation en vigueur aux
par Shraga Blum
Bahreïn est une île très convoitée par l'Iran et dans laquelle les chiites téléguidés par Téhéran, qui sont majoritaires dans le pays, rêvent de prendre le pouvoir. La
tension extrême qui règne depuis quelques jours entre l'Iran et la Grande-Bretagne a des conséquences dans ce petit pays aussi, puisqu'une explosion a eu lieu près de
l'ambassade britannique dans la capitale Manama.
Bahreïn: explosion près de l’ambassade britannique
Ariel: « Les propos de Clinton justifient la loi sur le financement »
« Forum Saban » ou « Shadow Cabinet »?
Un véhicule israélien caillassé
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