L’hypocrisie de la gauche s’est révélée au grand jour avec le concert de protestations et d’annonces alarmistes à propos des projets de réforme dans le fonctionnement de la Cour Suprême
débattus à la Knesset. Les textes proposés par la majorité annulaient en fait des mesures prises par le ministre de la Justice du gouvernement précédent, Prof. Daniel Friedman, accusé alors
par cette même gauche « de vouloir casser la Cour Suprême » ! Du haut de la tribune, Zeev Elkin (Likoud) pouvait alors légitimement railler lundi les députés arabes et ceux de gauche « qui
hurlaient il y a trois ans contre les mesures de Friedman, et hurlent maintenant les même slogans envers ceux qui proposent d’annuler ces mêmes mesures » Elkin enfonçait le clou et pointait
du doigt l’un des problèmes majeurs de la démocratie israélienne : « La question n’est pas le fond et le contenu des textes proposés, mais celle de l’identité de ceux qui les proposent !
»
On peut discuter des jours durant sur la définition exacte de la démocratie, mais une chose est sûre, c’est que les attaques sans précédent dont fait l’objet le gouvernement depuis qu’il a
entamé sa réforme du fonctionnement du système judiciaire traduisent un désarroi total de ceux qui détenaient le pouvoir réel dans le pays depuis la création de l’Etat, au-delà et en dépit
des changements de majorités parlementaires.
Une coalition de députés, journalistes et universitaires s’est mobilisée pour avertir de la « fin de la démocratie », « de l’instauration d’un régime dictatorial » et d’autres prévisions
alarmistes du genre, oubliant qu’en Israël, un député arabe peut par exemple traiter l’Etat de « fasciste » et soutenir le terrorisme sans qu’il n’y ait de conséquences. Sur ce point, la
démocratie israélienne fonctionne bien !
Par contre, si un récent sondage indique que seuls 14% des citoyens font confiance à la Cour Suprême et se sentent représentés par elle, c’est que la démocratie est effectivement en danger,
mais non pas à cause des réformes entreprises par la majorité, mais du fait de la confiscation de cette démocratie par une élite aujourd’hui minoritaire et qui voit ses bastions menacés par
une nouvelle génération de députés de droite décomplexés.
Dany Danon avait tout à fait raison lundi en lançant aux députés de l’opposition : « Je vais vous révéler un scoop : nous avons été élus il y a plus de deux ans pour gouverner et non pour
nous croiser les bras ». On ne peut accuser une majorité à la fois d’immobilisme et d’activisme législatif.
Le fond de la question reste le sceau de l’illégitimité et de la suspicion qui frappe systématiquement l’action d’un gouvernement de droite. Il est stupéfiant de voir les mêmes personnes, à
quelques années d’intervalles, brandir la légitimité des urnes comme une donnée sacrée lorsque la majorité leur convient, et dénoncer « la dictature arrogante de la majorité » lorsque
celle-ci n’est plus de leur goût. Cette attitude tire profondément ses racines dans le bolchévisme et le stalinisme qui ont imprégné un peu partout dans les partis de gauche à travers le
monde. Tout ce qui est à gauche est présenté comme légitime, inoffensif, allant dans le sens du progrès et de l’intelligence, alors que ce qui viendrait de la droite serait automatiquement
suspect, rétrograde et dangereux pour la démocratie.
La mauvaise foi de tous les choristes qui ruent dans les brancards est d’autant plus flagrante qu’ils savent tous très bien qu’Israël est un pays ultra-démocratique, que des nouvelles
élections auront lieu au plus tard début 2013, et qu’une nouvelle majorité sortie des urnes pourrait tout à fait et avec la même légitimité qu’aujourd’hui revenir sur les réformes engagées
par le gouvernement actuel ! On pourrait même pousser l’argument plus loin, en rappelant que toutes ces réformes entreprises sont réversibles et sont mises en œuvre par une majorité claire,
alors que des choix politiques beaucoup plus graves et pratiquement irréversibles ont été fait par des majorités de circonstance acquises aux prix de trafics politiques et de
compromissions, à l’exemple des Accords d’Oslo.
L’acharnement conjoint du quatuor gauche-médias-académie-magistrature provient d’une prise de conscience que les prochaines élections n’apporteront en fait pas le changement qu’ils
souhaitent et qu’ils essaient de provoquer en dehors des urnes. Comme l’a dit Ouri Orbach (Habayit Hayehoudi), « il faut que la gauche reconnaisse que la société israélienne a changé,
évolué, et que les institutions qui la représentent doivent s’adapter peu à peu à ces changements ». C’est la chose la plus difficile à admettre pour la gauche laïque israélienne.
L’assaut contre la démocratie ou le maccarthysme ne sont donc pas en l’occurrence l’apanage de la majorité élue, mais le fait de nombreux cercles qui contestent à cette majorité
représentative de gouverner selon les valeurs qu’elle défend et pour lesquelles elle a été portée au pouvoir. Les arguments brandis par les opposants à la réforme dû fonctionnement de la
Cour Suprême sont de mauvaise foi, et son systématiquement balayés par les sondages d’opinion qui n’indiquent aucunement un ras-le-bol vis-à-vis de la coalition en place, bien au
contraire.
Affirmer ainsi que ces mesures « sont une brèche inacceptable dans la séparation des pouvoirs » est foncièrement malhonnête car qui est-ce qui s’est illustrée depuis quinze ans dans
l’empiètement sur les pouvoirs législatif et exécutif si ce n’est la Cour Suprême d’Aharon Barak et Dorit Beinish ?
Il est vrai que l’impression générale qui ressort depuis deux ans est celle d’un activisme législatif mené au pas de charge dans des domaines sensibles et qui provoque de vifs débats à la
Knesset et même en dehors. Mais ce phénomène n’est que la conséquence d’une attitude laxiste par trop longtemps adoptée et qui demande ensuite des mesures fortes pour résoudre des problèmes
laissés trop longtemps en macération. C’est le cas aussi pour d’autres questions brûlantes comme celle des Arabes israéliens, de la situation à Gaza, au sud-Liban ou encore de la misère
sociale grandissante.
La droite n’a pas été élue pour faire une politique de gauche. Alors laissons la droite gouverner à droite quand elle décide enfin de le faire !
par Shraga Blum
Malgré les supplications de Tony Blair et l’avis de Tsahal, le « Forum des Huit » a décidé de prolonger le gel de transferts de fonds en direction des terroristes de l’AP. La décision
de gel avait été prise il y d eux semaines suites à l’adhésion de l’AP à l’UNESCO. Ehoud Barak s’est déclaré opposé à cette mesure, arguant « que cet argent sert à payer les salaires
des forces de sécurité de l’AP qui luttent contre le terrorisme » ( !) A l’opposé, le ministre des Finances Dr. Youval Steinitz estime « qu’il fait sanctionner l’AP pour ses initiatives
unilatérales et pour son action pour la délégitimation d’Israël, et punir là où cela fait mal, c'est-à-dire l’argent » ! Mais on estime que cette mesure sera elle aussi bientôt levée
car Israël ne veut pas d’un effondrement de l’AP.
Le député Prof. Aryeh Eldad (Ihoud Leoumi) s’est adressé d’urgence au Conseiller juridique du gouvernement, Yehouda Weinstein, afin qu’il examine l’anomalie de l’activité en Israël d’un
correspondant de la télévision iranienne. Ibrahim Husseini – c’est son nom – habitant dans la partie de Jérusalem libérée en 1967, est employé par le gouvernement iranien et effectue
des reportages en anglais pour la TV iranienne depuis une année! Le directeur de l’Office national du journalisme, Oren Helman, craint « qu’il n’y ait pas de moyen juridique pour
justifier l’interdiction de l’activité d’un journaliste au service d’un pays ennemi », mais, rassure-t-il (!), « cet individu ne pourra pas obtenir de carte de presse » ! Ibrahim
Husseini a de son côté déclaré « que son activité de causait aucun dommage mais qu’au contraire ses reportages favorisaient la compréhension entre les peuples »…
Un reporter iranien en Israël !
Maintien du gel de transferts de fond vers l’AP
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