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Thérèse Zrihen-Dvir

Regard d'un écrivain sur le Monde

25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 07:48

Briser la volonté de combattre des Palestiniens

par Daniel Pipes
Mosaic
10 avril 2017

http://fr.danielpipes.org/17531/briser-volonte-de-combattre-des-palestiniens

Version originale anglaise: Breaking the Palestinians' Will to Fight
Adaptation française: Johan Bourlard

Daniel Polisar du Shalem College de Jérusalem.

En novembre 2015, Daniel Polisar du Shalem College de Jérusalem a suscité la polémique sur la question des relations israélo-palestiniennes en publiant son essai intitulé What Do Palestinians Want? (Que veulent les Palestiniens ?). Dans cet ouvrage, après avoir étudié 330 sondages destinés à « comprendre le point de vue des Palestiniens ordinaires » sur Israël, les Israéliens, les juifs et l'utilité de la violence contre ces derniers, il a constaté que les agresseurs palestiniens sont « vénérés » par leur société, avec tout ce que cela implique.

Daniel Polisar a à nouveau alimenté le débat en publiant Do Palestinians Want a Two-State Solution? (Les Palestiniens veulent-ils une solution à deux États ?). Cette fois, l'auteur s'est penché sur quelque 400 sondages d'opinion menés auprès des Palestiniens, afin de trouver une cohérence parmi des éléments apparemment contradictoires portant sur la manière de résoudre le conflit avec Israël. À partir de cette masse confuse, Polisar est parvenu de façon convaincante à établir que les Palestiniens entretiennent, à titre collectif, trois opinions connexes sur Israël : son absence de droit à l'existence sur le plan aussi bien historique que moral, son caractère intrinsèquement rapace et expansionniste et sa vocation à disparaître. Parallèlement, ces attitudes expliquent et justifient l'exigence largement partagée par les Palestiniens de voir la création d'un État allant « du fleuve à la mer », à savoir la Grande Palestine, ce pays qu'ils font apparaître sur des cartes où l'État d'Israël a été effacé.

Par son analyse, Polisar a disséqué avec finesse ce phénomène que j'appelle la politique palestinienne du rejet. Il s'agit de la politique instaurée en 1921 par l'ignoble mufti de Jérusalem, Amin al-Husseini, et qui s'est poursuivie de façon constante depuis lors, c'est-à-dire près d'un siècle. Aux termes de cette politique, les Palestiniens (et au-delà, les Arabes et les musulmans) se doivent de rejeter le sionisme dans tous ses aspects en déniant aux juifs tout lien avec la terre d'Israël, en luttant contre la propriété juive de cette terre, en refusant de reconnaître un quelconque pouvoir politique juif, en repoussant toute relation commerciale avec les sionistes, en assassinant des sionistes en tout lieu et en s'alliant à toute puissance étrangère, y compris l'Allemagne nazie et la Russie soviétique, pourvu que cela permette l'éradication du sionisme.

Amin al-Husseini passant en revue des troupes SS bosniaques.

Cette continuité est frappante. Tous les grands dirigeants palestiniens – Amin al-Husseini, Ahmad al-Shukeiri, Yasser Arafat, Mahmoud Abbas et Yahya Sinwar (le nouveau leader du Hamas à Gaza) – ont fait de l'élimination de la présence sioniste leur objectif unique. Il est vrai que par moments, ils ont, pour des raisons tactiques, fait quelques compromis (le plus notable étant celui des accords d'Oslo en 1993) mais pour les contrecarrer dès que possible.

Pour le dire autrement, le « processus de paix » israélo-palestinien entamé en 1989 n'a été qu'une énorme farce. Alors que les Israéliens ont dialogué sérieusement et fait de « douloureuses concessions », leurs homologues palestiniens ont fait des promesses qu'ils n'avaient pas l'intention de tenir, un comportement qu'Arafat a eu le culot de montrer publiquement à ses électeurs au moment même où il signait les accords d'Oslo et qu'il a reproduit par la suite à maintes reprises.

Aussi longtemps que la politique du rejet sévira, les débats sur une solution à un, deux ou trois États, sur la répartition du Mont du Temple entre deux zones souveraines ou encore sur les réseaux électriques et l'approvisionnement en eau, tous ces débats ne serviront à rien. Il n'y aura pas de solution possible tant que la plupart des Palestiniens rêveront de l'anéantissement de l'État juif, un état d'esprit qui rend effectivement toute négociation contreproductive et qui fait qu'avec la signature des accords d'Oslo et de tant d'autres bouts de papier, la situation s'est fortement dégradée. La farce que représentent les négociations doit donc cesser de toute urgence.

Mais alors, que peut-on faire sans négociations ? Polisar recommande, à juste titre, de s'attaquer au problème de façon frontale par « des mesures destinées à réduire de façon décisive le soutien populaire palestinien à un État maximaliste. » Ce changement correspond à ce que j'appelle une stratégie israélienne de victoire qui consiste à briser la volonté de combattre des Palestiniens en leur démontrant que les juifs entretiennent des liens historiques avec ce pays, qu'Israël dispose d'une population déterminée, d'une économie et d'une armée fortes ainsi que d'alliés puissants et que, dans le même temps, Israël respecte ses voisins et sera encore là pour longtemps. C'est pourquoi le rêve d'une Grande Palestine relève du fantasme le plus complet.

En d'autres termes, disons aux Palestiniens que la comédie a assez duré et qu'ils doivent accepter l'État juif, commercer avec lui et tirer profit de son dynamisme.

Fort heureusement, la situation actuelle n'est pas tout à fait négative. Mes recherches montrent, et celles de Polisar le confirment, qu'environ 20 % des Palestiniens sont prêts à vivre en paix avec l'État juif. Le défi est de faire en sorte que ce nombre atteigne 60 % ou plus pour que cette majorité puisse enfin arracher le mouvement national palestinien des mains des partisans du rejet.

Ce processus ne sera ni facile, ni agréable étant donné qu'on ne pourra pas éviter l'épreuve amère de la défaite. L'Autorité palestinienne et le Hamas réprimeront violemment toute tentative d'accommodement avec Israël, ce qui rendra la transition d'autant plus douloureuse. Toutefois, ils ne parviendront pas à contrer la démoralisation et l'insubordination qui touchent leur population ni à arrêter le mouvement favorable à la fin des hostilités. À mesure que la réalité de la défaite pénétrera les mentalités, s'élèveront et se renforceront inexorablement de nouvelles voix appelant à mettre un terme à un siècle de cette politique du rejet désastreuse.

Une fois que les Palestiniens auront surmonté cette épreuve, ils profiteront largement du fait de s'être débarrassés du fardeau de l'antisionisme et pourront enfin commencer à construire leur propre vie politique, socio-économique et culturelle et se mettre à l'école de leur remarquable voisin. Tout le monde sera gagnant une fois que ce peuple fier concentrera son attention sur la création des institutions de la société civile et sur l'éducation de leurs enfants axée sur l'apprentissage de savoirs et de techniques et non plus sur la haine.

L'apprentissage des techniques d'irrigation au goutte à goutte est l'une des nombreuses manières dont les Palestiniens peuvent tirer profit d'Israël.

Le soutien international, et particulièrement américain, favorisera d'autant plus la stratégie israélienne de victoire et la transition vers un avenir meilleur pour les Palestiniens. Puisse l'administration Trump mettre fin au cycle calamiteux des négociations et, en lieu et place, aider son « précieux allié » à gagner sa guerre.

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25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 04:58

Un retour à l'université

par Daniel Pipes
Washington Times
5 avril 2017

http://fr.danielpipes.org/17530/retour-universite

Version originale anglaise: A Return to the Academy
Adaptation française: Johan Bourlard

Tout récemment s'est tenue à l'Université de Pennsylvanie une conférence de deux jours à laquelle j'ai assisté non seulement par intérêt pour le sujet (Mondes américain et musulman entre 1500 et 1900) mais aussi pour savoir de façon directe quel genre de discours on tient actuellement au niveau universitaire dans le domaine des sciences humaines. En tant que fondateur de Campus Watch (l'Observatoire des campus), je me demandais si la situation est aussi déplorable que le montrent nos articles ou si notre observatoire se focalise sur des cas extrêmes.

Ma première impression a été celle d'un certain confort intellectuel caractérisé par un large consensus reposant sur un ensemble d'hypothèses libérales propres à éliminer toute opinion divergente. On pouvait noter certaines hiérarchisations :

  • Le moderne surpassant l'ancien
  • Le non-Américain surpassant l'Américain
  • La femme surpassant l'homme
  • La peau noire surpassant la peau blanche
  • Le musulman surpassant le non-musulman

Le mot « islamophobie » y était utilisé comme un mot de vocabulaire usuel plutôt que comme un outil de propagande destiné à faire taire toute critique. Un éminent missionnaire du XIXe siècle, Henry Jessup, a été qualifié, de façon anachronique, de « détracteur prééminent des musulmans. »

Un professeur canadien vivant au Costa Rica a dénoncé le fait que les gens des États-Unis avaient « accaparé » le terme américain pour se l'appliquer à eux seuls. Un intervenant a fait l'éloge de cette conférence pour avoir « problématisé la centralité des États-Unis. » Un modérateur s'est tellement inquiété de « l'américanocentrisme » qu'il s'est demandé si on ne devait pas s'abstenir de traiter ce sujet étant donné qu'il y aurait une arrogance intrinsèque dans le fait, pour les Américains, d'étudier les musulmans. Un frisson a parcouru l'assistance à la mention du nom de Trump. À l'opposé, l'invocation d'Edward Said a obtenu une approbation prévisible.

La conférence sur les mondes américain et musulman entre 1500 et 1900.

Ma seconde impression concerne le jargon. Personne en dehors des universitaires n'utilise des termes tels que « problématiser » ou « racialiser » ou des expressions comme « historiciser la notion d'imagination. » (Quelle est cette manie de transformer des noms en verbes terminés en –iser ?). L'utilisation du terme « et » dans le titre de la conférence a donné lieu à d'amples discussions (cela implique-t-il que l'Amérique et le monde musulman sont complètement différents ou cela permet-il un recoupement entre les deux ?) à tel point que cela est devenu « le problème du et. »

Ma troisième impression, qui est aussi la plus forte, est celle de la futilité, cette tendance qu'ont certains historiens à éviter les analyses majeures et pleines de sens au profit de micro-sujets insignifiants et à répondre à des questions que personne ne se pose, une tendance qui a brillé de tout son éclat lors de cette conférence à l'Université de Pennsylvanie. Des contributions intitulées « Les houris de Byron en Amérique : représentations visuelles d'héroïnes musulmanes dans la galerie des beautés de Byron » ou « Étrangers en pays étrangers : Nordistes et Sudistes dans la citadelle khédivale » ont transformé le sujet prometteur des premières relations entre Amérique et monde musulman, en un amas de propos obscurs, le prix de la bizarrerie revenant à la contribution intitulée « Bombo's America : perspective énergétique en sciences humaines du premier récit américano-oriental. »

À l'opposé, les questions importantes et utiles ont été à peine abordées : le rôle des musulmans instruits parmi les esclaves africains ; l'impact de la rébellion des Moros aux Philippines sur l'opinion américaine ; l'héritage des missionnaires protestants au Moyen-Orient ; la part des musulmans dans les premières vagues d'immigration en provenance du Moyen-Orient ; la manière dont les vendeurs de rue sont devenus des propriétaires de magasins de tissus puis de façon surprenante propriétaires de magasins de spiritueux ou encore l'héritage des Shriners, connus sous le nom officiel d'Ordre arabe ancien des nobles du sanctuaire mystique, avec ses temples mecquois factices et autres traits islamiques.

La conférence était annoncée comme étant « gratuite et ouverte au public mais avec inscription obligatoire. » Je me suis donc inscrit, signalant ainsi ma présence aux organisateurs et aux intervenants. Je ne peux pas l'assurer mais je pense que l'allusion gratuite de Kambiz GhaneaBassiri à mon article publié en 1990 sous le titre « Les musulmans arrivent ! Les musulmans arrivent ! » a été faite à mon attention. De la même manière, l'annonce répétée de l'interdiction d'enregistrer la conférence sous forme audio ou vidéo semblait s'adresser directement à moi. C'est une demande étrange de la part d'une institution universitaire qui se veut, par nature, ouverte à un large public. Mais c'est compréhensible étant donné le nombre de fois où Campus Watch a montré les excès commis dans le domaine des études sur le Moyen-Orient en répertoriant les divers événements. Ceci dit, je doute que cette interdiction soit applicable sur le plan légal.

Pour ma part, j'ai grandi non loin d'une université (mon père Richard est un professeur émérite) avant d'obtenir un doctorat en histoire médiévale. Tant et si bien que je croyais, au départ, que les campus universitaires prendraient une place importante dans ma vie. Mais contrairement à moi, l'université s'est radicalisée, ce qui a provoqué mon éloignement d'avec le monde universitaire. Désormais, quand j'y retourne occasionnellement en visite, je me sens systématiquement étranger à ce monde gauchisant, à son jargon et à sa futilité hautaine. Heureux d'avoir échappé à son emprise, je m'inquiète toutefois pour l'avenir de l'enseignement supérieur américain (encore ce mot !). Eh bien oui, Campus Watch a donc raison.

La chaîne Fox News a révélé qu'un Américain sur deux est prêt à recourir à des médias alternatifs. Quand donc les professionnels de l'éducation vont-ils comprendre que la même logique s'applique aux universités ?

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13 avril 2017 4 13 /04 /avril /2017 07:03

Un contrôle extrême pour débusquer les islamistes

par Daniel Pipes
Middle East Quarterly
Printemps 2017

http://fr.danielpipes.org/17483/debusquer-islamistes

Version originale anglaise: Smoking Out Islamists via Extreme Vetting
Adaptation française: Johan Bourlard

Le 27 janvier, Donald Trump a signé un décret présidentiel instaurant des procédures radicalement neuves pour le traitement des étrangers faisant une demande d'entrée aux États-Unis. Prenant appui sur la notion de « contrôle extrême » qu'il avait définie plus tôt, le décret explique que

Pour protéger les Américains, les États-Unis doivent s'assurer que les personnes admises dans ce pays n'adoptent pas de comportement hostile envers le pays et ses principes fondateurs. Les États-Unis ne peuvent ni ne doivent admettre les personnes qui ne soutiennent pas sa Constitution ou qui placent des idéologies violentes au-dessus des lois américaines. Par ailleurs, les États-Unis ne peuvent pas admettre les personnes qui s'engagent dans des actions sectaires ou haineuses (en ce compris les crimes « d'honneur » et autres formes de violence contre les femmes ainsi que la persécution des personnes pratiquant une religion autre que la leur) ou les personnes qui opprimeraient les Américains en raison de leur race, de leur sexe ou de leur orientation sexuelle.

Donald Trump signant le décret présidentiel au Pentagone, le 27 janvier 2017.

Cet extrait suscite différentes questions sur la façon dont le contrôle extrême se traduit dans les faits : comment distinguer les étrangers qui « n'adoptent pas un comportement hostile envers le pays et ses principes fondateurs » de ceux qui le font ? Comment les responsables gouvernementaux doivent s'y prendre pour identifier « les personnes qui placent des idéologies violentes au-dessus des lois américaines » ? Plus spécifiquement, étant donné que les nouvelles procédures sont presque exclusivement motivées par la crainte de voir entrer davantage d'islamistes dans le pays, comment identifier ces derniers ?

Je soutiendrai qu'il s'agit là de tâches réalisables et que le décret présidentiel fournit la base pour les concrétiser. Dans le même temps, elles sont coûteuses en temps et en argent et exigent des compétences de haut niveau. Il est possible de tenir les islamistes éloignés mais ce ne sera pas chose aisée.

Le défi

Par islamistes (par opposition à musulmans modérés), j'entends les 10 à 15 % des musulmans désireux d'appliquer la loi islamique (la charia) dans son intégralité. Les islamistes veulent mettre en œuvre un code datant du Moyen Âge et qui plaide (entre autres choses) pour la restriction des droits des femmes, l'assujettissement des non-musulmans, le djihad violent et l'établissement d'un califat pour le gouvernement du monde.

Pour de nombreux non-musulmans, l'essor de l'islamisme ces quarante dernières années, a rendu l'islam synonyme d'extrémisme, de trouble, d'agressivité et de violence. Or ce sont les islamistes, et non l'ensemble des musulmans, qui posent problème : ce sont eux, et non les musulmans dans leur ensemble, qui doivent de toute urgence être exclus des États-Unis et des autres pays occidentaux. Bien plus, ce sont les musulmans anti-islamistes qui constituent la clé qui mettra fin à l'insurrection islamiste puisqu'ils sont les seuls à offrir une alternative humaine et moderne à l'obscurantisme islamiste.

Cependant, l'identification des islamistes n'est pas chose aisée et il n'existe aucun test simple permettant de les débusquer. La tenue vestimentaire peut s'avérer trompeuse. Ainsi certaines femmes portant le hijab sont anti-islamistes alors que des musulmans pratiquants peuvent être des sionistes. L'activité exercée n'est pas non plus un indicateur : certains ingénieurs en technologies de pointe sont des islamistes violents. De la même manière, le fait de porter une barbe, de s'abstenir de boire de l'alcool, de prier cinq fois par jour ou de pratiquer la polygynie ne permet pas de conclure à un profil politique musulman. La situation se complique encore quand on sait que les islamistes pratiquent souvent la dissimulation en faisant mine d'être des modérés et que certains croyants changent d'opinion avec le temps.

Enfin les diverses nuances qui composent le tableau rendent la situation encore plus confuse. Comme l'observe Robert Satloff du Washington Institute, un livre publié en 2007 par les éditions Gallup (Who Speaks for Islam? What a Billion Muslims Really Think : Qui parle au nom de l'Islam ? Ce que pensent vraiment un milliard de musulmans) et basé sur un sondage mené auprès de plus de 50.000 musulmans répartis dans 10 pays, a montré que les attentats du 11-Septembre sont jugés « complètement justifiés » pour 7 % des musulmans, complètement ou « largement justifiés » pour 13,5 %, et complètement, largement ou « d'une certaine façon justifiés » pour 36,6 %. Lequel de ces groupes peut-on définir comme islamiste et lequel pas ?

Confrontés à ces défis intellectuels, les bureaucrates américains sont de toute évidence incompétents, comme je l'ai démontré dans un long article que j'ai publié sur mon blog sous le titre « The U.S. Government's Poor Record on Islamists » (Le bilan médiocre du gouvernement américain au sujet des islamistes). Les islamistes ont dupé la Maison Blanche, les départements de la Défense, de la Justice, des Affaires étrangères et des Finances, le Congrès, de nombreux services de police et une quantité de municipalités. Quelques exemples :

  • En 2001, le Pentagone a invité à déjeuner Anwar al-Awlaki, cet islamiste américain que le Pentagone a ensuite exécuté au moyen d'un missile lancé par un drone.

En 2001, Anwar al-Awlaki a été invité à déjeuner par le Pentagone qui, en 2011, l'a finalement tué lors d'une frappe de drone.

  • En 2002, Bill Carter, porte-parole du FBI, décrivait l'American Muslim Council (AMC, Conseil musulman américain) comme « la plus grande organisation représentative des musulmans des États-Unis ». À peine deux ans plus tard, le FBI arrêtait le président fondateur de l'AMC, Abdurahman Alamoudi, pour infractions liées au terrorisme. Alamoudi a actuellement purgé la moitié de sa peine de 23 ans de prison.
  • En 2003, George W. Bush a nommé le crypto-islamiste Khaled Abou El Fadl, incroyable mais vrai, à la Commission des États-Unis sur la liberté religieuse internationale.
  • En 2015, la Maison Blanche a sollicité pour ses consultations du personnel issu du Council on American-Islamic Relations (CAIR, Conseil pour les relations islamo-américaines) et ce, en dépit de plusieurs faits comme le financement initial du CAIR par une organisation classée comme terroriste, les arrestations et expulsions fréquentes de ses employés pour terrorisme, une culture de la tromperie et l'objectif de l'un de ses dirigeants de faire de l'islam la seule religion autorisée en Amérique.

Les faux modérés m'ont trompé moi aussi et ce, malgré toute l'attention que je consacre à ce sujet. En 2000, j'ai fait l'éloge d'un livre écrit par Tariq Ramadan. Quatre ans plus tard, j'ai plaidé en faveur de son exclusion des États-Unis. En 2003, j'ai condamné un agent républicain nommé Kamal Nawash. Deux ans plus tard, je l'ai soutenu. Est-ce que c'est eux qui ont évolué ou est-ce ma perception de ces personnes qui a changé ? Plus de dix ans après, je me pose encore la question.

Normes de contrôle uniformes

Pour en revenir à l'immigration, cet état de confusion indique la nécessité d'en savoir beaucoup plus sur les candidats visiteurs ou immigrants. Heureusement, le décret « Protéger la nation de l'entrée de terroristes étrangers aux États-Unis » signé par Trump le 27 janvier 2017, n'exige rien d'autre que des « normes de contrôle uniformes » dont l'objectif est d'empêcher l'entrée aux États-Unis d'individus « de façon frauduleuse dans l'intention de nuire ou susceptibles de nuire après leur admission. » Le décret exige que les mesures de contrôles et procédures uniformes prévoient entre autres éléments (et c'est moi qui souligne) :

1. Des interrogatoires personnalisés ;

2. Une base de données reprenant les documents d'identité produits par les demandeurs de sorte que le double de ces documents ne serve pas à plusieurs demandeurs ;

3. Des formulaires de demande améliorés comprenant des questions destinées à identifier des réponses frauduleuses et des intentions malveillantes ;

4. Un mécanisme garantissant que le demandeur est bien celui qu'il prétend être ;

5. Un processus d'évaluation de la probabilité du demandeur de devenir une personne contribuant positivement à la société et l'aptitude du demandeur à contribuer aux intérêts nationaux ;

6. Un mécanisme pour vérifier si le demandeur a ou n'a pas l'intention de commettre des actes criminels ou terroristes après être entré aux États-Unis.

Les éléments 1, 3, 5 et 6 permettent et exigent la procédure décrite dans l'analyse qui suit et qui comprend deux composantes principales, la recherche approfondie et les interrogatoires intensifs.

Recherche

Quand une personne demande une habilitation de sécurité, la vérification de ses antécédents devrait inclure des recherches au sein de sa famille, ses amis, ses connaissances, ses emplois, ses affiliations et ses activités. Les agents doivent enquêter sur ces personnes par rapport aux propos, aux liens et aux actes qui posent question ainsi qu'aux anomalies et aux vides. Et s'ils trouvent quelque chose de douteux, ils doivent investiguer plus avant et rester vigilants par rapport au moindre problème. Est-ce que l'accès aux secrets du gouvernement est plus important que l'accès au pays ? La procédure d'immigration doit commencer par une enquête sur le candidat à l'immigration et, à l'instar des demandes d'habilitation de sécurité, les services de contrôle aux frontières doivent dépister les problèmes éventuels.

Pratiquement toute personne ayant des idées fortes les partage dans une certaine mesure sur les réseaux sociaux.

Également à l'instar de l'habilitation de sécurité, cette procédure doit revêtir une dimension politique : la personne en question a-t-elle des conceptions en accord avec la Constitution ? Il n'y a pas si longtemps, seules les personnes publiques comme les intellectuels, les activistes et les personnalités religieuses exprimaient leur point de vue. Désormais, avec l'Internet et ses invitations lancées à chacun pour commenter constamment et publiquement par écrit ou par vidéo et particulièrement sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, etc.), pratiquement toute personne ayant des idées fortes les partage dans une certaine mesure sur les réseaux sociaux. De telles données procurent de précieux témoignages à l'état brut sur nombre de sujets sensibles tels que l'islam, les non-musulmans, les femmes et la violence comme moyen tactique. L'exploitation de telles données semble évidente. Toutefois, les services américains à l'immigration ne le font pas et s'imposent de la sorte une retenue plus ou moins comparable à celle que s'impose la police belge en choisissant de ne mener aucune descente entre 21 heures et 5 heures du matin.

Dans le cas de djihadistes virulents, francs et déclarés, cette enquête suffit généralement à fournir des éléments pour les expulser. Même certains islamistes non violents annoncent fièrement leur immodération. Toutefois de nombreux islamistes adoptent un ton plus doux et plus subtil, leur objectif étant d'apparaître comme des modérés pour pouvoir entrer dans le pays et y imposer ensuite la charia par des moyens légaux. Comme le laissent penser certains des exemples mentionnés ci-dessus, tels ceux d'Abou El Fadl ou du CAIR, les enquêtes s'avèrent souvent inadaptées à de tels cas parce que les islamistes prudents cachent leurs objectifs et recourent sans hésiter à la dissimulation. Ce qui nous amène aux interrogatoires d'arrivée.

L'inspecteur Jacques Clouseau a peut-être bel et bien travaillé pour la police belge.

Interrogatoires d'arrivée

En considérant que les islamistes légalistes ont coutume de masquer leurs véritables opinions, il s'avère nécessaire de les interroger avant de les laisser entrer dans le pays. Naturellement nul n'étant obligé de faire une demande pour immigrer, l'interrogatoire doit être volontaire mais il doit aussi être très minutieux et comprendre les paramètres suivants :

Enregistrement. Avec l'autorisation explicite de la personne à interroger (« Vous comprenez et acceptez que l'interview soit enregistrée, est-ce exact ?), les échanges doivent être enregistrés au moyen d'une caméra visible de sorte que toutes les étapes de la procédure figurent sans ambiguïté au dossier. Cela permettra de disposer à propos de la personne interrogée de différents éléments susceptibles d'être étudiés par la suite comme les paroles, les intonations, les habitudes de langage, les expressions du visage ou encore le langage du corps. La forme importe tout autant que le fond : la personne interrogée est-elle souriante ou agitée ? A-t-elle le regard fuyant ou fixe ? Se met-elle à répéter, à transpirer, à trembler ? Montre-t-elle des signes de fatigue ? Ressent-elle le besoin d'aller souvent aux toilettes ? S'exprime-t-elle de manière non verbale ?

Polygraphe. Même si un détecteur de mensonge ne procure en réalité aucune information utile, le fait de brancher la personne interrogée sur ce type de machine pourrait la pousser à faire preuve d'une plus grande sincérité.

Serment. Le fait de savoir que le faux témoignage est punissable d'une peine d'emprisonnement, encourage fortement à dire la vérité.

Publicité. Si le candidat sait que les réponses qu'il a données pour se dérober aux questions (telles que celles portant sur sa vie privée) seront rendues publiques, cela réduit les risques de fraude. Par exemple, interrogé sur sa foi en la pleine application de la loi islamique, un islamiste sera moins susceptible de mentir en répondant négativement s'il sait que sa réponse pourra être vue par d'autres.

Multiplicité. Aucune question ne peut à elle seule donner lieu à une réponse établissant une disposition islamiste. Un interrogatoire efficace requiert une batterie de questions sur de nombreux sujets, allant de l'homosexualité au califat et les réponses doivent être vérifiées dans leur ensemble.

Spécificité. Des questions vagues du style « L'islam est-il une religion de paix ? », « Condamnez-vous le terrorisme ? » ou « Comment réagissez-vous face aux meurtres d'innocents ? » dépendent trop de la définition que donne chacun aux mots tels que paix, terrorisme et innocents pour permettre de définir le profil d'un individu. Il faut dès lors les éviter. Il faut par contre des questions ciblées et précises : « Les musulmans peuvent-ils sortir de l'islam, soit pour adhérer à une autre religion soit pour devenir athées ? », « Un musulman a-t-il le droit de renoncer à l'islam ? »

Formulations variées. Pour que les questions permettent de faire apparaître la vérité, il faut faire ressortir les divergences et les inconséquences en posant la même question avec des mots différents et des insistances variées. En voici un échantillon : « Une femme peut-elle montrer son visage en public ? » « Quelle punition préférez-vous pour les femmes qui dévoilent leur visage à des hommes qui ne sont pas de leur parenté ? » « Est-il de la responsabilité de l'homme de s'assurer que les femmes dont il a la garde ne quittent pas le domicile sans s'être voilé le visage ? » « Le gouvernement doit-il insister sur le fait que les femmes doivent se voiler le visage ? » « La société est-elle mieux réglée quand les femmes ont le visage voilé ? » Chaque question peut être posée de différentes manières et approfondie au moyen de suivis sur la ligne de raisonnement ou la profondeur des sentiments de la personne interrogée.

Répétition. Les questions doivent être posées à de multiples reprises durant plusieurs semaines, plusieurs mois voire plus. Ce point est crucial : comme il est plus difficile de se souvenir d'un mensonge que de la vérité, les risques de voir la personne interrogée modifier ses réponses augmentent à mesure qu'augmentent le volume de questions ainsi que le laps de temps entre les différents interrogatoires. Une fois que des incohérences apparaissent, l'examinateur peut se concentrer sur elles et en évaluer la nature, l'ampleur et la signification.

Les questions

Une fois la méthode mise en place, quelles sont les questions précises qui pourraient susciter des informations utiles ?

Les questions qui suivent, présentées comme une base de réflexion, émanent de votre serviteur mais aussi d'une série d'analystes qui se consacrent depuis des années à l'étude du sujet. En 2002, Naser Khader, alors député danois d'origine musulmane et syrienne, avait proposé une première batterie de questions. L'année suivante, votre serviteur a publié une liste englobant sept domaines. D'autres ont suivi, notamment le musulman libéral égyptien Tarek Heggy, les musulmans libéraux américains Tashbih Sayyed et Zuhdi Jasser, l'ex-musulman qui se fait appeler Sam Solomon, une organisation de la RAND Corporation ainsi que l'analyste Robert Spencer. Les questions posées par le land allemand de Bade-Wurtemberg et datant de septembre 2005 s'avèrent particulièrement intéressantes étant donné qu'il s'agit d'un document officiel (dans le cadre de la citoyenneté et non de l'immigration mais avec des objectifs similaires).

Zuhdi Jasser (à gauche) avec votre serviteur comme coéquipiers lors d'un débat organisé à New York en 2012.

Doctrine islamique :

1. Les musulmans peuvent-ils réinterpréter le Coran à la lumière des changements produits par la modernité ?

2. Les musulmans peuvent-ils se détourner de l'islam, soit pour se convertir à une autre religion soit pour vivre sans religion ?

3. Les banques peuvent-elles prélever un intérêt raisonnable (disons 3% de plus que l'inflation) sur l'argent ?

4. La taqiya (dissimulation au nom de l'islam) est-elle légitime ?

Pluralisme islamique :

5. Les musulmans peuvent-ils choisir les règles de l'islam auxquelles ils souhaitent se conformer (ex. boire de l'alcool mais éviter de manger du porc) ?

6. Le takfir (le fait de déclarer qu'un musulman est infidèle) est-il acceptable ?

7. (À poser uniquement aux sunnites) Les soufis, les ibadites et les chiites sont-ils des musulmans ?

8. Les musulmans qui ne sont pas en accord avec votre façon de pratiquer l'islam sont-ils des infidèles (kuffar) ?

L'État et l'islam :

9. Que pensez-vous de la déconfessionnalisation de l'État c'est-à-dire de la séparation entre la Mosquée et l'État ?

10. Quand les coutumes islamiques sont en contradiction avec les lois laïques (ex. le visage voilé des femmes sur des documents d'identité), à quoi faut-il donner la priorité ?

11. L'État doit-il rendre la prière obligatoire ?

12. L'État doit-il interdire la consommation de nourriture pendant le Ramadan et pénaliser les transgresseurs ?

13. L'État doit-il punir les musulmans qui mangent du porc, boivent de l'alcool et jouent aux jeux de hasard ?

14. L'État doit-il punir l'adultère ?

15. Et l'homosexualité ?

16. Seriez-vous partisan d'une mutawwa' (police religieuse) comme cela existe en Arabie saoudite ?

17. L'État doit-il appliquer les sanctions pénales prévues par la charia ?

18. L'État doit-il faire preuve de clémence quand quelqu'un est tué pour l'honneur d'une famille ?

19. L'État doit-il interdire aux musulmans de quitter l'islam ?

Mariage et divorce :

20. Un mari a-t-il le droit de frapper sa femme si celle-ci lui désobéit ?

21. Est-ce une bonne idée que les hommes puissent garder leurs femmes et leurs filles enfermées à la maison ?

22. Les parents ont-ils le droit de décider qui leurs enfants vont épouser ?

23. Comment réagiriez-vous si une fille musulmane épousait un non-musulman ?

24. La polygynie est-elle acceptable ?

25. Un mari doit-il avoir la permission de sa première femme pour pouvoir en épouser une deuxième, une troisième ou une quatrième ?

26. La femme doit-elle disposer des mêmes droits que son mari pour entamer une procédure de divorce ?

27. En cas de divorce, l'épouse a-t-elle des droits quant à la garde des enfants ?

Droits de la femme :

28. Les femmes musulmanes doivent-elles être égales en droit aux hommes (par exemple en matière d'héritage ou de témoignage en justice) ?

29. La femme a-t-elle le droit de s'habiller comme elle veut, notamment en découvrant ses cheveux, ses bras et ses jambes pour autant que sa poitrine et ses organes sexuels soient couverts ?

30. Les femmes musulmanes peuvent-elles circuler librement ou voyager comme elles l'entendent ?

31. La femme musulmane a-t-elle le droit de travailler à l'extérieur de chez elle ou faut-il l'approbation du wali ?

32. La femme musulmane peut-elle épouser un non-musulman ?

33. Les hommes et les femmes doivent-ils être séparés dans les écoles, au travail et dans la société ?

34. Faut-il réserver certaines professions aux hommes ou aux femmes ? Si oui, lesquelles ?

35. Acceptez-vous que les femmes occupent des postes à hautes responsabilités ?

36. En cas d'urgence, vous laisseriez-vous ausculter ou opérer par un médecin de l'autre sexe ?

Activité sexuelle :

37. Un mari a-t-il le droit de forcer sa femme à avoir une relation sexuelle ?

38. L'excision des femmes fait-elle partie de la religion islamique ?

39. La lapidation est-elle un juste châtiment pour l'adultère ?

40. Les membres d'une famille ont-ils le droit de tuer une femme s'ils croient que celle-ci les a déshonorés ?

41. Que répondriez-vous à l'un de vos enfants s'il se déclarait homosexuel ?

Écoles :

42. Votre enfant doit-il apprendre l'histoire des non-musulmans ?

43. Faut-il enseigner aux étudiants que la charia est un code personnel ou qu'elle doit servir de base à la loi de l'État ?

44. Votre fille peut-elle participer à des activités sportives, notamment des cours de natation, proposées par l'école ?

45. Permettriez-vous à votre enfant de participer à des voyages scolaires y compris ceux où l'enfant découche ?

46. Que feriez-vous si votre fille émettait le souhait d'aller à l'université ?

Critique des musulmans :

47. L'islam s'est-il répandu uniquement par des moyens pacifiques ?

48. Reconnaissez-vous comme légitimes les recherches universitaires sur les origines de l'islam même si cela entraîne des doutes sur l'histoire officielle ?

49. Acceptez-vous le fait que des musulmans ont été responsables des attentats du 11-Septembre ?

50. L'État islamique ou l'EI ou Daech, est-il de nature islamique ?

Le fait pour un musulman de nier la nature islamique de Daech indique beaucoup de chose sur son état d'esprit.

Combattre l'islamisme :

51. Acceptez-vous le relèvement du niveau de sécurité pour combattre l'islamisme même si cela implique que vous soyez soumis à des contrôles supplémentaires (par exemple, en matière de sécurité aérienne) ?

52. Lorsque des institutions accusées à juste titre de financer le djihad sont fermées, s'agit-il d'une décision partiale antimusulmane ?

53. Les musulmans vivant en Occident doivent-ils coopérer avec les services de police et la justice ?

54. Devraient-ils s'engager dans l'armée ?

55. La « guerre contre le terrorisme » est-elle une guerre contre l'islam ?

Les non-musulmans (en général) :

56. Les êtres humains méritent-ils tous des droits égaux indépendamment de leur sexe, de leurs origines ethniques, de leur orientation sexuelle ou de leurs croyances religieuses ?

57. Les non-musulmans doivent-ils bénéficier, en matière de droits civils, d'une égalité complète avec les musulmans ?

58. Acceptez-vous la validité des autres religions monothéistes ?

59. Ou des religions polythéistes (comme l'hindouisme) ?

Prière dans un temple hindou à Dubaï, fondé en 1958.

60. Les musulmans sont-ils supérieurs aux non-musulmans ?

61. Les non-musulmans doivent-ils être assujettis à la loi islamique ?

62. Les musulmans ont-ils quelque chose à apprendre des non-musulmans ?

63. Les non-musulmans peuvent-ils aller au paradis ?

64. Recevez-vous des non-musulmans chez vous et allez-vous chez eux ?

Les non-musulmans (dans le Dar al-Islam) :

65. Les musulmans peuvent-ils forcer les « Gens du Livre » (c'est-à-dire les juifs et les chrétiens) à payer des impôts supplémentaires ?

66. Les autres monothéistes peuvent-ils construire et gérer leurs propres institutions religieuses dans des pays à majorité musulmane ?

67. Et les polythéistes ?

68. Le gouvernement saoudien doit-il maintenir l'interdiction séculaire faite aux non-musulmans d'accéder à La Mecque et à Médine ?

69. Ce même gouvernement doit-il permettre la construction d'églises pour les expatriés chrétiens ?

70. Doit-il arrêter d'exiger que tous ses sujets soient musulmans ?

Les non-musulmans (dans le Dar al-Harb) :

71. Les musulmans doivent-ils combattre les juifs et les chrétiens « jusqu'à leur soumission » (Coran 9 : 29) ?

72. L'esclavage des non-musulmans est-il acceptable ?

73. Est-il acceptable d'arrêter les individus qui maudissent le prophète de l'islam ou brûlent le Coran ?

74. Si l'État n'agit pas contre de tels actes, les musulmans sont-ils en droit d'agir ?

75. Peut-on mener une vie pleinement musulmane dans un pays dont le gouvernement est en majorité non-musulman ?

76. Un musulman doit-il accepter un gouvernement légitime en majorité non-musulman ainsi que ses lois ou doit-il faire en sorte que l'islam acquière la supériorité ?

77. Un gouvernement en majorité non-musulman peut-il compter sur une allégeance sans réserve de votre part ?

78. Les musulmans qui incendient les églises ou vandalisent les synagogues doivent-ils être punis ?

79. Soutenez-vous le djihad pour la diffusion de l'islam ?

Violence :

80. Approuvez-vous les châtiments corporels (mutilation, amputation, crucifixion) des criminels ?

81. La décapitation est-elle une forme de punition acceptable ?

82. Le djihad au sens de guerre pour étendre la domination musulmane, est-il acceptable dans le monde d'aujourd'hui ?

83. Quel est le sens du cri « Allahu Akbar » lancé par les musulmans qui commettent des attentats ?

84. Condamnez-vous les organisations violentes telles que Boko Haram, le Hamas, le Hezbollah, le Djihad islamique, l'État islamique, Al-Qaïda, les Shebab et les Talibans ?

Pays occidentaux :

85. Les institutions non-islamiques sont-elles immorales ou décadentes ou peuvent-elles être morales et vertueuses ?

86. Êtes-vous d'accord avec les études qui montrent que des pays non-musulmans comme la Nouvelle-Zélande ont une qualité de vie plus proche des idéaux de l'islam que ne l'est celle des pays à majorité musulmane ?

87. La liberté à la mode occidentale est-elle un idéal ou une forme de corruption morale ? Pourquoi ?

88. Acceptez-vous le fait que les pays occidentaux sont des pays à majorité chrétienne ou cherchez-vous à les transformer en pays à majorité musulmane ?

89. Acceptez-vous de vivre dans des pays occidentaux laïcs ou cherchez-vous à ce que ces pays soient gouvernés par la loi islamique ?

90. Que pensez-vous de la police religieuse patrouillant dans les quartiers à majorité musulmane de pays occidentaux en vue d'y faire appliquer les principes de la morale islamique ?

91. Aimeriez-vous voir la Constitution américaine (ou son équivalent dans d'autres pays) remplacée par le Coran ?

Cette interview :

92. Dans un interrogatoire pour immigrés comme celui-ci, si tromper l'enquêteur peut servir l'islam, le mensonge est-il justifié ?

93. Pourquoi devrais-je croire que vous avez répondu à ces questions honnêtement ?

Observations à propos des interrogatoires

En plus d'aider à décider qui peut entrer dans le pays, ces questions peuvent également aider dans d'autres contextes, par exemple lors d'interrogatoires de police pour des recrutements à des postes sensibles (la liste des islamistes parvenus à s'infiltrer dans les services de sécurité occidentaux est terriblement longue).

On notera l'absence de questions sur les sujets d'actualité les plus brûlants, absence due au fait que le point de vue des islamistes recouvre celui des non-musulmans. Sur ces sujets, un tas de non-islamistes s'accordent avec les islamistes. Bien que Leil Leibowitz voie au contraire Israël comme un « véritable test-vérité de l'islam modéré », les islamistes sont pratiquement les seuls à exiger l'élimination d'Israël et à accepter le Hamas et le Hezbollah comme des acteurs politiques légitimes – ou croient que l'administration Bush a perpétré les attentats du 11-Septembre ou les actes de haine contre les États-Unis. Pourquoi introduire ces sujets ambigus quand tant de questions spécifiques à l'islam (ex. « L'esclavage des non-musulmans est-il acceptable ? ») ont le mérite d'être bien plus claires ?

Pas besoin d'être un islamiste pour être antisioniste.

 

La grille de questions élaborée ci-dessus est extensive, elle pose de nombreuses questions spécifiques sur une période substantielle en utilisant différentes formulations qui permettent de déceler la vérité et les incohérences. Le procédé n'est ni rapide, ni facile ni bon marché et il requiert des fonctionnaires entièrement consacrés à cette tâche et bien informés sur les personnes interrogées, les sociétés d'où elles sont originaires ainsi que la religion islamique. Ils sont un peu comme un enquêteur de police qui connaît à la fois le suspect et le délit. Cela n'a rien d'une sinécure mais il n'y a pas de solution simple.

Critiques

Cette procédure suscite deux sortes de critique : d'une part, elle serait moins fiable que la politique du zéro musulman de Trump et d'autre part, elle serait trop contraignante pour qu'elle puisse être adoptée par les gouvernements. Les deux arguments sont aisément réfutables.

Moins fiable. La politique du zéro musulman semble simple à mettre en place mais la question de savoir qui est musulman est déjà un problème en soi (les Ahmadis sont-ils musulmans ?). En outre avec une telle politique en place, qu'est-ce qui va empêcher les musulmans de faire mine de renoncer à leur religion ou de se convertir à une autre religion, notamment le christianisme ? Ces actions nécessiteraient la même recherche approfondie et le même interrogatoire intensif que ceux décrits plus haut. Puisqu'un converti peut se cacher derrière l'ignorance de sa prétendue nouvelle religion, la distinction entre un véritable converti au christianisme et un faux est même plus difficile que de différencier un islamiste d'un musulman modéré.

Trop contraignant. Il est vrai que la procédure est couteuse, lente et nécessite des agents aguerris. Mais cela a aussi l'avantage de ralentir un processus que d'aucuns, comme moi, considèrent comme hors de contrôle étant donné le nombre trop important d'immigrants entrant dans le pays trop rapidement. Alors qu'ils constituaient 5 % de la population américaine en 1965, les immigrants sont passés à 14 % en 2015 et devraient, selon les projections, atteindre 18 % en 2065. C'est un chiffre beaucoup trop élevé pour permettre l'assimilation des valeurs américaines, particulièrement quand nombre d'entre eux proviennent de pays non occidentaux. Le mécanisme présenté plus haut offre l'avantage de ralentir ce processus.

Quant à ceux qui affirment que ce type d'enquête et de screening pour l'obtention de visas est illégal, la législation antérieure en matière de naturalisation, par exemple, exigeait que le demandeur soit « attaché aux principes de la Constitution », un principe reconnu à plusieurs reprises comme légal.

Enfin, le musulman modéré d'aujourd'hui pourrait devenir demain un islamiste enragé ou sa fille pourrait, vingt ans plus tard, devenir une djihadiste. Si tout immigré peut devenir hostile, un tel changement est bien plus fréquent parmi les musulmans de naissance. Certes, il n'y a aucune façon de garantir que cela ne se produira pas. Néanmoins une enquête extensive et des interrogatoires approfondis permettraient de réduire les risques.

Conclusion

Pour protéger véritablement le pays des islamistes, il faut un engagement majeur de talents, de ressources et de temps. Correctement posées, ces questions offrent un mécanisme pour séparer, parmi les musulmans, les amis des ennemis. Elles ont également l'avantage de ralentir l'immigration. Même avant que Trump devienne président, s'il faut en croire le CAIR, l'agence des douanes et de la protection des frontières (CBP) a posé des questions sur le modèle de celles proposées ici (Que pensez-vous des États-Unis ? Quelle est votre opinion sur le djihad ? Voir l'appendice pour une liste complète). Avec le soutien de Trump, espérons que cette politique effective du zéro islamiste est en bonne voie pour devenir systématique.

Appendice

Le 18 janvier 2017, quelques heures seulement avant que Donald Trump devienne président des États-Unis, le bureau de Floride du Conseil aux relations islamo-américaines (CAIR) a déposé dix plaintes auprès de l'agence des douanes et de la protection des frontières (CBP) pour avoir interrogé des citoyens musulmans à propos de leurs opinions religieuses et politiques. Parmi les questions qui auraient été posées, il y a :

1. Êtes-vous un musulman pieux ?

2. Êtes-vous sunnite ou chiite ?

3. Quelle école de pensée suivez-vous ?

4. Quel savant musulman suivez-vous ?

5. Quel savant musulman contemporain écoutez-vous ?

6. Priez-vous cinq fois par jour ?

7. Pourquoi avez-vous un tapis de prière dans vos bagages ?

8. Pourquoi avez-vous un exemplaire du Coran dans vos bagages ?

9. Avez-vous visité l'Arabie saoudite ?

10. Visiteriez-vous l'Arabie saoudite ou Israël ?

11. Que connaissez-vous de la Jama'at al-Tabligh ?

12. Que pensez-vous des USA ?

13. Quelles sont vos opinions sur le djihad ?

14. Quelle mosquée fréquentez-vous ?

15. Est-ce qu'un individu de votre mosquée a des opinions extrêmes/radicales ?

16. Votre imam exprime-t-il des opinions extrémistes ?

17. Quelles sont les opinions d'autres imams ou d'autres membres de la communauté qui prononcent le sermon du vendredi dans votre mosquée ?

18. Ont-ils des opinions extrémistes ?

19. Avez-vous déjà participé à la prière du vendredi ? De quoi avez-vous parlé avec la communauté ?

20. Quelles sont vos opinions au sujet des différentes organisations terroristes ?

21. Sur les réseaux sociaux, quels sites utilisez-vous ?

22. Quel est votre nom d'utilisateur sur Facebook ?

23. Quel est votre nom d'utilisateur sur Twitter ?

24. Quel est votre nom d'utilisateur sur Instagram ?

25. Quels sont les noms et numéros de téléphone de vos parents, connaissances et amis ?

Le CAIR prétend également qu'un musulman canadien a été interrogé par la CPB qui lui a posé les questions suivantes avant de lui refuser l'entrée dans le pays :

1. Êtes-vous sunnite ou chiite ?

2. Pensez-vous que nous devons permettre à quelqu'un comme vous d'entrer dans notre pays ?

3. À quelle fréquence priez-vous ?

4. Pourquoi vous êtes-vous rasé la barbe ?

5. Quelle école de pensée suivez-vous ?

6. Que pensez-vous de la politique étrangère américaine à l'égard du monde musulman ?

7. Que pensez-vous du fait de tuer des non-musulmans ?

8. Que pensez-vous de [différents groupes terroristes] ?

Enfin, le CAIR indique que les personnes interrogées « ont été retenues de 2 à 8 heures par la CBP. »

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10 avril 2017 1 10 /04 /avril /2017 14:13

Breaking the Palestinians' Will to Fight

Dans mon oeuvre l'Origine non biblique du Peuple juif - on trouve tous les elements decrits par Daniel Pipes

by Daniel Pipes
Mosaic
April 10, 2017

http://www.danielpipes.org/17469/breaking-the-palestinians-will-to-fight

[Mosaic title: "The Israel-Palestinian Peace Process Has Been a Massive Charade"]

Daniel Polisar of Shalem College in Jerusalem.

Daniel Polisar of Shalem College in Jerusalem shook the debate over Palestinian-Israeli relations in November 2015 with his essay, "What Do Palestinians Want?" In it, having studied 330 polls to "understand the perspective of everyday Palestinians" toward Israel, Israelis, Jews, and the utility of violence against them, he found that Palestinian attackers are "venerated" by their society—with all that that implies.

He's done it again with "Do Palestinians Want a Two-State Solution?" This time, he pored over some 400 opinion polls of Palestinian views to find consistency among seemingly contradictory evidence on the topic of ways to resolve the conflict with Israel. From this confusing bulk, Polisar convincingly establishes that Palestinians collectively hold three related views of Israel: it has no historical or moral claim to exist, it is inherently rapacious and expansionist, and it is doomed to extinction. In combination, these attitudes explain and justify the widespread Palestinian demand for a state from "the river to the sea," the grand Palestine of their maps that erases Israel.

With this analysis, Polisar has elegantly dissected the phenomenon that I call Palestinian rejectionism. That's the policy first implemented by the monstrous mufti of Jerusalem, Amin al-Husseini, in 1921 and consistently followed over the next near-century. Rejectionism demands that Palestinians (and beyond them, Arabs and Muslims) repudiate every aspect of Zionism: deny Jewish ties to the land of Israel, fight Jewish ownership of that land, refuse to recognize Jewish political power, refuse to trade with Zionists, murder Zionists where possible, and ally with any foreign power, including Nazi Germany and Soviet Russia, to eradicate Zionism.

Amin al-Husseini inspecting Bosnian SS soldiers.

The continuities are striking. All major Palestinian leaders--Amin al-Husseini, Ahmad al-Shukeiri, Yasir Arafat, Mahmoud Abbas, and Yahya Sinwar (the new leader of Hamas in Gaza)—have made eliminating the Zionist presence their only goal. Yes, for tactical reasons, they occasionally compromised (most notably, in the Oslo Accords of 1993), but then they reversed these exceptions as soon as possible.

In other words, the Israeli-Palestinian "peace process" that began in 1989 has been a massive charade. As Israelis earnestly debated making "painful concessions," their Palestinian counterparts issued promises they had had no intention of fulfilling, something Arafat had the gall publicly to signal to his constituency even as he signed the Oslo Accords, and many times subsequently.

So long as rejectionism runs rampant, debates about one-, two-, and three-state solutions, about carving up the Temple Mount into dual sovereign areas, or about electricity grids and water supplies, are for naught. There can be no resolution so long as most Palestinians dream of obliterating the Jewish state. Indeed, this makes negotiations counterproductive. The Oslo Accords and other signed pieces of paper have made matters much worse. The farce of negotiations, therefore, needs urgently to end.


If no more negotiations, then what? Polisar rightly recommends tackling the problem head-on with "policies that seek to reduce decisively popular Palestinian support for a maximalist state." This shift accords with what I call an Israeli strategy for victory: breaking the Palestinians' will to fight by convincing them that Jews have historic ties to the land, that Israel has a determined citizenry, a powerful economy and military, and mighty allies, even as it respects its neighbors and will be around into the distant future. Therefore, the dream of a grand Palestine is the purest fantasy.

In other words: Palestinians, the game is up. Accept the Jewish state, bargain with it, and benefit from its dynamism.

Here, happily, things are not entirely bleak. My research finds, and Polisar's confirms, that about 20 percent of Palestinians are ready to live peaceably with the Jewish state. The challenge is to increase this number to 60 percent and more, so that this group at last can wrest control of the Palestinian national movement from rejectionists.

This process will be neither easy nor pleasant, for there is no avoiding the bitter crucible of defeat. The Palestinian Authority and Hamas will violently repress readiness to accommodate Israel, making the transition all the more painful. They will not, however, manage to reverse their populations' demoralization and restiveness, or stop the movement favoring an end to hostilities. As the reality of defeat sinks in, new voices will inexorably be heard and will strengthen, calling for an end to the century-long catastrophe of rejectionism.

When Palestinians emerge from this ordeal, they will greatly benefit from throwing off the burden of anti-Zionism. Finally, they can begin to build their own polity, economy, society, and culture. Finally, they can learn from their remarkable neighbor. All will gain when this proud people turns its attention to creating the institutions of civil society and to teaching children skills rather than hatred.

Learning about drip agriculture is just one of the many ways Palestinians can benefit from Israel.

International, and especially American, support will much enhance the Israeli strategy for victory and the transition to a better future for Palestinians. May the Trump administration end the failed cycle of negotiations and instead help its "cherished ally" win its war.

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4 avril 2017 2 04 /04 /avril /2017 01:45

Daniel Pipes: « Si Nikky Haley a été fantastique »… On attends encore les actes de Donald Trump !

JSS News
2 avril 2017

http://fr.danielpipes.org/17458/israel-actes-donald-trump

Version originale anglaise: Will Trump Turn Against Israel?

Ci-après, une transcription partielle d'une interview accordée par le Dr Daniel Pipes du Middle East Forum. Daniel Pipes revient avec le courage qu'il faut pour un pro-israélien notoire, sur les actions de Donald Trump depuis sa prise de pouvoir. Et de ce que l'on peut voir, à l'accoutumée de ce que disent et font les politiciens, il y a de quoi être déçu de Donald Trump... Pour l'instant en tout cas !

Nikki Haley [enregistrement]: Nulle part, l'échec de l'ONU n'a été plus cohérent et plus scandaleux que son parti contre notre proche allié, Israël. Lors de la séance d'assemblée générale qui vient de se terminer, l'ONU a adopté 20 résolutions contre Israël et six autres ont ciblé le reste du monde.

Ezra Levant: c'est Nikki Haley lors de son audience de confirmation. Elle est maintenant l'ambassadrice de Donald Trump aux Nations Unies, adoptant une approche très pro-israélienne, un écart marqué de l'approche du président Obama. Mais à l'exception de Nikki Haley, qu'a fait Donald Trump en ce qui concerne Israël et le Moyen-Orient? A-t-il tenu la promesse d'être pro-israélien, de déménager l'ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem ?

Daniel Pipes: Nikki Haley a été fantastique. Les autres aspects que vous évoquez ne sont pas si bons. Lorsque vous regardez le problème le plus important, l'Iran, le JCPOA, que Trump a qualifié de «pire accord de l'histoire», rien n'a été fait en 2 mois. Rien du tout.

Ezra Levant: qu'est-ce qui pourrait arriver? Que pouvait-il faire? Que devrait-il faire? Qu'est-ce qu'il a promis de faire?

Daniel Pipes: Il n'a jamais dit exactement ce qu'il ferait, mais il le dénonçait. Et le fait frappant de l'accord de l'Iran est que ce n'est pas un accord. C'est une proposition unilatérale des États-Unis. Personne ne l'a signé, juste le gouvernement des États-Unis. Aucun autre gouvernement. Pas le gouvernement iranien, ni les cinq autres partenaires. Alors Trump pourrait tout simplement le résilier. Il pourrait changer son application. Il pourrait faire toutes sortes de choses, mais il n'a rien fait. Rien ne s'est produit, au moins publiquement, de ce que nous connaissons.

(...) Vous avez mentionné le déménagement de l'ambassade à Jérusalem. Mike Pence vient de le réaffirmer, mais en fait, rien ne s'est passé. Vous avez également mentionné les unités de logements en Judée-Samarie: là, il semble y avoir plus de continuité que de changement. Plus important encore, sur les négociations israélo-palestiniennes, il semble, à ce stade, qu'il n'y ait pas de véritable changement. En outre, un certain nombre de membres clés de l'administration Obama au Conseil de sécurité nationale et au Département d'Etat sont en place et il semble qu'ils ont plus de pouvoir que jamais. Donc, en général, à l'exception des Nations Unies, il semble que la continuité soit davantage de rigueur que le changement.

Cela souligne un modèle intéressant que j'ai suivi depuis le début des années 90: les politiciens et les diplomates aux États-Unis, et vraisemblablement ailleurs, parlent chaleureusement d'Israël mais les faits ne suivent pas. En revanche, les politiciens qui ne sont pas chaleureux envers Israël ne reçoivent aucun crédit même s'ils font des choses qui sont bonnes pour Israël. Donc, par exemple, Barack Obama a fait les plus grosses livraisons d'armes à Israël de l'histoire, n'a obtenu aucun crédit parce qu'il était perçu comme méchant en Israël. Trump, parce que lui et son équipe ont été amicaux par la rhétorique, obtiennent de la sympathie sans vraiment n'avoir rien fait.

Découvrez l'intégralité de l'interview de Daniel Pipes, en anglais, dans la vidéo suivante:

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29 mars 2017 3 29 /03 /mars /2017 12:56

Le califat : but ultime des djihadistes

par Daniel Pipes
Global Terrorism: Challenges and Policy Options
2017

http://fr.danielpipes.org/17427/califat-ultime-djihadistes

Version originale anglaise: What Do Jihadis Want? The Caliphate
Adaptation française: Johan Bourlard

Que veulent les djihadistes (moudjahidines) ? Cette question maintes fois posée n'a étonnamment pas de réponse évidente étant donné que la plupart des attentats djihadistes ne sont pas accompagnés de revendications claires.

Les attentats épouvantables de Bombay en novembre 2008 et de Paris en novembre 2015 ont été perpétrés par des commandos suicides dont les hommes armés ont commis des tueries de masse. Ailleurs, ils ont eu recours à des attaques à la mitrailleuse, à des décapitations, à des bombes, à des détournements, etc. Comme après chaque neutralisation des assaillants par les forces de l'ordre, on procède à l'évaluation des dégâts qu'ils ont provoqués et les enquêteurs tentent de déterminer l'identité et les motivations des auteurs alors que des sites Internet officieux émettent après coup des revendications non authentifiées. Mais au final, on ne parvient jamais à répondre à la question de départ : « Que veulent les djihadistes ? »

Motivations des attentats djihadistes

Pourquoi les motivations demeurent-elles inexpliquées ? Alors que depuis les attentats du 11-Septembre aux États-Unis, les analystes continuent à spéculer sur ce qui pourrait motiver ce genre d'attaque, on peut, d'une façon générale, pointer deux grands types de motivations.

D'une part, il s'agit de changer spécifiquement la politique menée par l'État visé, par exemple, en cherchant à pousser au retrait de troupes étrangères de l'Irak et de l'Afghanistan ou en incitant Riyad à expulser les troupes étrangères de son territoire. Cela peut aussi consister à faire pression sur les gouvernements pour mettre fin au soutien à Israël ou faire pression sur New Delhi pour abandonner le contrôle sur le Cachemire.

D'autre part, il s'agit, d'une façon plus générale, d'affaiblir les non-musulmans dans leur ensemble, de nuire à leur économie, de semer la peur au sein de leur population et de chercher à instaurer la supériorité des musulmans. Ceci dit, l'un et l'autre types renvoient à quelque chose d'encore plus grand. Les djihadistes cherchent à instaurer un monde dominé par les musulmans, l'islam, la charia et le califat.

Nous voyons le djihad prendre deux formes qui dépendent de la force relative des populations musulmanes dans la zone. Là où les non-musulmans dirigent, on tente de gagner le contrôle sur les leviers du pouvoir et d'accéder aux affaires. Le but est de renverser l'ordre impie (le kufr). Il n'y a pas de tentative directe de conversion, la guerre étant une guerre de territoire. Là où les musulmans gouvernent, le but est d'appliquer la charia dans son intégralité. L'espoir ou le but ultime est de voir l'avènement d'un dirigeant pieux et juste qui puisse rendre les musulmans forts et riches et mettre fin à leurs divisions. Toutefois, l'aboutissement de l'un et l'autre est le califat mondial où le calife exercerait son empire sur l'ensemble des peuples de la planète et mettrait en œuvre la loi islamique dans son intégralité.

Bref historique

La succession de Mahomet a produit dans l'Islam des divisions profondes qui subsistent jusqu'à nos jours. Au cœur de cette dispute se trouve la question de savoir qui doit occuper la place du prophète à la tête de la communauté musulmane, une question qui, aujourd'hui encore, nourrit les dissensions entre chiites et sunnites. Les successeurs de Mahomet ont toutefois pu conduire les grandes conquêtes islamiques pendant les trois siècles qui ont suivi. Le califat effectif a pris fin dans les années 940 et même si le titre s'est transmis par la suite, il n'était plus que nominal. Le califat abbasside de Bagdad s'est éteint en 1258 lors du sac de Bagdad par les Mongols. Néanmoins, au cours de la dernière moitié de l'époque abbasside, les dirigeants musulmans s'étaient mis à utiliser d'autres titres comme celui de sultan. Atatürk a mis fin au califat le 3 mars 1924 mais l'idée a perduré, comme on le voit dans le mouvement indien Khilafat à partir des années 1919-1926.

Les avatars les plus récents du califat ont été l'œuvre de Ben Laden, qui voulait « un califat pieux qui partirait d'Afghanistan », et de son successeur, Ayman al-Zawahiri, qui envisageait un califat qui « marquerait un nouveau tournant dans l'histoire. » Selon Fazlur Rahman Khalil, une autre dirigeant d'al-Qaïda : « En raison des grâces procurées par le djihad, le compte à rebours s'est enclenché pour les États-Unis qui vont bientôt connaître la défaite » et être remplacés par un califat. En 2005, al-Qaïda a ouvert la station de radio Sawt al-Khalifa (la Voix du Califat).

Le califat

Les déclarations tenues par certains dirigeants et le sentiment général qui règne au sein des populations ont donné l'impression qu'un califat était en gestation. Lors d'un meeting du Hizb ut-Tahrir à Copenhague, son imam, Muziz Abdullah, a pris la parole devant une salle comble en déclarant : « Il y a dix ans, quand j'ai commencé, il était tout à fait irréel de penser qu'il pourrait y avoir un jour un califat mais à présent, les gens croient qu'il pourra advenir dans les prochaines années. » Fatih Alev, un imam de Copenhague, déclarait : « À l'heure actuelle, le califat n'est pas du tout à l'ordre du jour. Mais demain, il pourrait le devenir. Je ne l'exclus pas. »

Fatih Alev, imam du Centre islamique danois de Copenhague.

On avait également l'impression de l'imminence d'un califat parmi les gens ordinaires. Selon Kerem Acar, un tailleur du centre d'Istanbul : « Je ne vivrai pas assez longtemps pour le voir, ni mes enfants, mais un jour peut-être les enfants de mes enfants verront quelqu'un se proclamer calife, comme le pape, et avoir un impact. » Ertuğul Örel, cafetier d'Istanbul, a exprimé l'espoir du califat mais ne croyait pas que ça arriverait : « Un califat signifie qu'il n'y aura qu'une seule voix, a-t-il dit, mais je sais que jamais les Américains ni les Européens ne le permettront. » Ali Bulaç, une voix turque qui compte en Islam et en Turquie, était très explicite quand il a déclaré : « Le concept du califat est très vivace dans la mémoire collective de la société. »

C'est la même opinion qu'exprimait Zeyno Baran, expert du Hizb ut-Tahrir : « Il y a quelques années, les gens s'en moquaient. Mais maintenant que Ben Laden, Zarqawi et d'autres disent qu'ils veulent recréer le califat, les gens les prennent au sérieux. » Des affiches aux grandes lettres rouges et brillantes appelant à l'instauration du Califat islamique au Liban peuvent désormais être vues dans toutes les rues de Sidon. Placardées par des membres du Hizb ut-Tahrir, les affiches appellent à « raviver un État islamique califal alors que les ennemis de l'Occident colonial et perfide sous-estimaient notre force spirituelle. Nous ne nous en sortirons qu'avec un État islamique. »

Selon James Brandon dans le Christian Science Monitor : « Le Hizb ut-Tahrir promet que le retour du califat mettra fin à la corruption et apportera la prospérité. Cela permettra aux musulmans de défier et finalement de conquérir l'Occident. » Il cite Abdullah Shakr, un membre jordanien du groupe : « Le monde musulman possède des ressources comme le pétrole mais il manque d'un leadership qui nous gouverne par la loi islamique et fasse en sorte que le djihad effraie le monde entier. » Shakr indique que le succès du califat produira davantage de conversions à l'islam et conduira à l'islamisation du monde entier. Cependant le mode d'établissement du califat, comme le défend le Hizb ut-Tahrir, est progressif et essentiellement pacifique alors que pour al-Qaïda, il est violent et révolutionnaire.

Opinions non-musulmanes

En dehors du monde musulman, la situation était perçue différemment. En 2004, Dick Cheney, parlant d'Oussama Ben Laden, déclarait explicitement : « Ils disent vouloir rétablir ce qu'on pourrait appeler le califat du VIIe siècle » dans le but de « gouverner au moyen de la charia, l'interprétation la plus rigide du Coran. » De nombreux autres membres de l'administration George W. Bush lui ont emboîté le pas et en 2005, The Daily Telegraph sonnait l'alarme en déclarant : « Les fanatiques à travers le monde rêvent du retour du calife. »

Dick Cheney a compris le califat mieux que de nombreux professeurs d'études islamiques.

L'idée semblait impossible à l'époque et la gauche anti-Bush, dont des spécialistes de l'islam (Kenneth M. Pollack, John L. Esposito, Shibley Telhami), rejetait, méprisante, le sujet en bloc. Le journaliste d'investigation Robert Dreyfuss considérait avec un certain dédain l'idée d'une aspiration au califat. Il décrivait comme « absurde » la notion selon laquelle les forces islamistes souhaitaient établir un califat allant de l'Afrique du Nord à l'Asie du Sud-Est. « C'était un non-sens absolu », déclarait-il. « Ce qui se passait, c'était que ceux de l'administration qui faisaient ces déclarations s'appuyaient sur ce qu'ils lisaient sur les sites Internet d'al-Qaïda et d'autres djihadistes. » « De telles menaces, a-t-il ajouté, relevaient du fantasme et devaient être traitées comme telles. »

Un califat existe

Quand le 29 juin 2014, un califat est soudainement apparu sous le nom « État islamique » et sous la direction du calife Ibrahim, l'événement a surpris. L'annonce qui s'est accompagnée de victoires militaires spectaculaires, notamment à Mossoul, lui a donné un prestige planétaire inouï. Des groupes comme Boko Haram lui ont fait allégeance et son effet sur les musulmans sunnites a été celui d'un électrochoc. En tant que califat, l'État islamique a comme impact potentiel de nourrir le rêve d'un gouvernement unique sur l'ensemble du monde musulman et au-delà, d'inciter d'autres à le suivre tout en radicalisant les mouvements islamistes.

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16 mars 2017 4 16 /03 /mars /2017 12:00

Oman : le pays du Moyen-Orient le plus surprenant

par Daniel Pipes
The Washington Times
15 mars 2017

http://fr.danielpipes.org/17363/oman-surprenant

Version originale anglaise: [Oman:] The Middle East's Most Surprising Country
Adaptation française: Johan Bourlard

Oman, où j'ai séjourné la semaine dernière, est un pays arabe qui ne ressemble à aucun autre. Les particularités ne manquent pas.

Le palais du sultan d'Oman, à Zanzibar, datant du XIXe siècle.

L'islam est constitué de trois branches principales : les sunnites (environ 90% des musulmans), les chiites (environ 9%) et les ibadites (environ 0,2%). Oman est le seul pays au monde composé d'une majorité ibadite. Comme il s'agit d'une infime minorité au sein du monde musulman, les dirigeants d'Oman se sont depuis toujours tenus à l'écart des grandes questions qui agitent le Moyen-Orient. Alors qu'une partie du pays est constituée d'une zone désertique et montagneuse isolée, l'autre est ouverte sur les mers particulièrement vers l'Inde et l'Afrique de l'Est. Pendant deux siècles, l'Empire omanais a concurrencé les Européens pour le contrôle de l'Océan Indien. Oman a en effet dirigé l'île africaine de Zanzibar jusqu'en 1964 et a été de la sorte le seul État non-européen à avoir contrôlé un territoire africain.

Sur la carte, on remarque la péninsule omanaise de Musandam, enclavée au nord des Émirats arabes unis.

Ce cas unique d'isolement par rapport aux problèmes du Moyen-Orient comme le conflit israélo-arabe ou l'expansionnisme iranien, est toujours d'actualité. Aujourd'hui, alors que la guerre civile fait rage au Yémen voisin et que l'Iran s'agite juste en face de la péninsule omanaise de Musandam qui fait saillie dans la zone ultra-stratégique du détroit d'Ormuz, Oman est une oasis de tranquillité. Jusqu'à présent, le djihadisme y est inexistant : le pays n'a subi aucun acte de violence et aucun Omanais n'a rejoint l'EI.

Le paysage naturel d'Oman, partagé entre mer et désert, a généré une tension entre monde cosmopolite et insularité. Saïd ibn Taymur, qui a dirigé Oman de 1932 à 1970, a été scolarisé en Inde et en Irak puis s'est rendu à Washington où il a rencontré Franklin Roosevelt. Il a également envoyé son fils Qabous ibn Saïd étudier à l'étranger. Toutefois, Saïd a maintenu Oman isolé du reste du monde et confisqué les revenus du pétrole, pensant perfidement que l'isolement et l'arriération lui permettraient de rester au pouvoir. Symptomatique de la position d'Oman en 1970, le pays possédait en tout et pour tout 2 générateurs électriques, 2 hôpitaux, 3 écoles privées et 10 km de routes pavées. L'esclavage était légal. Fumer en rue était par contre interdit. Il n'existait aucun journal ni aucune salle de cinéma. Pour reprendre les termes d'un visiteur, « l'horloge de l'histoire s'était arrêtée quelque part au Moyen Âge. »

Mais il se fait que la pauvreté et l'ignorance ne lui ont pas permis de garder le pouvoir. En juillet 1970, Qabous, alors âgé de 30 ans, a détrôné son père par un coup d'État. 47 ans plus tard, Qabous demeure le maître absolu d'Oman. Il est apparu comme un modernisateur infatigable qui a personnellement supervisé le développement du pays, depuis les raffineries de pétrole jusqu'au bâtiment de l'opéra. Environ un million de barils de pétrole par jour permet de soutenir l'économie sans la dominer. Les deux millions et demi d'Omanais emploient environ deux millions d'expatriés, principalement de l'Asie du Sud.

Exemple de beauté omanaise : le fort portugais de Mascate.

Ce pays autrefois fermé est aujourd'hui d'un accès facile. Il suffit de 13 dollars pour obtenir un visa à l'aéroport si bien que la beauté naturelle d'Oman est devenue la destination haut-de-gamme d'Occidentaux amateurs de soleil et d'écotourisme. Une destination devenue tellement chic qu'en 2012, Lonely Planet a classé la capitale, Mascate, en deuxième place des meilleures villes à visiter dans le monde.

En conséquence, le pays a largement rattrapé son retard, affichant un réseau électrique allant jusqu'aux villages les plus reculés, un réseau étendu de très belles autoroutes, un taux d'alphabétisme de 91%, une série d'universités et l'orchestre royal symphonique d'Oman.

En dictateur bienveillant, Qabous domine le pays en usant de moyens étrangers aux Occidentaux. Il fait simultanément office de Premier ministre, de ministre de la Défense, des Affaires étrangères et des Finances ainsi que de commandant suprême des forces armées et de la police. Et ce n'est pas tout : comme l'observe The Economist, un habitant de Mascate est chaque jour « susceptible de prendre la route Sultan Qabous, de passer devant la Grande Mosquée Sultan Qabous et aussi devant le port Sultan Qabous. Cet(te) habitant(e) peut être diplômé(e) de l'Université Sultan Qabous et assister à un match de football dans le complexe sportif Sultan Qabous avant de rentrer à son domicile situé à Madinat Sultan Qabous, un faubourg de la ville. »

La révolte arabe qui a débuté en 2011 a touché Oman mais, comme ce fut le cas dans la plupart des monarchies, la révolte a été gérée facilement au moyen de quelques dépenses supplémentaires.

Le 3 mars a été le jour de la plus grande nouvelle que le pays ait connue depuis des décennies : le sultan Qabous, âgé de 76 ans, malade, chétif et sans enfants, a désigné un cousin, Assad ibn Tariq, comme vice-Premier ministre, un geste interprété par beaucoup comme indiquant le choix de son successeur. Après des années de spéculation, cette désignation, avec un peu de chance, mettra fin aux menaces d'instabilité.

Le sultan Qabous (à droite) salue celui qui apparaît comme son successeur, Assad ibn Tariq.

En tant que démocrate, j'exècre les monarchies absolues. En tant qu'observateur du Moyen-Orient, j'admets que les monarchies sont des formes de gouvernement bien meilleures que les autres régimes de la région détenus principalement par des idéologues et des officiers de l'armée. Par conséquent, je me joins à de nombreux Omanais qui espèrent une transition en douceur qui préserve habilement le pays du danger.

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15 mars 2017 3 15 /03 /mars /2017 16:01

La Jordanie au bord du précipice

par Daniel Pipes
Washington Times
8 mars 2017

http://fr.danielpipes.org/17350/jordanie-precipice

Version originale anglaise: Jordan at the Precipice
Adaptation française: Johan Bourlard

« Nous vivons des temps difficiles ». C'est ainsi que le roi Abdallah de Jordanie s'exprimait il y a six mois. Au lendemain d'une semaine bien remplie, faite de voyages et de discussions à travers la Jordanie, je constate que personne ne conteste ces propos. La Jordanie a beau ne plus être en situation de siège et d'extrême vulnérabilité comme ce fut le cas dans les décennies antérieures, le pays n'en reste pas moins confronté à des problèmes potentiellement inédits.

Créé de toutes pièces par Winston Churchill en 1921 pour servir les intérêts de l'Empire britannique, l'émirat de Transjordanie, aujourd'hui royaume hachémite de Jordanie, mène depuis près d'un siècle une existence précaire. Des moments particulièrement périlleux sont survenus en 1967, quand les pressions panarabes ont conduit le roi Hussein (1952-1999) à faire la guerre à Israël, une guerre qui lui a coûté la perte de la Cisjordanie ; en 1970, quand une révolte palestinienne a failli le faire tomber ; et en 1990-1991, quand des sentiments pro-Saddam Hussein l'ont poussé à choisir une cause mauvaise et sans espoir.

Winston Churchill (6ème en partant de la gauche) prenant une pause dans la création de la Transjordanie en 1921.

Aujourd'hui les dangers pour la Jordanie sont multiples. L'EI en Syrie et en Irak se tient en embuscade juste derrière la frontière et attire une minorité certes réduite mais réelle de Jordaniens. Les relations commerciales naguère solides avec ces deux pays se sont presque effondrées et avec elles, le rôle lucratif de transit joué par la Jordanie. Dans une région où abondent le pétrole et le gaz, le pays est l'un des rares à ne disposer pratiquement d'aucune ressource pétrolière. L'approvisionnement en eau se fait une seule fois par semaine pour les habitants des villes et souvent moins encore pour ceux des campagnes. Le tourisme a périclité en raison de l'instabilité notoire du Moyen-Orient et la récente réaffirmation par le roi de son autorité irrite ceux qui demandent davantage de démocratie.

Quant au problème central de l'identité, il demeure sans solution. Depuis plus de cent ans, le pays connaît des vagues répétées d'immigration massive (dépassant même le nombre d'arrivants en Israël), que ce soit des Palestiniens (en 1948-49, 1967 et 1990-91), des Irakiens (2003) ou encore des Syriens (depuis 2011). Selon la plupart des estimations, les Palestiniens constituent une majorité substantielle de la population du pays. Ils représentent aussi la division la plus profonde. Ainsi, on distingue souvent les « Jordaniens » et les « Palestiniens » même si ces derniers sont des citoyens et petits-enfants de citoyens. On peut dès lors penser que le sentiment de supériorité face aux populations tribales de Transjordanie n'a pas diminué avec le temps et surtout pas depuis que les Palestiniens ont atteint la réussite économique.

Le roi Abdallah II de Jordanie rendant visite au président Donald Trump, le 3 février.

Toutefois le pays dispose de formidables points forts. Entourée par des zones en crise, la population est réaliste et ne veut surtout pas s'attirer de problèmes. Le roi jouit d'une position d'autorité indiscutée. Les mariages mixtes font que la division historique du pays entre Palestiniens et tribus s'estompe – un estompement accentué par l'afflux d'Irakiens et de Syriens. La population bénéficie d'un haut niveau d'éducation et les Jordaniens jouissent d'une bonne réputation à travers le monde.

Vient alors Israël. « Où sont les fruits de la paix ? » est une rengaine que l'on entend souvent à propos du traité que la Jordanie a signé en 1994 avec Israël. Les politiciens et la presse n'en parlent peut-être pas mais la réponse est d'une évidence limpide : que ce soit par le recours à Haïfa comme alternative à la route syrienne, par l'achat d'une eau bon marché ou encore par l'approvisionnement généreux en gaz (qui est déjà en cours de livraison), la Jordanie retire un bénéfice direct et substantiel de ses liens avec Israël. Malgré cela, une pression sociale perverse exercée contre une « normalisation » des relations avec Israël n'a cessé de grandir avec le temps, intimidant complètement tout un chacun et empêchant les relations avec l'État juif de déployer tout leur potentiel.

L'ambassade d'Israël à Amman est isolée des autres bâtiments et protégée par des forces de sécurité jordaniennes de dissuasion.

Un Jordanien me demandait pourquoi les Israéliens acceptent d'être traités comme une maîtresse. La réponse est claire : parce que la prospérité de la Jordanie constitue une priorité majeure d'Israël. C'est pourquoi les gouvernements israéliens successifs acceptent, même si c'est en grinçant des dents, les calomnies et les mensonges à leur encontre dans la presse et dans la rue. Bien qu'ils soient trop polis pour le dire ainsi, ils souhaitent clairement que le roi prenne ce problème à bras le corps et mette l'accent sur les avantages que procure la paix.

Pour terminer sur une note personnelle, je plaide, depuis 2005, en faveur de « La Jordanie en Cisjordanie, l'Égypte à Gaza : la solution à trois États » comme une manière de résoudre le problème palestinien. J'ai donc posé à pratiquement chacun de mes 15 interlocuteurs (qui représentaient un large spectre de points de vue) la question du retour de la Cisjordanie sous souveraineté jordanienne. Je regrette de le dire, mais chacun d'eux a rejeté sèchement cette idée. « Pourquoi voudrions-nous ce casse-tête ? » semblaient-ils tous dire. L'acceptation de ce verdict négatif signifie qu'Israël n'a pas de solution pratique à la question de la Cisjordanie, si bien que la souveraineté qu'exerce Israël sans le vouloir et à contrecœur sur les Palestiniens va probablement continuer sur le long terme.

Pour résumer cette visite, la Jordanie a survécu à de nombreuses crises et pourrait encore en surmonter d'autres mais l'enchaînement actuel d'une série de dangers pose un défi extraordinaire à ce pays et à ses nombreux partisans. Le roi Abdallah sera-t-il en mesure de gérer ces « temps difficiles » ?

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28 février 2017 2 28 /02 /février /2017 14:00

Linda Sarsour, nouvelle star de la gauche

par Daniel Pipes
Washington Times
3 février 2017

http://fr.danielpipes.org/17297/linda-sarsour-star-gauche

Version originale anglaise: Linda Sarsour, The Left's Latest Star
Adaptation française: Johan Bourlard

Que penser de Linda Sarsour de Brooklyn, principale plaignante dans le procès contre le décret sur l'immigration du président Trump et nouveau symbole apparemment omniprésent de l'alliance entre la gauche dure et l'islam radical ?

Désignée par la Maison blanche d'Obama comme une « championne du changement », Linda Sarsour a été approchée par le maire de New York Bill de Blasio qui souhaitait obtenir son soutien. Utilisée par le sénateur du Vermont Bernie Sanders dans sa campagne présidentielle, elle a été déléguée à la Convention nationale démocrate de 2016.

Linda Sarsour et Bernie Sanders.

Apparue dans des émissions télévisées de grande écoute, elle a été encensée par le New York Times dans un long article intitulé « Une fille de Brooklyn en hijab » et a reçu le soutien [du journaliste et activiste démocrate, NdT] David Brock sur son site Media Matters for America, ainsi que de l'actrice Susan Sarandon et du député Keith Ellison. À Washington, elle a été l'une des quatre principales organisatrices de la Marche des femmes contre Trump. Bref, comme l'observe la réformatrice musulmane Shireen Qudosi, Sarsour est « vénérée par les gens de gauche ». Mais aussi par les islamistes comme la chaîne Al-Jazeera qui la met à l'honneur.

Sarsour a fait irruption dans ma vie en mars 2010 à l'époque où elle m'a confondu moi, Daniel Pipes, avec le site PipeLineNews.org, une « boutique service de presse » qui venait de publier sur elle un article critique la qualifiant de « sympathisante du Hamas. » En guise de réponse, elle a feint de me témoigner sa gratitude (« MERCI, M. Pipes ! »). Pour lui faire remarquer sa méprise, j'ai répondu en ironisant (« C'est à PipeLineNews.org que Sarsour devrait témoigner son affection, pas à moi »). C'est en voyant qu'elle ne reconnaissait pas son erreur que je me suis intéressé à son parcours.

C'est alors que j'ai découvert que Sarsour pèche souvent par le fait qu'elle ne rectifie pas ses propos erronés. Ainsi, elle a faussement mis le meurtre de Shaima Alawadi sur le compte de la haine à l'encontre des musulmans alors qu'en réalité Shaima Alawadi a été la victime d'un crime d'honneur commis par son mari musulman, Kassim Alhimidi. Pire, elle s'est improvisée victime d'un crime de haine imaginaire et s'est fait un nom sur la scène politique nationale en faisant passer un sans-abri mentalement malade pour un violent raciste.

J'ai découvert l'aversion paranoïaque qu'éprouve Sarsour pour le gouvernement américain. Elle a décrit le présumé terroriste Umar Farouk Abdulmutallab (surnommé « Underwear bomber ») comme étant un agent de la CIA, insinuant par-là que le gouvernement fédéral assassine des Américains pour incriminer faussement les musulmans. Elle a aussi affirmé le plus naturellement du monde que des « enfants musulmans sont exécutés » aux États-Unis, sous-entendu par le gouvernement.

J'ai découvert la promotion que Sarsour fait de l'islamisme. Elle a cautionné l'Arabie saoudite du fait que l'application de la loi islamique dans ce pays procurerait de prétendus avantages tels que le congé de maternité payé et l'absence de paiement d'intérêts sur les cartes de crédit. Elle a marqué son soutien au djihad guerrier en se montrant l'index pointé vers le ciel, signe symbolique des djihadistes.

Linda Sarsour marque son soutien au djihad guerrier en se montrant l'index pointé vers le ciel, signe symbolique des djihadistes.

J'ai découvert les attaques pernicieuses lancées par Sarsour contre Israël. Elle a encouragé la lapidation des Forces de Défense d'Israël et posé sur une photo avec Salah Sarsour, un agent du Hamas emprisonné par les autorités israéliennes dans les années 1990. Elle avoue en outre avoir des liens avec de nombreux hommes détenus dans les prisons israéliennes.

J'ai découvert l'ignorance dont Sarsour fait preuve en matière d'histoire. Elle valorise une image fantaisiste du fondateur de l'Islam, Mahomet : « Notre prophète était un activiste de la justice raciale, un activiste des droits de l'homme, un féministe à part entière. C'était quelqu'un qui se souciait de l'environnement. Il se souciait du droit des animaux. ... Il fut également la première victime de l'islamophobie. » J'ai été frappé par les rêveries qu'elle entretient au sujet de l'esclavage américain : « Le sacrifice d'hier enduré par les esclaves noirs musulmans dans ce pays n'est rien comparé à l'Islamaphobie [sic] d'aujourd'hui. »

J'ai découvert la mauvaise réputation de Sarsour auprès de ceux qui devraient être ses alliés. Debbie Almontaser, l'une de ses consœurs islamistes, a décrié son manque de pudeur et d'humilité. La féministe Aki Muthali l'a qualifiée de raciste (relisez la citation sur les esclaves noirs). Le site Internet antisioniste Ikhras l'a également accusée de nourrir « un racisme ignoble à l'encontre des Afro-Américains. » Par ailleurs, le même site a défini le personnage public qu'incarne Sarsour comme « une mascarade débordant de faux-semblants et d'exagération », la dépeignant comme une personne faussement religieuse, dépourvue de sens moral et de « véritables convictions ou principes. »

J'ai découvert la vulgarité fielleuse avec laquelle Sarsour répond à la critique. Avec le charme et la grâce qui la caractérisent, elle a déclaré à propos de Brigitte Gabriel et Ayaan Hirsi Ali, deux figures de proue anti-islamistes (la seconde ayant été victime de mutilations génitales) : « Si je pouvais leur arracher le vagin. Elles ne méritent pas d'être des femmes. »

J'ai découvert que Sarsour, cette femme ordinaire fagotée d'un encombrant hijab, se livre à de vaines coquetteries. Elle se vante publiquement de sa « beauté saisissante », déclare « Je suis belle » et s'extasie devant « une si belle photo de moi. » Sarsour se donne également de l'importance bien maladroitement, notamment en parlant d'elle-même comme d'une « personne extraordinaire ».

Cette litanie d'incompétence, d'extrémisme, de vulgarité et d'excentricité me pousse à me demander comment les islamistes et les gens de gauche parviennent à tomber en pâmoison devant Linda Sarsour. Si c'est elle qu'ils vénèrent comme leur nouvelle star, alors les conservateurs peuvent dormir sur leurs deux oreilles.

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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 05:15

L'initiative de la Maison Blanche pour vaincre l'islam radical

par Daniel Pipes et Christopher C. Hull
Washington Times
20 février 2017

http://fr.danielpipes.org/17291/vaincre-islam-radical

Version originale anglaise: A White House Initiative to Defeat Radical Islam
Adaptation française: Johan Bourlard

Qui est l'ennemi ? Plus de 15 ans après les attentats du 11-Septembre, cette question fondamentale se pose encore avec la même acuité. Les réponses qu'on y a le plus souvent données sont agents du mal, extrémistes violents, terroristes, musulmans et islamistes.

Comme exemple de ce qu'il ne faut pas faire en la matière, l'administration Obama a organisé en 2010 un groupe de travail sur la lutte contre l'extrémisme violent dont certains participants ont livré de véritables perles comme : « Le djihad en tant que guerre sainte est une invention européenne », le retour du califat est « inévitable », la charia (loi islamique) est « mal comprise » et « le terrorisme islamique est une contradiction dans les termes... puisque, par définition, le terrorisme n'est pas islamique. » Résultat : le groupe de travail a généré une propagande qui a servi l'ennemi (anonyme).

Exemple de ce qu'il ne faut pas faire : le Sommet de la Maison Blanche pour la lutte contre l'extrémisme violent, avec Barack Obama en vedette.

En août 2016, par contre, Donald Trump alors candidat à la présidentielle a prononcé un discours solide sur la manière dont, une fois devenu président, il « rendrait sa sécurité à l'Amérique ». Il a alors pris l'engagement suivant : « l'un de mes premiers actes en tant que président sera d'établir une commission sur l'islam radical. » Notons qu'il a employé les termes islam radical et non pas un euphémisme comme extrémisme violent.

L'objectif de cette commission, a-t-il dit, « sera d'identifier et d'expliquer à la population américaine les convictions et croyances fondamentales de l'islam radical, d'identifier les signes précurseurs de radicalisation et de mettre en lumière les réseaux qui, dans notre société, soutiennent le radicalisme. » La commission « comportera des voix réformatrices au sein de la communauté musulmane » avec l'objectif de « mettre au point de nouvelles procédures pour les agents de la police locale, les enquêteurs fédéraux et les inspecteurs de l'immigration. »

Donald Trump s'exprimant le 15 août 2016 sur la nécessité d'établir une commission sur l'islam radical.

Le 2 février, l'agence Reuters a rapporté que, conformément aux déclarations du mois d'août, l'administration Trump « souhaite réorganiser et renommer » les activités de l'ancien groupe de travail créé par Obama en vue de se concentrer exclusivement sur l'islamisme. Symbole de ce changement, la dénomination « lutte contre l'extrémisme violent » deviendra « lutte contre l'extrémisme islamique » (ou une expression similaire).

Pour tirer le meilleur de cette opportunité historique, le Middle East Forum a élaboré, à destination de l'administration, un plan complet pour une commission de la Maison Blanche sur l'islam radical. Voici un aperçu de la façon dont nous envisageons la commission dans son fonctionnement et son impact :

Structure. Pour être efficace, la commission doit compter des membres qui soient tous sélectionnés par le président. Trop nombreuses sont les commissions qui, par le passé, ont connu des antagonismes idéologiques et programmatiques ayant accouché de rapports mal ficelés, contradictoires et jugés insatisfaisants par l'administration qui les a finalement mis de côté. Aussi, tirant les leçons des luttes ayant agité la commission Tower, dont les pouvoirs étaient insuffisants, et du précédent constitué par la commission Three Mile Island, qui elle disposait de pouvoirs suffisants, il faudra que la commission soit investie du pouvoir de contrainte quant à la production de documents, au témoignage et à l'octroi de l'immunité.

Un autre exemple à ne pas imiter : Ronald Reagan et le rapport de la commission Tower.

Personnel. La commission doit compter un panel étendu constitué d'experts sur la violence politique et l'islam radical ainsi que d'élus, de représentants des services d'ordre et de la justice, de l'armée, des services diplomatiques et de renseignements, de spécialistes en technologie, de réformateurs musulmans (comme le président l'a souligné) et de victimes de l'islam radical. Elle doit aussi nouer des contacts avec ceux qui, en dernier ressort, mettront à exécution les recommandations de la commission : les secrétaires des départements des Affaires étrangères, de la Défense, de la Sécurité intérieure, de la Justice ainsi que le directeur de la CIA.

Mandat. La commission devra se concentrer sur ce à quoi Trump s'était engagé, à savoir l'explication des convictions fondamentales des islamistes (c'est-à-dire l'application stricte et intégrale de la charia), la mise en lumière de leurs réseaux et la mise au point de nouvelles procédures pour les services de police et la justice. Par ailleurs, elle devra chercher à savoir d'où les islamistes tirent leurs ressources et comment celles-ci peuvent être coupées, imaginer les façons de leur refuser tout accès à Internet, proposer des changements sur la politique d'immigration et déterminer la manière dont le politiquement correct empêche une évaluation honnête de l'islam radical.

Implémentation. Pour que ses travaux soient pertinents, la commission doit se coordonner avec les agences fédérales pour la collecte de données et l'émission de recommandations, la rédaction de projets de décrets et de lois, la production de pièces justificatives, la préparation de demandes de propositions, la rédaction de notes à destination des gouvernements au niveau des États et au niveau local, la recommandation de personnel et l'élaboration des budgets. Enfin, la commission doit être prête à voir éventuellement ses rapports utilisés comme preuves dans des procès pénaux comme ce fut le cas à plusieurs reprises par le passé (par exemple, les commissions Warren, Rogers et Tower).

La commission de la Maison Blanche sur l'islam radical doit avoir pour objectif global de rassembler le peuple américain autour d'une compréhension commune de la nature de l'ennemi, de la manière dont cet ennemi peut être vaincu et des mesures propres à atteindre cet objectif.

C'est là peut-être le point de départ d'un processus, maintes fois retardé, de victoire dans une guerre qui dure déjà depuis trop longtemps. Les États-Unis disposent de tous les avantages économiques et militaires. Il ne leur manque qu'une politique et une stratégie que la nouvelle administration, avec l'appui d'une commission de premier plan, pourra enfin mettre sur pied.

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Pimprenelle Pourprée

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  • PIMPRENELLE POURPRÉE
  • écrivain, née à Marrakech, Maroc, qui cherche une voie pour rapprocher les coeurs et les ames.
  • écrivain, née à Marrakech, Maroc, qui cherche une voie pour rapprocher les coeurs et les ames.

PIMPRENELLE POURPRÉE

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