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Thérèse Zrihen-Dvir
Regard d'un écrivain sur le Monde
ROSH HACHANA, QUAND L'APPRENTISSAGE
DE L'ABSURDE DEVIENT UNE MITSVA!
Par
Arnold Lagémi
Hébergé par Thérèse Zrihen-Dvir
Je ne sais plus qui a dit : « Il faut donner de la vie aux années et non l’inverse » mais nous avons là une approche de la signification du temps proche de celle qui prévaut à Roch Hachana.
En effet, en Galouth (exil) ou en terre d’Israël, cette fête dure deux jours et c’est la seule solennité du calendrier à bénéficier d’un tel statut. Pourquoi ? Probablement que la définition du temps signifiée prend ici sa vraie mesure, échappant aux instruments de mesure tentant de l’appréhender.
Le langage populaire nous a déjà appris que dans toute vie « il y a des minutes qui comptent » confirmant que, pour le commun, tous les instants de la vie ne sont pas qualifiables de la même portée.
Si le jour (qui dure deux) de Roch Hachana est le jour du Jugement, nous savons qu’il y a sursis jusqu’à Kippour, voire même jusqu’à Souccot. Roch Hachana est donc le moment privilégié où l’homme est invité au repli, à la retraite.
Contrairement, à l’opinion commune visant à nous faire accepter l’idée que ce long jour démontre que le Créateur est magnanime, parce qu’hésitant à arrêter un jugement contre l’homme, il me semble qu’un peu de réflexion nous indiquerait qu’il s’agirait plutôt d’un tout autre sens.
Un jour qui dure 48h, c’est long, c’est très long, surtout quand on est observant. Certes, il y a la prière et l’étude, mais si l’action est plus grande que la foi, comme le soutiennent les Pirké Avot (Maximes des Pères) alors le long jour de Roch Hachana nous confrontera à l’ennui, qui, étymologiquement parlant, nous renvoie à la haine, de soi ou des autres est peu important.
C’est le constat d’échec que sous tend une telle approche qui doit être retenu. C’est-à-dire, que privé de l’essence même de la noblesse d’être homme : Agir, l’homme devient spectateur du monde, élégance pour désigner l’indifférence à son prochain, préalable qui conduit à la haine de l’autre !
Il me semble que c’est l’essentiel du sens de Roch Hachana : donner à l’homme (et à la femme) un avant goût de ce que pourrait être une vie privée de sens ultime. Les jours se ressembleraient, une semaine, un mois, un an, auraient la valeur d’une minute ou d’un siècle.
Bref, à Roch Hachana, nous prenons la mesure de ce que serait une vie où notre action viserait à « donner des années à la vie », c'est-à-dire, où la durée serait l’essentiel, où le temps consacrerait l’histoire de l’homme par la couronne de l’absurde.
CHANA TOVA À TOUTES ET À TOUS, EN ISRAËL ET EN EXIL ET LIBERATION PROCHAINE. À NOTRE FILS ET FRÈRE GUILAT SHALIT !
Arnold Lagémi,
http://therese-zrihen-dvir.over-blog.com/
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