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Thérèse Zrihen-Dvir

Regard d'un écrivain sur le Monde

23 mai 2017 2 23 /05 /mai /2017 12:02

Discours de D. Trump en Arabie saoudite : plutôt bien

par Daniel Pipes
National Review Online
21 mai 2017

http://fr.danielpipes.org/17607/discours-trump-arabie-saoudite

Version originale anglaise: Trump's Saudi Speech: Pretty Good
Adaptation française: Johan Bourlard

À Riyad, lors de la première étape de sa tournée des trois monothéismes qui l'emmène à Jérusalem et à Rome (mais désolé, pas à La Mecque qui est inaccessible), Donald Trump a prononcé un discours important sur une série de sujets – le Moyen-Orient, la violence djihadiste, l'Iran, un « OTAN arabe » et l'Islam. Une prestation mitigée mais globalement positive.

D'une durée de 34 minutes, ce discours compte plusieurs points négatifs : incohérent, passant d'un sujet à l'autre et parsemé de retours en arrière, le propos n'est ni éloquent ni pénétrant (comme par exemple : « Les terroristes n'adorent pas Dieu, ils adorent la mort. ») Par endroits, il contient des euphémismes du style d'Obama, tels que cette déclaration indiquant que les grands défis de l'histoire sont devant nous, un objectif qui transcende toute autre considération : « pour surmonter l'extrémisme et vaincre les forces du terrorisme. »

Et ne parlons pas du côté grotesque avec l'annonce de l'ouverture à Riyad, quartier général du wahhabisme, d'un « Centre mondial pour la lutte contre l'idéologie extrémiste ». J'ai frémi quand j'ai entendu Trump qualifier l'Arabie saoudite de « terre sacrée ». J'ai eu un haut-le-cœur en l'entendant faire un éloge appuyé du roi Salmane, dont on sait qu'il a, pendant les années 1990, contribué pour des dizaines de millions de dollars au financement de la violence djihadiste en Bosnie et au Pakistan.

Le contexte du discours est extrêmement préoccupant : les accords américano-saoudiens d'un montant total de 380 milliards de dollars confèrent à un régime tyrannique un supplément d'influence sur les Américains. L'acquisition d'armements américains par les Saoudiens pour une valeur de 110 milliards de dollars met un vaste arsenal à la disposition d'un gouvernement dont les objectifs diffèrent radicalement de ceux des Américains.

Donald Trump signe avec le gouvernement saoudien des accords aux proportions gigantesques.

Mises à part ces réserves qui sont loin d'être insignifiantes, il s'agissait d'un bon discours annonçant un changement majeur dans la bonne direction par rapport aux années Obama, particulièrement en ce qui concerne l'Iran et l'Islam. L'élément le plus remarquable est la volonté de Trump de désigner l'idéologie de l'islamisme comme l'ennemi. Ceci est d'une importance capitale : à l'instar du médecin qui doit d'abord identifier le problème médical avant de le traiter, le stratège doit identifier l'ennemi avant de pouvoir le vaincre. En parlant d'« agents du mal », de « terroristes » et d'« extrémistes violents », on ignore le caractère islamique de l'ennemi.

À cet égard, le passage clé du discours (à 22'25") est le suivant : « Il y a encore beaucoup à faire à savoir, affronter en toute franchise la crise de l'extrémisme islamique, des islamistes et du terrorisme islamique de toutes sortes. » (La version écrite du texte était la suivante : « l'extrémisme islamiste et les groupes terroristes islamistes » mais au moment de parler, Trump a fait des changements. Alors qu'islamiste est plus précis qu'islamique, sur le plan politique, les deux ont la même teneur.)

Il s'agit d'un événement remarquable et sans précédent pour un dirigeant américain s'exprimant de la sorte dans la capitale du Royaume d'Arabie saoudite et qui plus est, lors du « Sommet arabe islamo-américain » organisé par les Saoudiens et en présence des dirigeants de quelque 50 pays à majorité musulmane. « J'ai vos numéros », a dit en substance Donald Trump. « Donc, ne jouez pas avec moi. »

La liste des pays invités au « Sommet arabe islamo-américain ».

Il a confirmé ce point à plusieurs reprises dans son discours : « Les pays à majorité musulmane doivent prendre la tête de la lutte contre la radicalisation » ; « Les nations musulmanes doivent être prêtes à prendre sur elles-mêmes si nous voulons vaincre le terrorisme et envoyer son idéologie épouvantable aux oubliettes » ; une mention du tribut humain qu'ont coûté « l'EI, Al-Qaïda, le Hezbollah, le Hamas et tant d'autres. » Et son appel à faire front « contre le meurtre de musulmans innocents, l'oppression des femmes, la persécution des juifs et le massacre des chrétiens. » Sur la nature du problème, il n'y a donc aucune ambiguïté.

La proposition du MEF pour une Commission de la Maison Blanche sur l'Islam radical.

Toutefois, un discours ne fait pas une politique. Il est arrivé naguère à George W. Bush et Barack Obama de parler respectivement d'« islamofascisme » et d'« islamistes ». Obama a même évoqué les « djihadistes ». Cependant ces termes explicites n'ont eu aucun poids réel sur leur politique. De la même manière, les Premiers ministres britanniques Tony Blair et David Cameron ont prononcé de magnifiques discours sur l'islamisme mais ces derniers ont eu tout aussi peu d'impact sur les actions de leurs gouvernements.

Pour que le discours de Trump fasse la différence, il faut que cela marque le début d'une approche cohérente destinée à reconnaître que l'idéologie islamiste est au cœur du conflit – et que la violence n'est que l'une de ses manifestations et peut-être pas la plus dangereuse.

Pour commencer il serait bon de rappeler le discours prononcé en août de l'année dernière par le candidat Trump qui déclarait que « l'un de mes premiers actes en tant que président sera de créer une commission sur l'islam radical... pour identifier et expliquer à la population américaine les convictions et croyances profondes de l'islam radical et mettre au jour les réseaux, présents dans nos sociétés, qui soutiennent la radicalisation. » La commission « mettra au point de nouveaux protocoles pour les officiers de police locaux, les enquêteurs fédéraux et les inspecteurs de l'immigration. »

Eh bien, allons-y, Monsieur le Président ! Le moment est venu de mettre sur pied une Commission de la Maison Blanche sur l'islam radical.

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23 mai 2017 2 23 /05 /mai /2017 07:10

L'État palestinien sera acceptable... à la fin

par Daniel Pipes
Israel National News
21 mai 2017

http://fr.danielpipes.org/17606/etat-palestinien-acceptable-a-la-fin

Version originale anglaise: Palestinian Statehood Is Acceptable … Eventually
Adaptation française: Johan Bourlard

Martin Sherman, le directeur exécutif de l'Israel Institute for Strategic Studies, a consacré un nouvel article, « Why Palestinian Statehood Obviates Israeli Victory » (Pourquoi la création d'un État palestinien rend inutile la victoire israélienne) pour discuter des différences qui nous séparent lui et moi à propos d'un point sur lequel nous sommes fondamentalement d'accord à savoir, l'objectif de la victoire d'Israël.

L'idée est que le « processus de paix » est devenu un « processus de guerre » et que la solution à la confrontation entre Israéliens et Palestiniens ne consiste pas pour Israël à faire davantage de concessions douloureuses mais, au contraire, d'imposer sa volonté à l'ennemi et de briser le rêve palestinien d'élimination de l'État juif. Washington devrait soutenir son allié israélien dans ce projet. Paradoxalement la défaite est la meilleure chose qui puisse arriver aux Palestiniens, car elle leur permettrait de se débarrasser d'une obsession destructrice et de commencer à construire leur propre développement politique, économique, social et culturel.

Pour promouvoir cette idée, le Middle East Forum, l'organisme que je préside, a travaillé avec des membres de la Chambre des Représentants du Congrès américain pour mettre sur pied un Caucus du Congrès pour la victoire d'Israël (Congressional Israel Victory Caucus, CIVC) en vue de faire pression sur le président. Sherman salue le CIVC comme « une initiative extrêmement importante qui offre une vraie possibilité de changer la donne. »

Lancement, le 27 avril 2017 du Caucus du Congrès pour la victoire d'Israël. En partant de la gauche : Gregg Roman, E.J. Kimball, Bill Johnson, Daniel Pipes, Ron DeSantis, Gary Bauer.

Comme le suggère néanmoins le titre de son article, Sherman n'est pas d'accord avec mon point de vue selon lequel « lorsque les Palestiniens finiront par abandonner la lutte contre Israël, leur centralité dans le conflit conduira à un affaiblissement de l'antisionisme depuis le Maroc jusqu'à l'Indonésie... Une défaite palestinienne marquera le début de la fin d'une guerre plus large des Arabes et des musulmans contre Israël. »

Sherman considère comme « infondé » l'argument selon lequel l'inimitié arabe et musulmane à l'encontre d'Israël se concentre « sur le problème de l'autodétermination des Arabes palestiniens. » Son argumentation repose sur quatre points :

1. L'antisionisme existait bien avant que les Palestiniens deviennent un problème central en 1967 avec la prise de la Cisjordanie et de Gaza par Israël. Ma réponse : C'est vrai, bien entendu, mais à l'approche du 50ème anniversaire de la Guerre des Six Jours, il est particulièrement pertinent d'observer combien les attitudes ont changé avec le temps. À l'heure actuelle, aucun gouvernement arabe n'appelle à l'élimination de l'État juif. Tous se concentrent désormais sur la « Palestine ». Il s'agit là d'un changement considérable que la victoire d'Israël ne fera que confirmer.

2. Il est impossible qu'un « minuscule micro-État » démilitarisé et « fondé à la suite d'une défaite humiliante désamorce la frénésie judéophobe qui anime actuellement le monde arabe et musulman. » Ma réponse : La « frénésie judéophobe » est une expression adéquate pour qualifier l'antisémitisme quasi-généralisé parmi les musulmans. Dans le même temps, ce sentiment est fort heureusement superficiel, moins fondé sur la doctrine ou l'histoire islamique que sur les nécessités stratégiques qu'impose la lutte contre Israël. Quand les conditions seront réunies – c'est-à-dire une fois la bataille terminée et les Palestiniens calmés – cette option pourrait bien être abandonnée.

3. Qui parmi les Palestiniens, s'interroge-t-il, est « autorisé à signer un acte contraignant de reddition » avec Israël ? Ma réponse : La défaite ne nécessite pas de signature au bas d'un document. Le gouvernement américain a-t-il signé un acte de reddition au Vietnam ou les Russes en Afghanistan ? Ce qui importe le plus, c'est que la défaite reflète un changement de mentalité qui se propage de bas en haut. La clé réside dans la vox populi et non parmi les officiels.

Voilà la fin que ne connaîtra pas le conflit israélo-palestinien : la reddition, lors de la Guerre de Sécession américaine, des États du Sud face aux États du Nord à Appomattox en 1865.

4. À partir de sondages indiquant qu'environ 30 % des habitants de Cisjordanie et environ 50 % des Gazaouis souhaitent émigrer, Sherman conclut qu'il ne sera pas difficile de convaincre les Palestiniens de partir. Ma réponse : Même en considérant que ces chiffres élevés sont corrects, deux facteurs rendront ce projet inefficace : la pression sociale et les menaces de violence d'une part, et le fait qu'aucun gouvernement ne souhaite assimiler les Palestiniens d'autre part. Par principe, les dirigeants arabes et musulmans n'accueilleront pas les Palestiniens. Quant au reste du monde, il a tendance à rester sur ses gardes face à des migrants pour la plupart non qualifiés et issus d'un milieu enclin à la violence. C'est pourquoi le « paradigme d'une émigration financée » défendu par Sherman ne peut pas être central dans le Projet de victoire d'Israël.

Enfin, le fait de laisser la porte ouverte à l'option d'un État palestinien présente un autre avantage pour les États-Unis. Sherman admet que l'idée d'une victoire israélienne et d'une défaite palestinienne est « audacieuse », voire « révolutionnaire » même si, pour certains, cela apparaît comme choquant, à l'instar de J Street qui qualifie cette idée de « moyenâgeuse » et de « vraiment terrifiante ». Afin de rendre l'option de la victoire israélienne attractive pour un nombre important d'Américains, je souhaite dès lors rendre le projet aussi acceptable que possible en y incluant l'éventualité – une fois que la guerre sera terminée pour de bon – d'un État palestinien. Je m'empresse d'ajouter qu'il ne s'agit pas là d'une perspective à court terme car il faut que le conflit soit complètement terminé, une situation qu'on ne verra pas se produire avant au moins quelques dizaines d'années. Toutefois, il est bon d'envisager cette option.

Je remercie Martin Sherman pour ce débat vivifiant que je propose de clore ici même.

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15 mai 2017 1 15 /05 /mai /2017 16:56

Obtenir la victoire d'Israël avec Martin Sherman

par Daniel Pipes
Israel National News
14 mai 2017

http://fr.danielpipes.org/17576/obtenir-la-victoire-disrael-avec-martin-sherman

Version originale anglaise: Achieving Israel Victory with Martin Sherman
Adaptation française: Johan Bourlard

Mon appel en faveur de la victoire d'Israël a poussé Martin Sherman, directeur exécutif de l'Israel Institute for Strategic Studies, à publier trois articles critiques sérieux et constructifs (ici, ici et ici) pour Israel National News. Voilà une excellente manière d'améliorer une idée et je l'en remercie.

En guise de réponse, je reprendrai d'abord les grandes lignes de ma thèse et répondrai ensuite aux réserves émises par M. Sherman.

Ma thèse. Près de trente années de « processus de paix » ont rendu les relations israélo-palestiniennes pires que ce qu'elles étaient au départ. C'est pourquoi toute nouvelle tentative dans ce sens (comme celles entreprises actuellement par Donald Trump) n'est qu'un jeu de dupes. Ce ne sont ni les compromis, ni les « concessions douloureuses » qui mettent fin aux conflits mais bien, comme le montre l'histoire, l'abandon de la partie par l'un des protagonistes.

Briser la volonté de combattre des Palestiniens ne sera ni facile, ni agréable mais pensons que la seule alternative à cette option est la disparition d'Israël. L'acceptation d'Israël par les Palestiniens videra l'antisionisme de sa substance et incitera finalement d'autres Arabes et musulmans à leur emboîter le pas. La défaite profitera grandement aux Palestiniens qui pourront enfin mettre un terme à leur obsession destructrice de l'État juif et commencer à construire leur propre vie politique, économique, sociale et culturelle.

Mon objectif est de convaincre Washington de laisser gagner Israël ; une fois cet objectif atteint, les Israéliens pourront élaborer dans le détail la manière d'obtenir la victoire. À cette fin, le Middle East Forum, organisme que je préside, a travaillé avec des députés [américains] pour lancer un caucus du Congrès sur la victoire d'Israël dans le but d'exhorter le président américain – l'actuel ou un prochain président – à adopter l'approche d'une victoire d'Israël.

En réponse, Sherman qualifie les fondements conceptuels de mon point de vue « d'éminemment sensés » et estime qu'un caucus du Congrès serait « vraiment le bienvenu » et tomberait « à point nommé. » Après les félicitations, Sherman passe aux avertissements en contestant mon point de vue sur cinq éléments :

Martin Sherman

En quoi consiste la victoire ? Sherman pose 13 questions pertinentes sur la nature de la victoire (exemple : Combien de victimes palestiniennes Israël doit-il occasionner pour obtenir la victoire ?). Ma réponse : Ces questions sont certes fondées et utiles mais mon objectif est de modifier les principes de la politique américaine et non d'élaborer une tactique pour Israël. Il est trop tôt pour traiter des détails évoqués par Sherman. Par ailleurs, je suis un analyste de la politique étrangère américaine, pas un colonel de l'armée israélienne.

Les antisionistes sont partout. Sherman observe que le Moyen-Orient étant rempli d'ennemis de l'État juif, il est plus difficile de convaincre les Palestiniens que la partie est terminée, qu'Israël est là pour durer et que leur camp a perdu. Ma réponse : Il est vrai que vivre au beau milieu d'un océan d'antisionisme rend la tâche d'Israël plus ardue mais lorsque les Palestiniens finiront par abandonner la lutte contre Israël, leur centralité dans le conflit conduira à un affaiblissement de l'antisionisme depuis le Maroc jusqu'à l'Indonésie et de Molenbeek à Dearborn. De toute évidence, ce changement ne sera pas instantané mais le fait de s'afficher comme plus catholique que le pape est de plus en plus difficile à tenir au fil du temps. Une défaite palestinienne marquera le début de la fin d'une guerre plus large des Arabes et des musulmans contre Israël.

Surtout pas de Palestine. Parce qu'il voit l'empressement d'un État palestinien à miner la victoire d'Israël, Sherman souhaite voir les dirigeants israéliens déclarer leur rejet définitif de la « Palestine ». Ma réponse : L'attrait suscité par la création d'un État au lendemain du conflit offre au contraire des avantages aux deux parties. Les Israéliens seront libres de décider sur des sujets qui dérangent et les Palestiniens auront une raison de bien se conduire.

Le « paradigme humanitaire » représente l'alternative à la victoire proposée par Sherman. Cela consiste en deux étapes : 1) La fin, pour le gouvernement israélien, de la reconnaissance des régimes palestiniens jumeaux ainsi que des relations commerciales et des aides (eau, électricité, carburant, services postaux, communications, aménagements portuaires, collectes ou versements d'impôts), une fin suivie par 2) une offre israélienne d'argent aux Palestiniens, suffisante pour les convaincre de partir volontairement pour trouver « une vie meilleure et plus sûre ailleurs » dans le monde. Ma réponse : En raison du nationalisme exacerbé, d'une pression sociale plus forte encore ainsi que de probables menaces de violence, je doute fortement que cette option trouve un nombre significatif d'adhérents mais cela vaut certainement la peine d'essayer.

Combattre le « récit palestinien ». Sherman observe l'acceptation largement répandue sur le plan international de la ligne anti-israélienne et relève l'incapacité d'Israël à faire entendre son propre message sur son renouveau et ses actions. Pour une défense effective de la cause du sionisme Sherman appelle dès lors à y consacrer un budget annuel d'un milliard de dollars. Ma réponse : C'est une bonne idée. Le nouvel Abba Eban va peut-être arriver.

Harry Truman (à gauche), Abba Eban (au centre) et David Ben Gourion en 1951.

En résumé, Sherman et moi ne sommes en désaccord direct que sur un seul point – l'acceptation par Israël de la possibilité d'un État palestinien. À part cela, les divergences sont une question de timing, de nuances et d'accents. Je suis encouragé par le fait de voir que nous sommes d'accord sur tant de points et j'aspire à une collaboration qui permettra la poursuite d'un objectif devenu nécessaire : la victoire d'Israël.

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4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 11:52

L'énigme Erdoğan

par Daniel Pipes
Australian
22 avril 2017

http://fr.danielpipes.org/17551/enigme-erdogan

Version originale anglaise: The Erdoğan Enigma
Adaptation française: Johan Bourlard

Je désigne le président turc Recep Tayyip Erdoğan comme étant le plus incohérent, le plus mystérieux et dès lors le plus imprévisible des grands dirigeants de la scène politique mondiale. La victoire qu'il a remportée lors du référendum de dimanche dernier le conforte officiellement dans ses prérogatives quasi-dictatoriales qui laissent la Turquie, le Moyen-Orient et le monde dans une incertitude plus importante que jamais.

Voici quelques éléments du casse-tête :

Le scrutin du 16 avril offrait une seule alternative : oui (Evet) ou non (Hayır).

Mystère 1 : la tenue du référendum. L'électorat turc a voté, le 16 avril, lors d'un référendum national extraordinaire qui n'a pas traité d'un sujet habituel – lancer un emprunt ou relancer un politicien – mais bien de changements constitutionnels fondamentaux affectant la nature même du gouvernement. Le pays doit-il continuer sur la voie de la démocratie défectueuse de ces 65 dernières années, ou centraliser le pouvoir politique au niveau de la présidence ? Selon la nouvelle configuration, le poste de Premier ministre disparaît et le président se retrouve détenteur d'un pouvoir immense surplombant le parlement, le gouvernement, le pouvoir judiciaire, le budget et l'armée.

D'une façon générale, les 18 changements constitutionnels proposés ont été vus par les Turcs comme une décision capitale. La célèbre romancière Elif Safak a dit ce que beaucoup de gens pensent en écrivant que le référendum turc « pourrait modifier le destin du pays pour les prochaines générations. » À l'issue du référendum, certains des opposants se sont mis à pleurer dans les rues. « La Turquie telle que nous la connaissons, c'est fini. C'est du passé. » écrivait Yavuz Baydar, un journaliste. La revue Defense & Foreign Affairs voyait le référendum comme ce qui serait peut-être « le changement le plus significatif et le plus transformateur pour l'Eurasie, le Moyen-Orient et certaines parties de l'Afrique depuis la chute de l'URSS en 1990-91. »

Certains Turcs opposés au référendum ont ressenti très durement leur défaite.

Mais il y a un piège : voilà des années qu'Erdoğan détient les pouvoirs que le référendum est censé lui conférer. Il est le patron de la Turquie et peut faire plier le pays selon son bon plaisir. Quiconque – un caricaturiste, un patron de café, un Canadien – est accusé d'avoir « insulté le président » peut se voir infliger une amende ou se retrouver en prison. Un ancien Premier ministre ou président qui ose être en désaccord avec Erdoğan disparaît de la vie publique. Erdoğan est le seul à faire la pluie et le beau temps. Ce qu'il veut, il l'obtient. Qu'importent les subtilités constitutionnelles.

L'obsession d'Erdoğan de s'emparer officiellement d'une fonction présidentielle aux pouvoirs très étendus qu'il a déjà en pratique, cette obsession l'a poussé à voler une élection, à limoger un Premier ministre, à déclencher une quasi-guerre civile contre les Kurdes et à provoquer une crise avec l'Europe. Pourquoi dès lors s'est-il donné tant de mal pour si peu ?

Mystère 2 : les résultats du référendum. Erdoğan a exercé une pression énorme pour obtenir cette victoire capitale lors du référendum. Il a usé pleinement du contrôle qu'il possède sur la plupart des médias. Les mosquées ont été mobilisées. Selon les termes employés par une organisation internationale, des partisans du « Non » ont été, à plusieurs reprises, « confrontés à des interventions de la police alors qu'ils faisaient campagne, un certain nombre d'entre eux ont même été arrêtés sur l'accusation d'avoir insulté le président ou organisé des événements publics contraires à la loi. » Des opposants ont également perdu leur emploi, affronté le boycott des médias, subi des coupures d'électricité ou encore ont été passés à tabac. Une semaine avant le référendum, Erdoğan a même annoncé que ceux qui voteraient « Non » risquaient pour leur vie dans l'au-delà. Ensuite, selon une ONG suédoise, « la fraude électorale systématique et massive, les incidents violents et les mesures scandaleuses qui ont été prises » par la commission électorale « ont éclipsé le vote. »

Malgré cette situation, le référendum est passé avec un maigre et embarrassant 51,4 % de voix pour et 48,6 % de voix contre. Si le scrutin a été mené dans les règles, pourquoi Erdoğan a-t-il pris le risque de perdre et de réduire ainsi sa stature et son influence ? Si le scrutin a été arrangé – hypothèse tout à fait plausible quand on connaît les pratiques de son parti – pourquoi le vote favorable a-t-il été si bas et n'est pas monté à 60, 80 voire – pourquoi pas – 99 % ? La faible majorité de 51,4 % aurait pu d'une certaine manière inciter les partis d'opposition, soutenus par l'Union européenne et d'autres, à remettre en cause la légitimité du référendum, et à susciter des questions délicates dont Erdoğan aurait certainement préféré ne pas discuter.

Bachar el-Assad a remporté les « élections » syriennes de 2014 avec un résultat satisfaisant de 88,7 % des voix, mais que personne n'a pris au sérieux.

Mystère 3 : Gülen. Sans raison, Erdoğan a rompu une alliance clé avec l'islamiste Fethullah Gülen, faisant d'un allié solide un opposant d'envergure nationale déterminé, qui a contesté la primauté d'Erdoğan et révélé sa corruption. Dans sa guerre politique contre Gülen, religieux musulman âgé vivant dans la campagne de Pennsylvanie, Erdoğan a affirmé de façon invraisemblable que le mouvement de Gülen avait planifié et conduit en juillet 2016 un prétendu coup d'État. Il a alors organisé une répression contre les disciples de Gülen et contre toute personne suscitant son déplaisir. Résultat : 47.000 arrestations, 113.000 incarcérations, 135.000 licenciements ou suspensions de travail et l'ombre de la « mort sociale » pour un nombre bien plus grand encore. Erdoğan est allé plus loin en demandant à Washington d'extrader Gülen vers la Turquie et en menaçant de rompre les relations s'il n'obtenait pas ce qu'il voulait : « Tôt ou tard, les États-Unis feront un choix. Ce sera soit la Turquie, soit Gülen. »

Pourquoi Erdoğan a-t-il cherché querelle à Gülen, créant ainsi le trouble au sein des rangs islamistes turcs et mettant en péril les relations avec les États-Unis ?

Mystère 4 : le purisme sémantique. L'Union européenne a permis à contrecœur aux 75 millions de Turcs de voyager sans visa dans son immense zone Schengen, un privilège qui pourrait donner à Erdoğan la possibilité d'expulser les réfugiés kurdes et syriens indésirables, sans parler de l'augmentation de son influence dans des pays comme l'Allemagne et les Pays-Bas. L'UE a toutefois fait dépendre cet accès d'une redéfinition des lois antiterroristes turques en demandant de « réviser la législation et les pratiques relatives au terrorisme conformément aux normes européennes. » Erdoğan aurait pu faire cette concession insignifiante et arrêter tous ceux qu'il voulait sur la base d'autres motifs. Mais il s'y est refusé (« Il est impossible de réviser la législation et les pratiques relatives au terrorisme », a tonné l'un de ses ministres) et s'est ainsi privé d'une opportunité extraordinaire.

Mystère 5 : habile ou mégalomane. Devenu Premier ministre en 2003, Erdoğan a gouverné pendant huit années avec prudence. Il a accompagné une croissance économique remarquable, a adouci la direction de l'armée qui détenait le pouvoir ultime dans le pays et a poursuivi avec succès une politique du « zéro problème avec les voisins ». Contrairement au malchanceux Mohammed Morsi, qui s'est maintenu à peine une année en tant que président de l'Égypte, Erdoğan a contrôlé ses faits et gestes avec une telle habileté que, par exemple, pratiquement personne n'a trouvé à redire quand, en 2011, il a maté l'armée.

Mais ça, c'était avant. Depuis lors, Erdoğan s'est créé des problèmes à plusieurs reprises. Sans raison il a fait de Bachar el-Assad alors son meilleur allié dans la région (il fut un temps où les deux présidents et leurs épouses passaient leurs vacances ensemble) un ennemi juré. Il a fait abattre un avion de chasse russe pour devoir ensuite s'excuser platement. Il a perdu le projet de gazoduc transportant le gaz de Méditerranée orientale vers l'Europe.

Les couples Erdoğan et Assad passant des vacances ensemble, en des temps plus heureux.

En toute illégalité, il s'est fait construire sur un terrain protégé un palais d'une immensité folle, le plus grand jamais construit dans le monde depuis l'épouvantable Palais du Peuple de Nicolae Ceausescu à Bucarest. Dans une mascarade particulièrement ignoble, Erdoğan s'est affiché lors des funérailles du boxeur américain Muhammad Ali souhaitant y tenir un discours, offrir des cadeaux et avoir sa photo avec les membres de la famille pour finalement voir toutes ses demandes rejetées et être renvoyé chez lui.

Partout où il va, Erdoğan se fait des ennemis. En Équateur, ses gardes du corps ont menotté trois Équatoriennes pro-kurdes et brutalisé un parlementaire qui essayait de les protéger. Interrogé sur cet incident, le vice-président du parlement équatorien a répondu : « Avant l'agression du député par des gardes du corps d'Erdoğan, la population équatorienne ignorait tout de la Turquie. Personne ne savait ce qu'était un Turc ou un Kurde. À présent, tout le monde sait et se range naturellement du côté des Kurdes. Nous ne voulons plus revoir Erdoğan dans notre pays. »

Quelques-unes des victimes des services de sécurité d'Erdoğan en Équateur.

Qu'est-il arrivé au dirigeant habile d'il y a dix ans ?

Les soutiens islamistes d'Erdoğan laissent parfois entendre qu'il est en passe de s'autoproclamer calife. Alors que le centenaire de l'abolition du califat centré à Istanbul approche, il pourrait tenter l'expérience. Selon qu'il utilisera le calendrier chrétien ou le calendrier islamique, cela pourrait se produire le 10 mars 2021 ou le 4 mars 2024. C'est ici que vous aurez entendu parler de ça pour la première fois.

On ne peut que déplorer les réponses lâches et confuses adressées à Erdoğan par l'Occident. Angela Merkel a accepté que le comédien Jan Böhmermann soit traduit en justice pour avoir ridiculisé Erdoğan. Donald Trump a félicité Erdoğan pour sa victoire tyrannique et l'a récompensé en programmant une rencontre le mois prochain. Quant aux Australiens, ils attendent la fin des commémorations de Gallipoli.

Jan Böhmermann a été traîné devant le tribunal pour s'être moqué d'Erdoğan sur la télévision allemande.

Il est temps de voir enfin Recep Tayyip Erdoğan sous son vrai visage, celui d'un maniaque égocentrique, dictatorial, islamiste et anti-occidental, et de protéger ses voisins et nous-mêmes des dégâts qu'il est déjà en train d'occasionner ainsi que des problèmes, plus grands encore, à venir. Le retrait de l'armement nucléaire américain de la base aérienne d'Incirlik serait un pas dans la bonne direction. Mieux encore, il conviendrait de signifier à Ankara que, sans un changement d'attitude radical de sa part, c'est sa qualité de membre actif de l'OTAN qui est mise en péril.

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27 avril 2017 4 27 /04 /avril /2017 05:37

La vanité du référendum turc

par Daniel Pipes
Wall Street Journal (webarchive)
14 avril 2017

http://fr.danielpipes.org/17540/vanite-referendum-turc

Version originale anglaise: Turkey's Vainglorious Referendum
Adaptation française: Johan Bourlard

Ce dimanche, des millions de Turcs voteront pour approuver ou rejeter les amendements à la constitution adoptés en janvier dernier par le parlement turc. Un article d'opinion publié par l'agence de presse allemande Deutsche Welle explique que ces amendements sont « cruciaux » car ils « donnent tous les pouvoirs à une seule personne qui n'aura pratiquement plus aucun compte à rendre », et feront disparaître ce qui reste de démocratie en Turquie. Quasiment tous les observateurs s'accordent à dire que si le référendum passe, la Turquie se métamorphosera en État autoritaire.

Pour ma part (comme pour d'autres), je ne partage pas cet avis. Il y a déjà des années que le président turc Recep Tayyip Erdoğan s'est arrogé tous les pouvoirs que les changements constitutionnels sont censés lui accorder. Il est déjà le maître de tout ce sur quoi il souhaite établir sa domination, soit par des moyens démocratiques, soit en arrangeant les résultats d'élections. La réussite du référendum ne fera que conforter une réalité déjà bien sensible.

Considérons la nature du pouvoir de M. Erdoğan. L'obséquieux Premier ministre Binaldi Yıldırım, milite infatigablement en faveur des changements constitutionnels qui élimineront son propre poste, traditionnellement le plus puissant du pays. Les personnes critiques envers le président tout puissant risquent jusqu'à l'emprisonnement de leur enfant. Le plus petit lien avec la tentative de coup d'État (peut-être montée de toutes pièces) en juillet dernier peut entraîner une perte d'emploi – voire pire. L'État a l'habitude de jeter des journalistes en prison en prétextant de prétendus liens avec le terrorisme, ce qui provoque la fermeture de publications véritablement indépendantes.

Erdoğan (à droite) rappelle-t-il à Yıldırım que son job va disparaître ?

Si M. Erdoğan n'a nul besoin de passer par une modification constitutionnelle – une simple loi suffirait – pourquoi veut-il y recourir à tout prix ? Peut-être pour se ménager une garantie supplémentaire contre le fait d'être traduit en justice pour ses actions illégales. Peut-être pour s'assurer un successeur désigné au pouvoir qui poursuivrait son programme. Peut-être pour flatter son orgueil.

Quelle que soit la cause de l'obsession d'Erdoğan, elle porte gravement atteinte à l'image de la Turquie dans le monde. Quand ses partisans ont été interdits de rallier les Turcs d'Allemagne à sa cause, il a accusé les Allemands d'employer « des méthodes nazies. » Il a également comparé les Pays-Bas à une république bananière après que des ministres turcs eurent été empêchés de prendre la parole à Rotterdam. Cette dégradation des relations a déjà conduit à une crise des relations militaires avec l'Allemagne.

La menace d'attentats dans les rues qu'il a implicitement lancée contre les Européens n'a pas aidé à redorer l'image d'Erdoğan sur le plan international, pas plus que le fait de permettre à l'un de ses proches alliés d'appeler la Turquie à mettre au point son propre armement nucléaire. Plus dommageable encore, le leader a repris une guerre civile contre les Kurdes en juillet 2015, un coup de poker destiné à gagner le soutien d'un parti nationaliste au parlement et dont les conséquences sur le plan humain sont d'ores et déjà épouvantables.

Cette manie de n'en faire qu'à sa tête obéit à une certaine logique. Alors qu'il aurait pu obtenir la possibilité pour les Turcs de voyager sans visa en Europe, M. Erdoğan a refusé le plus petit changement à la définition du terrorisme dans le code pénal turc. Il a porté un coup aux relations avec Washington en faisant de l'extradition du religieux turc Fethullah Gülen une obsession personnelle. Il a jeté potentiellement le trouble sur les relations avec 35 pays en donnant à ses agences de renseignement la mission d'espionner les Turcs pro-Gülen. L'ancien conseiller de Trump, Michael Flynn, a terni sa réputation en cachant le travail d'enregistrement qu'il a effectué en tant qu'agent étranger représentant la Turquie.

Par son narcissisme dictatorial, M. Erdoğan commet des erreurs injustifiées qui rendent d'autant plus élevé le prix de la dictature. Celui qui fut naguère un dirigeant prudent et calculateur recherche désormais des hochets fauteurs d'inimitiés et dommageables pour la croissance économique turque qui avait nourri sa popularité. Avec son palais de 1100 pièces et sa garde d'honneur ruritanienne, M. Erdoğan est devenu une caricature de lui-même.

Erdoğan rencontre Mahmoud Abbas au milieu d'une garde d'honneur composée de soldats aux uniformes de différentes époques des peuples turciques.

Où cela va-t-il se terminer ? Le président poursuit deux objectifs visibles. D'une part, M. Erdoğan cherche à inverser la tendance à l'occidentalisation du pays entreprise par Kemal Atatürk, en vue de restaurer les valeurs islamiques de l'Empire ottoman. D'autre part, il veut élever sa propre personne à l'éminente et ancienne fonction islamique de calife, une perspective particulièrement vivace depuis que l'État islamique a, en 2014, restauré cette dignité depuis longtemps moribonde.

Ces deux ambitions pourraient se matérialiser conjointement cent ans jour pour jour après l'abolition du califat par Atatürk, soit le 10 mars 2021 (selon le calendrier islamique), soit le 4 mars 2024 (selon le calendrier chrétien). Les deux dates offrent à M. Erdoğan l'occasion idéale pour détricoter l'œuvre laïque d'Atatürk et se proclamer calife de tous les musulmans.

Personne en Turquie ne peut vraiment résister aux ambitions démesurées de M. Erdoğan qui demeure libre de continuer dans ses voies erratiques et de causer le trouble tant chez lui qu'à l'étranger. À moins qu'il ne trébuche un jour, la crise sera probablement d'origine externe. En attendant, les Turcs et des millions d'autres paieront un prix de plus en plus élevé pour la vaniteuse domination d'Erdoğan.

Erdoğan est le maître de tout ce sur quoi il souhaite établir sa domination.

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25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 07:48

Briser la volonté de combattre des Palestiniens

par Daniel Pipes
Mosaic
10 avril 2017

http://fr.danielpipes.org/17531/briser-volonte-de-combattre-des-palestiniens

Version originale anglaise: Breaking the Palestinians' Will to Fight
Adaptation française: Johan Bourlard

Daniel Polisar du Shalem College de Jérusalem.

En novembre 2015, Daniel Polisar du Shalem College de Jérusalem a suscité la polémique sur la question des relations israélo-palestiniennes en publiant son essai intitulé What Do Palestinians Want? (Que veulent les Palestiniens ?). Dans cet ouvrage, après avoir étudié 330 sondages destinés à « comprendre le point de vue des Palestiniens ordinaires » sur Israël, les Israéliens, les juifs et l'utilité de la violence contre ces derniers, il a constaté que les agresseurs palestiniens sont « vénérés » par leur société, avec tout ce que cela implique.

Daniel Polisar a à nouveau alimenté le débat en publiant Do Palestinians Want a Two-State Solution? (Les Palestiniens veulent-ils une solution à deux États ?). Cette fois, l'auteur s'est penché sur quelque 400 sondages d'opinion menés auprès des Palestiniens, afin de trouver une cohérence parmi des éléments apparemment contradictoires portant sur la manière de résoudre le conflit avec Israël. À partir de cette masse confuse, Polisar est parvenu de façon convaincante à établir que les Palestiniens entretiennent, à titre collectif, trois opinions connexes sur Israël : son absence de droit à l'existence sur le plan aussi bien historique que moral, son caractère intrinsèquement rapace et expansionniste et sa vocation à disparaître. Parallèlement, ces attitudes expliquent et justifient l'exigence largement partagée par les Palestiniens de voir la création d'un État allant « du fleuve à la mer », à savoir la Grande Palestine, ce pays qu'ils font apparaître sur des cartes où l'État d'Israël a été effacé.

Par son analyse, Polisar a disséqué avec finesse ce phénomène que j'appelle la politique palestinienne du rejet. Il s'agit de la politique instaurée en 1921 par l'ignoble mufti de Jérusalem, Amin al-Husseini, et qui s'est poursuivie de façon constante depuis lors, c'est-à-dire près d'un siècle. Aux termes de cette politique, les Palestiniens (et au-delà, les Arabes et les musulmans) se doivent de rejeter le sionisme dans tous ses aspects en déniant aux juifs tout lien avec la terre d'Israël, en luttant contre la propriété juive de cette terre, en refusant de reconnaître un quelconque pouvoir politique juif, en repoussant toute relation commerciale avec les sionistes, en assassinant des sionistes en tout lieu et en s'alliant à toute puissance étrangère, y compris l'Allemagne nazie et la Russie soviétique, pourvu que cela permette l'éradication du sionisme.

Amin al-Husseini passant en revue des troupes SS bosniaques.

Cette continuité est frappante. Tous les grands dirigeants palestiniens – Amin al-Husseini, Ahmad al-Shukeiri, Yasser Arafat, Mahmoud Abbas et Yahya Sinwar (le nouveau leader du Hamas à Gaza) – ont fait de l'élimination de la présence sioniste leur objectif unique. Il est vrai que par moments, ils ont, pour des raisons tactiques, fait quelques compromis (le plus notable étant celui des accords d'Oslo en 1993) mais pour les contrecarrer dès que possible.

Pour le dire autrement, le « processus de paix » israélo-palestinien entamé en 1989 n'a été qu'une énorme farce. Alors que les Israéliens ont dialogué sérieusement et fait de « douloureuses concessions », leurs homologues palestiniens ont fait des promesses qu'ils n'avaient pas l'intention de tenir, un comportement qu'Arafat a eu le culot de montrer publiquement à ses électeurs au moment même où il signait les accords d'Oslo et qu'il a reproduit par la suite à maintes reprises.

Aussi longtemps que la politique du rejet sévira, les débats sur une solution à un, deux ou trois États, sur la répartition du Mont du Temple entre deux zones souveraines ou encore sur les réseaux électriques et l'approvisionnement en eau, tous ces débats ne serviront à rien. Il n'y aura pas de solution possible tant que la plupart des Palestiniens rêveront de l'anéantissement de l'État juif, un état d'esprit qui rend effectivement toute négociation contreproductive et qui fait qu'avec la signature des accords d'Oslo et de tant d'autres bouts de papier, la situation s'est fortement dégradée. La farce que représentent les négociations doit donc cesser de toute urgence.

Mais alors, que peut-on faire sans négociations ? Polisar recommande, à juste titre, de s'attaquer au problème de façon frontale par « des mesures destinées à réduire de façon décisive le soutien populaire palestinien à un État maximaliste. » Ce changement correspond à ce que j'appelle une stratégie israélienne de victoire qui consiste à briser la volonté de combattre des Palestiniens en leur démontrant que les juifs entretiennent des liens historiques avec ce pays, qu'Israël dispose d'une population déterminée, d'une économie et d'une armée fortes ainsi que d'alliés puissants et que, dans le même temps, Israël respecte ses voisins et sera encore là pour longtemps. C'est pourquoi le rêve d'une Grande Palestine relève du fantasme le plus complet.

En d'autres termes, disons aux Palestiniens que la comédie a assez duré et qu'ils doivent accepter l'État juif, commercer avec lui et tirer profit de son dynamisme.

Fort heureusement, la situation actuelle n'est pas tout à fait négative. Mes recherches montrent, et celles de Polisar le confirment, qu'environ 20 % des Palestiniens sont prêts à vivre en paix avec l'État juif. Le défi est de faire en sorte que ce nombre atteigne 60 % ou plus pour que cette majorité puisse enfin arracher le mouvement national palestinien des mains des partisans du rejet.

Ce processus ne sera ni facile, ni agréable étant donné qu'on ne pourra pas éviter l'épreuve amère de la défaite. L'Autorité palestinienne et le Hamas réprimeront violemment toute tentative d'accommodement avec Israël, ce qui rendra la transition d'autant plus douloureuse. Toutefois, ils ne parviendront pas à contrer la démoralisation et l'insubordination qui touchent leur population ni à arrêter le mouvement favorable à la fin des hostilités. À mesure que la réalité de la défaite pénétrera les mentalités, s'élèveront et se renforceront inexorablement de nouvelles voix appelant à mettre un terme à un siècle de cette politique du rejet désastreuse.

Une fois que les Palestiniens auront surmonté cette épreuve, ils profiteront largement du fait de s'être débarrassés du fardeau de l'antisionisme et pourront enfin commencer à construire leur propre vie politique, socio-économique et culturelle et se mettre à l'école de leur remarquable voisin. Tout le monde sera gagnant une fois que ce peuple fier concentrera son attention sur la création des institutions de la société civile et sur l'éducation de leurs enfants axée sur l'apprentissage de savoirs et de techniques et non plus sur la haine.

L'apprentissage des techniques d'irrigation au goutte à goutte est l'une des nombreuses manières dont les Palestiniens peuvent tirer profit d'Israël.

Le soutien international, et particulièrement américain, favorisera d'autant plus la stratégie israélienne de victoire et la transition vers un avenir meilleur pour les Palestiniens. Puisse l'administration Trump mettre fin au cycle calamiteux des négociations et, en lieu et place, aider son « précieux allié » à gagner sa guerre.

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25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 04:58

Un retour à l'université

par Daniel Pipes
Washington Times
5 avril 2017

http://fr.danielpipes.org/17530/retour-universite

Version originale anglaise: A Return to the Academy
Adaptation française: Johan Bourlard

Tout récemment s'est tenue à l'Université de Pennsylvanie une conférence de deux jours à laquelle j'ai assisté non seulement par intérêt pour le sujet (Mondes américain et musulman entre 1500 et 1900) mais aussi pour savoir de façon directe quel genre de discours on tient actuellement au niveau universitaire dans le domaine des sciences humaines. En tant que fondateur de Campus Watch (l'Observatoire des campus), je me demandais si la situation est aussi déplorable que le montrent nos articles ou si notre observatoire se focalise sur des cas extrêmes.

Ma première impression a été celle d'un certain confort intellectuel caractérisé par un large consensus reposant sur un ensemble d'hypothèses libérales propres à éliminer toute opinion divergente. On pouvait noter certaines hiérarchisations :

  • Le moderne surpassant l'ancien
  • Le non-Américain surpassant l'Américain
  • La femme surpassant l'homme
  • La peau noire surpassant la peau blanche
  • Le musulman surpassant le non-musulman

Le mot « islamophobie » y était utilisé comme un mot de vocabulaire usuel plutôt que comme un outil de propagande destiné à faire taire toute critique. Un éminent missionnaire du XIXe siècle, Henry Jessup, a été qualifié, de façon anachronique, de « détracteur prééminent des musulmans. »

Un professeur canadien vivant au Costa Rica a dénoncé le fait que les gens des États-Unis avaient « accaparé » le terme américain pour se l'appliquer à eux seuls. Un intervenant a fait l'éloge de cette conférence pour avoir « problématisé la centralité des États-Unis. » Un modérateur s'est tellement inquiété de « l'américanocentrisme » qu'il s'est demandé si on ne devait pas s'abstenir de traiter ce sujet étant donné qu'il y aurait une arrogance intrinsèque dans le fait, pour les Américains, d'étudier les musulmans. Un frisson a parcouru l'assistance à la mention du nom de Trump. À l'opposé, l'invocation d'Edward Said a obtenu une approbation prévisible.

La conférence sur les mondes américain et musulman entre 1500 et 1900.

Ma seconde impression concerne le jargon. Personne en dehors des universitaires n'utilise des termes tels que « problématiser » ou « racialiser » ou des expressions comme « historiciser la notion d'imagination. » (Quelle est cette manie de transformer des noms en verbes terminés en –iser ?). L'utilisation du terme « et » dans le titre de la conférence a donné lieu à d'amples discussions (cela implique-t-il que l'Amérique et le monde musulman sont complètement différents ou cela permet-il un recoupement entre les deux ?) à tel point que cela est devenu « le problème du et. »

Ma troisième impression, qui est aussi la plus forte, est celle de la futilité, cette tendance qu'ont certains historiens à éviter les analyses majeures et pleines de sens au profit de micro-sujets insignifiants et à répondre à des questions que personne ne se pose, une tendance qui a brillé de tout son éclat lors de cette conférence à l'Université de Pennsylvanie. Des contributions intitulées « Les houris de Byron en Amérique : représentations visuelles d'héroïnes musulmanes dans la galerie des beautés de Byron » ou « Étrangers en pays étrangers : Nordistes et Sudistes dans la citadelle khédivale » ont transformé le sujet prometteur des premières relations entre Amérique et monde musulman, en un amas de propos obscurs, le prix de la bizarrerie revenant à la contribution intitulée « Bombo's America : perspective énergétique en sciences humaines du premier récit américano-oriental. »

À l'opposé, les questions importantes et utiles ont été à peine abordées : le rôle des musulmans instruits parmi les esclaves africains ; l'impact de la rébellion des Moros aux Philippines sur l'opinion américaine ; l'héritage des missionnaires protestants au Moyen-Orient ; la part des musulmans dans les premières vagues d'immigration en provenance du Moyen-Orient ; la manière dont les vendeurs de rue sont devenus des propriétaires de magasins de tissus puis de façon surprenante propriétaires de magasins de spiritueux ou encore l'héritage des Shriners, connus sous le nom officiel d'Ordre arabe ancien des nobles du sanctuaire mystique, avec ses temples mecquois factices et autres traits islamiques.

La conférence était annoncée comme étant « gratuite et ouverte au public mais avec inscription obligatoire. » Je me suis donc inscrit, signalant ainsi ma présence aux organisateurs et aux intervenants. Je ne peux pas l'assurer mais je pense que l'allusion gratuite de Kambiz GhaneaBassiri à mon article publié en 1990 sous le titre « Les musulmans arrivent ! Les musulmans arrivent ! » a été faite à mon attention. De la même manière, l'annonce répétée de l'interdiction d'enregistrer la conférence sous forme audio ou vidéo semblait s'adresser directement à moi. C'est une demande étrange de la part d'une institution universitaire qui se veut, par nature, ouverte à un large public. Mais c'est compréhensible étant donné le nombre de fois où Campus Watch a montré les excès commis dans le domaine des études sur le Moyen-Orient en répertoriant les divers événements. Ceci dit, je doute que cette interdiction soit applicable sur le plan légal.

Pour ma part, j'ai grandi non loin d'une université (mon père Richard est un professeur émérite) avant d'obtenir un doctorat en histoire médiévale. Tant et si bien que je croyais, au départ, que les campus universitaires prendraient une place importante dans ma vie. Mais contrairement à moi, l'université s'est radicalisée, ce qui a provoqué mon éloignement d'avec le monde universitaire. Désormais, quand j'y retourne occasionnellement en visite, je me sens systématiquement étranger à ce monde gauchisant, à son jargon et à sa futilité hautaine. Heureux d'avoir échappé à son emprise, je m'inquiète toutefois pour l'avenir de l'enseignement supérieur américain (encore ce mot !). Eh bien oui, Campus Watch a donc raison.

La chaîne Fox News a révélé qu'un Américain sur deux est prêt à recourir à des médias alternatifs. Quand donc les professionnels de l'éducation vont-ils comprendre que la même logique s'applique aux universités ?

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13 avril 2017 4 13 /04 /avril /2017 07:03

Un contrôle extrême pour débusquer les islamistes

par Daniel Pipes
Middle East Quarterly
Printemps 2017

http://fr.danielpipes.org/17483/debusquer-islamistes

Version originale anglaise: Smoking Out Islamists via Extreme Vetting
Adaptation française: Johan Bourlard

Le 27 janvier, Donald Trump a signé un décret présidentiel instaurant des procédures radicalement neuves pour le traitement des étrangers faisant une demande d'entrée aux États-Unis. Prenant appui sur la notion de « contrôle extrême » qu'il avait définie plus tôt, le décret explique que

Pour protéger les Américains, les États-Unis doivent s'assurer que les personnes admises dans ce pays n'adoptent pas de comportement hostile envers le pays et ses principes fondateurs. Les États-Unis ne peuvent ni ne doivent admettre les personnes qui ne soutiennent pas sa Constitution ou qui placent des idéologies violentes au-dessus des lois américaines. Par ailleurs, les États-Unis ne peuvent pas admettre les personnes qui s'engagent dans des actions sectaires ou haineuses (en ce compris les crimes « d'honneur » et autres formes de violence contre les femmes ainsi que la persécution des personnes pratiquant une religion autre que la leur) ou les personnes qui opprimeraient les Américains en raison de leur race, de leur sexe ou de leur orientation sexuelle.

Donald Trump signant le décret présidentiel au Pentagone, le 27 janvier 2017.

Cet extrait suscite différentes questions sur la façon dont le contrôle extrême se traduit dans les faits : comment distinguer les étrangers qui « n'adoptent pas un comportement hostile envers le pays et ses principes fondateurs » de ceux qui le font ? Comment les responsables gouvernementaux doivent s'y prendre pour identifier « les personnes qui placent des idéologies violentes au-dessus des lois américaines » ? Plus spécifiquement, étant donné que les nouvelles procédures sont presque exclusivement motivées par la crainte de voir entrer davantage d'islamistes dans le pays, comment identifier ces derniers ?

Je soutiendrai qu'il s'agit là de tâches réalisables et que le décret présidentiel fournit la base pour les concrétiser. Dans le même temps, elles sont coûteuses en temps et en argent et exigent des compétences de haut niveau. Il est possible de tenir les islamistes éloignés mais ce ne sera pas chose aisée.

Le défi

Par islamistes (par opposition à musulmans modérés), j'entends les 10 à 15 % des musulmans désireux d'appliquer la loi islamique (la charia) dans son intégralité. Les islamistes veulent mettre en œuvre un code datant du Moyen Âge et qui plaide (entre autres choses) pour la restriction des droits des femmes, l'assujettissement des non-musulmans, le djihad violent et l'établissement d'un califat pour le gouvernement du monde.

Pour de nombreux non-musulmans, l'essor de l'islamisme ces quarante dernières années, a rendu l'islam synonyme d'extrémisme, de trouble, d'agressivité et de violence. Or ce sont les islamistes, et non l'ensemble des musulmans, qui posent problème : ce sont eux, et non les musulmans dans leur ensemble, qui doivent de toute urgence être exclus des États-Unis et des autres pays occidentaux. Bien plus, ce sont les musulmans anti-islamistes qui constituent la clé qui mettra fin à l'insurrection islamiste puisqu'ils sont les seuls à offrir une alternative humaine et moderne à l'obscurantisme islamiste.

Cependant, l'identification des islamistes n'est pas chose aisée et il n'existe aucun test simple permettant de les débusquer. La tenue vestimentaire peut s'avérer trompeuse. Ainsi certaines femmes portant le hijab sont anti-islamistes alors que des musulmans pratiquants peuvent être des sionistes. L'activité exercée n'est pas non plus un indicateur : certains ingénieurs en technologies de pointe sont des islamistes violents. De la même manière, le fait de porter une barbe, de s'abstenir de boire de l'alcool, de prier cinq fois par jour ou de pratiquer la polygynie ne permet pas de conclure à un profil politique musulman. La situation se complique encore quand on sait que les islamistes pratiquent souvent la dissimulation en faisant mine d'être des modérés et que certains croyants changent d'opinion avec le temps.

Enfin les diverses nuances qui composent le tableau rendent la situation encore plus confuse. Comme l'observe Robert Satloff du Washington Institute, un livre publié en 2007 par les éditions Gallup (Who Speaks for Islam? What a Billion Muslims Really Think : Qui parle au nom de l'Islam ? Ce que pensent vraiment un milliard de musulmans) et basé sur un sondage mené auprès de plus de 50.000 musulmans répartis dans 10 pays, a montré que les attentats du 11-Septembre sont jugés « complètement justifiés » pour 7 % des musulmans, complètement ou « largement justifiés » pour 13,5 %, et complètement, largement ou « d'une certaine façon justifiés » pour 36,6 %. Lequel de ces groupes peut-on définir comme islamiste et lequel pas ?

Confrontés à ces défis intellectuels, les bureaucrates américains sont de toute évidence incompétents, comme je l'ai démontré dans un long article que j'ai publié sur mon blog sous le titre « The U.S. Government's Poor Record on Islamists » (Le bilan médiocre du gouvernement américain au sujet des islamistes). Les islamistes ont dupé la Maison Blanche, les départements de la Défense, de la Justice, des Affaires étrangères et des Finances, le Congrès, de nombreux services de police et une quantité de municipalités. Quelques exemples :

  • En 2001, le Pentagone a invité à déjeuner Anwar al-Awlaki, cet islamiste américain que le Pentagone a ensuite exécuté au moyen d'un missile lancé par un drone.

En 2001, Anwar al-Awlaki a été invité à déjeuner par le Pentagone qui, en 2011, l'a finalement tué lors d'une frappe de drone.

  • En 2002, Bill Carter, porte-parole du FBI, décrivait l'American Muslim Council (AMC, Conseil musulman américain) comme « la plus grande organisation représentative des musulmans des États-Unis ». À peine deux ans plus tard, le FBI arrêtait le président fondateur de l'AMC, Abdurahman Alamoudi, pour infractions liées au terrorisme. Alamoudi a actuellement purgé la moitié de sa peine de 23 ans de prison.
  • En 2003, George W. Bush a nommé le crypto-islamiste Khaled Abou El Fadl, incroyable mais vrai, à la Commission des États-Unis sur la liberté religieuse internationale.
  • En 2015, la Maison Blanche a sollicité pour ses consultations du personnel issu du Council on American-Islamic Relations (CAIR, Conseil pour les relations islamo-américaines) et ce, en dépit de plusieurs faits comme le financement initial du CAIR par une organisation classée comme terroriste, les arrestations et expulsions fréquentes de ses employés pour terrorisme, une culture de la tromperie et l'objectif de l'un de ses dirigeants de faire de l'islam la seule religion autorisée en Amérique.

Les faux modérés m'ont trompé moi aussi et ce, malgré toute l'attention que je consacre à ce sujet. En 2000, j'ai fait l'éloge d'un livre écrit par Tariq Ramadan. Quatre ans plus tard, j'ai plaidé en faveur de son exclusion des États-Unis. En 2003, j'ai condamné un agent républicain nommé Kamal Nawash. Deux ans plus tard, je l'ai soutenu. Est-ce que c'est eux qui ont évolué ou est-ce ma perception de ces personnes qui a changé ? Plus de dix ans après, je me pose encore la question.

Normes de contrôle uniformes

Pour en revenir à l'immigration, cet état de confusion indique la nécessité d'en savoir beaucoup plus sur les candidats visiteurs ou immigrants. Heureusement, le décret « Protéger la nation de l'entrée de terroristes étrangers aux États-Unis » signé par Trump le 27 janvier 2017, n'exige rien d'autre que des « normes de contrôle uniformes » dont l'objectif est d'empêcher l'entrée aux États-Unis d'individus « de façon frauduleuse dans l'intention de nuire ou susceptibles de nuire après leur admission. » Le décret exige que les mesures de contrôles et procédures uniformes prévoient entre autres éléments (et c'est moi qui souligne) :

1. Des interrogatoires personnalisés ;

2. Une base de données reprenant les documents d'identité produits par les demandeurs de sorte que le double de ces documents ne serve pas à plusieurs demandeurs ;

3. Des formulaires de demande améliorés comprenant des questions destinées à identifier des réponses frauduleuses et des intentions malveillantes ;

4. Un mécanisme garantissant que le demandeur est bien celui qu'il prétend être ;

5. Un processus d'évaluation de la probabilité du demandeur de devenir une personne contribuant positivement à la société et l'aptitude du demandeur à contribuer aux intérêts nationaux ;

6. Un mécanisme pour vérifier si le demandeur a ou n'a pas l'intention de commettre des actes criminels ou terroristes après être entré aux États-Unis.

Les éléments 1, 3, 5 et 6 permettent et exigent la procédure décrite dans l'analyse qui suit et qui comprend deux composantes principales, la recherche approfondie et les interrogatoires intensifs.

Recherche

Quand une personne demande une habilitation de sécurité, la vérification de ses antécédents devrait inclure des recherches au sein de sa famille, ses amis, ses connaissances, ses emplois, ses affiliations et ses activités. Les agents doivent enquêter sur ces personnes par rapport aux propos, aux liens et aux actes qui posent question ainsi qu'aux anomalies et aux vides. Et s'ils trouvent quelque chose de douteux, ils doivent investiguer plus avant et rester vigilants par rapport au moindre problème. Est-ce que l'accès aux secrets du gouvernement est plus important que l'accès au pays ? La procédure d'immigration doit commencer par une enquête sur le candidat à l'immigration et, à l'instar des demandes d'habilitation de sécurité, les services de contrôle aux frontières doivent dépister les problèmes éventuels.

Pratiquement toute personne ayant des idées fortes les partage dans une certaine mesure sur les réseaux sociaux.

Également à l'instar de l'habilitation de sécurité, cette procédure doit revêtir une dimension politique : la personne en question a-t-elle des conceptions en accord avec la Constitution ? Il n'y a pas si longtemps, seules les personnes publiques comme les intellectuels, les activistes et les personnalités religieuses exprimaient leur point de vue. Désormais, avec l'Internet et ses invitations lancées à chacun pour commenter constamment et publiquement par écrit ou par vidéo et particulièrement sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, etc.), pratiquement toute personne ayant des idées fortes les partage dans une certaine mesure sur les réseaux sociaux. De telles données procurent de précieux témoignages à l'état brut sur nombre de sujets sensibles tels que l'islam, les non-musulmans, les femmes et la violence comme moyen tactique. L'exploitation de telles données semble évidente. Toutefois, les services américains à l'immigration ne le font pas et s'imposent de la sorte une retenue plus ou moins comparable à celle que s'impose la police belge en choisissant de ne mener aucune descente entre 21 heures et 5 heures du matin.

Dans le cas de djihadistes virulents, francs et déclarés, cette enquête suffit généralement à fournir des éléments pour les expulser. Même certains islamistes non violents annoncent fièrement leur immodération. Toutefois de nombreux islamistes adoptent un ton plus doux et plus subtil, leur objectif étant d'apparaître comme des modérés pour pouvoir entrer dans le pays et y imposer ensuite la charia par des moyens légaux. Comme le laissent penser certains des exemples mentionnés ci-dessus, tels ceux d'Abou El Fadl ou du CAIR, les enquêtes s'avèrent souvent inadaptées à de tels cas parce que les islamistes prudents cachent leurs objectifs et recourent sans hésiter à la dissimulation. Ce qui nous amène aux interrogatoires d'arrivée.

L'inspecteur Jacques Clouseau a peut-être bel et bien travaillé pour la police belge.

Interrogatoires d'arrivée

En considérant que les islamistes légalistes ont coutume de masquer leurs véritables opinions, il s'avère nécessaire de les interroger avant de les laisser entrer dans le pays. Naturellement nul n'étant obligé de faire une demande pour immigrer, l'interrogatoire doit être volontaire mais il doit aussi être très minutieux et comprendre les paramètres suivants :

Enregistrement. Avec l'autorisation explicite de la personne à interroger (« Vous comprenez et acceptez que l'interview soit enregistrée, est-ce exact ?), les échanges doivent être enregistrés au moyen d'une caméra visible de sorte que toutes les étapes de la procédure figurent sans ambiguïté au dossier. Cela permettra de disposer à propos de la personne interrogée de différents éléments susceptibles d'être étudiés par la suite comme les paroles, les intonations, les habitudes de langage, les expressions du visage ou encore le langage du corps. La forme importe tout autant que le fond : la personne interrogée est-elle souriante ou agitée ? A-t-elle le regard fuyant ou fixe ? Se met-elle à répéter, à transpirer, à trembler ? Montre-t-elle des signes de fatigue ? Ressent-elle le besoin d'aller souvent aux toilettes ? S'exprime-t-elle de manière non verbale ?

Polygraphe. Même si un détecteur de mensonge ne procure en réalité aucune information utile, le fait de brancher la personne interrogée sur ce type de machine pourrait la pousser à faire preuve d'une plus grande sincérité.

Serment. Le fait de savoir que le faux témoignage est punissable d'une peine d'emprisonnement, encourage fortement à dire la vérité.

Publicité. Si le candidat sait que les réponses qu'il a données pour se dérober aux questions (telles que celles portant sur sa vie privée) seront rendues publiques, cela réduit les risques de fraude. Par exemple, interrogé sur sa foi en la pleine application de la loi islamique, un islamiste sera moins susceptible de mentir en répondant négativement s'il sait que sa réponse pourra être vue par d'autres.

Multiplicité. Aucune question ne peut à elle seule donner lieu à une réponse établissant une disposition islamiste. Un interrogatoire efficace requiert une batterie de questions sur de nombreux sujets, allant de l'homosexualité au califat et les réponses doivent être vérifiées dans leur ensemble.

Spécificité. Des questions vagues du style « L'islam est-il une religion de paix ? », « Condamnez-vous le terrorisme ? » ou « Comment réagissez-vous face aux meurtres d'innocents ? » dépendent trop de la définition que donne chacun aux mots tels que paix, terrorisme et innocents pour permettre de définir le profil d'un individu. Il faut dès lors les éviter. Il faut par contre des questions ciblées et précises : « Les musulmans peuvent-ils sortir de l'islam, soit pour adhérer à une autre religion soit pour devenir athées ? », « Un musulman a-t-il le droit de renoncer à l'islam ? »

Formulations variées. Pour que les questions permettent de faire apparaître la vérité, il faut faire ressortir les divergences et les inconséquences en posant la même question avec des mots différents et des insistances variées. En voici un échantillon : « Une femme peut-elle montrer son visage en public ? » « Quelle punition préférez-vous pour les femmes qui dévoilent leur visage à des hommes qui ne sont pas de leur parenté ? » « Est-il de la responsabilité de l'homme de s'assurer que les femmes dont il a la garde ne quittent pas le domicile sans s'être voilé le visage ? » « Le gouvernement doit-il insister sur le fait que les femmes doivent se voiler le visage ? » « La société est-elle mieux réglée quand les femmes ont le visage voilé ? » Chaque question peut être posée de différentes manières et approfondie au moyen de suivis sur la ligne de raisonnement ou la profondeur des sentiments de la personne interrogée.

Répétition. Les questions doivent être posées à de multiples reprises durant plusieurs semaines, plusieurs mois voire plus. Ce point est crucial : comme il est plus difficile de se souvenir d'un mensonge que de la vérité, les risques de voir la personne interrogée modifier ses réponses augmentent à mesure qu'augmentent le volume de questions ainsi que le laps de temps entre les différents interrogatoires. Une fois que des incohérences apparaissent, l'examinateur peut se concentrer sur elles et en évaluer la nature, l'ampleur et la signification.

Les questions

Une fois la méthode mise en place, quelles sont les questions précises qui pourraient susciter des informations utiles ?

Les questions qui suivent, présentées comme une base de réflexion, émanent de votre serviteur mais aussi d'une série d'analystes qui se consacrent depuis des années à l'étude du sujet. En 2002, Naser Khader, alors député danois d'origine musulmane et syrienne, avait proposé une première batterie de questions. L'année suivante, votre serviteur a publié une liste englobant sept domaines. D'autres ont suivi, notamment le musulman libéral égyptien Tarek Heggy, les musulmans libéraux américains Tashbih Sayyed et Zuhdi Jasser, l'ex-musulman qui se fait appeler Sam Solomon, une organisation de la RAND Corporation ainsi que l'analyste Robert Spencer. Les questions posées par le land allemand de Bade-Wurtemberg et datant de septembre 2005 s'avèrent particulièrement intéressantes étant donné qu'il s'agit d'un document officiel (dans le cadre de la citoyenneté et non de l'immigration mais avec des objectifs similaires).

Zuhdi Jasser (à gauche) avec votre serviteur comme coéquipiers lors d'un débat organisé à New York en 2012.

Doctrine islamique :

1. Les musulmans peuvent-ils réinterpréter le Coran à la lumière des changements produits par la modernité ?

2. Les musulmans peuvent-ils se détourner de l'islam, soit pour se convertir à une autre religion soit pour vivre sans religion ?

3. Les banques peuvent-elles prélever un intérêt raisonnable (disons 3% de plus que l'inflation) sur l'argent ?

4. La taqiya (dissimulation au nom de l'islam) est-elle légitime ?

Pluralisme islamique :

5. Les musulmans peuvent-ils choisir les règles de l'islam auxquelles ils souhaitent se conformer (ex. boire de l'alcool mais éviter de manger du porc) ?

6. Le takfir (le fait de déclarer qu'un musulman est infidèle) est-il acceptable ?

7. (À poser uniquement aux sunnites) Les soufis, les ibadites et les chiites sont-ils des musulmans ?

8. Les musulmans qui ne sont pas en accord avec votre façon de pratiquer l'islam sont-ils des infidèles (kuffar) ?

L'État et l'islam :

9. Que pensez-vous de la déconfessionnalisation de l'État c'est-à-dire de la séparation entre la Mosquée et l'État ?

10. Quand les coutumes islamiques sont en contradiction avec les lois laïques (ex. le visage voilé des femmes sur des documents d'identité), à quoi faut-il donner la priorité ?

11. L'État doit-il rendre la prière obligatoire ?

12. L'État doit-il interdire la consommation de nourriture pendant le Ramadan et pénaliser les transgresseurs ?

13. L'État doit-il punir les musulmans qui mangent du porc, boivent de l'alcool et jouent aux jeux de hasard ?

14. L'État doit-il punir l'adultère ?

15. Et l'homosexualité ?

16. Seriez-vous partisan d'une mutawwa' (police religieuse) comme cela existe en Arabie saoudite ?

17. L'État doit-il appliquer les sanctions pénales prévues par la charia ?

18. L'État doit-il faire preuve de clémence quand quelqu'un est tué pour l'honneur d'une famille ?

19. L'État doit-il interdire aux musulmans de quitter l'islam ?

Mariage et divorce :

20. Un mari a-t-il le droit de frapper sa femme si celle-ci lui désobéit ?

21. Est-ce une bonne idée que les hommes puissent garder leurs femmes et leurs filles enfermées à la maison ?

22. Les parents ont-ils le droit de décider qui leurs enfants vont épouser ?

23. Comment réagiriez-vous si une fille musulmane épousait un non-musulman ?

24. La polygynie est-elle acceptable ?

25. Un mari doit-il avoir la permission de sa première femme pour pouvoir en épouser une deuxième, une troisième ou une quatrième ?

26. La femme doit-elle disposer des mêmes droits que son mari pour entamer une procédure de divorce ?

27. En cas de divorce, l'épouse a-t-elle des droits quant à la garde des enfants ?

Droits de la femme :

28. Les femmes musulmanes doivent-elles être égales en droit aux hommes (par exemple en matière d'héritage ou de témoignage en justice) ?

29. La femme a-t-elle le droit de s'habiller comme elle veut, notamment en découvrant ses cheveux, ses bras et ses jambes pour autant que sa poitrine et ses organes sexuels soient couverts ?

30. Les femmes musulmanes peuvent-elles circuler librement ou voyager comme elles l'entendent ?

31. La femme musulmane a-t-elle le droit de travailler à l'extérieur de chez elle ou faut-il l'approbation du wali ?

32. La femme musulmane peut-elle épouser un non-musulman ?

33. Les hommes et les femmes doivent-ils être séparés dans les écoles, au travail et dans la société ?

34. Faut-il réserver certaines professions aux hommes ou aux femmes ? Si oui, lesquelles ?

35. Acceptez-vous que les femmes occupent des postes à hautes responsabilités ?

36. En cas d'urgence, vous laisseriez-vous ausculter ou opérer par un médecin de l'autre sexe ?

Activité sexuelle :

37. Un mari a-t-il le droit de forcer sa femme à avoir une relation sexuelle ?

38. L'excision des femmes fait-elle partie de la religion islamique ?

39. La lapidation est-elle un juste châtiment pour l'adultère ?

40. Les membres d'une famille ont-ils le droit de tuer une femme s'ils croient que celle-ci les a déshonorés ?

41. Que répondriez-vous à l'un de vos enfants s'il se déclarait homosexuel ?

Écoles :

42. Votre enfant doit-il apprendre l'histoire des non-musulmans ?

43. Faut-il enseigner aux étudiants que la charia est un code personnel ou qu'elle doit servir de base à la loi de l'État ?

44. Votre fille peut-elle participer à des activités sportives, notamment des cours de natation, proposées par l'école ?

45. Permettriez-vous à votre enfant de participer à des voyages scolaires y compris ceux où l'enfant découche ?

46. Que feriez-vous si votre fille émettait le souhait d'aller à l'université ?

Critique des musulmans :

47. L'islam s'est-il répandu uniquement par des moyens pacifiques ?

48. Reconnaissez-vous comme légitimes les recherches universitaires sur les origines de l'islam même si cela entraîne des doutes sur l'histoire officielle ?

49. Acceptez-vous le fait que des musulmans ont été responsables des attentats du 11-Septembre ?

50. L'État islamique ou l'EI ou Daech, est-il de nature islamique ?

Le fait pour un musulman de nier la nature islamique de Daech indique beaucoup de chose sur son état d'esprit.

Combattre l'islamisme :

51. Acceptez-vous le relèvement du niveau de sécurité pour combattre l'islamisme même si cela implique que vous soyez soumis à des contrôles supplémentaires (par exemple, en matière de sécurité aérienne) ?

52. Lorsque des institutions accusées à juste titre de financer le djihad sont fermées, s'agit-il d'une décision partiale antimusulmane ?

53. Les musulmans vivant en Occident doivent-ils coopérer avec les services de police et la justice ?

54. Devraient-ils s'engager dans l'armée ?

55. La « guerre contre le terrorisme » est-elle une guerre contre l'islam ?

Les non-musulmans (en général) :

56. Les êtres humains méritent-ils tous des droits égaux indépendamment de leur sexe, de leurs origines ethniques, de leur orientation sexuelle ou de leurs croyances religieuses ?

57. Les non-musulmans doivent-ils bénéficier, en matière de droits civils, d'une égalité complète avec les musulmans ?

58. Acceptez-vous la validité des autres religions monothéistes ?

59. Ou des religions polythéistes (comme l'hindouisme) ?

Prière dans un temple hindou à Dubaï, fondé en 1958.

60. Les musulmans sont-ils supérieurs aux non-musulmans ?

61. Les non-musulmans doivent-ils être assujettis à la loi islamique ?

62. Les musulmans ont-ils quelque chose à apprendre des non-musulmans ?

63. Les non-musulmans peuvent-ils aller au paradis ?

64. Recevez-vous des non-musulmans chez vous et allez-vous chez eux ?

Les non-musulmans (dans le Dar al-Islam) :

65. Les musulmans peuvent-ils forcer les « Gens du Livre » (c'est-à-dire les juifs et les chrétiens) à payer des impôts supplémentaires ?

66. Les autres monothéistes peuvent-ils construire et gérer leurs propres institutions religieuses dans des pays à majorité musulmane ?

67. Et les polythéistes ?

68. Le gouvernement saoudien doit-il maintenir l'interdiction séculaire faite aux non-musulmans d'accéder à La Mecque et à Médine ?

69. Ce même gouvernement doit-il permettre la construction d'églises pour les expatriés chrétiens ?

70. Doit-il arrêter d'exiger que tous ses sujets soient musulmans ?

Les non-musulmans (dans le Dar al-Harb) :

71. Les musulmans doivent-ils combattre les juifs et les chrétiens « jusqu'à leur soumission » (Coran 9 : 29) ?

72. L'esclavage des non-musulmans est-il acceptable ?

73. Est-il acceptable d'arrêter les individus qui maudissent le prophète de l'islam ou brûlent le Coran ?

74. Si l'État n'agit pas contre de tels actes, les musulmans sont-ils en droit d'agir ?

75. Peut-on mener une vie pleinement musulmane dans un pays dont le gouvernement est en majorité non-musulman ?

76. Un musulman doit-il accepter un gouvernement légitime en majorité non-musulman ainsi que ses lois ou doit-il faire en sorte que l'islam acquière la supériorité ?

77. Un gouvernement en majorité non-musulman peut-il compter sur une allégeance sans réserve de votre part ?

78. Les musulmans qui incendient les églises ou vandalisent les synagogues doivent-ils être punis ?

79. Soutenez-vous le djihad pour la diffusion de l'islam ?

Violence :

80. Approuvez-vous les châtiments corporels (mutilation, amputation, crucifixion) des criminels ?

81. La décapitation est-elle une forme de punition acceptable ?

82. Le djihad au sens de guerre pour étendre la domination musulmane, est-il acceptable dans le monde d'aujourd'hui ?

83. Quel est le sens du cri « Allahu Akbar » lancé par les musulmans qui commettent des attentats ?

84. Condamnez-vous les organisations violentes telles que Boko Haram, le Hamas, le Hezbollah, le Djihad islamique, l'État islamique, Al-Qaïda, les Shebab et les Talibans ?

Pays occidentaux :

85. Les institutions non-islamiques sont-elles immorales ou décadentes ou peuvent-elles être morales et vertueuses ?

86. Êtes-vous d'accord avec les études qui montrent que des pays non-musulmans comme la Nouvelle-Zélande ont une qualité de vie plus proche des idéaux de l'islam que ne l'est celle des pays à majorité musulmane ?

87. La liberté à la mode occidentale est-elle un idéal ou une forme de corruption morale ? Pourquoi ?

88. Acceptez-vous le fait que les pays occidentaux sont des pays à majorité chrétienne ou cherchez-vous à les transformer en pays à majorité musulmane ?

89. Acceptez-vous de vivre dans des pays occidentaux laïcs ou cherchez-vous à ce que ces pays soient gouvernés par la loi islamique ?

90. Que pensez-vous de la police religieuse patrouillant dans les quartiers à majorité musulmane de pays occidentaux en vue d'y faire appliquer les principes de la morale islamique ?

91. Aimeriez-vous voir la Constitution américaine (ou son équivalent dans d'autres pays) remplacée par le Coran ?

Cette interview :

92. Dans un interrogatoire pour immigrés comme celui-ci, si tromper l'enquêteur peut servir l'islam, le mensonge est-il justifié ?

93. Pourquoi devrais-je croire que vous avez répondu à ces questions honnêtement ?

Observations à propos des interrogatoires

En plus d'aider à décider qui peut entrer dans le pays, ces questions peuvent également aider dans d'autres contextes, par exemple lors d'interrogatoires de police pour des recrutements à des postes sensibles (la liste des islamistes parvenus à s'infiltrer dans les services de sécurité occidentaux est terriblement longue).

On notera l'absence de questions sur les sujets d'actualité les plus brûlants, absence due au fait que le point de vue des islamistes recouvre celui des non-musulmans. Sur ces sujets, un tas de non-islamistes s'accordent avec les islamistes. Bien que Leil Leibowitz voie au contraire Israël comme un « véritable test-vérité de l'islam modéré », les islamistes sont pratiquement les seuls à exiger l'élimination d'Israël et à accepter le Hamas et le Hezbollah comme des acteurs politiques légitimes – ou croient que l'administration Bush a perpétré les attentats du 11-Septembre ou les actes de haine contre les États-Unis. Pourquoi introduire ces sujets ambigus quand tant de questions spécifiques à l'islam (ex. « L'esclavage des non-musulmans est-il acceptable ? ») ont le mérite d'être bien plus claires ?

Pas besoin d'être un islamiste pour être antisioniste.

 

La grille de questions élaborée ci-dessus est extensive, elle pose de nombreuses questions spécifiques sur une période substantielle en utilisant différentes formulations qui permettent de déceler la vérité et les incohérences. Le procédé n'est ni rapide, ni facile ni bon marché et il requiert des fonctionnaires entièrement consacrés à cette tâche et bien informés sur les personnes interrogées, les sociétés d'où elles sont originaires ainsi que la religion islamique. Ils sont un peu comme un enquêteur de police qui connaît à la fois le suspect et le délit. Cela n'a rien d'une sinécure mais il n'y a pas de solution simple.

Critiques

Cette procédure suscite deux sortes de critique : d'une part, elle serait moins fiable que la politique du zéro musulman de Trump et d'autre part, elle serait trop contraignante pour qu'elle puisse être adoptée par les gouvernements. Les deux arguments sont aisément réfutables.

Moins fiable. La politique du zéro musulman semble simple à mettre en place mais la question de savoir qui est musulman est déjà un problème en soi (les Ahmadis sont-ils musulmans ?). En outre avec une telle politique en place, qu'est-ce qui va empêcher les musulmans de faire mine de renoncer à leur religion ou de se convertir à une autre religion, notamment le christianisme ? Ces actions nécessiteraient la même recherche approfondie et le même interrogatoire intensif que ceux décrits plus haut. Puisqu'un converti peut se cacher derrière l'ignorance de sa prétendue nouvelle religion, la distinction entre un véritable converti au christianisme et un faux est même plus difficile que de différencier un islamiste d'un musulman modéré.

Trop contraignant. Il est vrai que la procédure est couteuse, lente et nécessite des agents aguerris. Mais cela a aussi l'avantage de ralentir un processus que d'aucuns, comme moi, considèrent comme hors de contrôle étant donné le nombre trop important d'immigrants entrant dans le pays trop rapidement. Alors qu'ils constituaient 5 % de la population américaine en 1965, les immigrants sont passés à 14 % en 2015 et devraient, selon les projections, atteindre 18 % en 2065. C'est un chiffre beaucoup trop élevé pour permettre l'assimilation des valeurs américaines, particulièrement quand nombre d'entre eux proviennent de pays non occidentaux. Le mécanisme présenté plus haut offre l'avantage de ralentir ce processus.

Quant à ceux qui affirment que ce type d'enquête et de screening pour l'obtention de visas est illégal, la législation antérieure en matière de naturalisation, par exemple, exigeait que le demandeur soit « attaché aux principes de la Constitution », un principe reconnu à plusieurs reprises comme légal.

Enfin, le musulman modéré d'aujourd'hui pourrait devenir demain un islamiste enragé ou sa fille pourrait, vingt ans plus tard, devenir une djihadiste. Si tout immigré peut devenir hostile, un tel changement est bien plus fréquent parmi les musulmans de naissance. Certes, il n'y a aucune façon de garantir que cela ne se produira pas. Néanmoins une enquête extensive et des interrogatoires approfondis permettraient de réduire les risques.

Conclusion

Pour protéger véritablement le pays des islamistes, il faut un engagement majeur de talents, de ressources et de temps. Correctement posées, ces questions offrent un mécanisme pour séparer, parmi les musulmans, les amis des ennemis. Elles ont également l'avantage de ralentir l'immigration. Même avant que Trump devienne président, s'il faut en croire le CAIR, l'agence des douanes et de la protection des frontières (CBP) a posé des questions sur le modèle de celles proposées ici (Que pensez-vous des États-Unis ? Quelle est votre opinion sur le djihad ? Voir l'appendice pour une liste complète). Avec le soutien de Trump, espérons que cette politique effective du zéro islamiste est en bonne voie pour devenir systématique.

Appendice

Le 18 janvier 2017, quelques heures seulement avant que Donald Trump devienne président des États-Unis, le bureau de Floride du Conseil aux relations islamo-américaines (CAIR) a déposé dix plaintes auprès de l'agence des douanes et de la protection des frontières (CBP) pour avoir interrogé des citoyens musulmans à propos de leurs opinions religieuses et politiques. Parmi les questions qui auraient été posées, il y a :

1. Êtes-vous un musulman pieux ?

2. Êtes-vous sunnite ou chiite ?

3. Quelle école de pensée suivez-vous ?

4. Quel savant musulman suivez-vous ?

5. Quel savant musulman contemporain écoutez-vous ?

6. Priez-vous cinq fois par jour ?

7. Pourquoi avez-vous un tapis de prière dans vos bagages ?

8. Pourquoi avez-vous un exemplaire du Coran dans vos bagages ?

9. Avez-vous visité l'Arabie saoudite ?

10. Visiteriez-vous l'Arabie saoudite ou Israël ?

11. Que connaissez-vous de la Jama'at al-Tabligh ?

12. Que pensez-vous des USA ?

13. Quelles sont vos opinions sur le djihad ?

14. Quelle mosquée fréquentez-vous ?

15. Est-ce qu'un individu de votre mosquée a des opinions extrêmes/radicales ?

16. Votre imam exprime-t-il des opinions extrémistes ?

17. Quelles sont les opinions d'autres imams ou d'autres membres de la communauté qui prononcent le sermon du vendredi dans votre mosquée ?

18. Ont-ils des opinions extrémistes ?

19. Avez-vous déjà participé à la prière du vendredi ? De quoi avez-vous parlé avec la communauté ?

20. Quelles sont vos opinions au sujet des différentes organisations terroristes ?

21. Sur les réseaux sociaux, quels sites utilisez-vous ?

22. Quel est votre nom d'utilisateur sur Facebook ?

23. Quel est votre nom d'utilisateur sur Twitter ?

24. Quel est votre nom d'utilisateur sur Instagram ?

25. Quels sont les noms et numéros de téléphone de vos parents, connaissances et amis ?

Le CAIR prétend également qu'un musulman canadien a été interrogé par la CPB qui lui a posé les questions suivantes avant de lui refuser l'entrée dans le pays :

1. Êtes-vous sunnite ou chiite ?

2. Pensez-vous que nous devons permettre à quelqu'un comme vous d'entrer dans notre pays ?

3. À quelle fréquence priez-vous ?

4. Pourquoi vous êtes-vous rasé la barbe ?

5. Quelle école de pensée suivez-vous ?

6. Que pensez-vous de la politique étrangère américaine à l'égard du monde musulman ?

7. Que pensez-vous du fait de tuer des non-musulmans ?

8. Que pensez-vous de [différents groupes terroristes] ?

Enfin, le CAIR indique que les personnes interrogées « ont été retenues de 2 à 8 heures par la CBP. »

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10 avril 2017 1 10 /04 /avril /2017 14:13

Breaking the Palestinians' Will to Fight

Dans mon oeuvre l'Origine non biblique du Peuple juif - on trouve tous les elements decrits par Daniel Pipes

by Daniel Pipes
Mosaic
April 10, 2017

http://www.danielpipes.org/17469/breaking-the-palestinians-will-to-fight

[Mosaic title: "The Israel-Palestinian Peace Process Has Been a Massive Charade"]

Daniel Polisar of Shalem College in Jerusalem.

Daniel Polisar of Shalem College in Jerusalem shook the debate over Palestinian-Israeli relations in November 2015 with his essay, "What Do Palestinians Want?" In it, having studied 330 polls to "understand the perspective of everyday Palestinians" toward Israel, Israelis, Jews, and the utility of violence against them, he found that Palestinian attackers are "venerated" by their society—with all that that implies.

He's done it again with "Do Palestinians Want a Two-State Solution?" This time, he pored over some 400 opinion polls of Palestinian views to find consistency among seemingly contradictory evidence on the topic of ways to resolve the conflict with Israel. From this confusing bulk, Polisar convincingly establishes that Palestinians collectively hold three related views of Israel: it has no historical or moral claim to exist, it is inherently rapacious and expansionist, and it is doomed to extinction. In combination, these attitudes explain and justify the widespread Palestinian demand for a state from "the river to the sea," the grand Palestine of their maps that erases Israel.

With this analysis, Polisar has elegantly dissected the phenomenon that I call Palestinian rejectionism. That's the policy first implemented by the monstrous mufti of Jerusalem, Amin al-Husseini, in 1921 and consistently followed over the next near-century. Rejectionism demands that Palestinians (and beyond them, Arabs and Muslims) repudiate every aspect of Zionism: deny Jewish ties to the land of Israel, fight Jewish ownership of that land, refuse to recognize Jewish political power, refuse to trade with Zionists, murder Zionists where possible, and ally with any foreign power, including Nazi Germany and Soviet Russia, to eradicate Zionism.

Amin al-Husseini inspecting Bosnian SS soldiers.

The continuities are striking. All major Palestinian leaders--Amin al-Husseini, Ahmad al-Shukeiri, Yasir Arafat, Mahmoud Abbas, and Yahya Sinwar (the new leader of Hamas in Gaza)—have made eliminating the Zionist presence their only goal. Yes, for tactical reasons, they occasionally compromised (most notably, in the Oslo Accords of 1993), but then they reversed these exceptions as soon as possible.

In other words, the Israeli-Palestinian "peace process" that began in 1989 has been a massive charade. As Israelis earnestly debated making "painful concessions," their Palestinian counterparts issued promises they had had no intention of fulfilling, something Arafat had the gall publicly to signal to his constituency even as he signed the Oslo Accords, and many times subsequently.

So long as rejectionism runs rampant, debates about one-, two-, and three-state solutions, about carving up the Temple Mount into dual sovereign areas, or about electricity grids and water supplies, are for naught. There can be no resolution so long as most Palestinians dream of obliterating the Jewish state. Indeed, this makes negotiations counterproductive. The Oslo Accords and other signed pieces of paper have made matters much worse. The farce of negotiations, therefore, needs urgently to end.


If no more negotiations, then what? Polisar rightly recommends tackling the problem head-on with "policies that seek to reduce decisively popular Palestinian support for a maximalist state." This shift accords with what I call an Israeli strategy for victory: breaking the Palestinians' will to fight by convincing them that Jews have historic ties to the land, that Israel has a determined citizenry, a powerful economy and military, and mighty allies, even as it respects its neighbors and will be around into the distant future. Therefore, the dream of a grand Palestine is the purest fantasy.

In other words: Palestinians, the game is up. Accept the Jewish state, bargain with it, and benefit from its dynamism.

Here, happily, things are not entirely bleak. My research finds, and Polisar's confirms, that about 20 percent of Palestinians are ready to live peaceably with the Jewish state. The challenge is to increase this number to 60 percent and more, so that this group at last can wrest control of the Palestinian national movement from rejectionists.

This process will be neither easy nor pleasant, for there is no avoiding the bitter crucible of defeat. The Palestinian Authority and Hamas will violently repress readiness to accommodate Israel, making the transition all the more painful. They will not, however, manage to reverse their populations' demoralization and restiveness, or stop the movement favoring an end to hostilities. As the reality of defeat sinks in, new voices will inexorably be heard and will strengthen, calling for an end to the century-long catastrophe of rejectionism.

When Palestinians emerge from this ordeal, they will greatly benefit from throwing off the burden of anti-Zionism. Finally, they can begin to build their own polity, economy, society, and culture. Finally, they can learn from their remarkable neighbor. All will gain when this proud people turns its attention to creating the institutions of civil society and to teaching children skills rather than hatred.

Learning about drip agriculture is just one of the many ways Palestinians can benefit from Israel.

International, and especially American, support will much enhance the Israeli strategy for victory and the transition to a better future for Palestinians. May the Trump administration end the failed cycle of negotiations and instead help its "cherished ally" win its war.

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4 avril 2017 2 04 /04 /avril /2017 01:45

Daniel Pipes: « Si Nikky Haley a été fantastique »… On attends encore les actes de Donald Trump !

JSS News
2 avril 2017

http://fr.danielpipes.org/17458/israel-actes-donald-trump

Version originale anglaise: Will Trump Turn Against Israel?

Ci-après, une transcription partielle d'une interview accordée par le Dr Daniel Pipes du Middle East Forum. Daniel Pipes revient avec le courage qu'il faut pour un pro-israélien notoire, sur les actions de Donald Trump depuis sa prise de pouvoir. Et de ce que l'on peut voir, à l'accoutumée de ce que disent et font les politiciens, il y a de quoi être déçu de Donald Trump... Pour l'instant en tout cas !

Nikki Haley [enregistrement]: Nulle part, l'échec de l'ONU n'a été plus cohérent et plus scandaleux que son parti contre notre proche allié, Israël. Lors de la séance d'assemblée générale qui vient de se terminer, l'ONU a adopté 20 résolutions contre Israël et six autres ont ciblé le reste du monde.

Ezra Levant: c'est Nikki Haley lors de son audience de confirmation. Elle est maintenant l'ambassadrice de Donald Trump aux Nations Unies, adoptant une approche très pro-israélienne, un écart marqué de l'approche du président Obama. Mais à l'exception de Nikki Haley, qu'a fait Donald Trump en ce qui concerne Israël et le Moyen-Orient? A-t-il tenu la promesse d'être pro-israélien, de déménager l'ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem ?

Daniel Pipes: Nikki Haley a été fantastique. Les autres aspects que vous évoquez ne sont pas si bons. Lorsque vous regardez le problème le plus important, l'Iran, le JCPOA, que Trump a qualifié de «pire accord de l'histoire», rien n'a été fait en 2 mois. Rien du tout.

Ezra Levant: qu'est-ce qui pourrait arriver? Que pouvait-il faire? Que devrait-il faire? Qu'est-ce qu'il a promis de faire?

Daniel Pipes: Il n'a jamais dit exactement ce qu'il ferait, mais il le dénonçait. Et le fait frappant de l'accord de l'Iran est que ce n'est pas un accord. C'est une proposition unilatérale des États-Unis. Personne ne l'a signé, juste le gouvernement des États-Unis. Aucun autre gouvernement. Pas le gouvernement iranien, ni les cinq autres partenaires. Alors Trump pourrait tout simplement le résilier. Il pourrait changer son application. Il pourrait faire toutes sortes de choses, mais il n'a rien fait. Rien ne s'est produit, au moins publiquement, de ce que nous connaissons.

(...) Vous avez mentionné le déménagement de l'ambassade à Jérusalem. Mike Pence vient de le réaffirmer, mais en fait, rien ne s'est passé. Vous avez également mentionné les unités de logements en Judée-Samarie: là, il semble y avoir plus de continuité que de changement. Plus important encore, sur les négociations israélo-palestiniennes, il semble, à ce stade, qu'il n'y ait pas de véritable changement. En outre, un certain nombre de membres clés de l'administration Obama au Conseil de sécurité nationale et au Département d'Etat sont en place et il semble qu'ils ont plus de pouvoir que jamais. Donc, en général, à l'exception des Nations Unies, il semble que la continuité soit davantage de rigueur que le changement.

Cela souligne un modèle intéressant que j'ai suivi depuis le début des années 90: les politiciens et les diplomates aux États-Unis, et vraisemblablement ailleurs, parlent chaleureusement d'Israël mais les faits ne suivent pas. En revanche, les politiciens qui ne sont pas chaleureux envers Israël ne reçoivent aucun crédit même s'ils font des choses qui sont bonnes pour Israël. Donc, par exemple, Barack Obama a fait les plus grosses livraisons d'armes à Israël de l'histoire, n'a obtenu aucun crédit parce qu'il était perçu comme méchant en Israël. Trump, parce que lui et son équipe ont été amicaux par la rhétorique, obtiennent de la sympathie sans vraiment n'avoir rien fait.

Découvrez l'intégralité de l'interview de Daniel Pipes, en anglais, dans la vidéo suivante:

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  • PIMPRENELLE POURPRÉE
  • écrivain, née à Marrakech, Maroc, qui cherche une voie pour rapprocher les coeurs et les ames.
  • écrivain, née à Marrakech, Maroc, qui cherche une voie pour rapprocher les coeurs et les ames.

PIMPRENELLE POURPRÉE

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