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Thérèse Zrihen-Dvir

Regard d'un écrivain sur le Monde

16 mars 2017 4 16 /03 /mars /2017 12:00

Oman : le pays du Moyen-Orient le plus surprenant

par Daniel Pipes
The Washington Times
15 mars 2017

http://fr.danielpipes.org/17363/oman-surprenant

Version originale anglaise: [Oman:] The Middle East's Most Surprising Country
Adaptation française: Johan Bourlard

Oman, où j'ai séjourné la semaine dernière, est un pays arabe qui ne ressemble à aucun autre. Les particularités ne manquent pas.

Le palais du sultan d'Oman, à Zanzibar, datant du XIXe siècle.

L'islam est constitué de trois branches principales : les sunnites (environ 90% des musulmans), les chiites (environ 9%) et les ibadites (environ 0,2%). Oman est le seul pays au monde composé d'une majorité ibadite. Comme il s'agit d'une infime minorité au sein du monde musulman, les dirigeants d'Oman se sont depuis toujours tenus à l'écart des grandes questions qui agitent le Moyen-Orient. Alors qu'une partie du pays est constituée d'une zone désertique et montagneuse isolée, l'autre est ouverte sur les mers particulièrement vers l'Inde et l'Afrique de l'Est. Pendant deux siècles, l'Empire omanais a concurrencé les Européens pour le contrôle de l'Océan Indien. Oman a en effet dirigé l'île africaine de Zanzibar jusqu'en 1964 et a été de la sorte le seul État non-européen à avoir contrôlé un territoire africain.

Sur la carte, on remarque la péninsule omanaise de Musandam, enclavée au nord des Émirats arabes unis.

Ce cas unique d'isolement par rapport aux problèmes du Moyen-Orient comme le conflit israélo-arabe ou l'expansionnisme iranien, est toujours d'actualité. Aujourd'hui, alors que la guerre civile fait rage au Yémen voisin et que l'Iran s'agite juste en face de la péninsule omanaise de Musandam qui fait saillie dans la zone ultra-stratégique du détroit d'Ormuz, Oman est une oasis de tranquillité. Jusqu'à présent, le djihadisme y est inexistant : le pays n'a subi aucun acte de violence et aucun Omanais n'a rejoint l'EI.

Le paysage naturel d'Oman, partagé entre mer et désert, a généré une tension entre monde cosmopolite et insularité. Saïd ibn Taymur, qui a dirigé Oman de 1932 à 1970, a été scolarisé en Inde et en Irak puis s'est rendu à Washington où il a rencontré Franklin Roosevelt. Il a également envoyé son fils Qabous ibn Saïd étudier à l'étranger. Toutefois, Saïd a maintenu Oman isolé du reste du monde et confisqué les revenus du pétrole, pensant perfidement que l'isolement et l'arriération lui permettraient de rester au pouvoir. Symptomatique de la position d'Oman en 1970, le pays possédait en tout et pour tout 2 générateurs électriques, 2 hôpitaux, 3 écoles privées et 10 km de routes pavées. L'esclavage était légal. Fumer en rue était par contre interdit. Il n'existait aucun journal ni aucune salle de cinéma. Pour reprendre les termes d'un visiteur, « l'horloge de l'histoire s'était arrêtée quelque part au Moyen Âge. »

Mais il se fait que la pauvreté et l'ignorance ne lui ont pas permis de garder le pouvoir. En juillet 1970, Qabous, alors âgé de 30 ans, a détrôné son père par un coup d'État. 47 ans plus tard, Qabous demeure le maître absolu d'Oman. Il est apparu comme un modernisateur infatigable qui a personnellement supervisé le développement du pays, depuis les raffineries de pétrole jusqu'au bâtiment de l'opéra. Environ un million de barils de pétrole par jour permet de soutenir l'économie sans la dominer. Les deux millions et demi d'Omanais emploient environ deux millions d'expatriés, principalement de l'Asie du Sud.

Exemple de beauté omanaise : le fort portugais de Mascate.

Ce pays autrefois fermé est aujourd'hui d'un accès facile. Il suffit de 13 dollars pour obtenir un visa à l'aéroport si bien que la beauté naturelle d'Oman est devenue la destination haut-de-gamme d'Occidentaux amateurs de soleil et d'écotourisme. Une destination devenue tellement chic qu'en 2012, Lonely Planet a classé la capitale, Mascate, en deuxième place des meilleures villes à visiter dans le monde.

En conséquence, le pays a largement rattrapé son retard, affichant un réseau électrique allant jusqu'aux villages les plus reculés, un réseau étendu de très belles autoroutes, un taux d'alphabétisme de 91%, une série d'universités et l'orchestre royal symphonique d'Oman.

En dictateur bienveillant, Qabous domine le pays en usant de moyens étrangers aux Occidentaux. Il fait simultanément office de Premier ministre, de ministre de la Défense, des Affaires étrangères et des Finances ainsi que de commandant suprême des forces armées et de la police. Et ce n'est pas tout : comme l'observe The Economist, un habitant de Mascate est chaque jour « susceptible de prendre la route Sultan Qabous, de passer devant la Grande Mosquée Sultan Qabous et aussi devant le port Sultan Qabous. Cet(te) habitant(e) peut être diplômé(e) de l'Université Sultan Qabous et assister à un match de football dans le complexe sportif Sultan Qabous avant de rentrer à son domicile situé à Madinat Sultan Qabous, un faubourg de la ville. »

La révolte arabe qui a débuté en 2011 a touché Oman mais, comme ce fut le cas dans la plupart des monarchies, la révolte a été gérée facilement au moyen de quelques dépenses supplémentaires.

Le 3 mars a été le jour de la plus grande nouvelle que le pays ait connue depuis des décennies : le sultan Qabous, âgé de 76 ans, malade, chétif et sans enfants, a désigné un cousin, Assad ibn Tariq, comme vice-Premier ministre, un geste interprété par beaucoup comme indiquant le choix de son successeur. Après des années de spéculation, cette désignation, avec un peu de chance, mettra fin aux menaces d'instabilité.

Le sultan Qabous (à droite) salue celui qui apparaît comme son successeur, Assad ibn Tariq.

En tant que démocrate, j'exècre les monarchies absolues. En tant qu'observateur du Moyen-Orient, j'admets que les monarchies sont des formes de gouvernement bien meilleures que les autres régimes de la région détenus principalement par des idéologues et des officiers de l'armée. Par conséquent, je me joins à de nombreux Omanais qui espèrent une transition en douceur qui préserve habilement le pays du danger.

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15 mars 2017 3 15 /03 /mars /2017 16:01

La Jordanie au bord du précipice

par Daniel Pipes
Washington Times
8 mars 2017

http://fr.danielpipes.org/17350/jordanie-precipice

Version originale anglaise: Jordan at the Precipice
Adaptation française: Johan Bourlard

« Nous vivons des temps difficiles ». C'est ainsi que le roi Abdallah de Jordanie s'exprimait il y a six mois. Au lendemain d'une semaine bien remplie, faite de voyages et de discussions à travers la Jordanie, je constate que personne ne conteste ces propos. La Jordanie a beau ne plus être en situation de siège et d'extrême vulnérabilité comme ce fut le cas dans les décennies antérieures, le pays n'en reste pas moins confronté à des problèmes potentiellement inédits.

Créé de toutes pièces par Winston Churchill en 1921 pour servir les intérêts de l'Empire britannique, l'émirat de Transjordanie, aujourd'hui royaume hachémite de Jordanie, mène depuis près d'un siècle une existence précaire. Des moments particulièrement périlleux sont survenus en 1967, quand les pressions panarabes ont conduit le roi Hussein (1952-1999) à faire la guerre à Israël, une guerre qui lui a coûté la perte de la Cisjordanie ; en 1970, quand une révolte palestinienne a failli le faire tomber ; et en 1990-1991, quand des sentiments pro-Saddam Hussein l'ont poussé à choisir une cause mauvaise et sans espoir.

Winston Churchill (6ème en partant de la gauche) prenant une pause dans la création de la Transjordanie en 1921.

Aujourd'hui les dangers pour la Jordanie sont multiples. L'EI en Syrie et en Irak se tient en embuscade juste derrière la frontière et attire une minorité certes réduite mais réelle de Jordaniens. Les relations commerciales naguère solides avec ces deux pays se sont presque effondrées et avec elles, le rôle lucratif de transit joué par la Jordanie. Dans une région où abondent le pétrole et le gaz, le pays est l'un des rares à ne disposer pratiquement d'aucune ressource pétrolière. L'approvisionnement en eau se fait une seule fois par semaine pour les habitants des villes et souvent moins encore pour ceux des campagnes. Le tourisme a périclité en raison de l'instabilité notoire du Moyen-Orient et la récente réaffirmation par le roi de son autorité irrite ceux qui demandent davantage de démocratie.

Quant au problème central de l'identité, il demeure sans solution. Depuis plus de cent ans, le pays connaît des vagues répétées d'immigration massive (dépassant même le nombre d'arrivants en Israël), que ce soit des Palestiniens (en 1948-49, 1967 et 1990-91), des Irakiens (2003) ou encore des Syriens (depuis 2011). Selon la plupart des estimations, les Palestiniens constituent une majorité substantielle de la population du pays. Ils représentent aussi la division la plus profonde. Ainsi, on distingue souvent les « Jordaniens » et les « Palestiniens » même si ces derniers sont des citoyens et petits-enfants de citoyens. On peut dès lors penser que le sentiment de supériorité face aux populations tribales de Transjordanie n'a pas diminué avec le temps et surtout pas depuis que les Palestiniens ont atteint la réussite économique.

Le roi Abdallah II de Jordanie rendant visite au président Donald Trump, le 3 février.

Toutefois le pays dispose de formidables points forts. Entourée par des zones en crise, la population est réaliste et ne veut surtout pas s'attirer de problèmes. Le roi jouit d'une position d'autorité indiscutée. Les mariages mixtes font que la division historique du pays entre Palestiniens et tribus s'estompe – un estompement accentué par l'afflux d'Irakiens et de Syriens. La population bénéficie d'un haut niveau d'éducation et les Jordaniens jouissent d'une bonne réputation à travers le monde.

Vient alors Israël. « Où sont les fruits de la paix ? » est une rengaine que l'on entend souvent à propos du traité que la Jordanie a signé en 1994 avec Israël. Les politiciens et la presse n'en parlent peut-être pas mais la réponse est d'une évidence limpide : que ce soit par le recours à Haïfa comme alternative à la route syrienne, par l'achat d'une eau bon marché ou encore par l'approvisionnement généreux en gaz (qui est déjà en cours de livraison), la Jordanie retire un bénéfice direct et substantiel de ses liens avec Israël. Malgré cela, une pression sociale perverse exercée contre une « normalisation » des relations avec Israël n'a cessé de grandir avec le temps, intimidant complètement tout un chacun et empêchant les relations avec l'État juif de déployer tout leur potentiel.

L'ambassade d'Israël à Amman est isolée des autres bâtiments et protégée par des forces de sécurité jordaniennes de dissuasion.

Un Jordanien me demandait pourquoi les Israéliens acceptent d'être traités comme une maîtresse. La réponse est claire : parce que la prospérité de la Jordanie constitue une priorité majeure d'Israël. C'est pourquoi les gouvernements israéliens successifs acceptent, même si c'est en grinçant des dents, les calomnies et les mensonges à leur encontre dans la presse et dans la rue. Bien qu'ils soient trop polis pour le dire ainsi, ils souhaitent clairement que le roi prenne ce problème à bras le corps et mette l'accent sur les avantages que procure la paix.

Pour terminer sur une note personnelle, je plaide, depuis 2005, en faveur de « La Jordanie en Cisjordanie, l'Égypte à Gaza : la solution à trois États » comme une manière de résoudre le problème palestinien. J'ai donc posé à pratiquement chacun de mes 15 interlocuteurs (qui représentaient un large spectre de points de vue) la question du retour de la Cisjordanie sous souveraineté jordanienne. Je regrette de le dire, mais chacun d'eux a rejeté sèchement cette idée. « Pourquoi voudrions-nous ce casse-tête ? » semblaient-ils tous dire. L'acceptation de ce verdict négatif signifie qu'Israël n'a pas de solution pratique à la question de la Cisjordanie, si bien que la souveraineté qu'exerce Israël sans le vouloir et à contrecœur sur les Palestiniens va probablement continuer sur le long terme.

Pour résumer cette visite, la Jordanie a survécu à de nombreuses crises et pourrait encore en surmonter d'autres mais l'enchaînement actuel d'une série de dangers pose un défi extraordinaire à ce pays et à ses nombreux partisans. Le roi Abdallah sera-t-il en mesure de gérer ces « temps difficiles » ?

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28 février 2017 2 28 /02 /février /2017 14:00

Linda Sarsour, nouvelle star de la gauche

par Daniel Pipes
Washington Times
3 février 2017

http://fr.danielpipes.org/17297/linda-sarsour-star-gauche

Version originale anglaise: Linda Sarsour, The Left's Latest Star
Adaptation française: Johan Bourlard

Que penser de Linda Sarsour de Brooklyn, principale plaignante dans le procès contre le décret sur l'immigration du président Trump et nouveau symbole apparemment omniprésent de l'alliance entre la gauche dure et l'islam radical ?

Désignée par la Maison blanche d'Obama comme une « championne du changement », Linda Sarsour a été approchée par le maire de New York Bill de Blasio qui souhaitait obtenir son soutien. Utilisée par le sénateur du Vermont Bernie Sanders dans sa campagne présidentielle, elle a été déléguée à la Convention nationale démocrate de 2016.

Linda Sarsour et Bernie Sanders.

Apparue dans des émissions télévisées de grande écoute, elle a été encensée par le New York Times dans un long article intitulé « Une fille de Brooklyn en hijab » et a reçu le soutien [du journaliste et activiste démocrate, NdT] David Brock sur son site Media Matters for America, ainsi que de l'actrice Susan Sarandon et du député Keith Ellison. À Washington, elle a été l'une des quatre principales organisatrices de la Marche des femmes contre Trump. Bref, comme l'observe la réformatrice musulmane Shireen Qudosi, Sarsour est « vénérée par les gens de gauche ». Mais aussi par les islamistes comme la chaîne Al-Jazeera qui la met à l'honneur.

Sarsour a fait irruption dans ma vie en mars 2010 à l'époque où elle m'a confondu moi, Daniel Pipes, avec le site PipeLineNews.org, une « boutique service de presse » qui venait de publier sur elle un article critique la qualifiant de « sympathisante du Hamas. » En guise de réponse, elle a feint de me témoigner sa gratitude (« MERCI, M. Pipes ! »). Pour lui faire remarquer sa méprise, j'ai répondu en ironisant (« C'est à PipeLineNews.org que Sarsour devrait témoigner son affection, pas à moi »). C'est en voyant qu'elle ne reconnaissait pas son erreur que je me suis intéressé à son parcours.

C'est alors que j'ai découvert que Sarsour pèche souvent par le fait qu'elle ne rectifie pas ses propos erronés. Ainsi, elle a faussement mis le meurtre de Shaima Alawadi sur le compte de la haine à l'encontre des musulmans alors qu'en réalité Shaima Alawadi a été la victime d'un crime d'honneur commis par son mari musulman, Kassim Alhimidi. Pire, elle s'est improvisée victime d'un crime de haine imaginaire et s'est fait un nom sur la scène politique nationale en faisant passer un sans-abri mentalement malade pour un violent raciste.

J'ai découvert l'aversion paranoïaque qu'éprouve Sarsour pour le gouvernement américain. Elle a décrit le présumé terroriste Umar Farouk Abdulmutallab (surnommé « Underwear bomber ») comme étant un agent de la CIA, insinuant par-là que le gouvernement fédéral assassine des Américains pour incriminer faussement les musulmans. Elle a aussi affirmé le plus naturellement du monde que des « enfants musulmans sont exécutés » aux États-Unis, sous-entendu par le gouvernement.

J'ai découvert la promotion que Sarsour fait de l'islamisme. Elle a cautionné l'Arabie saoudite du fait que l'application de la loi islamique dans ce pays procurerait de prétendus avantages tels que le congé de maternité payé et l'absence de paiement d'intérêts sur les cartes de crédit. Elle a marqué son soutien au djihad guerrier en se montrant l'index pointé vers le ciel, signe symbolique des djihadistes.

Linda Sarsour marque son soutien au djihad guerrier en se montrant l'index pointé vers le ciel, signe symbolique des djihadistes.

J'ai découvert les attaques pernicieuses lancées par Sarsour contre Israël. Elle a encouragé la lapidation des Forces de Défense d'Israël et posé sur une photo avec Salah Sarsour, un agent du Hamas emprisonné par les autorités israéliennes dans les années 1990. Elle avoue en outre avoir des liens avec de nombreux hommes détenus dans les prisons israéliennes.

J'ai découvert l'ignorance dont Sarsour fait preuve en matière d'histoire. Elle valorise une image fantaisiste du fondateur de l'Islam, Mahomet : « Notre prophète était un activiste de la justice raciale, un activiste des droits de l'homme, un féministe à part entière. C'était quelqu'un qui se souciait de l'environnement. Il se souciait du droit des animaux. ... Il fut également la première victime de l'islamophobie. » J'ai été frappé par les rêveries qu'elle entretient au sujet de l'esclavage américain : « Le sacrifice d'hier enduré par les esclaves noirs musulmans dans ce pays n'est rien comparé à l'Islamaphobie [sic] d'aujourd'hui. »

J'ai découvert la mauvaise réputation de Sarsour auprès de ceux qui devraient être ses alliés. Debbie Almontaser, l'une de ses consœurs islamistes, a décrié son manque de pudeur et d'humilité. La féministe Aki Muthali l'a qualifiée de raciste (relisez la citation sur les esclaves noirs). Le site Internet antisioniste Ikhras l'a également accusée de nourrir « un racisme ignoble à l'encontre des Afro-Américains. » Par ailleurs, le même site a défini le personnage public qu'incarne Sarsour comme « une mascarade débordant de faux-semblants et d'exagération », la dépeignant comme une personne faussement religieuse, dépourvue de sens moral et de « véritables convictions ou principes. »

J'ai découvert la vulgarité fielleuse avec laquelle Sarsour répond à la critique. Avec le charme et la grâce qui la caractérisent, elle a déclaré à propos de Brigitte Gabriel et Ayaan Hirsi Ali, deux figures de proue anti-islamistes (la seconde ayant été victime de mutilations génitales) : « Si je pouvais leur arracher le vagin. Elles ne méritent pas d'être des femmes. »

J'ai découvert que Sarsour, cette femme ordinaire fagotée d'un encombrant hijab, se livre à de vaines coquetteries. Elle se vante publiquement de sa « beauté saisissante », déclare « Je suis belle » et s'extasie devant « une si belle photo de moi. » Sarsour se donne également de l'importance bien maladroitement, notamment en parlant d'elle-même comme d'une « personne extraordinaire ».

Cette litanie d'incompétence, d'extrémisme, de vulgarité et d'excentricité me pousse à me demander comment les islamistes et les gens de gauche parviennent à tomber en pâmoison devant Linda Sarsour. Si c'est elle qu'ils vénèrent comme leur nouvelle star, alors les conservateurs peuvent dormir sur leurs deux oreilles.

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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 05:15

L'initiative de la Maison Blanche pour vaincre l'islam radical

par Daniel Pipes et Christopher C. Hull
Washington Times
20 février 2017

http://fr.danielpipes.org/17291/vaincre-islam-radical

Version originale anglaise: A White House Initiative to Defeat Radical Islam
Adaptation française: Johan Bourlard

Qui est l'ennemi ? Plus de 15 ans après les attentats du 11-Septembre, cette question fondamentale se pose encore avec la même acuité. Les réponses qu'on y a le plus souvent données sont agents du mal, extrémistes violents, terroristes, musulmans et islamistes.

Comme exemple de ce qu'il ne faut pas faire en la matière, l'administration Obama a organisé en 2010 un groupe de travail sur la lutte contre l'extrémisme violent dont certains participants ont livré de véritables perles comme : « Le djihad en tant que guerre sainte est une invention européenne », le retour du califat est « inévitable », la charia (loi islamique) est « mal comprise » et « le terrorisme islamique est une contradiction dans les termes... puisque, par définition, le terrorisme n'est pas islamique. » Résultat : le groupe de travail a généré une propagande qui a servi l'ennemi (anonyme).

Exemple de ce qu'il ne faut pas faire : le Sommet de la Maison Blanche pour la lutte contre l'extrémisme violent, avec Barack Obama en vedette.

En août 2016, par contre, Donald Trump alors candidat à la présidentielle a prononcé un discours solide sur la manière dont, une fois devenu président, il « rendrait sa sécurité à l'Amérique ». Il a alors pris l'engagement suivant : « l'un de mes premiers actes en tant que président sera d'établir une commission sur l'islam radical. » Notons qu'il a employé les termes islam radical et non pas un euphémisme comme extrémisme violent.

L'objectif de cette commission, a-t-il dit, « sera d'identifier et d'expliquer à la population américaine les convictions et croyances fondamentales de l'islam radical, d'identifier les signes précurseurs de radicalisation et de mettre en lumière les réseaux qui, dans notre société, soutiennent le radicalisme. » La commission « comportera des voix réformatrices au sein de la communauté musulmane » avec l'objectif de « mettre au point de nouvelles procédures pour les agents de la police locale, les enquêteurs fédéraux et les inspecteurs de l'immigration. »

Donald Trump s'exprimant le 15 août 2016 sur la nécessité d'établir une commission sur l'islam radical.

Le 2 février, l'agence Reuters a rapporté que, conformément aux déclarations du mois d'août, l'administration Trump « souhaite réorganiser et renommer » les activités de l'ancien groupe de travail créé par Obama en vue de se concentrer exclusivement sur l'islamisme. Symbole de ce changement, la dénomination « lutte contre l'extrémisme violent » deviendra « lutte contre l'extrémisme islamique » (ou une expression similaire).

Pour tirer le meilleur de cette opportunité historique, le Middle East Forum a élaboré, à destination de l'administration, un plan complet pour une commission de la Maison Blanche sur l'islam radical. Voici un aperçu de la façon dont nous envisageons la commission dans son fonctionnement et son impact :

Structure. Pour être efficace, la commission doit compter des membres qui soient tous sélectionnés par le président. Trop nombreuses sont les commissions qui, par le passé, ont connu des antagonismes idéologiques et programmatiques ayant accouché de rapports mal ficelés, contradictoires et jugés insatisfaisants par l'administration qui les a finalement mis de côté. Aussi, tirant les leçons des luttes ayant agité la commission Tower, dont les pouvoirs étaient insuffisants, et du précédent constitué par la commission Three Mile Island, qui elle disposait de pouvoirs suffisants, il faudra que la commission soit investie du pouvoir de contrainte quant à la production de documents, au témoignage et à l'octroi de l'immunité.

Un autre exemple à ne pas imiter : Ronald Reagan et le rapport de la commission Tower.

Personnel. La commission doit compter un panel étendu constitué d'experts sur la violence politique et l'islam radical ainsi que d'élus, de représentants des services d'ordre et de la justice, de l'armée, des services diplomatiques et de renseignements, de spécialistes en technologie, de réformateurs musulmans (comme le président l'a souligné) et de victimes de l'islam radical. Elle doit aussi nouer des contacts avec ceux qui, en dernier ressort, mettront à exécution les recommandations de la commission : les secrétaires des départements des Affaires étrangères, de la Défense, de la Sécurité intérieure, de la Justice ainsi que le directeur de la CIA.

Mandat. La commission devra se concentrer sur ce à quoi Trump s'était engagé, à savoir l'explication des convictions fondamentales des islamistes (c'est-à-dire l'application stricte et intégrale de la charia), la mise en lumière de leurs réseaux et la mise au point de nouvelles procédures pour les services de police et la justice. Par ailleurs, elle devra chercher à savoir d'où les islamistes tirent leurs ressources et comment celles-ci peuvent être coupées, imaginer les façons de leur refuser tout accès à Internet, proposer des changements sur la politique d'immigration et déterminer la manière dont le politiquement correct empêche une évaluation honnête de l'islam radical.

Implémentation. Pour que ses travaux soient pertinents, la commission doit se coordonner avec les agences fédérales pour la collecte de données et l'émission de recommandations, la rédaction de projets de décrets et de lois, la production de pièces justificatives, la préparation de demandes de propositions, la rédaction de notes à destination des gouvernements au niveau des États et au niveau local, la recommandation de personnel et l'élaboration des budgets. Enfin, la commission doit être prête à voir éventuellement ses rapports utilisés comme preuves dans des procès pénaux comme ce fut le cas à plusieurs reprises par le passé (par exemple, les commissions Warren, Rogers et Tower).

La commission de la Maison Blanche sur l'islam radical doit avoir pour objectif global de rassembler le peuple américain autour d'une compréhension commune de la nature de l'ennemi, de la manière dont cet ennemi peut être vaincu et des mesures propres à atteindre cet objectif.

C'est là peut-être le point de départ d'un processus, maintes fois retardé, de victoire dans une guerre qui dure déjà depuis trop longtemps. Les États-Unis disposent de tous les avantages économiques et militaires. Il ne leur manque qu'une politique et une stratégie que la nouvelle administration, avec l'appui d'une commission de premier plan, pourra enfin mettre sur pied.

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22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 23:28

Erdoğan to Me: Stay Out of Turkey

by Daniel Pipes
Feb 22, 2017
Cross-posted from National Review Online

http://www.danielpipes.org/blog/2017/02/erdogan-to-me-stay-out-of-turkey

I participated yesterday in a conference about the eastern Mediterranean at the Begin-Sadat Center for Strategic Studies (BESA) just outside Tel Aviv; and because Tel Aviv is the diplomatic center of Israel, its events attract a good number of diplomats. Yesterday was no exception, with a foreign minister and other diplomats from several eastern Mediterranean countries, including Albania, Cyprus, Egypt, Greece, and Turkey.

My talk surveyed the role of Islamism in the region. In the question-and-answer period, Turkey's newly-appointed ambassador, Kemal Ökem, vigorously protested points I had made about his country. I defended these, then challenged Ökem (in a video that can be viewed here):

Pipes: I started going to Turkey in 1972. I studied Turkish, not very successfully, but I did study it. I've gone back many times. And at this point, I dare not go back to Turkey because I am critical, as you may have heard, of the government and, in particular, I supported the July 15th coup [a position] which is absolutely an outrage in Turkey. And so, I dare not go back to Turkey. And so, let me ask you, Mr. Ambassador, would it be it safe for me to go to Turkey and spend some time there or just go through the airport? You have a great airline that I would love to use but I dare not use it. Would I be safe going to Turkey?

Ökem: If you say that you support the failed coup attempt that killed 250 Turkish civilians and if you that say you support the kind of organization which we call a terrorist organization, which is a religious cult by the way, and trying to export something, if you say that, I would rather advise you not to go there because you be an accomplice, considered an accomplice. [laughter]

Pipes: That's what I was expecting.

Ökem: It's an expected answer but it's legitimate answer. I mean, I would advise you to find good legal advice before you travel to Turkey.

Kemal Ökem (standing right) and me (standing left) in discussion.

The name of that "terrorist organization" was not spoken, but Ökem was referring to the so-called Fethullahçı Terör Örgütü, or FETÖ (Fethullah Terror Organization). To the rest of the world, it's the Hizmet movement founded by Fethullah Gülen, a former close and important ally of Erdoğan's until the two of them split. No one else sees it as violent, much less terroristic. Erdoğan's accusation that it organized the July 2016 coup attempt is noxious and absurd.

This ambassador's statement has several interesting implications:

  • Left unspoken was what would happen to me, were I foolish enough to venture to Turkey, so I'll make it explicit here: as someone deemed an accomplice of FETÖ, I would be jailed without charges and held for who-knows-how-long.
  • This is despite my having a long record of being critical of the Gülen movement. For example, the Middle East Quarterly, a journal I publish, ran so important a critical article on Hizmet by Rachel Sharon-Krespin in 2009 that it was translated and prominently featured by the leftist Turkish daily Cumhuriyet.
  • An arch critic of the Soviet Union, such as my father, Richard Pipes, had no problem visiting Russia in the still-repressive post-Stalinist era. In other words, Ankara, a member of NATO and a formal ally of the United States, imposes a higher level of thought control than did the U.S.S.R.

My Cold Warrior father, Richard Pipes, could visit Leningrad in 1959.

  • Turkish Airlines would seem to be the only airline whose passengers must pass an ideological test if they hope to complete their journey without danger of getting thrown in jail.

I have visited Turkey, one of my favorite destinations, 10 times over 45 years, with the final trip in 2012. I shall miss the country. Like tens of millions of Turks, I look forward to celebrating the early termination of the Erdoğan regime. (February 22, 2017)

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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 04:34

L'option à trois voies : les États arabes, Israël et les Palestiniens

par Daniel Pipes
Israel Hayom
25 janvier 2017

http://fr.danielpipes.org/17263/etats-arabes-israel-palestiniens

Version originale anglaise: The Three-Way Option: Arab States, Israel, Palestinians
Adaptation française: Johan Bourlard

Dans un article intitulé « Comment construire la paix au Moyen-Orient : pourquoi l'approche ascendante (bottom-up) est-elle préférable à l'approche descendante (top-down) » (janvier-février 2017), le magazine Foreign Affairs a rapporté des propos importants tenus par l'ancien ministre israélien de la Défense, Moshe Ya'alon – un probable futur candidat au poste de Premier ministre – sur la façon dont il mettrait fin au conflit israélo-palestinien.

Moshe Ya'alon (né en 1950).

Ya'alon expose d'une façon remarquable les raisons d'une diplomatie en échec depuis des décennies et en stagnation persistante. Sa solution « ascendante » comprend quatre éléments dont trois consistent en de vieilles recettes mais dont le quatrième offre une idée intéressante et inédite à savoir, l'option à trois voies sur laquelle je vais revenir ci-dessous.

Dans les grandes lignes, Ya'alon appelle à (et c'est moi qui souligne) :

  1. « La promotion chez les Palestiniens d'une croissance économique et d'un développement des infrastructures »
  2. « L'amélioration de la gouvernance palestinienne, de la lutte contre la corruption et du cadre institutionnel d'une façon générale »
  3. « La coopération israélo-palestinienne en matière de sécurité »
  4. « Une initiative régionale qui inciterait les États arabes à s'intéresser à la gestion et finalement à la résolution du conflit israélo-palestinien, que ces États entretiennent ou non des relations officielles avec Israël. »

Le nouveau Moyen-Orient imaginé par Peres n'a pas vraiment fonctionné.

Les trois premiers points ont déjà été expérimentés à plusieurs reprises pendant des décennies et n'ont pas réussi à aboutir à une solution :

  1. En 1993, Shimon Peres a publié The New Middle East (Le Nouveau Moyen-Orient) dans lequel il expose sa charmante vision d'une population palestinienne prospère et vivant en bon voisinage avec Israël. Le problème, c'est qu'aujourd'hui comme à l'époque, ses espoirs ont été brisés par la politique palestinienne du rejet, de la haine et du culte de la mort. Il est certain qu'en 2017, plus personne ne croit sérieusement que la prospérité rendra les Palestiniens plus modérés.
  2. En 2002, George W. Bush s'est focalisé sur l'amélioration de la gouvernance. Or, quinze ans plus tard, la situation est plus lamentable que jamais et n'offre qu'anarchie, corruption et vendetta féroce. Pire, l'histoire nous a clairement montré que la bonne gouvernance n'a fait que renforcer la machine de guerre palestinienne contre Israël.
  3. La coopération en matière de sécurité constitue un domaine – pratiquement le seul – dans lequel Israël et l'Autorité palestinienne travaillent de concert : en fait, les Forces de défense d'Israël protègent l'Autorité palestinienne qui à son tour aide l'armée israélienne à déjouer les attentats. Bien qu'utile pour les deux parties, cette collaboration a montré un potentiel nul dans la résolution du conflit qui les oppose.

Au contraire, la quatrième proposition de Ya'alon qui implique les États arabes, représente une initiative importante qui doit être envisagée sérieusement car elle tient la route et constitue un espoir réel.

Cela est dû au fait qu'il existe une symétrie remarquable entre ce que les Palestiniens attendent d'Israël et ce qu'Israël attend des États arabes ainsi que de la Turquie et de l'Iran à savoir la reconnaissance et la légitimité. Observant ce parallélisme, j'avais proposé dans le Wall Street Journal que l'on traite les deux aspirations conjointement et qu'on lie les « concessions faites à Israël par les États arabes avec les concessions israéliennes aux Palestiniens. » Tout le monde en sortirait gagnant : « Les États arabes réaliseraient ce qu'ils disent être leur objectif principal, la justice pour les Palestiniens. Israël aurait la paix. Les Palestiniens auraient leur État. »

Ainsi, il suffirait que les Saoudiens mettent fin au boycott économique d'Israël pour que les Israéliens élargissent l'accès des Palestiniens aux marchés internationaux. Il suffirait que les Égyptiens apaisent leurs relations pour que les Palestiniens aient un accès facilité au marché du travail israélien. Si les grands États arabes signent un traité de paix avec l'État juif d'Israël, les Palestiniens obtiendront leur État.

En 2009, l'administration Obama a donné l'impression, forte mais de courte durée, d'aller dans ce sens jusqu'à ce que le refus opposé par les Saoudiens fasse tout capoter. En 2016, le président égyptien Sisi a tenté de faire de même, en vain de nouveau. Bref, l'option à trois voies entre les États arabes, Israël et les Palestiniens n'a pas encore été sérieusement envisagée ou encouragée.

Même après s'être incliné devant le roi saoudien Abdallah, Obama n'a pu obtenir de coopération sur la question d'Israël.

Maintenant qu'on sait que Sisi et Ya'alon soutiennent l'option à trois voies et à l'heure où les États arabes ont été réveillés par la coopération singulière de l'administration Obama avec Téhéran, il se pourrait que les dirigeants du Moyen-Orient veuillent travailler avec l'État juif d'une manière à laquelle ils n'étaient pas encore enclins en 1990 ou en 2009. L'administration Trump qui se met en place devrait sans aucun doute s'y essayer.

On ne pourra pas faire progresser la diplomatie israélo-arabe en remettant en selle des idées qui ont vécu, comme celles de Peres et de G.W. Bush. De la même manière, la coopération en matière de sécurité ne conduira pas à aucune avancée sur le terrain politique. Ma première préférence demeure le soutien américain à une victoire israélienne. Cependant, si cela s'avère pour l'heure excessif, l'implication des États arabes offre à tout le moins une issue à un processus de négociations israélo-palestiniennes qui est à la fois à bout de souffle, dans l'impasse et contreproductif.

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16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 06:15

La défaite des Palestiniens serait une bonne chose pour tout le monde

par Daniel Pipes
JNS.org
28 décembre 2016

http://fr.danielpipes.org/17254/defaite-des-palestiniens

Version originale anglaise: A Palestinian Defeat is Good for All
Adaptation française: Johan Bourlard

Le 21 décembre dernier, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a été photographié alors qu'il tenait à la main un exemplaire du livre de John David Lewis, intitulé Nothing Less than Victory: Decisive Wars and Lessons of History [Rien d'autre que la victoire : les guerres décisives et les leçons de l'histoire] (Princeton University Press, 2010). Dans cet ouvrage, Lewis analyse six études de cas pour lesquelles il établit à chaque fois que « le cours de la guerre change une fois qu'un camp a fait l'expérience de la défaite et que son esprit de persévérance s'est, non pas renforcé, mais effondré. »

Netanyahou tenant à la main le livre de John David Lewis, Nothing Less than Victory.

Le fait que Netanyahou se mette peu ou prou à raisonner de cette façon, est particulièrement encourageant en ces temps d'incertitude où des États arabes sont focalisés comme jamais sur une menace autre qu'Israël (à savoir l'Iran), où Obama laisse tomber Israël au Conseil de sécurité des Nations unies et où des courants politiques rebelles agitent l'Occident. En d'autres termes, le moment est tout à fait bien choisi pour appliquer le raisonnement de Lewis aux Palestiniens. En fait, pendant les 45 premières années de son existence, Israël a réussi à développer une stratégie consistant à imposer à ses ennemis le sentiment de la défaite. Dès lors, l'application du raisonnement de Lewis ne serait qu'un retour aux anciennes pratiques.

La première étape de cette stratégie consiste à reconnaître que, depuis la Déclaration Balfour de 1917, les Palestiniens et les Israéliens poursuivent invariablement des objectifs opposés. Les Palestiniens ont adopté une politique de rejet avec l'intention d'éliminer toute trace de présence juive sur ce qui correspond aujourd'hui au territoire d'Israël. Les différences entre les Palestiniens sont plutôt d'ordre tactique : faut-il parler aux Israéliens en vue d'obtenir des concessions ou faut-il camper sur une politique de rejet total ? Alors que l'Autorité palestinienne adopte la première approche, le Hamas utilise la seconde.

Du côté israélien, pratiquement tout le monde s'accorde sur la nécessité d'obtenir la reconnaissance des Palestiniens (ainsi que des autres Arabes et de l'ensemble des musulmans), les différences étant, ici aussi, d'ordre tactique. Faut-il montrer aux Palestiniens le profit qu'ils peuvent tirer du sionisme ou faut-il briser leur volonté ? Alors que le parti travailliste soutient la première option, le Likoud préfère la seconde.

Depuis un siècle, les deux options – celle du rejet et celle de la reconnaissance – n'ont pas changé fondamentalement. Les variations quant aux idéologies, aux objectifs, aux tactiques, aux stratégies et aux acteurs montrent que ce sont les détails qui ont varié alors que les fondamentaux se sont remarquablement maintenus. Les guerres et les traités se sont succédé pour ne produire que des changements mineurs.

La dissuasion, qui consiste à convaincre les Palestiniens et les États arabes d'accepter l'existence d'Israël sous peine de dures représailles, a permis à Israël de développer, de 1948 à 1993, une vision stratégique et une intelligence tactique d'une efficacité remarquable.

Ceci dit, la dissuasion n'a pas permis d'en finir pour autant. Alors que les Israéliens construisaient un pays moderne, démocratique, prospère et puissant, le fait que les Palestiniens, les Arabes, les musulmans et (de plus en plus) la gauche continuaient à rejeter ce pays, est devenu une source de frustrations grandissantes. La population israélienne, impatiente et affairée, s'est lassée du caractère lent et passif de la dissuasion.

Cette impatience a conduit au processus diplomatique dont le point d'orgue a été cette poignée de main échangée sur la pelouse de la Maison Blanche à Washington, en 1993, en guise de confirmation de la signature des Accords d'Oslo. Toutefois, ces accords n'ont pas tardé à décevoir les deux parties.

Si les choses ont si mal tourné, c'est notamment parce que Yasser Arafat, Mahmoud Abbas et l'ensemble des dirigeants de l'Autorité palestinienne ont fait mine d'abandonner la politique du rejet et de reconnaître l'existence d'Israël alors qu'en fait, ils cherchaient à éliminer Israël par des moyens nouveaux et plus sophistiqués en remplaçant la force par la délégitimation.

C'est aussi parce que les Israéliens ont commis une énorme erreur du fait de s'être engagés dans le processus d'Oslo en partant du principe erroné selon lequel on ne pouvait mettre fin à la guerre qu'en ayant recours à la bienveillance et au compromis. En réalité, les concessions israéliennes ont aggravé l'hostilité palestinienne.

L'expérience d'Oslo a montré l'inanité des concessions faites par Israël aux Palestiniens alors que ces derniers n'ont pas réussi à se montrer à la hauteur de leurs engagements. En montrant la faiblesse d'Israël, Oslo n'a fait qu'envenimer la situation. Ce qu'il est convenu d'appeler « processus de paix » devrait plutôt être qualifié de « processus de guerre ».

Ce qui nous amène aux concepts clés de mon analyse, à savoir la victoire et la défaite. La victoire signifie le fait d'imposer avec succès ses propres volontés à l'ennemi en le contraignant, par les pertes qu'on lui a infligées, à abandonner ses ambitions de guerre. Comme le montre l'histoire, les guerres prennent fin grâce non pas à la bienveillance mais à la défaite. Celui qui ne gagne pas, perd.

À travers les époques, les penseurs et les guerriers s'accordent sur l'importance de la victoire comme objectif véritable de la guerre. À titre d'exemple, Aristote a écrit que « la victoire est la fin de la stratégie » et Dwight D. Eisenhower a déclaré que « dans une guerre, il n'y a pas de substitut à la victoire. » C'est là une vérité que les progrès technologiques n'ont pas altérée.

Pour obtenir sa reconnaissance par les Palestiniens, Israël n'a pas d'autre choix que de revenir à son ancienne politique de dissuasion en sanctionnant les Palestiniens à la moindre agression. La dissuasion ne se résume pas à la stratégie de fermeté qu'emploient tous les gouvernements israéliens. Elle exige des politiques systémiques qui encouragent les Palestiniens à reconnaître Israël et découragent leur politique du rejet. Elle exige une stratégie à long terme qui brise la volonté et incite à un changement de mentalité.

Le but poursuivi ici n'est pas de faire aimer Sion aux Palestiniens mais bien d'enrayer la machine de guerre en fermant les usines à suicide, en mettant fin à la diabolisation des juifs et d'Israël, en reconnaissant les liens qui unissent les juifs à Jérusalem et en « normalisant » les relations avec les Israéliens. La reconnaissance d'Israël par les Palestiniens sera réalisée quand, au terme d'une longue période et après être allé jusqu'au bout de la logique, la violence prendra fin et fera place à une véhémence verbale, celle des protestations et des billets d'humeur auprès des rédactions des journaux.

Paradoxalement, une victoire israélienne libérera les Palestiniens qui, par leur défaite, seront forcés de faire le deuil de leurs fantasmes irrédentistes et de leur rhétorique révolutionnaire creuse. Leur défaite les rendra également libres d'améliorer leur quotidien. Débarrassés de cette obsession génocidaire à l'encontre d'Israël, les Palestiniens pourront devenir un peuple normal et capable de travailler à son développement politique, économique, social et culturel. Toutefois, ce changement ne sera ni facile, ni rapide : les Palestiniens devront supporter le goût amer de la défaite et son lot de privations, de destructions et de détresse. Il n'y aura pas d'alternative.

Pour que Washington joue un rôle utile, il lui faudra soutenir Israël dans sa politique de mesures fortes. Cela signifie un soutien diplomatique à Israël qui se traduise, par exemple, par l'annulation de cette farce des « réfugiés palestiniens » et par le rejet des prétentions de proclamer Jérusalem comme capitale palestinienne.

Toute initiative diplomatique israélo-palestinienne demeurera prématurée tant que les Palestiniens n'auront pas reconnu l'État juif. Toute discussion sur les questions clés des Accords d'Oslo restera vaine tant qu'une partie continuera à rejeter l'autre. Cependant, les négociations pourront reprendre et aborder de nouveau les questions d'Oslo à partir du moment où les Palestiniens auront accepté l'État juif. Toutefois, cette perspective s'inscrit dans un avenir assez lointain. Pour le moment, Israël a besoin de victoire.

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29 janvier 2017 7 29 /01 /janvier /2017 03:57

Le chemin vers la paix passe par la victoire d'Israël et la défaite des Palestiniens

par Daniel Pipes
Commentary
janvier 2017

http://fr.danielpipes.org/17203/victoire-israel-defaite-palestiniens

Version originale anglaise: The Way to Peace: Israeli Victory, Palestinian Defeat
Adaptation française: Johan Bourlard

S'il fallait décrire les relations diplomatiques israélo-palestiniennes, on pourrait se contenter de reprendre la définition classique de l'absurdité : « faire et refaire encore et toujours la même chose tout en espérant obtenir des résultats différents. » En dépit de leurs échecs répétés, les mêmes propositions – un territoire en échange de la paix et la solution à deux États, à la charge surtout d'Israël – sont ressassées inlassablement. Les décennies de ce que les initiés appellent « processus de paix » ont rendu la situation pire que ce qu'elle était au départ. Et pourtant, les grandes puissances persistent en entretenant le ballet diplomatique à Jérusalem et à Ramallah dans l'espoir de voir l'énième cycle de négociations aboutir à une solution jusqu'à présent illusoire.

Il est donc temps d'adopter une nouvelle approche et de repenser le problème à la base, en s'inspirant de la stratégie développée avec succès par Israël pendant les 45 premières années de son existence. L'échec des relations diplomatiques israélo-palestiniennes depuis 1993 invite à adopter une approche alternative consistant à privilégier sans relâche l'obtention d'une victoire israélienne, une victoire qui, paradoxalement, pourrait profiter aux Palestiniens et booster le soutien américain.

I. La quasi-impossibilité du compromis

Depuis la Déclaration Balfour de 1917, Palestiniens et Israéliens poursuivent invariablement des objectifs opposés.

Type de carte montrant en arabe une « Palestine mon amour » d'où Israël est exclu.

Dans les années qui ont précédé la fondation du nouvel État, le moufti de Jérusalem, Amin Al-Husseini, a développé une politique de rejet ou d'élimination de toute trace de présence juive sur ce qui constitue aujourd'hui le territoire d'Israël [1]. Cette politique est toujours en place. Des cartes en langue arabe montrant une « Palestine » en lieu et place d'Israël symbolisent cette aspiration permanente. Le rejet est si profondément ancré qu'il anime non seulement la scène politique palestinienne mais également l'ensemble de la société palestinienne. Avec une énergie et une persévérance inflexibles, les Palestiniens ont mené une politique de rejet déclinée selon trois approches : la démoralisation des sionistes par l'usage de la violence politique, les nuisances portées à l'économie israélienne par le recours aux boycotts commerciaux et la remise en cause de la légitimité d'Israël par la recherche de soutiens étrangers. Les différences qui séparent les factions palestiniennes sont plutôt d'ordre tactique : faut-il ou non discuter avec les Israéliens en vue d'obtenir des concessions ? Alors que Mahmoud Abbas représente la première option, Khaled Mashal incarne la seconde.

Du côté israélien, pratiquement tout le monde s'accorde sur la nécessité d'obtenir la reconnaissance des Palestiniens (ainsi que des autres Arabes et de l'ensemble des musulmans), les différences étant, ici aussi, d'ordre tactique. David Ben Gourion adoptait l'approche consistant à montrer aux Palestiniens les bénéfices qu'ils pouvaient tirer du sionisme. Vladimir Jabotinsky développait la vision opposée affirmant que les sionistes n'avaient pas d'autre choix que de briser la volonté intraitable des Palestiniens. Leurs approches antagonistes demeurent la pierre d'achoppement du débat israélien en matière de politique étrangère, où l'on retrouve Isaac Herzog en héritier de Ben Gourion et Benyamin Netanyahou en successeur de Jabotinsky.

Ces deux conceptions – rejet et reconnaissance – n'ont pas fondamentalement changé depuis un siècle. L'Autorité palestinienne, le Hamas, le Parti travailliste et le Likoud d'aujourd'hui sont les descendants directs des Husseini, Ben Gourion et Jabotinsky. Les variations quant aux idéologies, aux objectifs, aux tactiques, aux stratégies et aux acteurs indiquent que ce sont les détails qui ont varié alors que les fondamentaux se sont remarquablement maintenus. Les guerres et les traités se sont succédé pour ne produire que des changements mineurs. Étonnamment, les nombreuses phases de combat ont eu peu d'impact sur les objectifs primordiaux alors que les différents accords formels (tels les Accords d'Oslo de 1993) se sont révélés contreproductifs étant donné qu'ils n'ont fait qu'attiser l'hostilité envers l'existence d'Israël.

Le rejet ou la reconnaissance d'Israël par les Palestiniens se résume à une vision binaire – c'est oui ou non, sans solution intermédiaire – qui rend tout compromis quasi-impossible, toute solution nécessitant de la part d'un camp l'abandon complet de ses objectifs. Soit les Palestiniens abandonnent leur rejet séculaire de l'État juif, soit les sionistes abandonnent leur projet, vieux de 150 ans, de foyer national indépendant. En dehors de cette alternative, toute solution constitue un accord instable dont le seul effet est d'ouvrir la voie à une nouvelle phase du conflit.

Le « processus de paix » en échec

La dissuasion, qui consiste à convaincre les Palestiniens et les États arabes d'accepter l'existence d'Israël sous peine de dures représailles, a permis à Israël de développer, de 1948 à 1993, une vision stratégique et une intelligence tactique d'une formidable efficacité. Pendant tout ce temps, la dissuasion a si bien fonctionné que les États arabes ennemis d'Israël ont perçu le pays très différemment jusqu'à la fin de la période. Alors qu'en 1948 les armées d'invasion arabes espéraient étrangler l'État juif à peine né, en 1993 Arafat s'est vu contraint de signer un accord avec le Premier ministre israélien.

Cependant, la dissuasion n'a pas permis d'en finir pour autant. Alors que les Israéliens construisaient un pays moderne, démocratique, prospère et puissant, le fait que les Palestiniens, les Arabes, les musulmans et (de plus en plus) la gauche continuaient à rejeter ce pays, est devenu une source de frustrations grandissantes. La population israélienne, impatiente et affairée, s'est lassée des aspects peu attrayants de la dissuasion qui est par nature passive, indirecte, rigoureuse, lente, ennuyeuse, humiliante, réactive, coûteuse et, sur le plan international, impopulaire.

Cette impatience a conduit au processus diplomatique dont le point d'orgue a été cette poignée de main échangée sur la pelouse de la Maison Blanche à Washington, en 1993, en guise de confirmation de la signature des Accords d'Oslo. Pendant une courte période, « la poignée de main » (ainsi cherchait-on à valoriser l'événement à l'époque) entre le dirigeant palestinien Yasser Arafat et le Premier ministre israélien Yitzhak Rabin a fait office de symbole d'une médiation réussie qui a donné à chaque camp ce qu'il souhaitait le plus : la dignité et l'autonomie pour les Palestiniens, la reconnaissance et la sécurité pour les Israéliens. En récompense, Arafat, Rabin et le ministre israélien des Affaires étrangères Shimon Peres ont reçu, entre autres distinctions, le Prix Nobel de la Paix.

Arafat, Peres et Rabin se partageant le Prix Nobel, en 1994.

Cependant, les accords n'ont pas tardé à décevoir les deux parties. Alors que les Israéliens et les Palestiniens s'entendent sur très peu de choses, ils sont au moins d'accord à la quasi-unanimité sur le fait qu'Oslo a été un désastre.

À l'époque où, avant Oslo, les Palestiniens vivaient en permanence sous contrôle israélien direct, l'acceptation d'Israël progressait et la violence politique diminuait. Les habitants de Cisjordanie et de Gaza pouvaient voyager localement sans checkpoint et accéder à leurs lieux de travail situés en Israël. Ils bénéficiaient de l'État de droit et d'une économie qui a plus que quadruplé indépendamment de toute aide étrangère. Des écoles et des hôpitaux en état de marche se sont multipliés tout comme plusieurs universités.

Alors qu'il promettait à cette époque de faire de Gaza « la Singapour du Moyen-Orient », Yasser Arafat a, au contraire, par son despotisme et son agressivité à l'encontre d'Israël, transformé son fief non pas en Singapour mais en cauchemar comparable au Congo. Refusant d'abandonner la révolution permanente et rebelle à l'idée de devenir le chef ordinaire d'un État de second ordre, Arafat s'est servi des Accords d'Oslo pour infliger aux Palestiniens la dépendance économique, la tyrannie, des institutions défaillantes, la corruption, l'islamisme et le culte de la mort.

Pour les Israéliens, les Accords d'Oslo n'ont pas conduit à la fin espérée du conflit. Ils ont, au contraire, attisé l'ambition palestinienne d'éliminer l'État juif. La fureur palestinienne est montée en flèche et le nombre d'Israéliens assassinés dans les cinq années qui ont suivi les Accords d'Oslo a été plus important que dans les quinze années antérieures. Les discours incendiaires et les actions violentes se sont multipliés et se répandent sans faiblir 23 ans plus tard. Par ailleurs, les efforts de délégitimation entrepris par les Palestiniens ont coûté cher aux Israéliens sur la scène internationale : la gauche s'est retournée contre Israël et a accouché de nouveautés antisionistes comme la Conférence des Nations unies contre le Racisme, à Durban, et le mouvement Boycott, Désinvestissements et Sanctions (BDS).

La Conférence des Nations unies contre le Racisme de Durban a vu l'antisionisme gauchiste apparaître au grand jour.

Vu du côté israélien, les sept années d'apaisement qui ont suivi Oslo, 1993-2000, ont miné les 45 années d'une dissuasion efficace. Les six années de retraits unilatéraux qui ont suivi, de 2000 à 2006, ont achevé d'enterrer la politique de dissuasion. La décennie qui s'est écoulée depuis 2006 n'a pas été le témoin de changements majeurs.

L'expérience d'Oslo a montré l'inanité des concessions faites par Israël aux Palestiniens alors que ces derniers n'ont pas réussi à se montrer à la hauteur de leurs engagements. En montrant la faiblesse d'Israël, Oslo n'a fait qu'envenimer la situation au point que ce qu'il est convenu d'appeler « processus de paix » devrait plutôt être qualifié de « processus de guerre ».

Le faux espoir d'une victoire obtenue par ruse

Pourquoi les choses ont-elles si mal tourné par rapport à ce qui semblait être un accord si prometteur ?

La responsabilité morale de l'échec d'Oslo revient uniquement à Yasser Arafat, Mahmoud Abbas et l'ensemble des dirigeants de l'Autorité palestinienne. Ils ont fait mine d'abandonner la politique de rejet et de reconnaître l'existence d'Israël tout en cherchant à éliminer Israël par d'autres moyens plus sophistiqués comme l'usage de la délégitimation en lieu et place de la force.

Toutefois, les Israéliens ont commis une énorme erreur du fait de s'être engagés dans le processus d'Oslo en partant d'un principe erroné que Yitzhak Rabin a plus d'une fois résumé par cette phrase : « Vous ne faites pas la paix avec vos amis. Vous la faites avec des ennemis qui sont tout sauf agréables. » [2] En d'autres termes, il s'attendait à ce que la guerre prenne fin grâce à la bienveillance, la conciliation, la médiation, la flexibilité, la retenue, la générosité et le compromis, le tout couronné par des signatures au bas de documents officiels. C'est dans cet esprit que son gouvernement et tous ceux qui lui ont succédé se sont accordés à faire un grand nombre de concessions, jusqu'à permettre la création d'une milice palestinienne, toujours dans l'espoir de voir les Palestiniens accepter en retour l'existence de l'État juif.

Or, les Palestiniens ne l'ont jamais fait. Au contraire, les concessions israéliennes n'ont fait que renforcer l'hostilité palestinienne, chacune d'elles entraînant une radicalisation, une exaltation et une mobilisation accrues du monde politique palestinien. Les efforts israéliens en vue de « faire la paix » ont été perçus comme autant de signes de démoralisation et de faiblesse. Les « concessions douloureuses » ont réduit la crainte qu'Israël inspirait aux Palestiniens et, en faisant apparaître l'État juif comme vulnérable, ont suscité chez ces derniers des rêves irrédentistes d'anéantissement.

Rétrospectivement, ce n'est pas surprenant. Contrairement au slogan de Rabin, « on ne fait pas la paix avec des ennemis qui sont tout sauf agréables » mais bien avec d'anciens ennemis qui sont tout sauf agréables, c'est-à-dire des ennemis qui ont été vaincus.

Ce qui nous amène au concept clé de mon analyse, qui est la victoire ou le fait d'imposer ses propres volontés à l'ennemi et le contraindre, par les pertes qu'on lui a infligées, à abandonner ses ambitions de guerre. Comme le montre l'histoire, les guerres prennent fin grâce non pas à la bienveillance mais à la défaite. Celui qui ne gagne pas, perd. Les guerres se terminent généralement quand l'échec pousse un camp au désespoir, quand ce camp a abandonné ses objectifs de guerre et accepté la défaite, et quand cette défaite a épuisé sa volonté de combattre. Inversement, aussi longtemps que chacun des deux camps garde l'espoir d'atteindre ses objectifs de guerre, la lutte continue ou est susceptible de reprendre.

À travers les époques, les penseurs et les guerriers s'accordent sur l'importance de la victoire comme objectif véritable de la guerre. À titre d'exemple, Aristote a écrit que « la victoire est la fin de la stratégie » et Dwight D. Eisenhower a déclaré que « dans une guerre, il n'y a pas de substitut à la victoire. » C'est là une vérité que les progrès technologiques n'ont pas altérée.

Aristote (384-322 AEC)

Les guerres du 20ème siècle qui ont connu une fin décisive comprennent la Deuxième Guerre mondiale, les affrontements Chine-Inde, Algérie-France, Nord-Vietnam-États-Unis, Grande Bretagne-Argentine, Afghanistan-URSS ainsi que la Guerre froide. La défaite peut résulter soit d'une lourde défaite militaire, soit d'une conjonction de pressions économiques et politiques. Elle n'implique pas une perte militaire totale ni une destruction économique et encore moins l'anéantissement d'une population. Ainsi, la seule défaite américaine de l'histoire, au Sud-Vietnam en 1975, s'est produite non pas en raison d'un effondrement de l'économie, d'une pénurie de munitions, ou d'un échec stratégique (le camp américain était en train de gagner la guerre au sol) mais pour la simple raison que les Américains ont perdu la volonté de poursuivre le combat.

L'année 1945 marque à ce propos un tournant. Avant cette date, c'est surtout la supériorité militaire écrasante qui faisait plier chez l'ennemi sa volonté de combattre. Depuis lors, les grandes victoires militaires sur le terrain ont été rares. La supériorité sur le champ des opérations ne consiste plus comme par le passé à saper la détermination de l'ennemi à combattre. Pour reprendre les termes de Clausewitz, ce sont le moral et la volonté et non plus les tanks et les bateaux, qui constituent désormais le centre de gravité. En Algérie, les Français avaient beau avoir la supériorité sur leurs ennemis en termes d'effectifs et d'armement, à l'instar des Américains au Vietnam et des Soviétiques en Afghanistan, les Français comme les Américains et les Soviétiques ont néanmoins perdu leur guerre. Inversement, les pertes subies à la guerre par les États arabes entre 1948 et 1982, par la Corée du Nord en 1950-1953 et par l'Irak en 1991 et en 2003, ne se sont pas traduites par la capitulation ou la défaite.

Quand le camp des perdants conserve ses objectifs de guerre, la reprise de la guerre demeure possible voire, probable. Après leur défaite lors de la Première Guerre mondiale, les Allemands ont gardé leur objectif de domination de l'Europe et se sont tournés vers Hitler pour une nouvelle tentative, ce qui a incité les Alliés à viser la victoire totale afin d'éviter que les Allemands ne recommencent une troisième fois. La Guerre de Corée s'est terminée en 1953 mais le Nord et le Sud ont tous deux maintenu leurs objectifs de guerre, ce qui implique que le conflit peut reprendre à n'importe quel moment, à l'instar des guerres entre l'Inde et le Pakistan. Les Arabes ont perdu toutes les guerres face à Israël (1948-1949, 1956, 1967, 1973 et 1982) mais ont toujours considéré leurs défaites comme autant d'essais manqués annonciateurs d'une nouvelle tentative.

II. Le travail difficile de la victoire

Comment Israël pourrait-il inciter les Palestiniens à abandonner leur politique de rejet ?

Pour commencer, on a vu au fil des décennies l'élaboration d'une grande variété de plans (incompatibles entre eux) visant à mettre fin au conflit d'une façon favorable à Israël. [3] Allant du plus doux au plus dur, ces plans incluent :

Le problème est qu'aucun de ces plans n'inclut la nécessité de briser la volonté palestinienne de combattre. Ils consistent tous à gérer le conflit sans le résoudre et visent tous à obtenir la victoire par le biais de stratagèmes. Tout comme les négociations d'Oslo ont échoué, toute autre solution échouera tant qu'on renoncera à suivre le chemin escarpé de la victoire.

Cette configuration historique montre que, pour obtenir sa reconnaissance par les Palestiniens, Israël n'a pas d'autre choix que de revenir à son ancienne politique de dissuasion en sanctionnant les Palestiniens à la moindre agression. La dissuasion ne se résume pas à la stratégie de fermeté qu'emploient tous les gouvernements israéliens. Elle exige des politiques systémiques qui encouragent les Palestiniens à reconnaître Israël et découragent leur politique du rejet. La dissuasion exige une stratégie à long terme qui incite à un changement de mentalité.

L'incitation à un tel changement, qui n'a rien d'une sinécure, repose sur une politique de riposte proportionnée et graduelle. Si les Palestiniens transgressent modérément, ils devront payer modérément, et ainsi de suite. La riposte dépend de circonstances particulières, et donc ce qui suit n'est qu'un ensemble de suggestions d'ordre général en guise d'exemples pour Washington, allant du plus conciliant au plus rigoureux :

Si les « martyrs » palestiniens provoquent des dégâts matériels, les réparations devront être payées sur les 300 millions de dollars de charges fiscales que le gouvernement israélien transfère chaque année à l'Autorité palestinienne. Aux actes destinés à isoler et à affaiblir Israël sur le plan international, il faudra riposter par une limitation de l'accès à la Cisjordanie. Si l'auteur palestinien d'un attentat est tué, son corps devra être enterré en toute discrétion et de façon anonyme dans une fosse commune. Si la direction de l'Autorité palestinienne incite à la violence, il faudra empêcher les officiels à l'étranger de regagner l'Autorité palestinienne. Aux meurtres d'Israéliens, il faudra riposter par l'extension des villes juives en Cisjordanie. Si les armes de l'Autorité palestinienne se tournent contre Israël, ces armes devront être saisies et toutes les autres prohibées et si cela se produit de façon répétitive, les infrastructures de sécurité de l'Autorité palestinienne devront être démantelées. Si la violence venait à se poursuivre, il faudra alors réduire et ensuite couper l'eau et l'électricité fournies par Israël. En cas de tirs d'artillerie, de tirs de mortiers ou de missiles, les zones d'où proviennent ces tirs devront être occupées et placées sous contrôle.

Il va de soi que ces mesures sont à l'exact opposé de la vision consensuelle adoptée actuellement par Israël qui cherche par-dessus tout à ce que les Palestiniens se tiennent tranquilles. Cependant, quand on sait que cette myopie s'est développée sous la pression internationale incessante, et particulièrement de la part du gouvernement américain, en vue de plaire à l'Autorité palestinienne, il suffirait certainement que cette pression disparaisse pour que les Israéliens adoptent les mesures stratégiques plus fermes brièvement exposées ici.

Sceller une paix véritable implique le recours à une coercition qui permettrait aux Palestiniens de changer d'état d'esprit c'est-à-dire d'abandonner la politique de rejet et de reconnaître les juifs, le sionisme et Israël. Une fois qu'un nombre suffisant de Palestiniens aura abandonné le rêve d'éliminer Israël, ils feront les concessions nécessaires pour mettre fin au conflit. Pour cela, Israël devra convaincre plus de 50 % des Palestiniens de leur défaite.

Le but poursuivi ici n'est pas de faire aimer Sion aux Palestiniens mais bien d'enrayer la machine de guerre en fermant les usines à suicide, en mettant fin à la diabolisation des juifs et d'Israël, en reconnaissant les liens qui unissent les juifs à Jérusalem et en « normalisant » les relations avec les Israéliens. La reconnaissance d'Israël par les Palestiniens sera réalisée quand, au terme d'une longue période et après être allé jusqu'au bout de la logique, la violence prendra fin et fera place à une véhémence simplement verbale, celle des protestations et des billets d'humeur auprès des rédactions des journaux. Sur un plan symbolique, le conflit sera terminé quand les juifs vivant à Hébron (en Cisjordanie) n'auront plus besoin d'un niveau de sécurité supérieur à celui des Palestiniens vivant à Nazareth (en Israël).

La police des frontières israélienne escortant un groupe de touristes israéliens en visite à Hébron, en avril 2014.

À ceux qui considèrent que les Palestiniens sont trop fanatiques pour être vaincus, je réponds : si, alors qu'ils étaient tout aussi fanatiques et bien plus puissants, les Allemands et les Japonais ont pu être vaincus lors de la Deuxième Guerre mondiale et devenir ensuite des citoyens normaux, pourquoi pas les Palestiniens aujourd'hui ? De plus, l'histoire montre que les musulmans ont à plusieurs reprises cédé face aux infidèles quand ils étaient confrontés à une force supérieure et déterminée, que ce soit en Espagne, dans les Balkans ou encore au Liban.

Israël est doublement chanceux. D'une part, le pays ne part pas de rien : des sondages et d'autres indicateurs montrent que 20 % des Palestiniens et des autres Arabes acceptent de toute façon l'existence de l'État juif. D'autre part, Israël n'a besoin de dissuader que les Palestiniens, qui sont un acteur très faible, et non pas l'ensemble des Arabes ou des musulmans. Même s'ils sont objectivement faibles (économie, force militaire), les Palestiniens sont le fer de lance de la guerre contre Israël. C'est pourquoi une fois qu'ils auront abandonné leur politique de rejet, les autres (comme les Marocains, les Iraniens, les Malaisiens, et les autres) leur emboîteront le pas et, avec le temps, suivront probablement leur exemple.

Les Palestiniens tirent profit de leur défaite

Même s'ils seront nombreux à tirer profit d'une solution au problème résiduel palestinien, les Israéliens vivent d'ores et déjà dans un pays moderne et prospère ayant dépassé le stade de la violence et de la délégitimation qui leur ont été imposées. [4] Des études ont ainsi montré que les Israéliens sont parmi les gens les plus heureux au monde, un sentiment confirmé par les taux de natalité en hausse dans le pays.

Au contraire, les Palestiniens vivent empêtrés dans la misère et constituent la population la plus radicalisée de la planète. Des enquêtes d'opinion montrent les unes après les autres leur choix pour le nihilisme. Y a-t-il d'autres parents pour célébrer la transformation de leurs enfants en kamikazes ? Quel autre peuple s'attache davantage à nuire à son voisin qu'à améliorer son propre sort ? Le Hamas et l'Autorité palestinienne sont tous deux à la tête de régimes autoritaires qui répriment leur population et poursuivent des objectifs destructeurs. L'économie de la Cisjordanie et de Gaza dépend, plus que partout ailleurs, de l'aide financière étrangère, ce qui génère à la fois la dépendance et le ressentiment. Les mœurs des Palestiniens sont rétrogrades et avec le temps deviennent de plus en plus moyenâgeuses. Une population qualifiée et ambitieuse est prisonnière de la répression politique, d'institutions défaillantes et d'une culture qui valorise le délire, l'extrémisme et l'autodestruction.

Une victoire israélienne libérera les Palestiniens qui, par leur défaite, seront forcés de faire le deuil de leurs fantasmes irrédentistes et de leur rhétorique révolutionnaire creuse. Leur défaite les rendra également libres d'améliorer leur quotidien. Débarrassés de cette obsession génocidaire à l'encontre d'Israël, les Palestiniens pourront devenir un peuple normal et capable de travailler à son développement politique, économique, social et culturel. Les négociations pourraient enfin commencer pour de bon. En fin de compte, étant donné le point très bas duquel ils partent, les Palestiniens pourraient, ironie du sort, gagner en tant que vaincus autant si pas plus que les vainqueurs israéliens.

Toutefois, ce changement ne sera ni facile, ni rapide : une fois rejeté l'héritage répugnant d'Amin al-Husseini et une fois reconnue leur erreur séculaire, les Palestiniens devront supporter pendant un temps le goût amer de la défaite et son lot de privations, de destructions et de détresse. Il n'y aura pas d'alternative.

La nécessité du soutien américain

Les Palestiniens disposent d'un comité de soutien planétaire unique composé des Nations unies et d'un grand nombre de journalistes, d'activistes, d'éducateurs, d'artistes, d'islamistes et de gauchistes. Ils constituent non pas un obscur front de libération africain mais bien la cause révolutionnaire la plus privilégiée au monde. C'est ce qui rend la tâche d'Israël d'autant plus longue, plus difficile et plus dépendante d'alliés indéfectibles au premier rang desquels le gouvernement américain.

Si Washington veut jouer un rôle utile, il lui faudra, non pas ramener à nouveau les parties à la table des négociations, mais soutenir fermement Israël dans sa route vers la victoire. Cela se traduit non seulement par un soutien aux démonstrations de force épisodiques d'Israël mais aussi par un effort international systématique et soutenu entrepris avec Israël, certains États arabes et d'autres pays en vue de convaincre les Palestiniens de l'inanité de leur politique de rejet : Israël est bel et bien là, son existence est permanente et bénéficie d'un large soutien.

Cela signifie qu'il faut soutenir Israël dans sa politique de mesures fortes décrites plus haut, allant de l'enterrement anonyme des assassins jusqu'à la neutralisation de l'Autorité palestinienne. Cela signifie un soutien diplomatique à Israël qui se traduise, par exemple, par l'annulation de cette farce des « réfugiés palestiniens » et par le rejet des prétentions de proclamer Jérusalem comme capitale palestinienne. Cela entraîne également la fin des avantages pour les Palestiniens s'ils ne travaillent pas en faveur d'une reconnaissance pleine, entière et définitive d'Israël : pas de diplomatie, pas de reconnaissance comme État, pas d'aide financière et certainement pas d'armes et encore moins d'entraînement militaire.

Tant que les Palestiniens n'auront pas reconnu l'État juif, toute initiative diplomatique israélo-palestinienne demeurera prématurée. Tant qu'une partie continuera à rejeter l'autre, toute discussion sur les questions clés des Accords d'Oslo (frontières, eau, armements, lieux saints, communautés juives de Cisjordanie, « réfugiés palestiniens ») restera vaine. Ce n'est qu'à partir de l'heureux moment où les Palestiniens auront accepté l'État juif que les négociations pourront reprendre et remettre les questions d'Oslo sur la table. Toutefois, cette perspective s'inscrit dans un avenir assez lointain. Pour le moment, Israël a besoin de victoire.

[1] À ce sujet, j'ai fourni en décembre 1997 une analyse pour la revue Commentary.

[2] Curieusement, ce propos paraphrasait la déclaration faite 15 ans plus tôt par un dirigeant de l'OLP, Saïd Hammami.

[3] En février 2003, j'ai analysé dans le détail ces propositions pour la revue Commentary.

[4] À titre d'exemple, le nombre de morts et de blessés dans les accidents de la route en Israël pour la période 2000-2005 s'élève à 30.000 alors que le nombre de victimes d'actes liés au terrorisme est de 2000.

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23 janvier 2017 1 23 /01 /janvier /2017 08:51


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19 janvier 2017 4 19 /01 /janvier /2017 13:09

Le moment pour une victoire israélienne est venu

par Daniel Pipes
National Review Online
31 décembre 2016

http://fr.danielpipes.org/17185/victoire-israelienne

Version originale anglaise: This Is the Moment for an Israeli Victory
Adaptation française: Johan Bourlard

Le « processus de paix » israélo-palestinien patronné par les États-Unis a débuté en décembre 1988, au moment où le dirigeant de l'Organisation pour la Libération de la Palestine (OLP), Yasser Arafat, a rempli les conditions américaines et « accepté les résolutions 242 et 338 du Conseil de sécurité des Nations unies, reconnu le droit d'Israël à exister et renoncé au terrorisme. » (étant donné l'accent assez prononcé d'Arafat s'exprimant en anglais, on a cru entendre qu'il avait « renoncé au tourisme »).

En décembre 1988, Arafat fait la une en déclarant qu'il renonce au terrorisme.

Le processus de paix s'est arrêté brutalement en décembre 2016 quand le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté la résolution 2334. Selon Khaled Abu Toameh, qui est peut-être l'analyste le mieux informé de la politique palestinienne, cette résolution revient à dire aux Palestiniens : « Oubliez les négociations avec Israël. Contentez-vous de faire pression sur la communauté internationale pour forcer Israël à respecter la résolution et à céder sur toutes vos exigences. »

À l'heure où 28 années de frustration et d'inanité se terminent avec pertes et fracas, il est temps de se demander : « Et maintenant, que va-t-il se passer ? »

Pour ma part, je propose une victoire israélienne et une défaite palestinienne. Concrètement, Washington devrait encourager les Israéliens à prendre des mesures afin que Mahmoud Abbas, Khaled Mashal, Saed Erekat, Hanan Ashrawi et toute la bande prennent conscience que la comédie a assez duré, qu'en dépit de toutes les résolutions de l'ONU, leur rêve fou d'éliminer l'État juif est mort et qu'Israël est un État permanent, fort et solide. Une fois que les dirigeants auront admis cette réalité, l'ensemble de la population palestinienne et, dans la foulée, les autres États arabes et musulmans suivront. Et c'est alors qu'on pourra enfin mettre un terme au conflit. Les Palestiniens en sortiront gagnants du fait que, enfin délivrés du culte de la mort, ils pourront s'atteler à leur développement politique, social, économique et culturel.

Il est temps pour Mahmoud Abbas (à gauche), Khaled Mashal et toute la bande de prendre conscience que la comédie a assez duré et qu'ils ont perdu.

Alors que la politique au Moyen-Orient de la future administration Trump demeure obscure, le président élu Trump s'est opposé vigoureusement à la résolution 2334 et a signalé (par exemple, en choisissant David M. Friedman comme ambassadeur en Israël) qu'il est ouvert à une approche radicalement neuve du conflit, une approche qui serait bien plus favorable à Israël que celle de Barack Obama. Trump, qui a durant toute sa vie cherché à gagner (« Nous allons tellement gagner que, si je suis élu, vous finirez par vous lasser de gagner »), tendra probablement vers une approche qui fait gagner notre camp et perdre le camp d'en face.

La victoire s'inscrit également dans l'état d'esprit actuel du Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou. Il est non seulement furieux d'avoir été lâché aux Nations unies mais il nourrit aussi une vision ambitieuse consistant à faire d'Israël un acteur important sur la scène internationale. Par ailleurs, il a été photographié récemment tenant à la main un exemplaire du livre de l'historien John David Lewis, intitulé Nothing Less than Victory: Decisive Wars and the Lessons of History (Princeton University Press, 2010 Rien d'autre que la victoire : les guerres décisives et les leçons de l'histoire), ce qui indique qu'il pense en termes de victoire à la guerre. Dans son livre, Lewis analyse six cas et conclut pour chacun d'eux que « le cours de la guerre a changé une fois que l'un des deux camps a goûté à la défaite et que sa volonté de poursuivre le combat, au lieu de se renforcer, s'est effondrée. »

Netanyahou tenant à la main le livre de John David Lewis, Nothing Less than Victory.

Enfin, le moment est approprié si l'on observe plus largement la tendance politique régionale. Le fait que l'administration Obama est véritablement devenue un allié de la République islamique d'Iran a effrayé les États arabes sunnites, Arabie saoudite en tête, les poussant à devenir plus pragmatiques que jamais. Le fait que ces derniers ont, pour la première fois, besoin d'Israël, la question de la « Palestine » a quelque peu perdu de son importance et la prétention arabe de voir en Israël l'ennemi juré a été, dans une certaine mesure, abandonnée, ce qui a créé des opportunités de changements sans précédent.

Voilà quatre raisons – la résolution 2334 du Conseil de sécurité, Trump, Netanyahou et l'Iran – qui me poussent à dire que cette nouvelle année est le moment propice pour voir arriver une nouvelle administration dotée d'une nouvelle politique au Moyen-Orient, dont l'objectif serait de faire « goûter la défaite » aux Palestiniens

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