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Thérèse Zrihen-Dvir

Regard d'un écrivain sur le Monde

28 novembre 2013 4 28 /11 /novembre /2013 02:05

L’Etrange "droit" au Voile - 22/11/2013

 

Les dernières vidéos du blogueur algérien "Aldo Sterone" au sujet de la volonté des islamistes d’imposer le voile intégral en Europe et au Québec tombent à pic : une française voilée attaque, sous couvert d’anonymat, la France devant la Cour européenne des droits de l’homme.

 

NB : cette femme se fait représenter par un cabinet britannique.

 

Québec : le Voile de la Division

 

Sources  :

 

Le Point.fr - 25/11/2013

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19 juillet 2013 5 19 /07 /juillet /2013 00:23
Jeudi 18 juillet 2013 4 18 /07 /Juil /2013 09:17

 

Jeudi 18 Juillet 2013 à 05:00 

Régis Soubrouillard
Journaliste à Marianne, plus particulièrement chargé des questions internationales En savoir plus sur cet auteur

L’Armée Syrienne Libre combat désormais sur deux fronts : contre les forces de Bachar Al Assad et contre les opposants islamistes qui veulent contrôler les zones libérées. Selon un représentant de l’ASL, Al Qaïda envisagerait même d’annoncer la création d’un Etat islamique dans le nord de la Syrie. 


TOMADA SEBASTIANO/SIPAUSA/SIPA
TOMADA SEBASTIANO/SIPAUSA/SIPA

C’est un nouveau front qui s’est ouvert en Syrie depuis quelques jours. L’Armée Syrienne Libre ne doit plus seulement faire face aux forces de Bachar. Elle est désormais confrontée à un nouvel ennemi. Une nébuleuse terroriste islamiste qui se dit affiliée à Al Qaïda, toujours à l’affût dans les pays en conflit, où le pouvoir s’affaiblit (Irak, Afghanistan, Mali).  


Selon un représentant de l’ASL, un groupe se réclamant d’Al Qaïda envisagerait d’annoncer la mise en place d’un « État islamique » dans le nord de la Syrie. « La nébuleuse terroriste Al-Qaïda envisage d'annoncer prochainement la création d'un « État islamique » dans les régions du nord de la Syrie contrôlées par les djihadistes », assure-t-il, cité par le quotidien panarabe Asharq Al-Awsat, en général bien informé.  


Préférant rester anonyme, la source indique que la proclamation de cet état aurait lieu à la fin du ramadan, le premier jour de l’Aïd : « les points de passage frontaliers sont les priorités du groupe pour contrôler les armes, les munitions et permettre la contrebande de pétrole pour lever des fonds ».   
  

En contrôlant les échanges transfrontaliers, les islamistes se doteront d’instruments de pression sur les Syriens et priveront l’ASL, obligée de lutter désormais sur deux fronts, de la possibilité de faire face aux forces de Bachar El-Assad.   


La mise en œuvre de ce plan aurait commencé la semaine dernière avec l'assassinat d’un commandant de l’ASL et son frère dans le village de Dana, suivie de l'assassinat de Kamal Hamami membre du Conseil du commandement suprême, l’une des personnalités les plus en vue de l’ASL.« Elle sera suivie par plus assassinats d'officiers et de personnages importants de l’ASL» affirme la source du journal. 


Devenue une véritable poudrière, les tensions et les heurts meurtriers se font de plus en plus fréquents entre la rébellion modérée soutenue par les occidentaux et les groupes djihadistes tel le front Al Nosra et l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL).  Le 17 juillet, l’Observatoire syrien des droits de l’homme rapportait de violents combats survenus entre des combattants kurdes syriens et des combattants du front Al Nosra, de l’EIIG et d’autres combattants extrémistes dans une localité frontalière de la Turquie.  


« Au moins neuf combattants d'Al-Nosra et de l'EIIL et deux combattants kurdes ont été tués dans les combats en 24 heures dans la ville », a précisé l'OSDH, qui s'appuie sur un vaste réseau de militants et de sources médicales et militaires.  


Armer l'ASL, c'est armer Al Qaïda 

Et la zizanie ne fait sans doute que commencer au sein même des groupes islamistes engagés contre le régime de Bachar El-Assad. Alors qu’Al Nosra a été qualifié de « branche indépendante d’Al Qaïda » par le chef d’Al Qaïda, Ayman Al Zawahiri, l’EIIL a été purement et simplement invalidé et n’a pas reçu le label « Al Qaïda ».  


Si le Département d’Etat américain affirme qu’Al Nosra est une émanation d’Al Qaïda en Irak, certains islamologues comme Thomas Pierret déclarent que le Front s’est « syrianisé »  et que son idéologie djihadiste est moins affirmée qu’à ses débuts. Ce qui expliquerait la rupture avec l’EIIL  


Les deux groupes tiennent néanmoins à imposer leur autorité sur  les zones dîtes « libérées » et n’entendent pas laisser la place à l’ASL. 


Selon le journaliste pakistanais Ahmed Rashid, spécialiste des Talibans, un troisième larron est venu se mêler à cette foire meurtrière récemment : le TTP (Tehrik e Taliban Pakistan), un groupe rigoriste taliban pakistanais qui a envoyé des centaines de  combattants en Syrie. « Ils agissent comme des jihadistes, avec précisément les mêmes objectifs qu’Al-Qaïda. C’est une manière, je suppose, de cimenter les relations avec les groupes militants syriens (…) et d’élargir leur sphère d’influence » explique Ahmed Rashid. 


Une montée en pluissance des groupes islamistes qui fait craindre à certains des manoeuvres sournoises de Bachar Al Assad, qui utiliserait des combattants étrangers pour diviser les combattants rebelles mais laisse surtout de plus en plus perplexe sur l’opportunité des livraisons d’armes aux opposants syriens :  « armer l’ASL aujourd’hui, c’est armer Al Qaïda…» objectent certains observateurs. 


Selon l’agence Reuters, des sources internes aux services de sécurité des Etats-Unis auraient d’ailleurs rapporté cette semaine que les commissions du renseignement du Congrès américain bloquaient le projet de livraisons d'armes aux rebelles, par crainte qu'elles ne terminent entre les mains d'islamistes.... 

 

Article publié sur le site:

http://www.marianne.net/Syrie-Al-Qaida-mene-la-vie-dure-a-l-Armee-Syrienne-Libre_a230457.html

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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 07:19

Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Tout Miséricordieux.

Sourate 5 verset 51 : « Ô croyants ! Ne prenez pas pour alliés les Juifs et les Chrétiens ; ils sont alliés les uns et les autres. Et celui d’entre vous qui les prend pour alliés devient des leurs. Allah ne guide certes pas les gens injustes. »

Sourate 5 verset 54 : « Ô croyants ! Quiconque parmi vous apostasie de sa religion, Allah va faire venir un peuple qu’Il aime et qu’Il l’aime, modeste envers les croyants et fier et puissant envers les mécréants, qui lutte dans le sentier d’Allah, ne craignant le blâme d’aucun blâmeur. Telle est la grâce d’Allah. Il la donne à qui il veut. Allah est Immense et Omniscient. »

Sourate 5 verset 55 : «  Vous n’avez d’autre alliés qu’Allah, son Messager, et les croyants qui accomplissent la Salât( la prière), s’acquittent de la Zakât( l’aumône)  et s’inclinent devant Allah. »

Pour ceux qui ne veulent pas comprendre l’esprit et la lettre de l’islam seront bien servis en lisant ces versets coraniques.

L’attaque du complexe gazier de Tigantourine près In Aménas dans le sud-est algérien devrait faire réfléchir les occidentaux sur leur approche angélique de l’islam développée par une nuée de soit disant universitaires qui sont apparemment au service du wahhabisme et de ses filiales djihadistes.

Durant les événements douloureux d’In Aménas, certains  bien-pensants autoproclamés experts du terrorisme islamique invités sur des plateaux de télévision françaises ne faisaient que relayer les informations diffusées par une radio et une agence de presse islamiques basées à Nouakchott en Mauritanie et financées par un pays arabe ami de la France  qui sont au service de la  propagande des sanguinaires  d’Aqmi. Et parmi ces nervis, M. Mathieu Guidère alias Moez Kouider d’origine tunisienne et se présentant comme un grand professeur d’université est un propagandiste djihadiste. Sans aucune objectivité intellectuelle, il se permet sur une chaine de télévision  publique payée par le contribuable français de faire l’apologie de l’islamisme. Et ce n’est pas la première fois qu’il dérape.

Au fait que pense-t-il des destructions des mausolées en Tunisie, son pays d’origine, par les islamiste et notamment celui de Sidi Boussaïd ?

Comment qualifier-ou interpréter de telles attitudes ? N’est-ce pas un soutien indirect à l’islamisation de la France ? Et au risque même de nuire au travail salvateur que fait l’armée française au Mali, ces fameux experts devraient  se taire car tout ce qu’ils débitaient, s’est avéré faux. Ils ne faisaient que des supputations sans fondement et sans approche académique. Mais le comble c’est qu’ils sont invités chaque fois pour ressasser le même discours par des journalistes en quête d’audimat. C’est vraiment pitoyable d’avancer des informations sans vérification  lorsqu’on sait qu’en face, on n’a pas à faire à des anges mais à des tueurs obnubilés par le paradis et  agissant au nom d’une religion commercialisée comme étant celle de la  paix et de l’amour. Quelle escroquerie !

Lors de l’assaut des forces spéciales algériennes sur le complexe gazier de Tigantourine, les fous d’Allah  étaient reliés directement par téléphone satellitaire thurya dont les propriétaires sont des princes arabes, à la fameuse radio islamique de Nouakchott. Alors comment ces messieurs peuvent-ils expliquer les informations qu’ils distillent sur les chaines de télévision françaises puisées dans la boite de résonance  de cette  radio ?

Pourquoi  ne soufflent-ils  pas un mot sur le déplacement qu’avait effectué Mokhtar Benmokhtar commanditaire de l’attaque de Tigantourine, à Tripoli et à Zenten en Libye avant la marche des intégristes islamiques vers Bamako pour y faire son marché d’armes et aussi peut-être pour y rencontrer le fameux Abdelkrim Belhadj, grande figure d’Al Qaïda  et actuellement gouverneur militaire de la capitale libyenne et en même tant conseiller technique des djihadistes en Syrie ?

Leur crédibilité scientifique est mise à nue mais toute honte bue, ils continuent de mentir. Mais pour le compte de qui, agissent-ils ainsi ?

Ils devraient au moins  avoir  le courage de leur conviction et avouer  à l’opinion française  pour quelle partie, ils roulent ? Car l’islamisme n’attend que l’occasion propice pour passer à l’acte en frappant durement  ses ennemis que sont les chrétiens, les juifs, les apostats et les mécréants, en un mot la France et par extension l’Occident. C’est écrit en grosses lettres arabes dans le coran incréé. Alors pourquoi ces experts restent-ils muets sur la législation coranique quand ils sont à l’antenne?

Ils savent bien qu’ Allah  incite les musulmans à combattre et à mourir dans son sentier pour aller au paradis où les attendent la bonne chair, la bonne nourriture et les plaisirs de la vie qui leurs sont interdits ici-bas afin de titiller leur égo barbare.  Il est écrit dans le coran sourate 9 verset 38 : « Ô vous qui croyez ! Qu’avez-vous ? Lorsque l’on vous a dit : « Elancez-vous dans le sentier d’Allah » vous vous êtes appesantis sur la terre. La vie présente vous agrée-t-elle plus que l’au-delà ? Or la jouissance de la vie présente ne sera que peu de choses, comparée à l’au-delà ! »

L’islam incite ses ouailles à mourir en martyrs pour sa cause. Il est écrit en effet dans le coran, sourate 9 verset 41 : «  Légers ou lourds, lancez-vous au combat, et luttez avec vos biens et vos personnes dans le sentier d’Allah. Cela est meilleur pour vous, si vous saviez. »

La nature de l’islam est totalitaire et le djihad la rend encore plus barbare. L’islam a but pour  final  de conquérir le monde et de le soumettre par la terreur aux lois d’Allah. Pour l’ensemble des musulmans, l’islam est la seule vraie religion et  demeure l’unique vérité divine. Hors de l’islam, point de salut !  Pour tout musulman, c’est un devoir sacré de faire le djihad. C’est une obligation religieuse établie dans le coran et dans la sunna que de porter l’islam pour toute l’humanité. Le djihad est un ordre d’Allah pour faire progresser l’islam à travers le monde et les musulmans doivent se battre, mourir et surtout tuer au nom de Dieu le Miséricordieux.

N’en déplaise à M. Oubrou et aux spécialistes de la takkia, comme M. Ramadan et M. Chebel, que l’islam est une religion de conquête et que les djihadistes sont les véritables musulmans.

Il est clair que les combattants d’Allah sont programmés par le coran pour tuer, pour violer, pour brûler, pour détruire, pour voler afin d’accéder au paradis. Alors que M. Oubrou, le médaillé et consorts cessent de berner les français et que leurs  supplétifs occidentaux ouvrent les yeux pour regarder la réalité de la religion de paix et d’amour qui appelle au meurtre matin et soir.

Et quand le nouveau pharaon d’Egypte, le président Morsi condamne l’intervention française au Mali, il y a péril en la demeure. Et quand M. Alain Juppé se pose des questions sur cette intervention, cela devient inquiétant pour la France.

L’ancien  ministre, est-il devenu amnésique subitement ? Oublie-t-il qu’il a participé à armer les barbares en détruisant la Libye ? Oublie-t-il qu’il a encouragé les frères musulmans d’Egypte en déclarant au Caire lorsqu’il était aux affaires qu’ils sont des démocrates, à y appliquer la charia et dont les premières victimes sont les femmes et les chrétiens coptes ?

Pareil cynisme n’a pas d’égal….

Et pourtant les soldats français au péril de leur vie sont en train de défendre les valeurs de la république, mille fois mieux que ces politiciens versatiles et ces universitaires de salon.

Et quand le député vert Noël Mamère, durant l’émission « Mots croisés » sur France 2 déclare que le printemps arabe  a apporté la liberté aux peuples de la région, c’est vraiment les considérer comme des mineurs et se  moquer d’eux quand on fait une telle affirmation. Est-il atteint de cécité politique ou d’angélisme pour ignorer  la barbarie qui est inscrite dans le corpus de l’islam ?  Il sait pertinemment que la démocratie n’a pas droit de cité en islam et que dans tous les pays musulmans les droits des femmes et des minorités ethniques et religieuses sont en recul, et parfois en danger de mort et notamment  pour les homosexuels. Lui, le défenseur acharné du mariage gay doit y réfléchir avant de foncer bête baissée dans un combat qui va le broyer, car l’islam est avant une religion de conquête.

Ce qui se passe actuellement en Tunisie doit le faire méditer sur les conséquences du printemps arabe, à moins qu’il soit en service commandé pour une cause dont on ignore le but. Mais peut-être qu’il désire dans son subconscient comme beaucoup de ses amis que la France devienne musulmane. Qui sait ce qui se trame dans son esprit ? Seul Allah peut le deviner….

M. le député ne doit pas perdre de vue que l’islam ne libère pas ses ouailles, au contraire, il leur impose un système fasciste basé sur la négation de l’homme, car il est écrit dans le coran qu’ils sont au service exclusif d’Allah et de son prophète. Ils sont  prisonniers de leur dogme depuis XIV siècles.

Il est préférable qu’il lise le coran et la sunna pour avoir une idée précise du wahhabisme et de l’islamisme et de ce qui attend la France, une fois islamisée. C’est le djihad qui la guette avec les attentats quotidiens comme c’est le cas actuellement dans tous les pays musulmans de l’Atlantique à l’Indonésie.

Et pourquoi se couche-t-il quand en Arabie Saoudite, les autorités de ce pays décapitent, lapident et fouettent après la prière de chaque vendredi, au nom d’Allah, les moins que rien ? Il est vrai que l’Occident mercantile se met à plat ventre devant les rois du pétrole et il fait uniquement le coq du village face aux pauvres africains, en leur vendant une morale à deux sous.

Et n’en déplaise à M. Noël Mamère, l’armée algérienne reste le dernier rempart dans l’espace sahélien et méditerranéen  occidental  contre les amis sans foi, ni loi du cheikh Youcef Qaradaoui et de son mentor l’émir Hamad du Qatar le financier en chef du djihad mondial, qui est en train d’islamiser la France par des valises remplies de pétrodollars et dont la chaine Al Zajeera  conteste l’intervention française au Mali pour le motif qu’elle attaque un pays musulman.

M. le député, réveillez-vous et regardez autour de vous  comment les villes françaises sont en train de s’islamiser à la vitesse de la lumière où dans certains quartiers déjà Mahomet a remporté les premières batailles.

M. de Villepin est lui-aussi muet telle une carpe devant ce dénigrement  contre l’armée française orchestré par  la chaine de télévision Al Zajeera  qui commence à l’accuser de perpétrer des exactions contre les populations arabe et touareg du Nord-Mali à coups de mensonges fabriqués de toute pièce comme elle en a pris l’habitude…

Cette chaine  est finalement le porte-voix du djihad. Et pourtant quand les barbares violaient, tuaient, décapitaient et lapidaient les populations sans défense du Nord-Mali, elle avait disparu des écrans radars.

Chers lecteurs et lectrices de RL, devinez  ce qui se cache derrière ce silence assourdissant.

Hamdane Ammar

Article publié sur le site:

http://ripostelaique.com/mali-devinez-pour-qui-roulent-les-guidere-mamere-oubrou-ramadan-chebel.html

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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 11:46
Rédigé par Martine Gozlan le Dimanche 20 Janvier 2013


Alors que le verdict du scandaleux procès du doyen de la Faculté de la Manouba a encore été repoussé, l’universitaire Habib Mellakh raconte dans un livre saisissant le quotidien de l’affrontement avec les salafistes et appelle à l’unité des démocrates contre le projet théocratique et totalitaire islamiste. Rencontre.


Tunisie. « Ennahda prépare une république islamique à l’iranienne »
Dans la guerre d’usure qu’ont livrée les salafistes à l’équipe pédagogique de la Manouba, près de Tunis, depuis le 28 novembre 2011, Habib Mellakh a fait office de scribe. Ce professeur de français, syndicaliste de toujours, avait l’expérience des luttes dans une université qui, sous la dictature, avait défendu les libertés académiques et syndicales. Mellakh s’est tenu vaillamment aux côtés du doyen Habib Kazdaghli 
(victime d’un procès scandaleux, toujours en attente d’un verdict repoussé à mars prochain) en informant jour après jour l’opinion des faits gravissimes qui se déroulaient à la faculté. Il publie aujourd’hui ses « Chroniques du Manoubistan »*. Conçues au départ comme un bulletin interne à l’université, ces notes tissent le récit d’une résistance obstinée à l’obscurantisme. Elles posent aussi les conditions d’une unité des démocrates comme Habib Mellakh nous l’explique dans cette interview.
 
Vous êtes, avec le doyen Kazdaghli, au cœur de la lutte contre le salafisme quotidien depuis 14 mois. Votre combat a dépassé les frontières et un éditorial du Monde réclamait la semaine passée l’acquittement du doyen. L’opposition tunisienne à l’islamisme existe fortement et fait peur au pouvoir islamiste. A-t-elle une chance de l’emporter sur Ennahda aux prochaines élections si elle parvient à s’unir ?
Habib Mellakh : Je pose très clairement dans mes chroniques la question de l’unité de l’opposition. J’ai régulièrement lancé des appels à l’union de la société civile. C’est l’objectif de notre « Association tunisienne de défense des valeurs universitaires » qui regroupe toutes sortes de citoyens, bien au-delà de l’université. Pour créer un Front solidaire, nous nous sommes aperçus qu’il tenait autour du projet bourguibiste, héritage national. Seul le Front des démocrates et des modernistes est capable de réaliser le rêve caressé le 14 janvier 2011 lors de la révolution.
 
Comment les partisans de ce sursaut peuvent-ils faire masse face aux islamistes ?
Habib Mellakh : La conjoncture est favorable. En effet, les Tunisiens sont de plus en plus nombreux à réaliser qu’Ennahda n’est pas un parti démocrate musulman, mais bel et bien un parti religieux radical qui endosse le costume de la démocratie pour rassurer l’Europe et l’Amérique. Le pouvoir ne fait rien pour sanctionner les attaques contre les universitaires, les artistes, les journalistes, les femmes. Il s’agit d’une remise en cause du modernisme tunisien. Les pseudo-Ligues de protection de la Révolution et les salafistes utilisent la violence dans ce but : c’est le bras armé d’Ennahda. Il y a beaucoup de haine de la part des extrémistes religieux.
Deux Tunisie s’affrontent ?
Habib Mellakh : Mais nous ferons tout pour l’emporter. Sans doute, face à Ennahda, le Front a-t-il encore du mal à se constituer. Il regroupe des forces diverses, de l’extrême gauche aux libéraux. La formation de ce bloc s’impose comme une urgence. Car ce que prépare Ennahda, ce n’est pas un régime républicain civil, mais à un système islamique à l’iranienne. Ils veulent marcher vers une république théocratique !
Sait-on quand auront lieu les élections ?
Habib Mellakh : Elles ne pourront avoir lieu que si le climat politique le permet. Si les agressions recommencent, comme ce fut le cas à Tatatouine (1 mort parmi les opposants à Ennahda) et à Djerba (où la réunion organisée par Caid Beji Essebsi, leader du parti d’opposition Nidaa Tounes, fut attaquée par les islamistes), on ne pourra pas faire campagne dans une atmosphère de respect et de sécurité. La violence dictera sa loi à la démocratie.
 
* Les « Chroniques du Manoubistan »sont parues aux éditions Cérès.
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19 janvier 2013 6 19 /01 /janvier /2013 09:28
Vendredi 18 Janvier 2013 


Propos recueillis par Régis Soubrouillard


Ancien chef du service de renseignement de sécurité de la DGSE, Alain Chouet revient pour «Marianne» sur la prise d'otages survenue sur le site gazier d'In Azemas en Algérie, le parcours du chef présumé des preneurs d'otages, l'opération française au Mali mais aussi l'ambigüité des puissances occidentales vis-à-vis de pays, soutiens financiers de ces groupes islamistes.


AP/SIPA
AP/SIPA

Marianne : Qui est Mokhtar Belmokhtar, le chef des preneurs d'otages ?


Alain Chouet : Mokhtar Belmokhtar c’est quelqu’un que l’on connaissait bien dans les années 90 parce qu'il avait plus ou moins fricoté avec le GIA avant de se reconvertir dans les trafics en tous genres en particulier de cigarettes, ce qui lui avait valu le surnom de « Mr Marlboro », mais aussi de matériels japonais et d’armes puis après de drogues quand les canaux du trafic ont évolué de l’Amérique du Sud vers l’Amérique du Nord puis les côtes africaines. Le tout dans la zone des trois frontières, Mauritanie, Algérie, Mali. Il était dans le grand banditisme. Quand le GIA a du quitter la zone du nord de l’Algérie sous les coups de butoir de la répression, il s’est drapé dans le Drapeau vert parce que c’est plus valorisant de dire « je suis un grand militant islamiste »plutôt que« je suis un grand trafiquant ». Il était le roi du pétrole dans cette zone, jusqu’à ce que d’autres comme Abou Zeïd viennent dans son coin. Ce qui a donné lieu à pas mal de frictions. Par exemple, autour de nos deux jeunes otages tués au Niger, il y a un affrontement entre Mokhtar Belmokhtar et Abou Zeïd. C’est à qui va payer les otages de l’autre car c’est leur principale source de revenus. Ils cherchent d’abord le pognon avant la révolution islamique. 


Certains observateurs évoquent le rôle ambigu des services de renseignements algériens qui auraient participé à sa montée en puissance au sein de la mouvance islamiste ? 

La DGSE a beaucoup travaillé avec les services algériens pour le suivre par différents moyens techniques de la fin des années 90 au début des années 2000. Je ne crois pas à la thèse d’un complot. Mais effectivement, on ne peut pas dire que les services algériens mettaient beaucoup d’enthousiasme à lui courir après. Il y a plusieurs raisons à cela. Les services algériens étaient plutôt satisfaits que l’activisme djihadiste désertent le nord de l’Algérie et soit confiné dans le sud. Sachant qu’ils auraient beaucoup de mal à venir au bout de la « bête », ils avaient plutôt intérêt à le contenir. Je pense aussi qu’un certain nombre d’acteurs algériens étaient impliqués dans ces trafics. Un certain modus vivendi s’était établi. Le problème de la classe politique algérienne, c’est qu’elle est aussi extrêmement divisée sur ces questions. La succession de Bouteflika est ouverte. Il n’y a pas de successeur évident et tout le monde est d’une prudence de serpent parmi la classe politique ou les militaires, qui se confondent souvent. Cela conduit à une forme d’immobilisme. 

Y-a-t-il un moment où il est passé à une phase plus active de terrorisme ? 
 

Non. Il était simplement en concurrence avec d’autres acteurs qui se réclamaient du djihadisme et il a suivi cette voie. Mais je ne crois pas à l’idée qu’il soit un djihadiste slafiste convaincu. Cela reste un bandit de grand chemin. Récemment, il a été éjecté d’AQMI parce qu’il voulait être Calife à la place du Calife, notamment Abdelmalek Droukdel qui n’a plus aucune autorité dans le nord de l’Algérie. Ces derniers temps, Mokhtar Belmokhtar était complètement marginalisé et avec cette opération, il se remet en selle. Il fait de l’ombre à Abou Zeïd qui reste englué dans ses problèmes au Mali.

Le site gazier d’In Amenas était-il particulièrement menacé ?


Cela ne faisait pas partie des sites menacés. Mokhtar Belmokhtar et Abou Zeïd étaient beaucoup plus au sud que ça. Il était relativement protégé par l’armée algérienne mais ne s’était rien passé depuis 15 ans, l'armée algérienne ne devait pas être très vigilante. C’est plutôt un endroit où on ne l’attendait pas. La frontière libyenne est assez loin de son territoire de chasse.


A quoi attribuez-vous cette opération : liée aux effets pervers des frappes contre Kadhafi ou à l'opération au Mali  ? 


Je ne crois pas que ce soit lié à l’opération française au Mali. On ne lance pas une opération comme celle-là sans préparation. Il faut trouver du monde, les former pour ça. Je ne vois pas ça du tout lié aux opérations françaises même si cela leur donne du relief. 


Qu’avez vous pensé de l’opération des militaires algériens qui a fait l’objet de nombreuses critiques notamment de la part des dirigeants de pays dont certains ressortissants étaient pris en otage  ? 


Elle est effectivement beaucoup critiquée mais je ne vois pas ce qu’ils pouvaient faire d’autre. Il n’y a pas grand chose à négocier avec ce genre de kamikazes. Et les algériens comme toujours, ne font pas dans la dentelle, comme les russes. Ce sont des pays où l’intérêt national prévaut sur les intérêts particuliers. Quant à savoir si des forces d’élites françaises auraient été plus qualifiées pour ce genre d’opérations, c’est difficile à dire. L’opération de « sauvetage » de Denis Allex en Somalie ne plaide pas en ce sens. Libérer des otages par la force, c’est toujours une opération qui a 90% de chances de ne pas réussir. Les ravisseurs sont toujours plus près de l’otage que les sauveteurs. Alors quand vous avez 600 otages !


L’Algérie a annoncé la fermeture de ses frontières. Qu’est ce que cela signifie ? 


C’est une plaisanterie ! Comment voulez-vous fermer plus de 1.500 kilomètres de frontières. Ils peuvent développer des matériels de détection de mouvements, imagerie etc. ou concentrer plus de moyens matériels dans cette zone mais rendre cette frontière étanche est impossible. 


Justement que pensez vous de l’opération au Mali ?


Il fallait la mener vite. Le Mali ce n’est ni l’Afghanistan, ni l’Irak, encore moins le Vietnam. Les agresseurs ne sont pas comme des poissons dans l’eau comme l’étaient les talibans en Afghanistan. Le terrain n’est pas le même, ce n’est pas une guerre de montagne, une guerre de jungle ou une guerre de ville. Les villes maliennes ne sont pas des refuges. Je pense que cette opération est pour le moment plutôt bien menée. Je suis assez optimiste en ce qui concerne la capacité d’encaissement des groupes djihadistes. Je crains plus qu’ils s’évaporent dans la nature pour revenir un peu plus tard. 


On parle déjà de Sahelistan avec le risque de déstabilisation de tout l'ouest du Sahel...


Nous ne sommes plus dans un conflit avec Al Qaïda historique et l’affrontement de régimes occidentaux qui soutenaient des régimes arabes. J’estime que ce sont des problématiques locales qui relèvent du grand banditisme, l’accaparement de la rente au niveau local. Si Ansar dine ou d’autres se sont proclamés islamistes c’est parce que le MNLA ou les irrédentistes touaregs étaient laïcs. Quand ils sont rentrés de Libye, le créneau de l’indépendantisme touareg était déjà occupé. Il leur fallait une légitimité supérieure au MNLA et l’affirmation religieuse a servi à ça. 


Les conflits successifs ne donnent-ils pas l’impression qu’il va falloir crever régulièrement des abcès terroristes ?

C’est tout à fait possible. Mais les occidentaux ne sont pas clairs dans ces affaires. Nous luttons contre des groupes islamistes au Mali que l’on soutient en Syrie. Ce n’est pas une politique lisible. C’est pour cela que je suis en revanche opposé à une intervention en Syrie, cela fait longtemps que les démocrates sont passés à la trappe au profit d’islamistes soutenus par le Qatar et l’Arabie Saoudite. 


Quels sont les liens entretenus par le Qatar et l’Arabie Saoudite avec ces groupes islamistes locaux ? 


Nous n’avons pas de preuves d’un soutien financier du Qatar à ces différents groupes et vous n’en trouverez pas mais tout le monde en est à peu près convaincu. C’est d’ailleurs tout ce qu’il peut apporter et le Qatar est en concurrence directe avec l’Arabie Saoudite dans ce soutien aux groupes islamistes. C’est à qui donnera le plus d'argent. L’émir du Qatar est arrivé à Gaza  avec 400 millions de dollars dans les poches, l’Arabie Saoudite avait apporté 40. Tout le monde est très suiviste dans ces affaires. Nous nous indignons de l’absence de démocratie en Tunisie ou ailleurs, mais rien sur l’Arabie Saoudite ou sur le Qatar. Le problème est d’abord chez nous, nous nous engageons dans des conflits contre des groupes islamistes en partie financés par des pays que nous traitons comme des alliés

 

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18 janvier 2013 5 18 /01 /janvier /2013 05:51
Jeudi 17 Janvier 2013 


Martine Gozlan - Marianne


Avec la prise d’otages du bassin gazier d’In Amenas, le monde redécouvre la malédiction algérienne : un djihadisme dont l’histoire remonte à plus de deux décennies et qui n’a jamais été vraiment vaincu par Alger.


Terrorisme en Algérie : le retour du djihad sur son sol natal

C’est l’éternel et sanglant retour du djihad sur son sol natal. Ils sont algériens, très algériens, ces preneurs d’otage qui ont semé la terreur sur le site gazier d’In Amenas, à 1300 kilomètres au sud-ouest d’Alger, près de la frontière libyenne.  L’armée algérienne leur a donné l’assaut  à la manière locale, elle aussi, sans négociations, en larguant des bombes depuis les hélicoptères, tuant plusieurs dizaines d’otages, le chiffre et les circonstances restent incertains à l’heure où nous écrivons ces lignes.


Vingt et un ans après l’interruption du second tour des élections législatives algériennes qui auraient  assuré la victoire du Front islamique du Salut  ( c’était le 14 janvier 1992), le monde redécouvre une Algérie qui n’a pas grand chose à voir avec les commémorations de son indépendance. Plus près de nous, et au cœur d’elle-même, l’intégrisme armé, qui a ensanglanté près d’une décennie de 1992 à 2000 ( 150 000 morts) ressurgit avec un sombre éclat. 


Il n’avait en réalité jamais vraiment quitté le sol algérien. Sa renaissance au Sahel sous la forme d’AQMI, Al Qaida au Maghreb islamique, se doublait d’une présence entêtante en Kabylie, berceau du GSPC, le Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat, qui muta en AQMI en 2007. Le groupe des « Signataires par le sang », les «  Moulathamines » de Mokhtar le Borgne, cerveau de la prise d’otages d’In Amenas,  n’est qu’un énième avatar de l’antique GSPC. L’armée algérienne a toujours été en guerre contre les djihadistes. La chronique hebdomadaire locale fait état d’accrochages réguliers, d’opérations par hélicoptères contre les maquis «  résiduels » des monts de Kabylie, au dessus de Boumerdès. «  Résiduel », c’est le mot magique, incantatoire, qui permet de faire croire à une victoire totale, globale avec des poches d’islamistes armés aux abois. Ainsi, seront fortifiés le credo national, l’aura qui entoure le président Bouteflika depuis son élection en 1999 : l’intégrisme, veut-on croire, est définitivement mort.
 

En réalité, seules les grandes villes ont été débarrassées de la terreur. Et encore : plusieurs attentats ont eu lieu au cœur de la capitale en 2009. Les groupes armés ont continué ailleurs leur harcèlement, voire leur recrutement. Une nouvelle génération de djihadistes est montée au maquis, toujours en Kabylie, tandis que d’autres rejoignaient le grand sud et le Sahel en voie d’afghanisation.  Au lendemain de la prise d’otages d’Arlit, le 16 septembre 2010( 5 Français, 1 Togolais et 1 Malgache travaillant pour Areva et Satom), nous rappelions dans les colonnes de Marianne le grave affrontement du 30 juin 2010, à la frontière algéro-malienne de Tinzaouatine, entre Al Qaida et les militaires algériens : 11 morts, côté algérien.  Nous en précisions la toile de fond : «  l’objectif terroriste n’est-il pas de contrôler toute la bande sahélienne  qui sépare l’Afrique du nord du reste du continent, assurant ainsi la continuité du djihad ? » écrivions-nous alors( voir «  Le Sahel, notre futur Afghanistan », Marianne n°701).
 

La lutte féroce et inextinguible livrée à l’Etat algérien par les djihadistes a été complètement oubliée de l’opinion internationale depuis plus de dix ans. D’un côté, cet oubli arrangeait l’Algérie qui avait à cœur de prouver son endurance et de donner des preuves de sa « résurrection ». De l’autre, il coïncidait avec les réflexes habituels du monde concernant l’Algérie. Voici en effet une nation qui a été saignée par la terreur islamiste, perdant 150 000 de ses enfants dans un conflit barbare : mais le monde occidental n’a pris la mesure de la menace que le 11 septembre 2001 ! 
 

De même, la litanie « d’incidents » sur le sol algérien, du nord au sud, n’a guère retenu l’attention dix ans plus tard. Cette sous-estimation constante du danger par l’extérieur  a probablement contribué à l’isolement psychologique et à la rigidité  du régime algérien.  Elle explique la détermination farouche d’Alger à agir selon ses vieux réflexes et sans consulter les pays dont les ressortissants sont impliqués dans les tragédies. C’est ce qui s’est passé sur le site gazier d’In Amenas avec cet assaut quasi-immédiat, donné sans consulter ni communiquer,  au grand dam de Washington, de Londres, de Paris et de Tokyo. Comme si un fil rouge circulait entre  les âges de la terreur et de la riposte sur un sol algérien trempé de sang,  du djihad au djihad.  

 

Article publié sur le site:

http://www.marianne.net/Terrorisme-en-Algerie-le-retour-du-djihad-sur-son-sol-natal_a225825.html

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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 06:58

par Robert Bibeau (son site) jeudi 3 janvier 2013 -

 

L’année 2012 se termine comme elle avait commencé, sans perspective de reprise financière, avec son lot de guerres meurtrières, de crises boursières, de pauvreté et de misère, de chômage, de révolte, de manifestations et de dépression économique, du moins de ce côté-ci du Pacifique.En Orient lointain le « développement » économique et industriel s’est poursuivi

En Orient lointain le « développement » économique et industriel s’est poursuivi quoique de façon ralentie, moins exubérant que prédit. La léthargie des puissances occidentales en déclin se poursuit et s’est fait sentir sur les côtes des Mers de Chine et du Japon. Le dragon chinois s’essouffle et le Parti des mandarins a récemment procédé à un remplacement de la garde (bonnet rouge – rouge bonnet) sans évidemment les mascarades électorales qui accompagnent habituellement ces changements cosmétiques ici en Occident.

L’année 2012 aura vu s’approfondir les conditions de la crise économique générale du système impérialiste mondiale. La concentration de la richesse financière s’est poursuivie et aujourd’hui, à l’aube d’une nouvelle année, une poignée de ploutocrates, une fraction de 1% de la population mondiale, détient en propriété privée plus de 20 % des richessesdu capital – de l’humanité. Ce processus de concentration monopolistique s’accentuera encore cette année – repoussant davantage les fractions intermédiaires des capitalistes vers la périphérie du grand marché financier international et boutant les travailleurs vers les friperies et les soupes populaires.

Cette concentration financière se fera au dépend des petits capitalistes nationaux, des sous-traitants, des artisans, des grossistes et distributeurs locaux et de la petite bourgeoisie d’affaires et du commerce qui, faute de pouvoir résister à cette poussée, se retourneront pour spolier davantage la classe dite « moyenne », surtout les travailleurs – producteurs de toutes les richesses sociales – et enfin contre toutes les couches de la population indignée…impuissantes, qui le restera tant que le prolétariat négligera de jouer son rôle d’avant-garde révolutionnaire.

Les lois inexorables du développement impérialiste poussent vers l’avant ce processus inéluctable de concentration monopolistique tandis que les États bourgeois par le mensonge, la duperie, la flagornerie, la temporisation et la répression judiciaire, carcérale, policière et militaire vont tenter, chacun à leur manière, chacun dans leur sphère de responsabilité (municipale, départementale, régionale, provinciale, nationale et internationale) de maintenir le couvercle sur l’autoclave social sous pression. L’année nouvelle verra s’accentuer ce stratagème politique pseudo-démocratique dont se rassurent et se repaissent les « bobos » apeurés, chiens-de-garde du système.

L’année 2012 a bien préparé les conditions de déperdition qui se poursuivront en 2013. Tous les sondages le confirment, les populations sont taciturnes, pleines d’amertume et de rancune, découragées – hantées par un sentiment de fatalité – sans prise sur cette réalité souffrante. Aucune reprise économique n’est en vue, aucune n’est attendue et 2013 verra se poursuivre la longue descente aux enfers amorcée par la débâcle boursière de 2008.

Le cœur de l’empire en décrépitude

Commençons par le cœur de l’empire en « mornitude ». Aux États-Unis les deux factions opposées de la classe capitaliste monopoliste financière (Démocrate – Républicain) ne parviennent pas à s’entendre à propos de la gestion de la crise et sur la meilleure façon de sauver leur système socio-économique en décrépitude.

La solution « Ron Paul », d’isolement et de protectionnisme continental, n’est plus praticable maintenant que ce sont les ci-devant monopoles multinationaux étatsuniens qui exportent-importent les marchandises sur le sol américain où ces produits concurrencent l’exploitation de la classe ouvrière étatsunienne. Les rendements du capital spéculatif boursier sont si bas que le capital financier international cesse d’affluer vers les USA et la planche à billet inflationniste de la FED ne peut, au mieux, qu’être un pis-aller et retarder la grande embardée du dollar qui pourrait bien dévaluer drastiquement encore cette année (2013).

La réélection en 2012 du noir Obama confirme que la section favorable à un fascisme à « visage humain » maintient sa domination sur l’appareil d’État et tient toujours en respect la section virulente qui souhaiterait l’imposition d’un fascisme ouvert et radical sans fards ni égards envers les souffrances dégradantes des ouvriers pressurés, surexploités (les salaires d’une fraction substantielle du prolétariat étatsunien sont en de ça des besoins vitaux pour la reproduction simple de leur force de travail).

Obama et sa clique savent bien que les conditions sont trop risquées pour imposer le fascisme ouvert et affiché, car un minimum de 310 millions d’armes (une par habitant), dont moult fusils d’assaut, sont essaimés de par le pays tout entier. Ses tentatives de surfer sur la vague du massacre de Newtown pour désarmer le peuple américain feront long feu. Des centaines de milliers d’ex-militaires entraînés à la guerre errent, désœuvrés, au cœur des cités saccagées (contre 1,5 millions de soldats en service). Le tiers de la population étatsunienne vit dans quelques mégalopoles surpeuplées, soit 105 millions d’individus armés qui pourraient s’engager dans une guérilla urbaine impossible à maîtriser. La composition sociale, ethnique, démographique et la répartition géographique de l’immense population américaine essaimée sur ce gigantesque continent diversifié ne permet pas l’imposition du fascisme ostentatoire.

Les noirs (13% des effectifs) forment un groupe en marge de la société des WASP. Les latinos, qui constituent 15% de la population étatsunienne, forment également un groupe à part, scindé du noyau central des blancs-anglicans-mystiques-puritains eux-mêmes fragmentés. Le cinquième des habitants des États-Unis ne parlent pas anglais à la maison, indice de leur non-intégration au melting pot Yankee. Les contingents d’immigrants ayant fraîchement percé les frontières cloîtrées de l’empire disloqué ne se font plus imposer l’utopique « rêve » américain éludé (1).

S’ajoutent à tous ces frustrés la masse des chômeurs enragés (12% de la main-d’œuvre active), les miséreux toujours plus nombreux (15% de la population) ; alors que ces fous du capital, au Congrès à Washington, proposent de couper dans la charité et les services publics pour donner davantage aux riches sous le fallacieux prétexte que ces cadeaux en taxes et en impôts permettront de créer des emplois que le dernier des ouvriers a vu depuis longtemps délocalisés vers des cieux éloignés. L’Amérique allait mal en 2012, ce sera pire en 2013.

L’Europe de l’Euroland

En Europe, l’année 2012 a vu tous les pays se ranger sous la botte de la faction monopoliste franco-allemande qui commande à Bruxelles la gouvernance du capital financier de l’Euroland. Les ouvriers grecs sont plongés dans la misère pour avoir refusé de rembourser la dette souveraine de l’État Grec chargé d’assurer la pérennité de la classe des armateurs ayant planqué leur fric en Suisse. La révolte Hellénique ayant été contenue, les autres peuples de l’Euroland seront désormais soumis au régime des fourches caudines et ceux qui se rebifferont seront expulsés du sérail bruxellois.

En 2013 la planche à billet de l’Euroland tournera rondement sous la baguette des banquiers nourrissant la futile espérance de ne pas être entraînés jusqu’au fond de l’abime par la débâcle américaine imminente.

En 2012, la grande bourgeoisie française a laissé tomber son ami Sarkozy, l’hystérique pantin incapable de dissimuler le visage malandrin du Grand capital français en déclin (les « tondeurs de coupons » comme Lénine les appelait). Un minimum de compassion feinte s’imposait au « marquis de » Sarkozy. Au moment où le peuple est soumis à l’austérité sévère il n’est pas de bonne manière d’exposer le désintéressement de la cour des Grands du Régime qui poursuivent le transfert de leur argent vers les paradis fiscaux et le voisin Helvétique avant que la crise s’abatte sur l’hexagone déconfit. Hollande saura donner le change…le temps de compléter l’arnaque sous la supervision de la Banque Centrale Européenne…après la crise de 2013 il sera temps d’aviser et qui sait de retourner voter.

L’Afrique et le monde Arabe

L’Afrique, toujours considérée par les riches comme la prostituée de service est intimée de se soumettre à son nouveau proxénète (chinois), et pour ce faire en 2012 le continent a été soumis à de terribles guerres fratricides. Dans de nombreux pays néocoloniaux les intérêts économiques des anciennes métropoles se sont heurtés aux agios du nouveau « capot » et comme chaque fois lors de tels ébats les néo-colonies doivent se réaligner (la précédente altercation avait vu se confronter le social-impérialisme soviétique et l’impérialisme étatsunien). Ce sont les estafettes et les généraux d’opérettes africains qui sont appelés à trancher quelle faction de la bourgeoisie compradore « nationale » empochera les miettes. Là-bas, sur le continent du chocolat, du minerai et du bois, l’année qui vient (2013) sera identique à l’année qui s’éteint (2012). L’intégrisme musulman aura bon dos encore cette année – dans les pays du Sahara du moins.

En Afrique du Sud néo-apartheid, avec l’année trépassée (2012) l’admirable prolétariat noir surexploité a amorcé sa rupture radicale d’avec la bourgeoisie noire compradore – obséquieuse et corrompue –. Le combat interracial étant terminé, l’année qui s’amorce verra la lutte de classes – toutes couleurs confondues – s’envenimer.

En 2012, la France, s’est enfoncée un peu plus avant dans sa politique d’intervention parmi ses néo-colonies (la zone du Franc CFA) avant que d’être repoussée par le nouvel adjudant. En 2013, le prolétariat africain devra prendre du poids avant de pouvoir s’emparer de la direction des révoltes néocoloniales bourgeoises pour en faire cette fois d’authentiques révolutions socialistes.

En 2012, les « Printemps » arabes ont terminé de livrer leur quota de billevesées. La récupération a été complétée au cours de l’année, ce qui signifie que l’année qui vient n’augure rien de bien pour les nouveaux roitelets, présidents, pharaons et larbins élus « démocratiquement » – oripeaux prétentieux couvrant la détresse extrême de ces populations abscons qui auront plus que jamais besoin d’une Révolution ouvrière

Au Proche-Orient le Hezbollah au Liban a maintenu ce pays hors du conflit en Syrie. En 2013, la Turquie paiera la rançon « Kurde » de son immixtion dans la tourmente syro-iranienne, d’autant que la Turquie n’a pas été ceinte de la couronne de nouveau gendarme de l’empire au Proche-Orient. En Syrie, le nouveau gendarme des États-Unis dans le Golfe Persique a poursuivi son agression contre le gouvernement syrien et la guerre civile n’a connu ni vainqueur ni répit. La Russie y défend sa néo-colonie ce qu’elle n’avait pas réussi en Serbie. Le Pentagone laisse ses alliés locaux mener le bateau à vau-l’eau. À vrai dire les américains ne souhaitent pas un règlement rapide de cette guerre civile où ils sont peu engagés car après Bachar al Assad destitué il ne restera plus rien devant les mollahs iraniens et l’Amérique n’est pas pressée de pousser sa politique d’agression dans cette région en ces temps de dépression (PIB-USA = - 2,4%). 

Comme en 2012, les sionistes israéliens entre deux complots contre leurs rivaux, entre trois assassinats contre Gaza et quatre constructions de maisons pour colons, poursuivront leur tragique réalignement stratégique… Quelle sera la misérable puissance de tutelle qui héritera de cette charge déshonorante quand les États-Unis se seront enfuis de ces malappris ? N’attendez aucune réponse définitive à cette énigme au cours de cette année du calendrier de l’Hégire (1434).

Le prétendant au trône doit se commettre

Ce n’est pas non plus en 2013 que l’Irak, l’Afghanistan et le Pakistan sortiront de la terreur imposée de l’extérieur. La situation ne fera qu’empirer, les morts s’additionner, et les USA s’exfiltrer de ce guêpier qu’ils ont créé alors que l’ineffable Stephen Harper (Canada) jouera le matamore avec son armée de matadors emmurée dans Kaboul l’encerclée à former de futurs soldats pour les Talibans… !

En 2013, les menaces – les mêmes qu’en 2012 – s’abattront sur l’Iran sanctionnée qui n’a d’autre choix que de résister et de menacer de fermer le Détroit d’Ormuz en cas d’agression planifiée. L’économie mondiale ne pouvant se payer une telle agonie, la guerre contre l’Iran n’aura pas lieu, même après l’élection du bouffon à la Knesset sioniste. 

En 2013, la Chine est intimée de s’exposer. Elle ne pourra fuir plus longtemps ses responsabilités, sommée par le grand capital international de tenir son rang de super puissance économique, industrielle et financière mondiale (2).

En 2013, surveillez la Chine c’est là que s’écrira quelques pages caractéristiques du nouveau règne du Dragon à moins que le puissant prolétariat chinois ne déjoue les ambitions de ses patrons.

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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 05:26

par machiavel1983 jeudi 3 janvier 2013 -

 

 

 

 

Maitre de guerre est une série en quatre épisodes qui révèle une épopée méconnue de la Seconde Guerre mondiale, celle des batailles menées personnellement par les plus grands maîtres de guerre du 20e siècle : Churchill, Hitler, Roosevelt et Staline. Le but était toujours le même quels que soient leur camp, leur idéologie, leur motivation : vaincre !

 

Pendant que leurs nations se battaient avec des armes, ces quatre hommes se livraient combat avec un arsenal de complots, de flatteries, de mensonges, de tromperies. Leurs duels ont entraîné des conséquences pour des centaines de millions de personnes et ont contribué à changer le monde.

 

A l’aide de documents diplomatiques, de lettres et d’extraits de journaux intimes, cette série nous plonge au cœur de ces affrontements, où les armes utilisées étaient le mensonge, le charme, la flatterie et la tricherie..

 

Hitler face à Staline

Deux maitres de guerre se font face : Hitler et Staline.

 

Hitler et Staline ont toujours été des ennemis idéologiques. Pourtant, le 23 août 1939, les deux dictateurs lient leurs destins en signant le pacte germano-soviétique. Pour Hitler et Staline, c’est le début d’une entente teintée de crainte, de haine et d’admiration mutuelle, où chacun profitera de l’autre pour mener à bien ses conquêtes. Jusqu’en 1941, l’Urss se tiendra à l’écart du conflit mondial, profitant du pacte de non-agression signé avec les Allemands pour étendre son influence sur les pays baltes et la Pologne. Lorsque, le 10 mai 1940, Hitler envahit le Luxembourg, les Pays-Bas et la Belgique, Staline réalise que, tôt ou tard, l’Allemagne s’attaquera à l’Urss.

 

Vidéo parue sur le site:

http://www.agoravox.tv/tribune-libre/article/maitres-de-guerre-hitler-face-a-37468

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1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 05:31

 

Lundi 31 Décembre 2012 


Martine Gozlan - Marianne

Le procès d’Habib Kazdaghli, doyen de la faculté de la Manouba, reprend le 3 janvier 2013 à Tunis. Cet universitaire respecté risque cinq ans de prison sur l’accusation mensongère d’une étudiante salafiste. L’affaire symbolise la trahison de la révolution tunisienne au cours de l’année noire qui s’achève.


Hichem Borni/AP/SIPA
Hichem Borni/AP/SIPA

Habib Kazdaghli comparaitra devant ses juges deux ans après la révolution qui devait transformer la Tunisie en démocratie. Mais le procès du doyen de la faculté des lettres de la Manouba prouve que les idéaux du 14 janvier 2011 ont été radicalement trahis. Nos lecteurs connaissent la figure de cet universitaire intègre, victime de l’imposture salafiste, et faussement accusé de violences par une étudiante en niqab qui avait saccagé son bureau. La porteuse du voile intégral avait déposé cette plainte infondée sur le conseil du groupe armé qui la manipulait: la destruction du bureau du doyen risquait en effet de la mener elle-même en prison. La saga de la Manouba, désormais célèbre, et à laquelle Marianne a consacré de nombreuses chroniques( lire « Un homme d’honneur ») résume la lutte de la société civile tunisienne contre les atteintes aux droits humains perpétrés par les commandos salafistes avec la bénédiction du gouvernement islamiste.


C’est pourquoi la mobilisation internationale en solidarité avec Habib Kazdaghli est si importante. De nombreuses  délégations seront présentes le 3 janvier à Tunis. Citons notamment le  Syndicat national de l’enseignement supérieur, l’Université libre de Bruxelles, la Fédération internationale des droits de l’homme, la faculté de Toulouse-Mirail,  l’Association des Tunisiens en France et  la Fédération tunisienne pour une citoyenneté des deux rives. Des diplomates français, suisses, autrichiens et un envoyé de l’Union européenne étaient présents aux précédentes audiences. Non pas, ont-ils pris soin de préciser, « à titre d’ingérence dans les affaires tunisiennes mais comme soutien au processus démocratique encore balbutiant ».  
 

L’année 2012 aura été une année noire pour les espérances tunisiennes. L’opinion internationale a surtout été marquée par l’attaque contre l’ambassade américaine en septembre, quelques jours après l’opération déclenchée en Libye contre le consulat américain de Benghazi et qui avait tué l’ambassadeur de Washington. En réalité, pas une semaine ne s’est déroulée sans son cortège de violences : incendie des œuvres des artistes qui exposaient au palais el Abdellia, à la Marsa,  inculpation de ces mêmes artistes, considérés comme des coupables alors qu’ils étaient victimes, agressions d’enseignants au sabre, emprisonnement de Sami Fehri, directeur de la chaine de télévision « Ettounsia », qui avait diffusé une émission politique satirique…


La liste est  longue : les très mal-nommés «  Comités de protection de la Révolution » y figurent dans un rôle sinistre. Ces groupes constitués de militants d’Ennahda, extrêmement violents, ont régulièrement agressé des syndicalistes et des manifestations d’opposants. La mort d’un responsable du nouveau mouvement «  Nida Tounes » à Tataouine, lors d’une opération menée par Ennahda, n’a entrainé aucune sanction officielle assez significative pour clore le cycle infernal. Au contraire, la situation a dégénéré depuis deux mois. Les violences ont culminé en décembre à Djerba. Caid Beji Essebsi, fondateur de « Nida Tounes »,  ex-premier ministre de transition au lendemain de la révolution, était visé en personne avec ses sympathisants. Réunis dans un grand hôtel de l’ile, ils ont été cernés et attaqués plusieurs heures  par un commando sans que la police ne bronche.


Le leader et les militants du mouvement estiment aujourd’hui qu’il pourrait s’agir d’une tentative de liquidation de l’homme politique, âgé de 85 ans, opposant très sérieux à Ennahda et ultra-populaire. Selon les derniers sondages, « Nida Tounes » incarne la seule alternative crédible à l’islamisme lors des prochaines élections prévues à l’automne 2013.  Devant de telles perspectives, Ennahda, qui, en coulisses, n’envisage pas une seconde de laisser démocratiquement le pouvoir à d’autres, ne peut qu’enchainer provocations et déstabilisations. Alors pourquoi pas, avancent plusieurs observateurs, l’assassinat politique ?


C’est dans ce contexte que va se tenir la quatrième audience du procès de Habib Kazdaghli. L’acquittement du doyen de la Manouba témoignerait d’un début de prise de conscience dans les cercles du pouvoir qui dicte ses ordres aux juges. Sa condamnation, en revanche, confirmerait qu’un processus totalitaire est en marche en Tunisie.  

 

Article publié sur le site:

http://www.marianne.net/2012-annee-de-la-revolution-trahie_a225473.html

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26 décembre 2012 3 26 /12 /décembre /2012 16:21
Mardi 25 Décembre 2012
Alain Rémond - Marianne



GILE MICHEL/SIPA
GILE MICHEL/SIPA
Vous voyez, une journée comme celle d'aujourd'hui (celle de mardi, donc, qui est l'aujourd'hui d'où je vous parle) est une vraie bénédiction. Il fait beau, le ciel est bleu, le soleil brille, c'est une journée comme on n'en pas eu depuis bien longtemps. Une vraie belle journée, sans trop de vent, sans trop de froid, ou alors un froid gentil, pas agressif, un froid vivifiant, comme on dit dans les romans. Je suis venu à pied jusqu'à Marianne en suivant le canal Saint-Martin, heureux de marcher dans cette belle lumière, saluant les cygnes, les cormorans, les mouettes et les canards, toute cette beauté, toute cette légèreté qui donnent envie de danser, comme les enfants sautant d'un pied sur l'autre. On en oublierait les journées d'avant, tristes et moches, pluie, vent, neige fondue, grisaille, ciel bouché, couvercle sur la tête.

On se dit qu'il faut en profiter, tant ce qui s'annonce, d'après Météo France, n'est pas du genre folichon. Après tout, nous ne sommes plus qu'à quelques encablures de l'hiver, neige et verglas, dures gelées dans les jardins, onglées, engelures et gerçures. Même si (on l'oublie trop souvent), le premier jour de l'hiver signe la première victoire de la lumière grignotant, seconde par seconde, la nuit qui n'a cessé d'envahir, depuis novembre, les fins d'après-midi.  

Une journée comme aujourd'hui, c'est une journée qui redonne le moral, qui ferait presque croire à une rémission, dans cette météo sociale et politique tellement désespérante, tellement déprimante, horizon bouché, nuages et bourrasques, usines qui ferment, chômage qui enfle, qui gonfle, et politiques ouvrant leur parapluie. Une journée comme aujourd'hui, c'est une journée où l'on se dit qu'on ne va tout de même pas se laisser abattre, parce que, comme on dit, le pire n'est pas toujours sûr. C'est vrai qu'on a de solides raisons d'avoir le moral dans les chaussettes, de voir l'avenir en noir, ne serait-ce qu'en lisant les journaux. Ça m'a frappé, ces amis qui, à quelques jours d'intervalle, m'ont dit qu'ils allaient arrêter de lire les journaux, tellement ça leur faisait broyer du noir. Partout, en France comme en Europe et dans le reste du monde : un déluge de mauvaises nouvelles, tout le temps, jour après jour. Certes, me disent ces amis, c'est un devoir de s'informer, pour être un citoyen lucide et responsable. Mais, vraiment, à la fin des fins, trop c'est trop, on n'en peut plus, on n'en veut plus. Mais les journaux, eux, qu'est-ce qu'ils peuvent faire ? Mentir ? Tricher ? Cacher les mauvaises nouvelles ? On les accuserait de manipulation, voire de trahison. Et pourtant, c'est vrai qu'on n'a plus envie de les lire, tellement ce qu'ils racontent est moche, démoralisant.

En plus, parmi les mauvaises nouvelles, les journaux parlent sans cesse de la crise qui frappe les journaux, ils pointent les licenciements, les déficits, la chute des ventes, la baisse de la publicité, la concurrence d'Internet, la mort pure et simple de journaux, aux quatre coins du monde. Lire les journaux pour apprendre que les journaux sont en train de mourir, on a vu mieux, pour donner envie de lire les journaux. Mais c'est pourtant le rude devoir du journaliste que de porter le fer dans la plaie, comme disait Albert Londres, notre maître à tous. Sauf qu'on peut se demander si la chronique de la crise de la presse n'alimente pas cette même crise, les lecteurs préférant ne pas ajouter, en lisant la presse, l'abattement à l'accablement. Aussi cette page se veut-elle une éclaircie dans le mauvais temps. Ecoutez, il fait beau, c'est une magnifique journée, c'est une merveilleuse lumière, il y a dans l'air comme la promesse d'autres belles journées, encore et encore. On a besoin de cette lumière, on a besoin de cette douceur. On ne peut pas vivre que de prévisions d'apocalypses, de prédictions de catastrophes, toujours plus catastrophiques, toujours plus apocalyptiques.

Il y a (pourquoi le nier ?) une certaine délectation à jouer les prophètes de malheur, à être celui qui aura annoncé le pire du pire dans le pire, à avoir diagnostiqué toutes les métastases, sans espoir de rémission. Les prophètes de bonheur, eux, passent pour des benêts, des simples d'esprit, de doux rêveurs à tête de Bourvil. Tant pis. Pas grave. Personnellement, je prends tous les jours ma petite dose d'optimisme en écoutant, à 12 h 30 sur France Inter, «Carnets de campagne», l'émission de Philippe Bertrand. C'est une émission qui donne la parole à ceux qui se battent, un peu partout en France, pour que ça aille mieux. Pour qu'on soit plus heureux. Des gens qui bricolent dans leur coin des inventions pour s'en sortir, pour se parler, pour s'entraider. Et ça fait un bien fou. C'est du concret, du solide. Pas de grandes dissertations philosophiques. Des gens qui se mouillent. Qui font vivre leurs rêves.

C'est ce que j'ai écouté, ce mardi, avant de partir à pied vers Marianne, de marcher le long du canal par cette belle journée pleine de lumière, pleine de bleu dans le ciel, pleine de sourires sur les visages des passants.

Quelque chose comme une journée de grâce.
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Published by PIMPRENELLE POURPRÉE - dans Laique de Champs
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  • écrivain, née à Marrakech, Maroc, qui cherche une voie pour rapprocher les coeurs et les ames.
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