Les barbus obscurantistes veulent que la Tunisie ressemble à l'Arabie saoudite. Ils réclament le port du niqab, la non mixité et une salle de prière.
Le mois dernier, des barbus ont fait une violente irruption dans une autre université pour réclamer le droit au niqab, et ils ont menacé d'égorger le doyen.
Tunisie : incident violent autour du niqab dans une université
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Lundi, la Faculté des Lettres de Manouba a été occupée par des éléments salafistes extérieurs à l’établissement qui ont fermé tous les accès et empêché les cours. Jusqu’à hier, tard dans la soirée, ils occupaient encore les lieux. [...]
Les occupants ont demandé à l’administration de laisser les étudiantes portant le niqab suivre les cours normalement, c’est-à-dire «déguisées» dans un accoutrement qui les cache de la tête aux pieds. Ce qui est contraire à l’esprit même de l’enseignement républicain, aux règlements de l’université et aux lois du pays. Autre revendication, tout aussi saugrenue : la séparation des garçons et des filles dans les salles de cours ; la mixité, une tradition bien ancrée dans les institutions républicaines, n’est visiblement pas de leur goût. Enfin, ces éléments fondamentalistes exigent l’aménagement d’une salle de prière dans l’enceinte même de la faculté, comme si les mosquées manquaient dans les environs. [...]
Reste que face à ce nouvel épisode, où l’université est prise en otage par des fondamentalistes religieux, des questions méritent d’être posées. Et d’abord celle-ci : que pense le parti Ennahdha de tout cela ? Le silence du parti islamiste tunisien, vainqueur des élections de l’Assemblée constituante, le 23 octobre, est pour le moins assourdissant. Ses membres, au sein de la Faculté de la Manouba, s’ils ne se sont pas ouvertement associés à l’action des salafistes, n’en partagent pas moins les revendications. «Ils estiment que l’administration n’est pas assez coopérative et qu’elle doit, au moins, aménager une salle de prière», explique M. Mabkhout. En d’autres termes : Ennahdha ne condamne pas les intrusions d’éléments salafistes dans l’enceinte universitaire, mais il lui trouve des justifications.
De là à penser que nous assistons là à un jeu de rôles entre les deux mouvements, qui prennent en otage la société tunisienne en général et l’université tunisienne en particulier, il y a un pas que nous serions tentés de faire. [...]
Source : Kapitalis, 29 novembre 2011
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