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Thérèse Zrihen-Dvir

Regard d'un écrivain sur le Monde

13 octobre 2010 3 13 /10 /octobre /2010 06:49

 

POURQUOI LES NATIONS NE SONT PLUS

 

AMIES D'ISRAËL?

 

 

Par

 

Arnold Lagémi

 

Hébergé par Thérèse Zrihen-Dvir

 

 

Aborder cette périlleuse question renvoie inévitablement au mauvais argument de l’amitié des socialistes Français, quand ceux-ci étaient encore la SFIO (Section Française de l’Internationale Ouvrière). On ne peut rester indifférent à la part importante que ces derniers ont pris dans la fourniture d’avions de combat et d’armements divers qui, entre autres, facilitèrent la victoire lors de la Guerre des Six Jours. Est-ce contradictoire ? Nous verrons que cette aide s’inscrit dans une cohérence favorable à un Etat des Juifs. Pour l’Etat Juif, c’est une autre histoire !

 

Y a-t-il des raisons, des motifs qui composent cette amitié, où se fonde-t-elle essentiellement sur la sympathie ? Il y a évidemment une convergence de vue au niveau des conceptions politiques générales qui rapprochaient le Mapaï (parti socialiste Israélien, fondé en 1930 par Ben Gourion et Golda Méïr) et les socialistes français. Pour la SFIO, Israël était l’avant-garde de l’Occident au Moyen Orient. Il convenait donc de lui apporter aide et soutien.

 

Quelques questions de fond subsistent néanmoins. Dans l’approche des socialistes français, on aidait « un pays frère » qui « s’ouvrait au monde » et qui ne réclamait pas la « reconnaissance du caractère juif de l’Etat d’Israël. » Nous observerons que, jusqu’à ces toutes dernières années, cette revendication provenait essentiellement du monde religieux. Au regard du civisme, c’est là une avancée notable.

 

Sans pour autant limiter notre reconnaissance et notre gratitude, nous devons bien admettre que cette aide était consentie en raison du « caractère socialiste de l’Etat d’Israël. » Cette approche manifestait ainsi tout le prix qu’elle attachait à la conception « balfourienne » du foyer national juif,  proche, à tous égards d’une vision paternaliste de ses concepteurs, en  maintenant le foyer national juif  sous le contrôle des nations. Dans ces conditions, toute perspective nationaliste transformait cet Etat en *persona non grata* s’il s’aventurait à décider par lui-même et pour lui-même de ses choix politiques et militaires. C’est ainsi que la communauté internationale, (socialistes Français inclus) manifesta ses premières réserves en Juin 67, quand Israël  fit prévaloir son point de vue, en négligeant l’injonction gaullienne qui invitait à la réserve.

  

The Mirage III, one of the most successful aircraft created in French aero-industry, was used in the 1967 six-day war

Je n’ai retenu que l’exemple français, parce que lui seul pouvait laisser croire à une possible amitié. L’assistance des USA, déterminante en bien des domaines est à mettre à l’actif des groupes de pression. Car,  ainsi que le confirment les hésitations de l’administration américaine face au mouvement sioniste, cette aide ne fut pas la résultante d’une approche bienveillante du Renouveau National Juif.

 

Il faut le dire et le redire. L’aversion pour Israël vient de la volonté de ce dernier de se manifester « *es qualité de Nation Juive *». Si les dirigeants de l’Etat avaient continué sur la voie de l’allégeance, comme elle fut pratiquée par les socialistes du Mapaî, nul doute que nous aurions bien plus d’amis. C’est la raison pour laquelle, en dépit des critiques injustes, dont il est l’objet, le Gouvernement d’Israël, en insistant sur la nécessité de « reconnaître  la spécificité de l’Etat Juif » paraît bien plus proche de l’authenticité sioniste que Ben Gourion, Moshe Dayan ou Golda Méïr, dont la mission première était bien plus d’asseoir les bases administratives, judiciaires, économiques et militaires de l’Etat que  de définir des spécificités d’orientation.

 

 

Arnold Lagémi,

http://therese-zrihen-dvir.over-blog.com/

 

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Published by La Libellule - dans divers
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Aviva 16/10/2010 13:51


Bonjour Arnold !
Vous le savez mieux que moi, aujourd'hui plus que jamais existe une difficulté spécifique : celle de définir qui est Juif, pourquoi et comment. Si j'ai bien compris, il est devenu d'usage
d'utiliser la majuscule J pour désigner les Juifs en tant que faisant partie d'un peuple. Toujours si j'ai bien compris et quand bien même les premiers dirigeants d'Israël ont en effet comme vous
le soulignez eu pour tâches urgentes de "constituer un Etat", la base du projet était sans aucun doute à mon sens que cet Etat, ce nouvel Israël soit celui des Juifs en tant que peuple.
Si ce fait a pu échapper volontairement ou non a beaucoup et que ce nouvel Etat ait suscité à sa naissance et un temps par la suite amitiés et soutiens pour des raisons calculées de purs
opportunismes politiques, à l'évidence la "redécouverte" réelle ou feinte qu'Israël = peuple Juif pose problème aux mêmes. D'autant et surtout si cet Etat arrivé à maturité entend en effet prendre
en charge ses propres intérêts et prendre ses propres décisions comme tout autre Etat libre de son devenir.
Les "juifs" ne sont à ce jour tolérés qu'avec le "j" minuscule (dans les Etats démocratiques et + ou - laïcs) seulement en tant que citoyens. En tant que peuple Historique, avec un "J" et
constituant une Nation indépendante à part entière, cela remet beaucoup trop de problèmes sur le tapis.
Ce qu'Israël a décidé en 1967 était bel et bien de se prendre en charge et vous savez fort bien que "l'injonction gaulienne qui invitait à la réserve" était en fait déjà parfaitement et cyniquement
calculée.
"Les Nations ne sont plus amies d'Israël" ? Qui a dit : "Dieu me garde de mes amis ; mes ennemis, je m'en charge".
Socrate avait déjà tout compris "Chacun se dit ami ; mais fol qui s'y repose ; rien n'est plus commun que ce nom, rien n'est plus rare que la chose" (ainsi réécrit par M. de La Fontaine). Entre
Nations, il n'y a pas d'amis, uniquement des moments d'opportunisme.
C'est donc plus que jamais 1967 la date et le comportement à retenir.
Mais, les conseilleurs ne sont pas les payeurs, je le sais !
Thérèse et vous-même m'en voudrez peut-être, mais qui ne tente rien...
Alors je propose à vos lecteurs de compléter votre analyse "ciblée" par une autre lecture de 2 articles parus sur "objectif-info.fr" hier et le 08 octobre respectivement intitulés "Comment pense
Mahmoud Abbas" et "Pourquoi Mahmoud Abbas tient-il tellement au gel des constructions".
Ces analyses complètent me semblent-il la compréhension de votre très juste phrase "L'aversion pour Israël vient de la volonté de ce dernier de se manifester "es qualité de Nation Juive". De
l'importance du "J" bien au-delà de la Nation.
Shabbat Shalom. Aviva


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