Partager l'article ! Réponse de Lucien Daly à l’éditorial de Jean Daniel (Nouvel Observateur, 28 mars 2012).: Réponse de Lucien Daly à l’éditorial de Je ...
Thérèse Zrihen-Dvir
Regard d'un écrivain sur le Monde
A propos de
l’atroce affaire Merah où entre autres horreurs “une petite fille de l’école juive sent tout d’un coup sur sa tempe habituée aux caresses la glace du canon de revolver qui, en une seconde,
va
la faire disparaître“, Jean Daniel dans l’éditorial du Nouvel Observateur du 28 mars dernier veut nous faire croire que ce sont les seuls croyants qui sont à l’origine de
toutes les horreurs humaines.
Cela est un peu facile pour lui puisqu’il s’absout en se déclarant athée : “Je suis un incroyant, un mécréant, un infidèle. Je sais pourtant
que l’homme est un être religieux et l’histoire des religions me passionne. Puis-je pourtant me faire entendre de mes contemporains religieux ? … Je souhaiterais qu’un ensemble d’intellectuels
chrétiens, musulmans et juifs reconnaisse qu’il y a dans tous les textes religieux, en particulier dans ceux issus du monothéisme, des stigmatisations, des mises à l’index des bannissements qui
peuvent être interprétés comme des appels meurtre, et même comme un commandement de tuer. Une fois ce grand pas fait, il leur reviendrait de s’entendre sur une interprétation commune du
message religieux. Sans une telle initiative, ils risquent de rester, malgré eux, des missionnaires de la mort.”
En réalité, Jean Daniel se trompe en affirmant que les croyants sont les grands missionnaires de la mort surtout en donnant comme exemples l’URSS avec “Vie et destin”, de Vassili Grossman et les atrocités du Cambodge avec “l’Élimination” de Christophe Bataille et Rithy Panh qui sont des génocides non religieux. Ce sont d’ailleurs ces derniers qui ont fait le plus grand nombre de victimes lors du siècle dernier, bien plus d’ailleurs que lors de tous les siècles passés, ce qui n’est guère rassurant pour ceux à venir. En voici une belle liste.
En 1932 commençait en Ukraine, considéré alors comme une colonie de la Russie la «Grande famine» ou génocide « colonial » ukrainien. Quand Staline déclencha sa révolution industrielle vers la fin des années 1920, l’Ukraine devint une source indispensable de son financement. La famine ne fut donc que l’expression la plus sinistre de la politique coloniale russe en Ukraine. Les ukrainiens connurent ainsi jusqu’en 1947 cinq famines. On estime le nombre de victimes à six millions. La mise au point de la «solution finale» par les nazis en 1942 n’avait pas non plus de caractère religieux. Mais on sait que cette épopée meurtrière et apocalyptique a conduit à éliminer les juifs, les tziganes, les slaves, les homosexuels, les handicapés physiques ou mentaux. De même sous Staline l’Union soviétique n’hésita pas à supprimer les membres des classes possédantes, mais également certaines « nationalités anti-socialistes » par l’emprisonnement, les déportations, les purges ou la famine afin de construire une société prolétarienne définitivement unie et solidaire. Toujours sans raison religieuse, au Cambodge, les Khmers rouges exterminèrent les classes sociales éduquées, professionnelles ou lettrées, ainsi que les Chinois, les Vietnamiens. À la limite de l’idéologie et de la religion, le « nettoyage ethnique » dans les Balkans a fait que les Serbes tentèrent d’éliminer tous les autres groupes pour édifier la « grande nation serbe ». Enfin il est utile de rappeler le Génocide du Rwanda qui eut lieu en1994, les hécatombes des deux dernières guerres y compris les destructions des villes japonaises par la bombe atomique. Le film “Un village français” nous rappelait ces jours derniers le comportement de nos meilleurs alliés occidentaux d’aujourd’hui qui ont été abjects au point de séparer les jeunes enfants de leur mère durant les déportations avant de les assassiner. Avons-nous donc des leçons à donner à l’Orient et en particulier aux musulmans ?
Je voudrais surtout lui affirmer que si Hitler ou Staline avaient été de vrais chrétiens appliquant le message essentiel du Christ “aimez vous les uns les autres” une telle barbarie n’aurait pas eu lieu. De même si l’Occident avait été vraiment “chrétien” tout au long de son histoire coloniale, peut-être aurait-il pu transmettre et appliquer correctement ce même message plutôt que de “coloniser” ces peuples en laissant s’épanouir le message guerrier du prophète et même en construisant des mosquées dans les coins les plus reculés, ce qui est un comble (laïcité oblige !).
Comme je l’ai déjà exprimé sur “Enquête et Débat” dans une réponse[1] à Malek Chebel qui s’inquiète de l’attitude de rejet des musulmans par beaucoup de Français “qui découvrent chez eux une partie de sa population qui prie, qui croit, qui pratique,” cette attitude ne peut pas être celle d’un véritable chrétien mais de celui qui, devenu athée, ne sait plus ce qu’est prier. Il est vrai comme l’exprime à demi mots Jean Daniel qu’il y a dans le Coran des injonctions invitant à éliminer les infidèles et même à les torturer. Mais il faut préciser : “Allah aime ceux qui font la guerre pour sa cause” (sourate 61,4) ; ou “Si donc tu les vaincs en guerre, inflige leur un châtiment propre à dissuader ceux qui les suivent” (sourate 8, 57). C’est donc ensemble, croyant ou non, que nous devons inciter les intellectuels musulmans à épurer leur texte sacré. Mais contrairement à ce qu’il pense, plus il y aura d’hommes et pas seulement des chrétiens se référant au message du Christ, plus le dialogue sera facile et sans haine et plus nous éviterons les guerres et les dérapages.
Et puisque notre éditorialiste se dit passionné par l’histoire des religions, je lui conseille de s’assurer de la véracité des Évangiles en lisant Pierre Perrier[2] ou en consultant le site Eecho[3] et pourquoi pas de me lire[4] afin de prendre conscience que la science est à même de rendre objectives certaines vérités des différentes fois. Ainsi, tout simplement parce que c’est la science qui le dit, nous avons tous à inciter les intellectuels musulmans à vérifier, voire avaliser, un fait important montré par cette science, à savoir que les études ethnologiques et textuelles récentes faites sur les manuscrits de la Mer Morte[5] montrent que le Coran serait une déviation majeure des Évangiles. Cette déviation aurait été élaborée par les califes Umar et Uthman et les généraux arabes à partir des textes évangéliques d’origine que les judéo-nazaréens avaient déjà modifiés puis traduit en arabe ; déviation “astucieuse” puisqu’elle promet le paradis à tous ceux qui tuent et même torturent les ennemis et qui a parfaitement fonctionné pour reconquérir Jérusalem et tout l’Orient.
Alors de grâce, Jean Daniel vous savez très bien dans quels textes “sacrés” se trouvent les incitations au meurtre, les injonctions faites aux hommes de tuer “les infidèles”, d’imiter leurs ennemis et même de les surpasser en cruauté. Évitons la langue de bois et les amalgames et dialoguons enfin sereinement avec nos amis musulmans, mais en respectant tous, croyants ou non, le message du Christ. L’Islam est peut-être là pour réveiller de leur torpeur agnostique les incroyants, les mécréants, les infidèles ? Beaucoup de théologiens le pensent.
[2] PERRIER Pierre, Évangiles de l’oral à l’écrit, Éditions du Jubilé, 2000, p.292-293
[3] http://eecho.fr/ Site d’études et d’analyses sur les origines du Christianisme, la vie des apôtres, les origines de l’Islam. L’apôtre saint Thomas et son voyage en Chine.
[4] DALY Lucien, Dieu, les miracles et la science, Éditions Tatamis, Paris, mars 2012.
[5] GALLEZ Édouard-Marie, Le messie et son prophète, Tomes 1 et 2, Éditions de Paris, 2005)
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