À mettre à votre agenda : une conférence de Djemila Benhabib, auteur de «Ma vie à contre-Coran,» à l'université McGill le 2 juin à 19 h. Le numéro de salle sera bientôt annoncé. Les détails ICI.
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Est-ce farfelu d’envisager une saine distanciation entre l’islam et le pouvoir politique ? ou est-ce plutôt une nécessité historique et une exigence politique si l’on aspire à vivre en symbiose avec son époque ?
Comment concevoir cette séparation ? Quelle forme prendra-elle ? Doit-on la faire ? Peut-on la faire ? Veut-on la faire ? Quel rapport entretenir avec le
texte coranique ? Comment se fait-il que ce texte-là auquel on ne prêtait pas une si grande attention voilà quarante ans, la preuve en est, les mouvements de libération dans le monde arabe
que ce soit en Irak, en Syrie ou même en Palestine avec le Fatah étaient plutôt laïques, occupe depuis la révolution iranienne de Khomeiny une place absolument prépondérante dans
l’organisation de la cité ? Qu’est-ce qui rend cette séparation des champs si difficile en terre d’islam ? Quelles sont les conditions aujourd’hui à réunir pour renverser la vapeur et
voir progresser l’émancipation laïque ?
On peut répondre à ces questions très simples et grandement complexes de différentes façons. On évacuera d’emblée la vision simpliste et totalement idiote qui consiste à considérer qu’il y aurait un gène de l’intégrisme ou un gène du terrorisme inscrit dans le code génétique de chaque musulman de même qu’il y aurait un gène du féminisme ou de la laïcité qui se serait transmis de Jules César à George Bush. Tout compte fait, qu’avaient en commun Pétain et Jaurès ? Qu’avaient en commun Clara Zetkin ou Rosa Luxembourg et Hitler ? Qu’avaient en commun Gramsci et Mussolini ? C’est dire que les idées et les valeurs transcendent les frontières ?
Rappelons-nous surtout que les idées ont circulé du grec à l’arabe et de l’arabe au latin, puis à l’hébreu et par la suite dans différentes langues européennes. Il faut y voir que la religion chrétienne ou musulmane peut épouser un immobilisme ou une certaine ouverture dépendamment de la conjoncture historique et politique.
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