Partager l'article ! Paradoxe : un rabbin prône la nécessité de l’athéisme: Paradoxe : un rabbin prône la nécessité de l’athéisme 24 mai 2012, 1 ...
Thérèse Zrihen-Dvir
Regard d'un écrivain sur le Monde
“Le refus du Texte-idole, ou de la nécessité de l’athéisme
Le Texte sera donc insaisissable, imprenable, et ainsi il ne pourra prendre la forme ou la place d’une idole. Les cabalistes expliquent que le Texte, la Tora et Dieu ne font qu’un (Rahamana
véqoudcha bérikh hou, had hou). En refusant la prise du Texte, il y a aussi, du même coup, le refus de mettre la main sur le divin. Le rapport au texte et à Dieu est ainsi paradoxal : il faut
s’éloigner, il faut la distance pour que le rapport à Dieu ne soit pas idolâtre. C’est ce que H. Atlan nomme de manière radicale l’”athéisme de l’écriture” :
“Le premier souci de l’enseignement biblique n’est pas celui de l’existence de Dieu, d’un théisme par rapport à un athéisme, mais plutôt la lutte contre l’idolâtrie. Or il y a un danger
d’idolâtrie dans tout théisme. Tout théisme est une idolâtrie, car l’expression le signifie et, par là, le fige ; sauf si, d’une certaine façon, son discours se nie lui-même et devient donc
athée. Autrement dit, les paradoxes du langage et de ses significations sont tels que le seul discours sur Dieu qui ne soit pas idolâtre ne peut être qu’un discours athée. Ou encore, que dans
tout discours le seul Dieu qui ne soit pas une idole est un Dieu qui ne soit pas un Dieu.” source : La Bible au présent, Paris, Gallimard, collection ‘Idées’, 1982, note 27
Tous les maîtres de la pensée juive, depuis les prophètes jusqu’aux maîtres contemporains, ont compris cela…”
Marc-Alain Ouaknin, Le livre brûlé – Philosophie du Talmud, février 1993, p.107, éditions Points, collection Sagesses.
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