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Thérèse Zrihen-Dvir

Regard d'un écrivain sur le Monde

18 juillet 2017 2 18 /07 /juillet /2017 06:04

Les Israéliens veulent la victoire

par Daniel Pipes
Jerusalem Post
12 juillet 2017

http://fr.danielpipes.org/17796/les-israeliens-veulent-la-victoire

Version originale anglaise: Israelis Want Victory
Adaptation française: Johan Bourlard

Que pense l'opinion publique juive israélienne de l'idée suivante : convaincre les Palestiniens qu'ils ont perdu la guerre séculaire contre le sionisme, bref, que la fête est terminée ? En d'autres termes, que pensent les Israéliens de la victoire ?

Pour le savoir, le Middle East Forum a chargé le Smith Institute d'interroger 700 juifs israéliens adultes. Effectué les 27 et 28 juin avec une marge d'erreur de 3,7 %, le sondage révèle l'existence d'une conviction largement répandue selon laquelle le fait pour les Palestiniens d'admettre leur défaite se terminera par une reconnaissance d'Israël en tant qu'État juif, ce qui mettrait un point final au conflit.

Défaite palestinienne. « Un accord de paix avec les Palestiniens ne sera possible qu'une fois que les dirigeants palestiniens auront reconnu leur défaite dans leur lutte contre Israël. » La proposition recueille un total de 58 % d'opinions favorables avec une forte polarisation selon l'appartenance politique : 69 % sont d'accord à droite contre seulement 16 % à gauche.

Victoire d'Israël. « La raison pour laquelle le conflit israélo-palestinien s'éternise, c'est qu'aucune opération militaire ni aucun engagement diplomatique par rapport aux dirigeants palestiniens n'a débouché sur une victoire d'Israël. » Cette proposition ressemble à la première mais, présentée de manière inverse, elle fait grimper le nombre de réponses positives à 65 % de l'opinion publique israélienne. Plus surprenant, les résultats montrent que, sur l'ensemble du spectre politique, on a conscience d'une façon générale que la victoire est nécessaire à Israël. Les résultats montrent également que cette conviction est partagée par la majorité de chaque sous-groupe d'électeurs – hommes et femmes, jeunes et moins jeunes, adeptes de toutes les tendances du judaïsme, partisans du mouvement politique juif représenté au parlement.

Ambassade américaine. « Le transfert de l'ambassade des États-Unis à Jérusalem sera considéré comme une défaite par la majorité des Palestiniens. » Le même pourcentage des personnes interrogées (65 %) approuve également cette proposition, avec un soutien à droite (68 %) à peine plus élevé qu'à gauche (58 %). Le soutien massif apporté à cette proposition par les juifs religieux (89 % de ceux qui s'identifient au parti des Haredim HaTorah Yahadut) loin devant les laïques (53 % du parti anti-Haredim Kulanu) n'a rien de surprenant. Ce qui surprend, par contre, c'est qu'à nouveau la majorité de chaque sous-groupe soutient l'idée.

L'ambassade américaine à Jérusalem telle qu'imaginée par Ephraim Lior.

État juif. « La victoire d'Israël ne pourra pas avoir lieu tant que les Palestiniens n'auront pas reconnu Israël comme l'État juif. » La proposition recueille un pourcentage similaire d'opinions favorables (67 %). Toutefois, à l'instar de la première proposition, un clivage politique apparaît nettement, avec 76 % d'opinions favorables à droite contre 26 % à gauche. Par contre, l'affiliation à tel ou tel parti ne fait pratiquement aucune différence (71 % des membres de HaTorah Yahadut comme ceux de Kulanu) à l'exception notable de Meretz (33 %).

Comment interpréter l'ensemble de ces chiffres ? Le fait que les quatre questions posées recueillent toutes une majorité d'opinions favorables indique une évolution profonde de l'opinion publique israélienne depuis la signature, en 1992, des Accords d'Oslo. Les Israéliens n'espèrent plus que les gestes de bonne volonté permettront d'obtenir la réciprocité de la part des Palestiniens, de rendre du crédit aux dirigeants palestiniens ni de croire en l'apaisement. Le soutien important apporté à ces propositions, allant de 58 à 67 % d'opinions favorables, confirme le fait que la plupart des juifs israéliens souhaitent une politique qui soit différente et ferme.

La surprise réside dans la confusion que cachent ces chiffres sans appel. L'apparition d'un clivage de type gauche-droite pour deux des propositions (la défaite et l'État juif), et l'absence de ligne claire sur l'option à privilégier pour les deux autres (la victoire et l'ambassade américaine), sont d'une importance cruciale pour connaître les choix des uns et des autres. L'approbation du transfert de l'ambassade américaine à Jérusalem et de l'acceptation palestinienne d'Israël comme l'État juif, apparemment similaires, cachent des positions très tranchées. Ainsi les partisans de Meretz, parti de la gauche dure, soutiennent le transfert de l'ambassade (67 %) deux fois plus que la proposition relative à l'État juif (33 %).

Le fait que la plupart des juifs israéliens adultes souhaitent la défaite des Palestiniens et la victoire d'Israël confirme l'utilité du lancement, ce 11 juillet, du Caucus de la Knesset pour la victoire d'Israël. Co-présidé par Oded Forer (Yisrael Beiteinu) et Ya'akov Perry (Yesh Atid), le Caucus est destiné à explorer les différentes stratégies et tactiques israéliennes à mettre en place une fois que le gouvernement américain aura donné son feu vert pour une victoire israélienne.

Lancement du Caucus de la Knesset pour la victoire d'Israël. De gauche à droite : Richard Kemp, Ya'akov Perry, Oded Forer, Daniel Pipes, Gregg Roman.

Comme le disait un ancien collaborateur du Premier ministre israélien : « Pour la plupart des Israéliens, débattre du processus de paix équivaut à débattre de la couleur de la chemise qu'on souhaiterait porter le jour où on atterrira sur Mars. » Il est temps de changer d'approche, de tourner la page des négociations inutiles et contreproductives pour mettre fin au conflit en recourant à une méthode qui a fait ses preuves par le passé et qu'on appelle la victoire.

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12 juillet 2017 3 12 /07 /juillet /2017 07:39

Un nouveau rassemblement de la Knesset dévoile son plan de paix : la reddition palestinienne

par Andrew Tobin
Times of Israel Français
11 juillet 2017

http://fr.danielpipes.org/17772/rassemblement-knesset-reddition-palestinienne

JTA – Israël a déjà battu les Palestiniens. Il ne leur reste qu'à se rendre.

C'est, du moins, un argument qui a été entendu à Jérusalem cette semaine. Mené par le Middle East Forum de Philadelphie, des dirigeants et analystes pro-israéliens se sont rassemblés dans la capitale pour mettre en lumière le soutien local à leur objectif de redéfinition du conflit israélo-palestinien sur la scène internationale.

« Après plus d'un siècle, le conflit est réellement terminé », a dit à JTA Daniel Pipes, président du Forum (et blogueur pour le Times of Israël). « En tant qu'Américain, je voudrai que mon gouvernement dise au gouvernement israélien 'faites ce que vous devez faire pour convaincre les Palestiniens qu'ils ont perdu'. »

Pipes organisait dimanche soir un évènement anglophone au Centre Begin pour fêter l'inauguration d'un nouveau rassemblement à la Knesset mardi, qui a pour objectif de forcer les Palestiniens à reconnaître leur défaite. Il a déclaré qu'il espérait que le rassemblement de la victoire israélienne de la Knesset, ainsi qu'un sondage révélé dimanche à JTA, permettrait de convaincre les décisionnaires américains de « laisser Israël gagner. »

Dans un article publié dans le numéro de décembre 2016 de Commentary, Pipes décrivait ce qu'Israël devait faire pour « encourager les Palestiniens à accepter Israël et décourager le rejectionnisme. » Il recommandait notamment de faire payer l'Autorité palestinienne (AP) pour les dégâts matériels causés par le terrorisme, d'interdire aux responsables de l'AP de retourner en Cisjordanie si leurs collègues incitaient à la violence, d'organiser des enterrements anonymes et silencieux pour les Palestiniens tués en attaquant des Israéliens, et de couper l'eau et l'électricité pour punir les violences palestiniennes.

« Induire un changement d'esprit n'est pas un processus agréable », écrivait Pipes. Cependant, poursuivait-il, « les guerres se terminent généralement quand l'échec entraîne le désespoir d'un côté, quand ce côté a abandonné ses objectifs de guerre et accepté sa défaite, et quand la défaite a épuisé la volonté de combattre. »

Le rassemblement de la victoire de la Knesset sera co-présidé par les députés Oded Forer, du parti Yisrael Beytenu, et Yaakov Peri, du parti Yesh Atid, qui est un ancien directeur du Shin Bet. Six députés ont pour l'instant rejoint le rassemblement.

Des orateurs israéliens, américains et britanniques ont pris la parole un à un pour défendre une vision du conflit israélo-palestinien : le projet sioniste était de construire Israël. Le projet national palestinien était de détruire Israël. Une seule partie pouvait gagner, et c'est Israël.

A présent, ont-ils affirmé, les alliés d'Israël, et surtout les Etats-Unis, doivent se dispenser de longues et infructueuses négociations de paix et permettre à Israël de finir le travail, en forçant les Palestiniens à reconnaître leur défaite.

Malgré leur vision partagée sur la fin du conflit, les orateurs ont montré leurs grandes divergences sur leur conception du monde et leurs priorités.

Pipes a déclaré qu'en « perdant » le conflit, les Palestiniens pourraient en fait y gagner encore plus qu'Israël, parce qu'ils pourraient « avancer vers quelque chose de mieux, de plus constructif, construire leur propre politique, leur propre économie, leur propre société et leur propre culture. »

A l'instar de Pipes, Richard Kemp, ancien commandant des forces armées britanniques en Afghanistan, a déclaré que mettre fin au conflit israélo-palestinien nécessiterait un changement d'attitude à l'étranger.

« Je pense que la clé ici n'est pas Israël. Israël doit évidemment jouer un rôle important, mais la clé est la communauté internationale. C'est la communauté internationale qui, par ses actions, continue d'encourager l'agression contre Israël », a-t-il affirmé.

Le député Yehuda Glick, militant juif orthodoxe et député du Likud, a cependant affirmé qu'Israël était responsable de sa propre destinée. En faisant de lui « un phare parmi les nations », Israël apportera « la paix sur la région et dans le monde », a-t-il dit.

« Oui, évidemment, ils devront reconnaître Israël comme Etat juif. Evidemment, ils devront cesser l'antisémitisme. Mais ce n'est pas ce que nous avons à faire. Nous devons faire ce qui est bon pour nous, et nous devons poursuivre », a-t-il dit.

Einat Wilf, ancienne députée travailliste, a expliqué qu'avec le temps, elle avait abandonné l'idée de faire la paix avec les Palestiniens. Elle a suggéré que le conflit ne prendrait fin que quand les Arabes seraient forcés de réinterpréter le rôle du sionisme dans leur histoire.

« Nous réécrivons nos vies pour transformer nos défaites en triomphes, n'est-ce pas ? C'est ce que font les hommes, a-t-elle dit. Alors, les Arabes et les Palestiniens réécriront un jour leur histoire, leur théologie, pour reconnaître la présence juive ici comme une partie de leur vision : les Juifs sont venus ici parce que c'est ainsi que cela devait être selon l'islam. »

D'autre part, un sondage commandé le mois dernier par le Middle East Forum a montré que 82 % des Israéliens ne pensent pas que les dirigeants palestiniens reconnaîtront Israël comme l'Etat du peuple juif, quelles que soient les conditions. Une majorité d'Israéliens pensent que c'est le plus grand obstacle à la paix. La marge d'erreur du sondage est de 3,7 points.

Dans son dernier livre, The only language they understand (« La seule langue qu'ils comprennent », non traduit en français), Nathan Thrall, analyste du Moyen Orient, affirme qu'Israéliens et Palestiniens n'ont historiquement fait des concessions que quand ils y ont été forcés, par la violence ou par la politique. Il ajoute qu'Israël a bénéficié du processus de paix et qu'il serait improbable qu'il y mette fin, tout comme les puissances mondiales.

« Il permet la perpétuation du statu quo. Quand il n'y a pas de discussions, les peuples commencent à s'agiter. Le monde ne veut pas soutenir une occupation indéfinie, a-t-il dit à JTA. Il est très peu vraisemblable que les Etats-Unis ou la communauté internationale adoptent une position de soutien à la 'victoire israélienne'. Il me semble que ce groupe ne présente qu'un spectacle pour demander un certain changement rhétorique. »

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8 juillet 2017 6 08 /07 /juillet /2017 17:45

Mettre fin à l'illusion d'une symétrie israélo-palestinienne

par Daniel Pipes
Times of Israel (en français)
7 juillet 2017

http://fr.danielpipes.org/17769/mettre-fin-a-illusion-dune-symetrie-israelo

Version originale anglaise: End the False Israeli-Palestinian Parity
Adaptation française: Johan Bourlard

La décision du Premier ministre indien Narendra Modi de se rendre en visite à Jérusalem et non à Ramallah a suscité de nombreux commentaires.

L'espoir d'une égalité de traitement remonte à la signature des Accords d'Oslo en septembre 1993, quand le Premier ministre israélien de l'époque Yitzhak Rabin serrait, au nom de son gouvernement, la main de Yasser Arafat, le président très décrié de l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP). À l'époque, personne ne trouvait cela bizarre ou incongru mais près d'un quart de siècle plus tard, la situation a changé.

Il est désormais clair que, lors de cet événement éminemment historique sur la pelouse de la Maison Blanche, Rabin s'est laissé dominer par l'orgueil. En tant que chef d'un gouvernement démocratique et souverain, il n'aurait jamais dû consentir à traiter avec Arafat, l'homme de main d'une organisation non officielle, dictatoriale et criminelle, et lui faire ainsi bénéficier d'un statut égal au sien.

La réticence apparente de Rabin (à gauche) n'a pu empêcher l'erreur de donner à Arafat (à droite) l'impression d'être son égal.

Rabin aurait mieux fait de se tenir à l'écart. Le fait d'apparaître côte-à-côte comme des égaux a créé l'illusion dysfonctionnelle d'une équivalence qui, dans les décennies qui ont suivi, s'est enracinée pour devenir assumée et incontestée. En réalité, cette fausse équivalence est devenue d'autant plus inexacte au fil du temps qu'Israël est allé de succès en succès alors que l'Autorité palestinienne a développé le règne toujours plus grand de l'anarchie, de la dépendance et de la répression.

Outre le fait que les Israéliens se sont hissés parmi les leaders dans le domaine des sciences, des technologies, des sciences humaines, des arts, de la puissance militaire et des capacités de renseignement, outre le fait que l'économie du pays est 25 fois plus importante que l'économie palestinienne, Israël est plus que jamais un pays où la loi est la même pour tout le monde (au point que dernièrement un président déchu et un Premier ministre convaincu de crime se sont retrouvés en même temps en prison) et où les droits individuels ne sont pas qu'une promesse mais une réalité. Pendant ce temps, le chef de l'Autorité palestinienne, qui en est actuellement à la douzième année de son mandat de 4 ans, s'est montré incapable à la fois de lutter contre l'anarchie rampante en Cisjordanie et d'empêcher une bande de voyous de faire main basse sur Gaza, un territoire censé faire partie de son prétendu domaine.

Certains justifient l'humiliation que Rabin s'est lui-même imposée en affirmant qu'il cherchait, par la pompe et le faste, à renforcer Arafat et l'OLP. C'était effectivement son intention et le retour de flammes a été spectaculaire. Plutôt que d'utiliser le prestige de la cérémonie de la signature d'Oslo pour bâtir une opinion favorable à l'État juif et mettre ainsi fin au conflit israélo-palestinien, Arafat a exploité le relèvement de sa position pour développer de nouvelles techniques de rejet du sionisme et pour attaquer Israël. Des « ambassades » palestiniennes ont surgi partout dans le monde en vue de délégitimer Israël. Dans le même temps, les Palestiniens ont tué plus d'Israéliens dans les cinq années consécutives à la signature des Accords d'Oslo que durant les 15 années antérieures. En d'autres termes, Rabin a imprudemment placé sa confiance dans un ennemi aussi ancien que barbare et a changé non seulement la tactique mais aussi les objectifs. C'est une erreur pour laquelle Israël a payé le prix fort.

Au lieu du Premier ministre, le représentant israélien aux côtés d'Arafat sur la pelouse de la Maison Blanche aurait dû être quelqu'un comme le deuxième secrétaire de l'ambassade d'Israël en Norvège. Cela aurait donné le message nécessaire que l'équivalent protocolaire d'Arafat se situe à un niveau très bas de la hiérarchie diplomatique. À coup sûr, cela aurait signifié la privation du Prix Nobel pour Yitzhak Rabin. Néanmoins, quand on regarde en arrière, n'aurait-il pas mieux valu s'abstenir de fêter avec une telle exubérance un accord bancal, destructeur et voué à l'échec ?

Le fait pour les dirigeants israéliens d'accepter de partager le Prix Nobel de la Paix avec Arafat a été une erreur aussi grande que la poignée de main qui a scellé les Accords d'Oslo.

Pour faire bonne mesure, la cérémonie de la signature aurait dû se tenir modestement à Oslo et non pompeusement à Washington, la capitale impériale de la seule et unique hyperpuissance.

Si un cadre plus modeste avait été défini en 1993, la fausse symétrie qui existe actuellement entre Benyamin Netanyahou et Mahmoud Abbas n'aurait jamais vu le jour et la véritable asymétrie qui sous-tend les rapports israélo-palestiniens serait apparue plus clairement. Si c'était des diplomates de rang inférieur, et non des Premiers ministres, qui négociaient avec Arafat, Abbas et la quantité d'autres pitoyables dirigeants palestiniens autoproclamés, le monde aurait constamment à l'esprit le fait qu'entre les deux parties, il n'y a pas une once d'un quelconque parallélisme mais bien un fossé énorme en termes de morale et de puissance.

Il est vrai que cela ne s'est pas passé ainsi mais est-il trop tard ? Netanyahou ou un prochain Premier ministre israélien peut-il échapper à cette indignité qui consiste à rencontrer comme un égal le leader d'une entreprise de gangsters ?

Non, il n'est pas trop tard. Netanyahou pourrait expliquer de façon convaincante qu'il rencontre ses homologues légitimes. Il laisserait alors aux fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères le soin de traiter avec toute personne désignée par l'Autorité palestinienne.

Imaginez les bénéfices d'une telle mesure : Israël gagnerait en stature alors que la nature fétide de l'Autorité palestinienne apparaîtrait au grand jour. Les présidents américains perdraient tout intérêt à défendre « l'accord ultime » et la kyrielle de potentiels médiateurs et bien-pensants aurait beaucoup plus de mal à essayer de relancer 25 années de négociations boiteuses.

C'est pourquoi je suggère que les Premiers ministres israéliens laissent aux fonctionnaires de second rang la conduite du « processus de paix » avec les hooligans palestiniens.

Cette une du New York Times montre à quel point la signature des Accords d'Oslo dominait l'actualité de l'époque.

5 juillet 2017, addendum. Cette idée m'est venue en étudiant le cas des négociations chypriotes. Je me suis alors demandé pourquoi, au cours de la reprise des pourparlers en février 2014, le président de Chypre avait accepté de rencontrer le chef d'un district rebelle.

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5 juillet 2017 3 05 /07 /juillet /2017 12:16

End the False Israeli-Palestinian Parity

by Daniel Pipes
Israel Hayom
July 5, 2017

http://www.danielpipes.org/17764/end-the-false-israeli-palestinian-equality

Indian prime minister Narendra Modi's decision to visit Jerusalem but not Ramallah has prompted much comment.

The expectation of equal treatment goes back to the Oslo Accords' signing in Sep. 1993, when the prime minister of Israel, Yitzhak Rabin, represented his government in the handshake with Yasir Arafat, the much-despised chairman of the Palestine Liberation Organization. No one found it strange or inappropriate at the time but things look differently nearly a quarter century later.

It's now clear that Rabin's vanity got the better of him at that supremely high-profile event on the White House lawn. As the elected head of a democratic and sovereign government, he never should have consented to Arafat, the henchman of an unofficial, dictatorial, and murderous organization, enjoying equal status with himself.

 

Rabin (L) looked reluctant but that did not make up for the mistake of allowing Arafat (R) to appear to be his equal.

Rather, he should have stayed aloof from. Appearing together as equals created a dysfunctional illusion of equivalence that over subsequent decades became assumed, ingrained, and unquestioned. In fact, this false equivalence became even more inaccurate with time, as Israel went from one success to another and the Palestinian Authority brought on a reign of ever-deeper anarchy, dependency, and repression.

It's not just that Israelis stand among world leaders in science, technology, the humanities, and the arts, in military power and intelligence capabilities, not just that its economy is 25 times larger than the Palestinian one; in addition, Israel is ever more a land where the law rules for all (at one point recently, a disgraced president and a criminal prime minister were simultaneously sitting in prison) and individual rights are not just promised but delivered. Meanwhile, the head of the Palestinian Authority, presently in the 12th year of his 4-year term, has been neither able to prevent creeping anarchy on the West Bank nor a rogue group from taking over in Gaza, one-half of his putative domain.

Some would defend Rabin's self-imposed humiliation by arguing that he sought to strengthen Arafat and the PLO through pomp and pageantry. If this was indeed the plan, it backfired spectacularly. Rather than use the prestige of the Oslo signing ceremony to build a constituency that accepted the Jewish state and thereby end the Palestinians' conflict with it, Arafat exploited his heightened standing to develop new resources to reject Zionism and attack Israel. Palestinian "embassies" popped up worldwide to delegitimize Israel, while Palestinians killed more Israelis in the five years after the Oslo signing than in the fifteen years before it. In other words, Rabin recklessly put faith in an historic and barbaric enemy changing not just tactics but goals. Israel has paid a heavy price for this error.

Instead of the prime minister, the Israeli standing with Arafat on the White House lawn should have been someone like the second secretary at the Israeli embassy in Norway. That would have delivered the necessary signal that Arafat's protocol equivalent registers stoopingly low in the diplomatic hierarchy. To be sure, that would have meant no Nobel Peace Prize for Yitzhak Rabin. In retrospect, however, would it not have been better to skip celebrating so exuberantly a flawed, doomed, and destructive agreement?

 

Israeli leaders consenting to share a Nobel Peace Prize with Arafat was an even greater mistake than the original handshake.

For good measure, the signing ceremony should have taken place in the modesty of Oslo, not the grandeur of Washington, the imperial capital, the home town of the only hyper-power.

Had a lowly precedent been set in 1993, today's false parity between Binyamin Netanyahu and Mahmoud Abbas would not exist; the true imbalance of the Palestinian-Israeli relationship might be more clearly seen. As low-level diplomats, not prime ministers, negotiate with Arafat, Abbas, and the assorted other villains and self-styled Palestinian leaders, the world would be constantly reminded not of a sham parallel but of the vast moral and power gulf dividing the two sides.

Well, that did not happen. But is it too late? Can Netanyahu or a future Israeli prime minister escape the indignity of meeting as equals with the leader of a gangster enterprise?

No, it's not too late. Netanyahu could eloquently explain that he meets his legitimate counterparts; he will leave it to functionaries in the Foreign Ministry to handle whoever the Palestinian Authority throws up.

Imagine the benefits of such a step: Israel would gain in stature while the fetid nature of the PA would be exposed. American presidents would lose interest in the "ultimate deal." Other assorted would-be mediators and do-gooders would have a much harder time trying to revive a quarter century of botched negotiations.

So, I suggest Israeli prime ministers leave "peace-processing" with Palestinian hooligans to low-ranking staff.

Mr. Pipes (DanielPipes.org, @DanielPipes) is president of the Middle East Forum. © 2017 by Daniel Pipes. All rights reserved.

 

This New York Times front pages indicates how the Oslo Accord signing dominated the news.

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17 juin 2017 6 17 /06 /juin /2017 18:01

Le danger paradoxal des bonnes relations israélo-américaines

par Daniel Pipes
Wall Street Journal
2 juin 2017

http://fr.danielpipes.org/17718/le-danger-paradoxal-des-bonnes-relations-israelo

Version originale anglaise: The Paradoxical Peril of Warm U.S.-Israel Relations
Adaptation française: Johan Bourlard

Bien qu'il n'ait pas déménagé l'ambassade des États-Unis à Jérusalem, le président Trump a montré pour Israël, lors de sa récente visite, une réelle affection. Après huit ans de relations distantes avec le président Obama, l'attitude de M. Trump a été, on peut le comprendre, applaudie par les Israéliens. Hélas, quand il s'agit du conflit israélo-palestinien, rien n'est jamais simple. Un regard sur les événements passés laisse penser, paradoxalement, qu'Israël se débrouille on ne peut mieux quand il existe avec Washington une tension telle que celle qu'on a connue avec Obama.

L'explication de ce paradoxe commence avec le constat suivant : depuis 1973, tous les gouvernements américains, indépendamment du parti au pouvoir à la Maison Blanche, ont eu la conviction que les Arabes étaient prêts à faire la paix avec Israël. Ce problème s'est particulièrement accentué depuis l'installation, en 1994, de l'Autorité palestinienne, une institution dont les présidents américains ignorent depuis toujours la nature révolutionnaire. C'est dans cet esprit qu'au terme de sa rencontre avec le dirigeant de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, Donald Trump a qualifié ce dernier de « partenaire stratégique » d'Israël et déclaré que M. Abbas était « prêt pour la paix ».

Les dirigeants américains insistent souvent sur le fait qu'il ne tient qu'à Jérusalem de donner encore plus d'argent, plus de terres et plus de reconnaissance pour que l'Autorité palestinienne soit prête à faire la paix. Face à une série d'exemples quasi-illimitée de tromperie, d'hostilité, d'animosité et de violence, cette foi touchante en la volonté des Palestiniens de vivre en bon voisinage ne peut s'expliquer que par la psychologie. L'ancien conseiller adjoint à la sécurité nationale, Elliott Abrams, compare judicieusement ce sentiment à ce que dit la Fée Clochette dans Peter Pan : « Si tu y crois, tape dans les mains. »

Tant que les gouvernements israéliens se rangent à cette opinion fantasque, comme c'était le cas avec les premiers ministres du Parti travailliste et de Kadima, les relations israélo-américaines se portent on ne peut mieux : pensons aux relations chaleureuses bien connues qu'entretenait Bill Clinton avec Yitzhak Rabin.

Trump et Netanyahou lors d'un tête-à-tête informel dans un musée à Jérusalem.

Mais une fois que les Israéliens résistent à de telles prétentions, comme le fait le Premier ministre Benyamin Netanyahou, les tensions apparaissent. Dès lors que Washington fait pression pour plus de concessions et que Jérusalem résiste, les présidents américains sont face à un choix : se plaindre et critiquer ou se réjouir et encourager. M. Obama a opté pour l'attitude grincheuse comme l'a bien montré son choix, en 2010, de dîner en famille à la Maison Blanche tout en laissant M. Netanyahou faire le pied de grue dans le salon Roosevelt.

Comme l'a dit il y a plusieurs décennies le diplomate américain au long cours, Dennis Ross, l'esprit de coopération d'Israël augmente à mesure que la Maison Blanche cherche à construire des liens de confiance. Sans douter de la sincérité des sentiments chaleureux de M. Trump à l'égard d'Israël, le négociateur qui est en lui semble comprendre intuitivement que le fait de courtiser les Israéliens permet d'ouvrir la voie à de futures pressions. Lors de son récent voyage en Israël, M. Trump a saisi la moindre occasion pour montrer toute l'affection qu'il porte à Jérusalem, aux juifs, au sionisme et à Israël.

Il a ainsi fait remarquer : « Jérusalem est une ville sainte. Sa beauté, sa splendeur et son héritage sont sans égal dans le monde. Les liens qui unissent le peuple juif à la Terre sainte sont anciens et éternels. » Il a illustré ce dernier point par sa propre expérience : « Hier, en visitant le Mur des Lamentations, j'ai été émerveillé en voyant dans ce monument la présence de Dieu et la persévérance de l'homme. Israël est le témoin de l'esprit indestructible du peuple juif. Je reste admiratif devant les exploits du peuple juif et je vous fais cette promesse : mon gouvernement sera toujours aux côtés d'Israël... Que Dieu bénisse l'État d'Israël. »

Les Israéliens ont parfaitement démontré que ces sentiments chaleureux étaient réciproques. David Horovitz, rédacteur en chef du Times of Israel, a exprimé ce que beaucoup ressentent : « Le simple fait de dire l'amour et le soutien qu'il porte à Israël suffit à Trump pour gagner à lui ce pays que l'on ne cesse de critiquer... Trump et Netanyahou ne sont pas d'accord sur la volonté des Palestiniens à faire la paix et le président Trump n'a pas déménagé l'ambassade mais il a couvert Israël de louanges et a marqué l'histoire en visitant le Mur des Lamentations. Pour le moment, c'est plus que satisfaisant. »

Cette réponse émotionnelle fournit à M. Trump l'occasion de demander au gouvernement israélien de faire confiance à M. Abbas et de faire encore plus de concessions unilatérales, un processus qui a apparemment déjà commencé par la pression en faveur d'une cession de territoires en Cisjordanie. Vu les sentiments fraternels qu'ils ont l'un pour l'autre, comment M. Netanyahou pourrait-il rejeter les demandes de M. Trump ?

Ce qui nous ramène à une constante : les Israéliens et leurs soutiens tendent à accorder plus d'attention à des sentiments et à des symboles qu'à des mesures politiques. En 1992, j'écrivais : « Contrairement à d'autres liens diplomatiques qui tournent autour d'intérêts nationaux comme le commerce et la sécurité, les relations israélo-américaines ont une base émotionnelle. Ce sont les sentiments, et non une froide estimation des intérêts, qui les dirige dans tous leurs aspects. Le ton, le style, l'état d'esprit et la perception sont souvent plus importants que les faits concrets. »

Malheureusement, les bonnes relations conduisent Jérusalem à se ranger à l'avis peu cohérent de Washington. D'où le danger que constituent de bonnes relations entre Israël et les États-Unis et le soulagement que procurent les mauvaises. Il est en effet préférable pour Israël d'être fustigé par une résolution minable du Conseil de sécurité de l'ONU que d'abandonner davantage de territoires à des voyous génocidaires.

Tandis que les relations israélo-américaines passent du chaud au froid et inversement selon le climat politique ambiant, les concessions israéliennes faites aux Palestiniens demeurent invariablement des erreurs qui favorisent l'irrédentisme, coûtent des vies, prolongent le conflit et gênent les intérêts américains. Dès lors ma conclusion contre-intuitive est la suivante : les relations froides et distantes sont meilleures pour la sécurité des Israéliens et par conséquent pour la sécurité des Américains

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11 juin 2017 7 11 /06 /juin /2017 15:07

Les 50 ans de la Guerre des Six Jours. Et après ?

par Daniel Pipes
The Times of Israël (français)
11 juin 2017

http://fr.danielpipes.org/17682/les-50-ans-guerre-six-jours-et-apres

Version originale anglaise: What If: Fifty Years After the Six-Day War
Adaptation française: Johan Bourlard

Le triomphe remporté par l'armée israélienne sur trois États ennemis en juin 1967 constitue la victoire militaire la plus retentissante de toute l'histoire. La Guerre des Six Jours a eu aussi des conséquences importantes pour le Moyen-Orient : elle a assuré la permanence de l'État juif, a porté un coup fatal au nationalisme panarabe et, paradoxalement, a dégradé la place d'Israël dans le monde en raison de l'occupation de la Cisjordanie et de Jérusalem.

Symbole de la victoire : Moshe Dayan (avec un cache-œil) devant le Mur des Lamentations à Jérusalem.

Concentrons-nous sur le dernier point : comment une victoire militaire spectaculaire a-t-elle pu engendrer des problèmes qui tourmentent aujourd'hui encore Israël ? Cette victoire a donné aux Israéliens un rôle qu'ils ne voulaient pas jouer mais auquel ils ne pouvaient échapper.

Tout d'abord, les Israéliens de gauche et les bien-pensants de l'étranger reprochent à tort au gouvernement israélien de ne pas faire suffisamment d'efforts pour quitter la Cisjordanie, comme si le fait de multiplier les efforts allait permettre de trouver un véritable partenaire pour la paix. À cet égard, les critiques font fi de la politique de rejet, cette attitude consistant à refuser d'accepter la moindre parcelle de sionisme et qui domine la politique palestinienne depuis un siècle. Son initiateur, Amin al-Husseini, a collaboré avec Hitler et a même joué un rôle-clé dans l'élaboration de la solution finale. La politique du rejet dont les manifestations récentes impliquent des mouvements « anti-normalisation » et BDS (boycott, désinvestissement et sanction) rend toute concession de la part d'Israël inutile, voire contreproductive étant donné que les Palestiniens ont pour seule réponse un regain d'hostilité et de violence.

Deuxièmement, Israël fait face à un casse-tête géographique et démographique en Cisjordanie. Alors que ses stratèges veulent contrôler les hauts plateaux, ses nationalistes bâtir des villes et ses religieux posséder les sanctuaires juifs, la domination exercée de façon ininterrompue par Israël sur une population de Cisjordanie de 1,7 million d'habitants, dont la plupart sont des Palestiniens arabophones et musulmans hostiles, coûte un prix énorme au pays, tant sur le plan interne qu'au niveau international. Les différents programmes mis en œuvre pour conserver les terres et neutraliser une population ennemie – en l'intégrant, en l'achetant, en la divisant, en la repoussant ou en lui trouvant un nouveau dirigeant – ont tous échoué.

Les Israéliens ont considérablement augmenté, tout en l'unifiant, la taille de Jérusalem (zone hachurée).

Troisièmement, en 1967, les Israéliens ont pris à Jérusalem trois mesures unilatérales qui ont créé de véritables bombes à retardement à savoir l'extension importante des frontières de la ville, l'annexion de celle-ci et l'octroi de la nationalité israélienne aux nouveaux résidents arabes de la ville. La combinaison de ces trois éléments a conduit sur le long terme à une compétition sur le plan démographique et du logement que les Palestiniens sont en passe de remporter mettant ainsi en péril le caractère juif de la capitale historique du peuple juif. Bien plus, 300.000 Arabes peuvent à tout moment choisir de prendre la nationalité israélienne.

À l'aune de ces problèmes, une question se pose : les dirigeants israéliens de 1967 auraient-ils pu prévoir les problèmes actuels et auraient-ils pu faire autrement à Jérusalem et en Cisjordanie ? Ils auraient pu :

  • Faire de la lutte contre la politique du rejet leur priorité majeure en en chassant inlassablement la moindre trace en Cisjordanie et à Jérusalem, en appliquant des sanctions sévères contre toute incitation dans ce sens et en déployant d'intenses efforts pour inculquer un comportement plus positif à l'égard d'Israël.
  • Inviter les autorités jordaniennes, maîtres de la Cisjordanie depuis 1949, à gérer les affaires internes de la région (mais pas celles de Jérusalem) et à ne laisser à l'armée israélienne que la charge de protéger les frontières et les populations juives.
  • Étendre les frontières de Jérusalem seulement à la vieille ville et aux zones inhabitées.
  • Réfléchir à toutes les conséquences de la construction de villes juives en Cisjordanie.

Mais que peuvent faire les Israéliens à présent ? La question de Jérusalem est relativement facile à résoudre. Étant donné que la plupart des résidents arabes de la ville n'ont pas encore obtenu la nationalité israélienne, le gouvernement israélien peut encore arrêter le processus en réduisant la taille de Jérusalem et en mettant fin à l'octroi de la nationalité israélienne à tous les habitants de la ville. Même si cela peut provoquer des troubles, il est impératif de s'attaquer au problème des logements illégaux.

Bâtiments construits illégalement dans le « camp pour réfugiés » de Shuafat, situé à l'intérieur des frontières de Jérusalem telles que tracées en 1967.

La question de la Cisjordanie sera plus difficile. Tant que la politique palestinienne du rejet sera la norme, Israël sera condamné à surveiller une population extrêmement hostile dont il n'osera pas abandonner le contrôle. Cette situation engendre un débat passionné et malsain parmi les Israéliens (rappelons-nous l'assassinat de Rabin) et nuit à l'image internationale du pays (pensons à la résolution 2334 du Conseil de sécurité de l'ONU). Néanmoins, le retour aux « lignes d'Auschwitz » de 1949 et l'abandon de 400.000 résidents israéliens de Cisjordanie à la merci des Palestiniens ne sont évidemment pas une solution.

En lieu et place, Israël doit s'opposer à la politique de rejet des Palestiniens et la vaincre en convainquant les Palestiniens qu'Israël est un État permanent, que le rêve de l'éliminer est vain et qu'ils sont en train de se sacrifier pour rien. Israël peut atteindre ces objectifs en faisant de la victoire son but, en montrant aux Palestiniens que par leur attitude de rejet continuelle, ils ne s'attirent que la répression et l'échec. Le gouvernement américain peut aider, par son approbation, à cette entreprise de victoire d'Israël.

Car c'est seulement par la victoire que le triomphe retentissant de la Guerre des Six Jours en 1967 débouchera sur une solution durable consistant dans l'acceptation, par les Palestiniens, de la permanence de l'État juif.

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5 juin 2017 1 05 /06 /juin /2017 02:04

Un musée de Floride célèbre la perte de Sainte-Sophie

par Daniel Pipes
National Review Online
29 mai 2017

http://fr.danielpipes.org/17629/musee-floride-celebre-perte-sainte-sophie

Version originale anglaise: Florida Museum Celebrates the Loss of Hagia Sophia
Adaptation française: Johan Bourlard

Je n'en ai pas cru mes yeux lorsque j'ai vu au Cummer Museum of Art and Gardens de Jacksonville, en Floride, une plaque murale faisant le descriptif d'un artefact de l'exposition « Ink, Silk, and Gold: Islamic Treasures from the Museum of Fine Arts, Boston » (Encre, soie et or : trésors islamiques du Musée des Beaux-Arts de Boston).

La plaque qui a attiré mon regard faisait l'éloge de l'Empire ottoman sur le fait d'avoir transformé l'église Sainte-Sophie (Hagia Sophia) en mosquée. Voici comment :

Outre le patronage renommé qu'ils ont accordé à l'architecture et qui a produit la transformation [yielded the conversion] de l'église de Sainte-Sophie d'Istanbul en grande mosquée, les sultans ottomans et l'élite ottomane ont soutenu l'industrie florissante du textile et de la céramique.

La célébration du sac de Constantinople au Cummer Museum.

Mais que veulent dire au juste les mots anglais « yielded the conversion » (« produit la transformation ») ? Sur un moteur de recherche, on trouve sept occurrences pour cette expression, toutes liées aux contexte scientifique.)

Sainte-Sophie s'avère être une église parmi les plus anciennes, les plus grandes, les plus belles, les plus admirées et les plus importantes de la toute la chrétienté. Édifiée dans les années 530 à Constantinople, alors capitale de l'Empire byzantin, elle a toujours fait l'objet de commentaires dithyrambiques depuis les temps anciens (en 563 : « quand vous dirigez votre regard vers les arches orientales, vous êtes pris d'une admiration sans borne ») jusqu'à l'époque la plus récente (en 2014 : « dans ce bâtiment emblématique, la beauté, la sagesse et la lumière s'entremêlent dans la structure architecturale).

La transformation de la cathédrale grecque Sainte-Sophie en la mosquée turque Ayasofia ne s'est pas faite en douceur. Fergus M. Bordewich décrit ce changement brutal qui eut lieu il y a 564 ans d'ici :

Le 29 mai 1453, au terme d'un siège de sept semaines, les Turcs lancèrent l'assaut final. Arès avoir brisé les défenses de la ville et terrassé ses défenseurs bien plus nombreux, les envahisseurs se répandirent dans les rues, saccagèrent les églises et les palais et abattirent quiconque se trouvait sur leur passage. Les citoyens terrifiés se réfugièrent dans Sainte-Sophie dans l'espoir d'être protégés par la sacralité du lieu et priant désespérément que, conformément à une ancienne prophétie, un ange vengeur vienne fondre sur les envahisseurs pour les châtier avant qu'ils n'atteignent la magnifique église.

Au lieu de cela, les janissaires du sultan, les épées ensanglantées à la main, forcèrent les grandes portes de bois et de bronze et mirent fin à un empire qui avait duré 1123 ans. « La scène a dû être terrible, comme si le Diable était entré au paradis. L'église était la représentation du paradis sur terre et voilà que des étrangers en turbans et en robes, détruisaient les tombes, brisaient les ossements et dépouillaient les icônes de leurs cadres d'or. Imaginez l'épouvantable chaos, les femmes hurlantes enlevées des bras de leurs maris et les enfants arrachés à leurs parents pour être enchaînés et vendus comme esclaves. Pour les Byzantins, c'était la fin du monde. » (Roger Crowley, 1453: The Holy War for Constantinople and the Clash of Islam and the West) Cette catastrophe hanta la mémoire des Grecs pendant des siècles. Beaucoup s'attachèrent à la légende selon laquelle le prêtre qui officiait ce jour-là disparut dans les murs de Sainte-Sophie pour ne réapparaître que le jour où il serait ramené à la vie dans un Empire grec restauré.

L'après-midi même, le nouveau maître de Constantinople, le sultan Mehmet II, à cheval, fit son entrée triomphale dans la ville et franchit les portes brisées de Sainte-Sophie, un monument qu'il fit protéger et transformer sans délai en mosquée. Ayant appelé un imam pour réciter l'appel à la prière, il fendit la foule des Grecs qui n'avaient pas encore été réduits en esclavage et en gracia certains. Mehmet monta alors jusqu'à l'autel et s'inclina pour prier.

En déambulant dans le Cummer Museum, je me rappelais cet épisode sombre et violent de l'histoire tout en me demandant pourquoi un musée de Floride célébrait la conversion brutale de cette cathédrale en mosquée. Un islamiste aurait-il pu se cacher derrière cet éloge déplacé inscrit sur la plaque murale ?

J'ai cherché des indices en passant en revue la composition des comités consultatif et scientifique de l'expo. Et effectivement, la réponse se trouvait là, affichée au grand jour sur la porte d'entrée en verre.

Apologiste de l'attentat suicide et président de 2005 à 2008 de l'organisme islamiste le plus important des États-Unis, le Council on American-Islamic Relations (CAIR, Conseil aux relations islamo-américaines), Parvez Ahmed siège dans les deux comités. De plus, son ancienne mosquée, l'Islamic Center of Northeast Florida (centre islamique du Nord-Est de la Floride), siège au comité consultatif.

Mystère résolu.

À propos de l'anniversaire du sac de Constantinople, précisons que les conquêtes islamiques ne doivent pas se faire uniquement au moyen de l'épée – ou des ceintures d'explosifs dans les salles de concert. La conquête de la culture occidentale est en cours, sous l'action des islamistes dont l'intention résolue est d'écraser les kafirs (infidèles) inattentifs ou trop critiques par rapport à eux-mêmes.

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29 mai 2017, addendum. Coïncidence du calendrier, aujourd'hui est à la fois le Memorial Day aux États-Unis et le Jour de la conquête d'Istanbul (İstanbul'un Fethi) en Turquie. Le contraste est révélateur. Alors que les Américains commémorent solennellement les compatriotes qui ont donné leur vie pour protéger leur pays, les Turcs se réjouissent tambour battant d'une conquête opérée il y a des siècles.

Cette année, lors d'une célébration particulièrement grotesque, 1453 camions (une pour chaque année, vous aviez compris) s'ébranlèrent lentement, sur 172 rangées de 9 s'étirant sur 3,2 kilomètres de long, prenant 107 minutes pour parcourir la piste d'un aéroport stambouliote encore en chantier.

1453 camions commémorent le 564ème anniversaire de la conquête ottomane de Constantinople en 1453.

Ce piètre exploit a été inscrit au Guinness Book des records au titre de « plus grande parade de camions » au monde.

Le record du monde inscrit au Guinness Book a été largement battu.

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23 mai 2017 2 23 /05 /mai /2017 12:02

Discours de D. Trump en Arabie saoudite : plutôt bien

par Daniel Pipes
National Review Online
21 mai 2017

http://fr.danielpipes.org/17607/discours-trump-arabie-saoudite

Version originale anglaise: Trump's Saudi Speech: Pretty Good
Adaptation française: Johan Bourlard

À Riyad, lors de la première étape de sa tournée des trois monothéismes qui l'emmène à Jérusalem et à Rome (mais désolé, pas à La Mecque qui est inaccessible), Donald Trump a prononcé un discours important sur une série de sujets – le Moyen-Orient, la violence djihadiste, l'Iran, un « OTAN arabe » et l'Islam. Une prestation mitigée mais globalement positive.

D'une durée de 34 minutes, ce discours compte plusieurs points négatifs : incohérent, passant d'un sujet à l'autre et parsemé de retours en arrière, le propos n'est ni éloquent ni pénétrant (comme par exemple : « Les terroristes n'adorent pas Dieu, ils adorent la mort. ») Par endroits, il contient des euphémismes du style d'Obama, tels que cette déclaration indiquant que les grands défis de l'histoire sont devant nous, un objectif qui transcende toute autre considération : « pour surmonter l'extrémisme et vaincre les forces du terrorisme. »

Et ne parlons pas du côté grotesque avec l'annonce de l'ouverture à Riyad, quartier général du wahhabisme, d'un « Centre mondial pour la lutte contre l'idéologie extrémiste ». J'ai frémi quand j'ai entendu Trump qualifier l'Arabie saoudite de « terre sacrée ». J'ai eu un haut-le-cœur en l'entendant faire un éloge appuyé du roi Salmane, dont on sait qu'il a, pendant les années 1990, contribué pour des dizaines de millions de dollars au financement de la violence djihadiste en Bosnie et au Pakistan.

Le contexte du discours est extrêmement préoccupant : les accords américano-saoudiens d'un montant total de 380 milliards de dollars confèrent à un régime tyrannique un supplément d'influence sur les Américains. L'acquisition d'armements américains par les Saoudiens pour une valeur de 110 milliards de dollars met un vaste arsenal à la disposition d'un gouvernement dont les objectifs diffèrent radicalement de ceux des Américains.

Donald Trump signe avec le gouvernement saoudien des accords aux proportions gigantesques.

Mises à part ces réserves qui sont loin d'être insignifiantes, il s'agissait d'un bon discours annonçant un changement majeur dans la bonne direction par rapport aux années Obama, particulièrement en ce qui concerne l'Iran et l'Islam. L'élément le plus remarquable est la volonté de Trump de désigner l'idéologie de l'islamisme comme l'ennemi. Ceci est d'une importance capitale : à l'instar du médecin qui doit d'abord identifier le problème médical avant de le traiter, le stratège doit identifier l'ennemi avant de pouvoir le vaincre. En parlant d'« agents du mal », de « terroristes » et d'« extrémistes violents », on ignore le caractère islamique de l'ennemi.

À cet égard, le passage clé du discours (à 22'25") est le suivant : « Il y a encore beaucoup à faire à savoir, affronter en toute franchise la crise de l'extrémisme islamique, des islamistes et du terrorisme islamique de toutes sortes. » (La version écrite du texte était la suivante : « l'extrémisme islamiste et les groupes terroristes islamistes » mais au moment de parler, Trump a fait des changements. Alors qu'islamiste est plus précis qu'islamique, sur le plan politique, les deux ont la même teneur.)

Il s'agit d'un événement remarquable et sans précédent pour un dirigeant américain s'exprimant de la sorte dans la capitale du Royaume d'Arabie saoudite et qui plus est, lors du « Sommet arabe islamo-américain » organisé par les Saoudiens et en présence des dirigeants de quelque 50 pays à majorité musulmane. « J'ai vos numéros », a dit en substance Donald Trump. « Donc, ne jouez pas avec moi. »

La liste des pays invités au « Sommet arabe islamo-américain ».

Il a confirmé ce point à plusieurs reprises dans son discours : « Les pays à majorité musulmane doivent prendre la tête de la lutte contre la radicalisation » ; « Les nations musulmanes doivent être prêtes à prendre sur elles-mêmes si nous voulons vaincre le terrorisme et envoyer son idéologie épouvantable aux oubliettes » ; une mention du tribut humain qu'ont coûté « l'EI, Al-Qaïda, le Hezbollah, le Hamas et tant d'autres. » Et son appel à faire front « contre le meurtre de musulmans innocents, l'oppression des femmes, la persécution des juifs et le massacre des chrétiens. » Sur la nature du problème, il n'y a donc aucune ambiguïté.

La proposition du MEF pour une Commission de la Maison Blanche sur l'Islam radical.

Toutefois, un discours ne fait pas une politique. Il est arrivé naguère à George W. Bush et Barack Obama de parler respectivement d'« islamofascisme » et d'« islamistes ». Obama a même évoqué les « djihadistes ». Cependant ces termes explicites n'ont eu aucun poids réel sur leur politique. De la même manière, les Premiers ministres britanniques Tony Blair et David Cameron ont prononcé de magnifiques discours sur l'islamisme mais ces derniers ont eu tout aussi peu d'impact sur les actions de leurs gouvernements.

Pour que le discours de Trump fasse la différence, il faut que cela marque le début d'une approche cohérente destinée à reconnaître que l'idéologie islamiste est au cœur du conflit – et que la violence n'est que l'une de ses manifestations et peut-être pas la plus dangereuse.

Pour commencer il serait bon de rappeler le discours prononcé en août de l'année dernière par le candidat Trump qui déclarait que « l'un de mes premiers actes en tant que président sera de créer une commission sur l'islam radical... pour identifier et expliquer à la population américaine les convictions et croyances profondes de l'islam radical et mettre au jour les réseaux, présents dans nos sociétés, qui soutiennent la radicalisation. » La commission « mettra au point de nouveaux protocoles pour les officiers de police locaux, les enquêteurs fédéraux et les inspecteurs de l'immigration. »

Eh bien, allons-y, Monsieur le Président ! Le moment est venu de mettre sur pied une Commission de la Maison Blanche sur l'islam radical.

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23 mai 2017 2 23 /05 /mai /2017 07:10

L'État palestinien sera acceptable... à la fin

par Daniel Pipes
Israel National News
21 mai 2017

http://fr.danielpipes.org/17606/etat-palestinien-acceptable-a-la-fin

Version originale anglaise: Palestinian Statehood Is Acceptable … Eventually
Adaptation française: Johan Bourlard

Martin Sherman, le directeur exécutif de l'Israel Institute for Strategic Studies, a consacré un nouvel article, « Why Palestinian Statehood Obviates Israeli Victory » (Pourquoi la création d'un État palestinien rend inutile la victoire israélienne) pour discuter des différences qui nous séparent lui et moi à propos d'un point sur lequel nous sommes fondamentalement d'accord à savoir, l'objectif de la victoire d'Israël.

L'idée est que le « processus de paix » est devenu un « processus de guerre » et que la solution à la confrontation entre Israéliens et Palestiniens ne consiste pas pour Israël à faire davantage de concessions douloureuses mais, au contraire, d'imposer sa volonté à l'ennemi et de briser le rêve palestinien d'élimination de l'État juif. Washington devrait soutenir son allié israélien dans ce projet. Paradoxalement la défaite est la meilleure chose qui puisse arriver aux Palestiniens, car elle leur permettrait de se débarrasser d'une obsession destructrice et de commencer à construire leur propre développement politique, économique, social et culturel.

Pour promouvoir cette idée, le Middle East Forum, l'organisme que je préside, a travaillé avec des membres de la Chambre des Représentants du Congrès américain pour mettre sur pied un Caucus du Congrès pour la victoire d'Israël (Congressional Israel Victory Caucus, CIVC) en vue de faire pression sur le président. Sherman salue le CIVC comme « une initiative extrêmement importante qui offre une vraie possibilité de changer la donne. »

Lancement, le 27 avril 2017 du Caucus du Congrès pour la victoire d'Israël. En partant de la gauche : Gregg Roman, E.J. Kimball, Bill Johnson, Daniel Pipes, Ron DeSantis, Gary Bauer.

Comme le suggère néanmoins le titre de son article, Sherman n'est pas d'accord avec mon point de vue selon lequel « lorsque les Palestiniens finiront par abandonner la lutte contre Israël, leur centralité dans le conflit conduira à un affaiblissement de l'antisionisme depuis le Maroc jusqu'à l'Indonésie... Une défaite palestinienne marquera le début de la fin d'une guerre plus large des Arabes et des musulmans contre Israël. »

Sherman considère comme « infondé » l'argument selon lequel l'inimitié arabe et musulmane à l'encontre d'Israël se concentre « sur le problème de l'autodétermination des Arabes palestiniens. » Son argumentation repose sur quatre points :

1. L'antisionisme existait bien avant que les Palestiniens deviennent un problème central en 1967 avec la prise de la Cisjordanie et de Gaza par Israël. Ma réponse : C'est vrai, bien entendu, mais à l'approche du 50ème anniversaire de la Guerre des Six Jours, il est particulièrement pertinent d'observer combien les attitudes ont changé avec le temps. À l'heure actuelle, aucun gouvernement arabe n'appelle à l'élimination de l'État juif. Tous se concentrent désormais sur la « Palestine ». Il s'agit là d'un changement considérable que la victoire d'Israël ne fera que confirmer.

2. Il est impossible qu'un « minuscule micro-État » démilitarisé et « fondé à la suite d'une défaite humiliante désamorce la frénésie judéophobe qui anime actuellement le monde arabe et musulman. » Ma réponse : La « frénésie judéophobe » est une expression adéquate pour qualifier l'antisémitisme quasi-généralisé parmi les musulmans. Dans le même temps, ce sentiment est fort heureusement superficiel, moins fondé sur la doctrine ou l'histoire islamique que sur les nécessités stratégiques qu'impose la lutte contre Israël. Quand les conditions seront réunies – c'est-à-dire une fois la bataille terminée et les Palestiniens calmés – cette option pourrait bien être abandonnée.

3. Qui parmi les Palestiniens, s'interroge-t-il, est « autorisé à signer un acte contraignant de reddition » avec Israël ? Ma réponse : La défaite ne nécessite pas de signature au bas d'un document. Le gouvernement américain a-t-il signé un acte de reddition au Vietnam ou les Russes en Afghanistan ? Ce qui importe le plus, c'est que la défaite reflète un changement de mentalité qui se propage de bas en haut. La clé réside dans la vox populi et non parmi les officiels.

Voilà la fin que ne connaîtra pas le conflit israélo-palestinien : la reddition, lors de la Guerre de Sécession américaine, des États du Sud face aux États du Nord à Appomattox en 1865.

4. À partir de sondages indiquant qu'environ 30 % des habitants de Cisjordanie et environ 50 % des Gazaouis souhaitent émigrer, Sherman conclut qu'il ne sera pas difficile de convaincre les Palestiniens de partir. Ma réponse : Même en considérant que ces chiffres élevés sont corrects, deux facteurs rendront ce projet inefficace : la pression sociale et les menaces de violence d'une part, et le fait qu'aucun gouvernement ne souhaite assimiler les Palestiniens d'autre part. Par principe, les dirigeants arabes et musulmans n'accueilleront pas les Palestiniens. Quant au reste du monde, il a tendance à rester sur ses gardes face à des migrants pour la plupart non qualifiés et issus d'un milieu enclin à la violence. C'est pourquoi le « paradigme d'une émigration financée » défendu par Sherman ne peut pas être central dans le Projet de victoire d'Israël.

Enfin, le fait de laisser la porte ouverte à l'option d'un État palestinien présente un autre avantage pour les États-Unis. Sherman admet que l'idée d'une victoire israélienne et d'une défaite palestinienne est « audacieuse », voire « révolutionnaire » même si, pour certains, cela apparaît comme choquant, à l'instar de J Street qui qualifie cette idée de « moyenâgeuse » et de « vraiment terrifiante ». Afin de rendre l'option de la victoire israélienne attractive pour un nombre important d'Américains, je souhaite dès lors rendre le projet aussi acceptable que possible en y incluant l'éventualité – une fois que la guerre sera terminée pour de bon – d'un État palestinien. Je m'empresse d'ajouter qu'il ne s'agit pas là d'une perspective à court terme car il faut que le conflit soit complètement terminé, une situation qu'on ne verra pas se produire avant au moins quelques dizaines d'années. Toutefois, il est bon d'envisager cette option.

Je remercie Martin Sherman pour ce débat vivifiant que je propose de clore ici même.

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15 mai 2017 1 15 /05 /mai /2017 16:56

Obtenir la victoire d'Israël avec Martin Sherman

par Daniel Pipes
Israel National News
14 mai 2017

http://fr.danielpipes.org/17576/obtenir-la-victoire-disrael-avec-martin-sherman

Version originale anglaise: Achieving Israel Victory with Martin Sherman
Adaptation française: Johan Bourlard

Mon appel en faveur de la victoire d'Israël a poussé Martin Sherman, directeur exécutif de l'Israel Institute for Strategic Studies, à publier trois articles critiques sérieux et constructifs (ici, ici et ici) pour Israel National News. Voilà une excellente manière d'améliorer une idée et je l'en remercie.

En guise de réponse, je reprendrai d'abord les grandes lignes de ma thèse et répondrai ensuite aux réserves émises par M. Sherman.

Ma thèse. Près de trente années de « processus de paix » ont rendu les relations israélo-palestiniennes pires que ce qu'elles étaient au départ. C'est pourquoi toute nouvelle tentative dans ce sens (comme celles entreprises actuellement par Donald Trump) n'est qu'un jeu de dupes. Ce ne sont ni les compromis, ni les « concessions douloureuses » qui mettent fin aux conflits mais bien, comme le montre l'histoire, l'abandon de la partie par l'un des protagonistes.

Briser la volonté de combattre des Palestiniens ne sera ni facile, ni agréable mais pensons que la seule alternative à cette option est la disparition d'Israël. L'acceptation d'Israël par les Palestiniens videra l'antisionisme de sa substance et incitera finalement d'autres Arabes et musulmans à leur emboîter le pas. La défaite profitera grandement aux Palestiniens qui pourront enfin mettre un terme à leur obsession destructrice de l'État juif et commencer à construire leur propre vie politique, économique, sociale et culturelle.

Mon objectif est de convaincre Washington de laisser gagner Israël ; une fois cet objectif atteint, les Israéliens pourront élaborer dans le détail la manière d'obtenir la victoire. À cette fin, le Middle East Forum, organisme que je préside, a travaillé avec des députés [américains] pour lancer un caucus du Congrès sur la victoire d'Israël dans le but d'exhorter le président américain – l'actuel ou un prochain président – à adopter l'approche d'une victoire d'Israël.

En réponse, Sherman qualifie les fondements conceptuels de mon point de vue « d'éminemment sensés » et estime qu'un caucus du Congrès serait « vraiment le bienvenu » et tomberait « à point nommé. » Après les félicitations, Sherman passe aux avertissements en contestant mon point de vue sur cinq éléments :

Martin Sherman

En quoi consiste la victoire ? Sherman pose 13 questions pertinentes sur la nature de la victoire (exemple : Combien de victimes palestiniennes Israël doit-il occasionner pour obtenir la victoire ?). Ma réponse : Ces questions sont certes fondées et utiles mais mon objectif est de modifier les principes de la politique américaine et non d'élaborer une tactique pour Israël. Il est trop tôt pour traiter des détails évoqués par Sherman. Par ailleurs, je suis un analyste de la politique étrangère américaine, pas un colonel de l'armée israélienne.

Les antisionistes sont partout. Sherman observe que le Moyen-Orient étant rempli d'ennemis de l'État juif, il est plus difficile de convaincre les Palestiniens que la partie est terminée, qu'Israël est là pour durer et que leur camp a perdu. Ma réponse : Il est vrai que vivre au beau milieu d'un océan d'antisionisme rend la tâche d'Israël plus ardue mais lorsque les Palestiniens finiront par abandonner la lutte contre Israël, leur centralité dans le conflit conduira à un affaiblissement de l'antisionisme depuis le Maroc jusqu'à l'Indonésie et de Molenbeek à Dearborn. De toute évidence, ce changement ne sera pas instantané mais le fait de s'afficher comme plus catholique que le pape est de plus en plus difficile à tenir au fil du temps. Une défaite palestinienne marquera le début de la fin d'une guerre plus large des Arabes et des musulmans contre Israël.

Surtout pas de Palestine. Parce qu'il voit l'empressement d'un État palestinien à miner la victoire d'Israël, Sherman souhaite voir les dirigeants israéliens déclarer leur rejet définitif de la « Palestine ». Ma réponse : L'attrait suscité par la création d'un État au lendemain du conflit offre au contraire des avantages aux deux parties. Les Israéliens seront libres de décider sur des sujets qui dérangent et les Palestiniens auront une raison de bien se conduire.

Le « paradigme humanitaire » représente l'alternative à la victoire proposée par Sherman. Cela consiste en deux étapes : 1) La fin, pour le gouvernement israélien, de la reconnaissance des régimes palestiniens jumeaux ainsi que des relations commerciales et des aides (eau, électricité, carburant, services postaux, communications, aménagements portuaires, collectes ou versements d'impôts), une fin suivie par 2) une offre israélienne d'argent aux Palestiniens, suffisante pour les convaincre de partir volontairement pour trouver « une vie meilleure et plus sûre ailleurs » dans le monde. Ma réponse : En raison du nationalisme exacerbé, d'une pression sociale plus forte encore ainsi que de probables menaces de violence, je doute fortement que cette option trouve un nombre significatif d'adhérents mais cela vaut certainement la peine d'essayer.

Combattre le « récit palestinien ». Sherman observe l'acceptation largement répandue sur le plan international de la ligne anti-israélienne et relève l'incapacité d'Israël à faire entendre son propre message sur son renouveau et ses actions. Pour une défense effective de la cause du sionisme Sherman appelle dès lors à y consacrer un budget annuel d'un milliard de dollars. Ma réponse : C'est une bonne idée. Le nouvel Abba Eban va peut-être arriver.

Harry Truman (à gauche), Abba Eban (au centre) et David Ben Gourion en 1951.

En résumé, Sherman et moi ne sommes en désaccord direct que sur un seul point – l'acceptation par Israël de la possibilité d'un État palestinien. À part cela, les divergences sont une question de timing, de nuances et d'accents. Je suis encouragé par le fait de voir que nous sommes d'accord sur tant de points et j'aspire à une collaboration qui permettra la poursuite d'un objectif devenu nécessaire : la victoire d'Israël.

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