Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Thérèse Zrihen-Dvir

Regard d'un écrivain sur le Monde

14 septembre 2016 3 14 /09 /septembre /2016 05:11

Poutine endosse l’habit de médiateur

Dernière mise à jour Mardi, 13 septembre 2016 09:17 Ecrit par Gérard Akoun Mardi, 13 septembre 2016 09:17

 

 


Après avoir dominé le sommet du G2O, aux cotés des chinois, Vladimir Poutine veut s’atteler à une tâche bien plus rude, il veut tenter une médiation entre les israéliens et les palestiniens. Il propose donc d’accueillir à Moscou, une rencontre en tête à tête entre Mahmoud Abbas et Benyamin Netanyahou.
Cette proposition s’inscrit dans l’offensive politique que la Russie mène dans la région pour y confirmer son rôle de grande puissance et contre balancer l’influence américaine. C’est d’autant plus prometteur, que les américains ont donné l’impression de déserter le terrain et de lui en laisser le leadership. On ne dira jamais assez, combien les atermoiements d’Obama et de son administration dans la gestion de la guerre en Syrie et des crises politiques qui ont traversé les pays arabes ont été néfastes pour l’image de l’Amérique. Ses alliés les plus fidèles, ont eu à tort ou à raison l’impression d’être trahis : l’Arabie Saoudite a reproché aux américains l’accord conclu avec l’Iran sur le nucléaire, bien qu’il ne l’ait pas été du seul fait des Etats Unis mais du groupe des Cinq plus un mandaté par l’ONU, et qui comprenait la Russie, la Chine, la France, l’Angleterre et l’Allemagne. Les despotes au pouvoir n’ont pas apprécié le lâchage par Obama de Moubarak et son pas de deux avec les frères musulmans. Ils constatent que les russes continuent d’apporter un soutien politique, militaire et diplomatique sans réserve à Bachar el Assad alors qu’il est responsable de la mort de plusieurs centaines de milliers de personnes et de la destruction de son pays. Ils en concluent que l’alliance avec la Russie est bien plus solide et qu’ils ne peuvent plus faire totalement confiance aux américains pour assurer leur protection. Cela ne signifie pas, pour autant, que nous pourrions assister à un renversement d’alliance mais il ne faut pas oublier que cette alliance avait un fondement idéologique, la lutte contre le communisme athée qu’il a disparu.
La Russie et l’Arabie Saoudite se sont rapprochées l’une de l’autre, bien que leurs positions sur le conflit syriens soient diamétralement opposées. La première est l’alliée de l’Iran, la seconde son ennemi juré. Cela ne les a pas empêchés de signer un accord sur la production de pétrole. Le président égyptien Abdelfattah Al-Sissi s’était déjà rapproché de la Russie de Poutine suite aux admonestations que lui avait faites Obama après le coup d’état qui avait chassé les frères musulmans du pouvoir et la répression qui s’en suivit. Vladimir Poutine sait aussi que ce sont les saoudiens qui ont payé les sous marins Mistral que l’Egypte a racheté à la France après la rupture du contrat avec les russes pour cause d’embargo et qu’ils l’ont ainsi débarrassé d’un problème épineux. Les pays arabes ne sont pas les seuls à lorgner vers la Russie, les relations entre le président russe et Benyamin Netanyahou sont au beau fixe, ils se sont déjà rencontrés à plusieurs reprises et le courant passe très bien entre les deux hommes, bien mieux qu’entre Netanyahou et Obama qui ne peuvent se supporter. La proposition émise par le président Sissi d’une médiation russe dans le conflit israélo palestinien en organisant une rencontre à Moscou du premier ministre israélien et du président de l’Autorité Palestinienne, a été aussitôt acceptée par Vladimir Poutine, peut être lui-même l’a t’il suscitée ? Elle a aussi été acceptée mais « sans pré- conditions » par Benyamin Netanyahou, ravi, sans doute ,de faire un nouvel affront à Barak Obama mais aussi de torpiller la Conférence internationale pour la relance du processus de paix proposée par la France et dont la première partie s’était déroulée à Paris le trois juin 2016 et dont la seconde partie, celle des propositions devait se tenir, toujours à Paris, cet automne.
Je ne connais toujours pas la position de Mahmoud Abbas mais il me semblerait étonnant, qu’il puisse renoncer, à quelques semaines des élections municipales qui doivent se tenir en Cisjordanie et à Gaza à ces préalables, à ces gestes qu’il réclame avant toute rencontre, la libération de prisonniers politiques et le gel de la colonisation. Ce que Netanyahou ne peut lui accorder compte tenu de la configuration nationale religieuse de son gouvernement.
Sauf miracle, la médiation russe échouera, comme ont échoué les nombreuses médiations américaines, l’appel d’Amos Oz « Aidez nous à divorcer Israël Palestine deux états maintenant » reste d’une actualité plus brulante que jamais.

Repost 0
Published by PIMPRENELLE POURPRÉE - dans le blog des radios juives
commenter cet article
4 mai 2016 3 04 /05 /mai /2016 10:49

Religion : le faux débat (La libellule : L'homme a créé les religions)

Dernière mise à jour Mercredi, 4 mai 2016 12:02 Ecrit par Nathalie Elgrably-Lévy Mercredi, 4 mai 2016 12:02

 

 

Impossible de rester insensible face aux échanges qu’ont eus mes collègues Richard Martineau et Denise Bombardier à propos de religion!

Richard pourfende la religion en invoquant, entre autres, les atrocités commises en son nom.

La religion a certes fait des millions de morts au fil des siècles. Mais elle n’a pas le monopole de la barbarie.

Des mégalomanes

La politique anti-religieuse de Staline et de ses successeurs a fait 60 millions de victimes de 1917 à 1987. L’idéologie communiste de Mao Tsé-Toung et de Deng Xiaoping a justifié la mort de 75 millions de Chinois de 1949 à 1987. Pol Pot a exterminé 26% de la population cambodgienne. La Corée du Nord a causé la mort de plus de 2 millions de personnes. Quant au régime nazi, il a fait 20 millions de morts. Pourtant, Hitler lui-même définissait le nazisme comme une idéologie laïque basée sur la science. Aujourd’hui, certains suggèrent sérieusement d’accuser les climato-sceptiques de crimes contre l’humanité et de les emprisonner!

Des atrocités ont été commises pour plusieurs raisons. La religion n’est qu’un prétexte parmi d’autres. Toutefois, les actes de violence ont tous un point commun: ils sont l’oeuvre de mégalomanes qui s’arrogent le droit d’imposer une idéologie afin d’obtenir et de conserver un pouvoir politique et/ou économique.

Inoffensive

Les croyants vénèrent un dieu. Les athées glorifient le hasard. Tout le monde croit en quelque chose. La foi est inoffensive. Pour plusieurs, elle est même salutaire. L’ultime danger vient de la volonté maladive de certains de vouloir imposer à tous une croyance particulière, qu’elle soit religieuse, politique ou autre.

Débattre de religion est stérile, et espérer en faire disparaître toute trace est utopique. En revanche, construire une société où la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres, voilà le seul véritable rempart contre la violence d’intégristes de tout acabit et de fanatiques aux ambitions meurtrières!

Repost 0
Published by PIMPRENELLE POURPRÉE - dans le blog des radios juives
commenter cet article
31 mars 2016 4 31 /03 /mars /2016 05:37

Au delà du soldat

Dernière mise à jour Jeudi, 31 mars 2016 08:59

Ecrit par Rony Akrich Jeudi, 31 mars 2016 08:59

 

 

Mon soldat d’Israël, mon enfant, toi qui nous sert et nous protège, toi qui trop souvent meurs, victime de ton devoir-être. Sur le pied de guerre, de jour comme de nuit, tu souffres la souffrance de ton peuple d’une douleur oppressante. Tu es confronté, à peine sortie de ton cocon familial, à la haine d’humains devenus vermine, aux visages hideux des racailles agressives. Toi, bien au contraire, tu restes fidèle, en tout moment, aux principes de l’éthique du soldat Hébreu et de la morale d’Israël.
Je jette l’opprobre sur ces politiques, frileux et indécis, leur allégeance avilissante à d’autres forces et autres intérêts n’honorent guère le nom d’Israël. Ils offensent la conscience naturellement saine et sainte de la Nation. La bassesse condescendante des serviteurs de l’état, dans la plupart des administrations, n’est pas en reste d’ailleurs, la puissance assimilationniste les ratisse et les phagocyte sans vergogne. N’oublions certes pas la canaille journalistique qui, comme à son habitude, assouvit sa soif de ‘rating’ et se repait d’autosatisfaction humaniste, lorsqu’elle peut enfin dévorer du « Juif ».
Sinon, peut-on m’expliquer ces déchainements inopportuns de condamnation avant toute enquête et tout jugement. Notre soldat est ‘un assassin’ disent les bourgeois! Mettez lui les menottes, filmez les et qu’on se le dise dans les chaumières! Si jamais notre soldat avait transgressé l’éthique militaire, il faudrait pouvoir mettre aussi, sur le banc des accusés, l’ensemble de ces responsables. Ils ont créés un climat de peur, une psychose populaire et un désarroi face au mythe d’une soi-disante souveraineté identitaire.
Pourquoi ainsi, comment est-ce possible après tant de souffrances? Oh! Encore et toujours cette fâcheuse tendance, si tristement célèbre, à l’autoflagellation, l’autodénigrement, l’auto-culpabilisation, à la honte et la haine de soi, aux séances rituelles de repentance et autres devoirs de réparation. Peut-être sommes-nous, après tout, sincèrement désolés d’exister!

Repost 0
Published by PIMPRENELLE POURPRÉE - dans le blog des radios juives
commenter cet article
17 février 2016 3 17 /02 /février /2016 02:35

Le déserteur

Dernière mise à jour Mardi, 16 février 2016 01:18 Ecrit par Nathalie Elgrably-Lévy Mardi, 16 février 2016 01:18

 

 

Comme prévu, Justin Trudeau «luttera» contre Daesh en retirant les CF-18 canadiens de la coalition. Pour justifier sa désertion, lui prétend que «les gens qui subissent le terrorisme chaque jour n’ont pas besoin de notre vengeance. Ils ont besoin de notre aide».

 

Un argument aussi ronflant dans la bouche du premier ministre est consternant et malheureux.

Manque de jugement

Il est consternant, car il révèle que Justin Trudeau considère que la lutte contre Daesh relève de la vengeance. Quel manque de jugement!

Faut-il vraiment lui expliquer que stopper une horde de fanatiques détruisant tout sur leur passage ne constitue pas une vengeance? Qu’empêcher des terroristes sanguinaires de violer, kidnapper, massacrer, égorger, brûler vif et décapiter n’est pas une vengeance? Si le premier ministre confond se venger et se défendre, s’il mélange l’instinct meurtrier de Daesh et l’instinct de survie de l’Occident, le Canada est entre de bien mauvaises mains!

L’argument de M. Trudeau est également malheureux, car il insulte les pays de la coalition en insinuant qu’ils sont mus par un désir de vengeance contrairement au Canada qui, lui, serait moralement supérieur puisqu’il mise sur l’aide humanitaire.

Anéantir l’agresseur

Certes, personne n’est contre l’aide humanitaire. Nul ne devrait rester insensible à la souffrance!
Mais ce n’est pas en réconfortant la victime qu’on anéantit l’agresseur. Et ce n’est pas en se désolidarisant de la coalition qu’on affaiblit les djihadistes. Au contraire, c’est permettre à cette armée de barbares d’étendre ses actions et de créer chaque jour davantage de victimes dont il faudra prendre soin, et de réfugiés qu’il faudra peut-être accueillir.

Vu la bévue de notre premier ministre et sa désertion, reste à espérer que le Canada n’ait jamais à affronter les ambitions meurtrières de Daesh. Car si cela devait se produire, nous n’apprécierions pas que la coalition se contente d’envoyer de l’aide humanitaire en prétextant que bombarder nos agresseurs, c’est de la vengeance! 

Repost 0
Published by PIMPRENELLE POURPRÉE - dans le blog des radios juives
commenter cet article
11 février 2016 4 11 /02 /février /2016 04:40

Justin Trudeau, un Premier ministre pas comme les autres

Dernière mise à jour Lundi, 8 février 2016 04:47 Ecrit par Dora Marrache Lundi, 8 février 2016 04:47

 

 

Nous le savons, nous Canadiens, que notre Premier ministre se veut très différent, non seulement de son prédécesseur, Stephen Harper, mais aussi de la plupart des dirigeants européens. En tant qu’adepte du multiculturalisme, il privilégie la différence, il ne veut rien faire comme les autres.

 

Et la communauté juive a eu l’occasion de s’en apercevoir. Elle qui se croyait soutenue, défendue par ce PM, elle qui voyait en lui un ardent défenseur d’Israël, elle qui, malgré les nombreuses mises en garde, avait voté pour lui, se trouve aujourd’hui amèrement déçue.

On le serait à moins! Ce 27 janvier, jour de commémoration de l’Holocauste, Justin Trudeau a jugé bon de passer sous silence le génocide le plus important que l’humanité ait jamais connu : celui de 6 millions de juifs.

Son discours, extrêmement court, tranche non seulement avec ceux prononcés par Stephen Harper, mais aussi avec ceux des dirigeants européens.

Pas une fois, dans le discours du PM, le mot « juif » n’a été prononcé.
« En ce jour, a-t-il dit, nous rendons hommage à la mémoire des millions de victimes assassinées durant l’Holocauste. Nous honorons ceux qui ont survécu aux atrocités du régime nazi, et nous écoutons leurs histoires courageuses de persévérance et d’espérance.
L’Holocauste, a-t-il poursuivi, est le rappel brutal des dangers et des risques à laisser sans conteste, se répandre la haine, les préjugés, la discrimination. Il nous rappelle aussi que le silence ne doit jamais être une option quand l’humanité est menacée ».
Mais voyons le contraste avec quelques pays.
En Russie, ce 27 janvier, Journée internationale du souvenir de l’Holocauste, Vladimir Poutine a visité le Musée juif et le Centre de la tolérance à Moscou où il a prononcé un discours dans lequel il a rappelé qu’ « Il y a 70 ans les troupes soviétiques ont libéré le camp de concentration d’Auschwitz où les nazis ont massacré des millions de personnes (…) Selon les documents du procès de Nuremberg, a-t-il dit, six millions de juifs ont été tués en Europe durant la Shoah. L’ampleur de ces chiffres est insondable. Ils ne sont pas morts au combat, mais ont été tout simplement exterminés, brûlés dans les fours ou abattus. Parmi ces millions, il y avait des centaines de milliers de nos compatriotes ».
En France, François Hollande a aussi rappelé que ce sont essentiellement des Juifs qui sont morts dans les camps d’extermination. « Le monde, lui, découvrait l’extermination méthodique, programmée, scientifique, des juifs ; un crime qui n’avait pas de nom, tellement il était ignoble. Alors, un nouveau mot fut créé pour le désigner : la Shoah. La Shoah, le plus grand crime jamais connu et jamais commis dans l’humanité ».
Pour l’Europe, Didier Reynders, Vice-Premier Ministre de Belgique et Ministre des Affaires étrangères, ainsi que Président du Comité des Ministres du Conseil de l’Europe, a rappelé également que ce sont 6 millions de juifs qui ont été exterminés « Ce 27 janvier, a-t-il dit, nous commémorons le 70ème anniversaire de la libération par les troupes soviétiques du camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau (…). A lui seul, ce nom symbolise tous les camps et lieux d’extermination où l’Allemagne nazie et ses collaborateurs ont systématiquement torturé et assassinés six millions d’hommes, de femmes et d’enfants parce qu’ils étaient Juifs,… »

Mais soyons indulgents envers notre PM : le pauvre homme, il est pris entre le marteau et l’enclume. On ne peut pas lui demander d’être à la fois judéophile et islamophile! Impossible de concilier ces prises de position si divergentes.

Et surtout n’oublions pas qu’il doit une fière chandelle à la communauté musulmane dont les associations et les mosquées ont fait campagne pour lui et ont travaillé pendant toute la durée de la campagne à convaincre les musulmans (1) d’aller voter et (2) de choisir Trudeau.

Alors, ne soyons pas surpris si, le jour de la commémoration de l’Holocauste, il s’est abstenu de parler du génocide des 6 millions de juifs. Il devait éviter à tout prix de choquer ses amis musulmans!

De toute façon, nous ne pouvons pas lui reprocher de nous avoir trahis. Depuis qu’il a été élu député, Justin Trudeau n’a jamais caché sa sympathie pour la communauté musulmane et pour l’Islam en général. Si nous avons pu imaginer que cette prise de position n’était pas incompatible avec un soutien sans faille aux juifs et à l’État d’Israël, nous avons manqué de jugeote, nous avons été bernés comme bien d’autres par les éloges ininterrompus que faisait de lui Radio-Canada.

Faut-il rappeler que le 24 janvier, le Ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, avait tenu à l’égard de l’État juif des propos que l’on peut qualifier de « durs »? En effet, il considère que Juifs et Palestiniens ont leur responsabilité à parts égales dans la violence qui sévit au Proche-Orient : « En tant qu’allié indéfectible et ami d’Israël, le Canada demande que tous les efforts soient déployés pour réduire la violence et l’incitation et pour aider à construire les conditions d’un retour à la table des négociations ».

Merci pour cet « allié indéfectible » qui ne cadre pas avec la politique de son gouvernement à l’égard des Juifs et de l’État juif.
Et son porte-parole, Joe Pickerill, a adressé également un message ferme au gouvernement israélien, dans lequel il lui fait part de « l’inquiétude du Canada face à la poursuite du conflit israélo-palestinien ».
Des menaces, encore des menaces, toujours des menaces! Et ce même si elles ne sont pas explicites.

Le vendredi 29 janvier, Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères, s’est empressé d’emboiter le pas au Canada. Les menaces de la France sont on ne peut plus claires : (1) Israël doit reprendre les négociations avec les Palestiniens et (2) ces négociations doivent aboutir à la création d’un État palestinien. Dans le cas contraire, la France reconnaîtrait l’État palestinien.

Comme nous pouvons le constater, Justin Trudeau avait promis un changement radical par rapport à son prédécesseur, il a tenu parole. Il ne nous reste plus qu’à faire preuve de patience pendant ces quatre années qui ne s’annoncent pas très faciles et ce dans bien des domaines

Repost 0
Published by PIMPRENELLE POURPRÉE - dans le blog des radios juives
commenter cet article
11 février 2016 4 11 /02 /février /2016 04:31

Juifs et musulmans : un parallèle inacceptable !

Dernière mise à jour Lundi, 8 février 2016 04:42 Ecrit par Dora Marrache Lundi, 8 février 2016 04:42

 

 

Pierre-André Taguieff : « La symétrie entre islamophobie et judéophobie relève de l’escroquerie intellectuelle et morale »

 

Edwy Plenel publiait en 2015 un essai intitulé « Pour les musulmans », tentant en quelque sorte d’imiter Zola qui, deux ans avant le célèbre « J’accuse » de l’Affaire Dreyfus, avait publié dans le Figaro un article intitulé « Pour les juifs ».

Plenel compare la situation des musulmans de France à celle qui prévalait pour les Juifs dans les années 30. Il considère que la question de l’islam aujourd’hui est le pendant de la Question juive d’hier. En fait, pour les gauchistes, l’antisémitisme chrétien traditionnel a été remplacé par l’islamophobie et les musulmans sont ainsi devenus le nouveau bouc émissaire.
Il est à déplorer que Plenel ne soit pas le seul à se risquer à de telles comparaisons: c’est une vision que partage toute la gauche, incluant les juifs gauchistes. C’est d’ailleurs celle de Ilan Halevi, auteur de Islamophobie et judéophobie. L’effet miroir, pour qui ces deux concepts sont deux frères jumeaux, deux frères siamois. Esther Benbassa abonde dans le même sens dans La République face à ses minorités.

Bien sûr, on comprend : la gauche a besoin des musulmans pour survivre. Et les musulmans ont besoin de la gauche pour les soutenir dans leurs revendications. Mais de là à comparer les musulmans aujourd’hui avec les juifs des années trente, c’est une ligne rouge à ne pas franchir.

Comment rester indifférente à de telles inepties? Alors, nous répondons avec la formule qu’on ne cesse de nous seriner : « Attention! Pas d’amalgames! » Mettre le signe mathématique = entre ces 2 concepts relève, comme l’a dit Pierre-André Taguieff, « de l’escroquerie intellectuelle et morale ».

Islamophobie et judéophobie : une comparaison boiteuse

«Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde », disait Camus.
Comme la terminologie est importante, le terme de « judéophobie », forgé par Léo Pinsker en 1882, nous semble préférable à celui d’antisémitisme car il a l’avantage de bien dire ce qu’il veut dire.

Islamophobie et judéophobie : deux concepts qui ne sont pas comparables.

Les points communs

1. Le suffixe « phobie » qui désigne la peur. Peur du juif, peur du musulman. Pour Le Grand Robert, dans son édition 2015, l’islamophobie renvoie à l’« Hostilité envers l’islam, les musulmans » et la judéophobie, à l’« Hostilité systématique à l’égard des Juifs ».

2. Acquis ou innés? Islamophobie et judéophobie ne sont pas innés, mais acquis. D’aucuns prétendent que l’antisémitisme est inné, ce contre quoi je m’insurge car convaincue que, comme l’affirment les existentialistes, « l’existence précède l’essence », j’en conclus qu’on ne naît pas judéophobe ou islamophobe, MAIS qu’on le devient.

Les divergences

1. Les faits : Juifs et musulmans se plaignent d’être victimes pour les premiers d’actes antisémites et, pour les seconds, d’actes islamophobes. C’est vrai dans les deux cas. Les chiffres parlent d’eux-mêmes

– Il y a en France 500.000 juifs. En 2014, on a comptabilisé 851 actes antisémites sur le territoire français, chiffre fourni par Service de Protection de la Communauté Juive (SPCJ). En 2015, une légère baisse : 806 actes et menaces.

– Il y a en France 5 millions de musulmans. En 2014, ils ont été victimes de 133 actes islamophobes. Ce chiffre est fourni par l’Observatoire national contre l’islamophobie, créé en juin 2011 et affilié au Conseil Français du Culte Musulman (CFCM). En 2015, en raison des attentats de janvier et de novembre, le nombre d’actes et de menaces antimusulmans a triplé pour s’établir à 429.

Ces chiffres appellent toutefois quelques commentaires concernant la proportionnalité.

La disproportion Si tous les médias insistent sur « le record d’actes antimusulmans » en 2015, et s’ils se plaisent à souligner par opposition que les actes antijuifs connaissent une baisse de 5%, il n’en demeure pas moins que la comparaison n’est pas logique.

Car ce qui frappe avant tout, c’est la disproportion entre actes antimusulmans et actes antijuifs : les Juifs étant 10 fois moins nombreux que les musulmans, on aurait dû avoir en 2014 soit 13 actes anti-juifs soit 8510 actes antimusulmans. Et en 2015, les actes et menaces islamophobes auraient dû atteindre le chiffre de 8060 actes!
Donc comparer la situation des juifs en France aujourd’hui à celle des musulmans est déjà une comparaison boiteuse. À plus forte raison avec celle des juifs des années trente ! Une telle comparaison nous fait dire qu’on envie le juif jusque dans sa souffrance.
Ces chiffres à eux seuls permettent d’avancer que, s’il y a une communauté dont la situation aujourd’hui est similaire à celle qu’ont vécue les Juifs dans les années 30, c’est bien la communauté juive.

2. La nature des manifestations islamophobes et judéophobes

– Les chiffres : Les concepts judéophobie et islamophobie ne peuvent être comparés parce que les manifestations sont de nature différente.
Sur les 429 actes et menaces islamophobes répertoriés en 2015, on compte 325 menaces (menaces de mort, insultes, etc.), tandis que les passages à l’acte (attaque des lieux de culte et autres, brutalité physique) sont au nombre de 104.
Sur les 806 actes et menaces judéophobes, on compte 483 menaces tandis que les passages à l’acte atteindraient le chiffre de 323 soit le double des actes islamophobes.
Alors, quelle communauté présente une analogie avec celle des Juifs des années trente? Les chiffres ne répondent-ils pas à la question?

– Les autres différences :
– Les auteurs des menaces et actes antijuifs sont surtout des musulmans. Les juifs ne s’attaquent pas aux musulmans.
– Les actes antimusulmans concernent essentiellement des bâtiments (mosquées, centres culturels, etc.). Les actes antijuifs portent sur la personne elle-même.
– Même dans le type de menaces proférées, il existe une différence notable : les Juifs sont toujours menacés de mort et ce même au cours de certaines manifestations de masse qui se sont déroulées au cri de « Mort aux juifs ». Les menaces concernant les musulmans se limitent à des tags ou à des graffitis.
Alors, sont-ce les actes antimusulmans ou les actes antijuifs qui évoquent pour nous les années trente? Au vu des différences sus-citées, la réponse nous semble évidente.
3. Les origines
– La judéophobie Elle a toujours fait partie de la culture dominante. Elle n’est pas, contrairement à ce qu’on laisse entendre, l’apanage des nazis.
Certes, les actes anti-juifs aujourd’hui sont essentiellement le fait de musulmans. Est-ce à dire que l’antisémitisme chrétien a été éradiqué? Nenni, point du tout! Il a opéré un déplacement : au lieu de s’attaquer aux juifs, on s’attaque maintenant à Israël. L’antisioniste refuse aux juifs le droit d’avoir un État? N’est-ce pas un acte qu’on peut qualifier de judéophobe?

On en veut aux juifs parce qu’ils sont juifs. Leur religion, même s’ils ne la pratiquent pas, même s’ils se sont intégrés parfaitement à la culture du pays d’accueil, voire même assimilés, est à l’origine de la haine qu’on leur voue, une haine telle qu’on en arrive à vouloir les éradiquer de la surface de la terre.

Cette haine du juif prend naissance dans la famille : on inculque à l’enfant, dès son plus jeune âge, une véritable hantise du juif. On le lui dépeint comme un être horriblement laid, avec un gros nez, des doigts crochus, etc. Autrement dit, pour justifier la judéophobie, on invoque une seule raison : l’horreur physique. C’est d’ailleurs ce qu’écrivait Zola dans « Pour les juifs » : «(…) l’horreur physique est une bonne raison, la seule raison même, car il n’y a rien à répondre aux gens qui vous disent : « Je les exècre parce que je les exècre, parce que la vue seule de leur nez me jette hors de moi, parce que toute ma chair se révolte, à les sentir différents et contraires ». Plus tard, à l’horreur physique viendra s’ajouter l’image du juif calculateur et auteur d’un nombre incalculable de complots. Donc, comme on peut le constater, cette haine se nourrit de préjugés, de mythes, de clichés. À tel point qu’on peut être antisémite sans jamais avoir vu un juif!

2. L’islamophobie Elle n’a jamais été dans la culture européenne, elle est un phénomène du XXIème siècle, suite aux attentats du 11 septembre 2001. L’islamophobie n’est pas, comme le prétend Ilan Halevi, le « tardif avatar » de l’antisémitisme. L’islamophobie n’est pas venu, comme le laisse entendre Plenel, occuper l’espace laissé vacant par l’antisémitisme pour la simple et bonne raison que c’est l’antisionisme qui a pris la place de l’antisémitisme.
On n’en veut pas aux musulmans à cause de leur religion, on leur en veut parce que, au nom de cette religion, ils posent des actes contraires aux valeurs de la République et vont jusqu’à commettre des attentats. On n’est pas islamophobe sans raisons, on n’est pas islamophobe quand on n’a jamais vu de musulmans. D’ailleurs, si on veut accorder un certain crédit aux sondages, dans le cas de la France, on serait tentée même de parler plutôt d’islamophilie. En effet, selon une étude du centre de recherche américain Pew Research Center, publiée le 7 juin 2015, les Français, mais aussi les Britanniques et les Allemands ont, dans l’ensemble, une opinion favorable des musulmans, et ce en dépit des attentats de janvier. Aussi surprenant que cela puisse paraître, le document nous apprend qu’en 2015, 76% des Français ont une opinion positive des musulmans. L’étude révèle même que la part de pourcentage des personnes se disant très favorables aux musulmans a aussi augmenté : ils seraient 25% a avoir un avis très favorable sur leurs concitoyens musulmans contre 14% en 2014.
Il faut dire que ce sondage date de juin 2015 et que 58% des actes islamophobes se sont produits après les attentats de novembre. Il semble que ces événements tragiques aient fait déborder la coupe et que l’image de l’islam se soit profondément dégradée à ce moment-là. Il n’en demeure pas moins qu’on ne peut assimiler les deux concepts judéophobie et islamophobie.
Les victimes ont-elles une part de responsabilité ?
– Les juifs : Comme la France leur avait accordé en 1791 la pleine citoyenneté, les juifs mettaient tout en œuvre pour manifester leur reconnaissance : ils adhéraient pleinement aux valeurs françaises, ils les défendaient. Loin de rejeter l’histoire de leur pays d’accueil, ils l’ont adoptée, apprise et ils en ont même tiré une certaine fierté, un peu comme si cette histoire était la leur, disons même qu’elle est devenue la leur. En outre, ils se sont appliqués à s’intégrer socialement et économiquement. Les rabbins eux-mêmes les y encourageaient. Beaucoup de juifs se sont même assimilés, persuadés qu’ainsi ils réussiraient à contrer l’antisémitisme. Qui plus est, quand les juifs des pays de l’est et de Russie, victimes d’un antisémitisme virulent vinrent s’établir en France, les Juifs français établis pour beaucoup depuis les 12è et 13è siècles s’inquiétèrent et mirent leurs coreligionnaires en garde contre le communautarisme.

Malgré cela, dans les années 1930, l’opinion française rend les juifs responsables de tous les maux qui frappent l’Europe. Et la presse française diffuse sans restrictions l’antisémitisme.

Alors, à qui faut-il attribuer les manifestations de judéophobie? Quels actes répréhensibles les juifs ont-ils posés pour être objets de haine?

Les musulmans Dans l’ensemble, les musulmans n’ont jamais manifesté même un semblant d’admiration pour l’Occident. La plupart revendiquent leur différence, refusent d’adhérer aux valeurs républicaines et mettent tout en œuvre pour se démarquer de la société d’accueil. À commencer par l’histoire de France qu’ils refusent d’adopter. Qui plus est, on entend dire que « Des musulmans réclament une révision de nos livres d’histoire pour y intégrer l’histoire de leur pays et de leur religion ». Et nul n’ignore que les professeurs d’histoire ne peuvent plus parler de la Shoah dans leur cours sur la Seconde Guerre mondiale.

Quant à considérer la France comme leur patrie comme le faisaient et le font toujours les juifs, c’est hors de question. Une étude livrée par l’ancienne ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, en 2005, nous apprend qu’à la question « En cas de conflit, seriez-vous prêt vous engager pour défendre la nation? », sept jeunes de l’immigration sur dix répondent Non, deux préfèrent rire et se taire et un seulement est prêt verser son sang pour la France (Source: Le Point 13/01/2005).

Contrairement aux rabbins qui prônent le respect du pays d’accueil, de ses valeurs et de ses habitants, nombreux sont les imams qui encouragent leurs ouailles à la haine, à la violation des lois, à formuler des revendications dans tous les domaines quand ce n’est pas à commettre des attentats.

Alors, les musulmans n’ont-ils pas leur part de responsabilité dans la multiplication des actes islamophobes? On ne peut pas même accuser la presse française de diffuser l’islamophobie comme elle diffusait, et diffuse encore bien souvent, l’antisémitisme.
Les conséquences de la judéophobie vs les conséquences de l’islamophobie
1. La judéophobie Les juifs ont peur, peur pour leur vie, et ils se souviennent. Et ils se disent : « Plus jamais ça! ». Devant la recrudescence des actes antijuifs, ils ont peur au point de quitter la France car, justement, la situation actuelle leur rappelle en bien des points celle de l’entre-deux-guerres.
Comme dans les années trente, ils abandonnent des situations enviables, ils quittent un pays qu’ils aiment bien souvent de tout leur cœur, un pays pour lequel beaucoup ont pris les armes pour le défendre. Heureusement, il existe une différence majeure avec l’époque de la Seconde Guerre mondiale: aujourd’hui, ils ont un pays, Israël, qui les accueille à bras ouverts.
On voulait faire de l’Europe un territoire « judenrein ». Si Hitler n’a pas réussi, en revanche, il est fort à parier que la France, au rythme auquel elle se vide de ses juifs « grâce » aux musulmans, le sera bientôt.
2. L’islamophobie : Certes, comme les juifs, les musulmans ont peur. Mais ils ne craignent pas pour leur vie. Ils savent pertinemment que leur histoire ne s’achèvera pas par la mort de millions de musulmans comme ce fut le cas pour les juifs. Et ils ne cherchent pas non plus à s’expatrier. Ils sont en France pour y rester et ils n’en sortiront que par « la force des baïonnettes ».
CONCLUSION Comparer la situation des musulmans en France aujourd’hui à celle des Juifs dans les années trente est totalement contraire à la raison. Deux points communs insignifiants, aucune similitude.
Mais si on croit que cette comparaison est justifiée, soit. Il faut donc pousser plus avant la comparaison. Alors, à la lumière de ce qu’ont vécu les Juifs pendant les années 30 et de ce qu’ils ont enduré sous l’Occupation, ne faudrait-il pas craindre que, sous la pression du discours islamophobe, le gouvernement français ne soit contraint d’ouvrir des camps d’internement pour les musulmans comme il le fit pour les juifs ? Ou encore que les musulmans ne soient frappés d’une série d’interdictions comme le furent les juifs pendant la guerre et qu’ultimement ils ne soient déportés vers leur pays d’origine ?
Si les musulmans partagent l’idée que leur situation est analogue à celle des juifs des années trente, ils devraient craindre qu’on ne veuille faire de l’Europe un territoire « moslemrein ». Par conséquent, les islamophiles devraient conseiller aux musulmans de France de plier bagages avant qu’il ne soit trop tard et que leur histoire qu’on dit calquée sur celle des juifs ne s’achève de la même manière. Quand on sait que 26% de la population juive française a été exterminée pendant la guerre, ne faut-il pas envisager que les musulmans puissent être également victimes dans les mêmes proportions? Imaginez donc : 13 millions de musulmans exterminés !
À moins qu’on ne soit en train de faire erreur sur la victime. Car à en juger par tous les événements et toutes les revendications des musulmans, ne serait-ce pas la France qui devrait être en droit de se plaindre ? N’est-elle pas en train de perdre son identité et d’abandonner ses valeurs, des valeurs acquises de chaude lutte ? Après tout, il nous semble légitime de poser cette question.

Repost 0
Published by PIMPRENELLE POURPRÉE - dans le blog des radios juives
commenter cet article
30 janvier 2016 6 30 /01 /janvier /2016 16:08

Israël Iran (suite)

Dernière mise à jour Jeudi, 28 janvier 2016 10:01 Ecrit par Gérard Akoun Jeudi, 28 janvier 2016 10:01

 

 

L’AIEA a déclaré que l’Iran avait rempli ses engagements liés à l’accord signé sur le nucléaire avec les grandes puissances, les Cinq + un, en juillet dernier. Toutes les clauses ayant été respectées, les sanctions économiques et financières multilatérales et nationales ont été levées, ont annoncé, à Vienne, dans une déclaration commune les chefs de la diplomatie de l’union européenne et iranienne.
L’accord garantit le caractère civil du nucléaire iranien et doit empêcher d’Iran de fabriquer une bombe atomique avant 10 ou 15 ans, au moins, dans la mesure où il sera soumis à des contrôles réguliers de l’AIEA. Cela signifie, aussi, que la levée des sanctions va permettre à l’Iran de récupérer au moins une centaine de milliards de dollars bloqués à l’étranger depuis de nombreuses années et de commercer librement.
Si les iraniens se réjouissent, il n’en va pas de même pour leurs voisins, saoudiens et israéliens, qui voient d’un mauvais œil, leur ennemi se renforcer, et sur le plan diplomatique, et sur le plan économique. L’Arabie Saoudite et l’Iran qui représentent respectivement les sunnites et les chiites veulent, l’un comme l’autre, devenir la puissance dominante dans la région. Le conflit politique se double d’un conflit religieux au sein de l’islam qui remonte à des siècles, sunnites contre chiites mais aussi ethnique, arabes contre perses. L’Iran tente de créer un arc chiite avec l’Irak, la Syrie, le Liban, par Hezbollah interposé, aux frontières de l’Arabie Saoudite en s’appuyant sur les minorités chiites, en nombre plus ou moins important, qui se trouvent dans les pays de la région. L’Arabie Saoudite s’efforce de créer une grande coalition sunnite pour contenir les appétits de l’Iran, elle se bat contre les chiites, directement ou indirectement, au Yémen, en Syrie où elle se trouve, confrontée également, à l’État islamique, sunnite lui aussi, mais qui voudrait bien faire main basse sur les champs pétrolifères de la dynastie Saoud. Quant à Israël, ses gouvernants considèrent que l’Iran est leur principal ennemi dans la région : d’une part, parce que les dirigeants de la république islamique, sont des fanatiques, qui ne cessent de répéter qu’ils veulent sa destruction et qu’ils arment, à Gaza, le Hamas et le djihad islamique, d’autre part parce qu’ils disposent d’un potentiel intellectuel, technologique et très bientôt financier qui le leurs permettrait. Ils n’ont absolument pas confiance dans les iraniens, ce sont de trop fins diplomates, des menteurs, des tricheurs qui ne respecteront pas leurs engagements. Ils sont persuadés que la manne financière qui va se déverser en Iran ne sera pas utilisée pour moderniser le pays ou améliorer le sort de la population mais pour renforcer l’armement des réseaux terroristes qui constituent le bras armé des ayatollahs au pouvoir.
Ce jugement est partagé, par la majorité des israéliens et par le premier d’entre eux Benyamin Netanyahou qui a bataillé, tant et plus, pour convaincre les Européens, les américains qu’il ne fallait pas négocier avec les iraniens mais leur interdire, de manière définitive, l’utilisation du nucléaire. Les relations entre Israël et les États-Unis, il serait plus juste de dire entre Obama et Netanyahou, furent des plus tendues, en particulier quand le premier ministre s’impliquât dans la politique intérieure américaine, au risque de provoquer une brouille très grave avec les américains. Ce ne fut qu’un baroud d’honneur. Le compromis fut signé, il rentre en application cette semaine. Mais Benyamin Netanyahou n’en démord pas : Cet accord est dangereux pour Israël. Cela dit, que doit-on faire ? Rester sur ses gardes c’est évident, l’Iran n’a certainement pas renoncé à avoir un jour la bombe, analyser l’évolution des rapports de force en Iran et dans la région, l’est aussi, mais surtout ne pas rester figé, ne pas se fossiliser. Le chef d’état-major de Tsahal Gadi Einzecot a déclaré à la conférence sur la Sécurité Nationale à Tel-Aviv : « l’accord sur le nucléaire signé entre les grandes puissances et l’Iran pose de nombreux problèmes mais aussi des opportunités » c’est bien plus intelligent de raisonner ainsi que de dire, comme certains ministres : « l’État islamique est moins dangereux que l’Iran » alors que le soutien des palestiniens à Daesh est un des plus élevé au monde.

Repost 0
Published by PIMPRENELLE POURPRÉE - dans le blog des radios juives
commenter cet article
24 janvier 2016 7 24 /01 /janvier /2016 05:16

Le déclin de l’Occident

Dernière mise à jour Jeudi, 14 janvier 2016 01:58 Ecrit par Nathalie Elgrably-Lévy Jeudi, 14 janvier 2016 01:58

 

 

Il y a un an, la planète était secouée par l’attentat terroriste contre Charlie Hebdo et le magasin Hyper Cacher. Cette barbarie n’était malheureusement que le début d’une année sanglante dominée par des sauvages à l’idéologie meurtrière.

 

L’année 2016 commence également bien mal. Le climat entre l’Arabie saoudite et l’Iran est explosif et la Corée du Nord a réussi son essai de bombe H. Si la tendance se maintient, 2016 n’augure rien de réjouissant. N’en soyons pas surpris!

Einstein disait: «Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire». Or, que fait l’Occident pour faire avancer la paix et bâtir un monde meilleur?

De tigre à chaton

Une coalition de 65 pays, dont la superpuissance militaire américaine, bombarde l’État-Islamique depuis septembre 2014. Seize mois de frappes et la tumeur ne régresse pas. Pourtant, vu la force que cette coalition représente, c’est à se demander avec quoi elle bombarde les djihadistes. Des bonbons? Et qu’est-il advenu de l’Europe d’autrefois, cette Europe jadis combative, toujours prête à défendre son territoire, son identité, son héritage et sa culture? Aujourd’hui, le Vieux continent se gargarise de billevesées et se complait dans l’illusion de l’action. Le tigre n’est plus qu’un chaton!

Un toxicomane dans une pharmacie

Pire encore, le chaton souffre d’un grave déficit de logique! Il serait insensé d’offrir à un toxicomane un emploi dans une pharmacie. Pourtant, alors que l’Arabie saoudite viole quotidiennement les droits humains les plus élémentaires, c’est ce pays que l’ONU a nommé pour diriger le Conseil des droits de l’Homme. Faut-il donc s’étonner que l’Arabie ait exécuté 48 personnes en 4 jours sans être inquiétée?

Entre sa léthargie et son aveuglement, voire sa déraison, l’Occident se fragilise. Il doit se ressaisir rapidement. Autrement, ce sont les terroristes et autres mégalos de ce monde qui feront bientôt la loi!

Repost 0
Published by PIMPRENELLE POURPRÉE - dans le blog des radios juives
commenter cet article
15 septembre 2015 2 15 /09 /septembre /2015 08:57

Les larmes de crocodiles

Dernière mise à jour Dimanche, 13 septembre 2015 10:59 Ecrit par Nathalie Elgrably-Lévy Dimanche, 13 septembre 2015 10:59

 

 

La photo du petit Aylan Kurdi, mort noyé et rejeté par les flots sur une plage turque, est insoutenable. Seul un être sans âme peut rester insensible face à la tristesse infinie qui se dégage de cette image.

 

Sans vouloir minimiser l’ampleur de la tragédie, il reste que l’emballement médiatique, politique et populaire qu’elle a déclenché laisse dubitatif.

Premièrement, environ 2500 personnes, y compris des enfants, se sont noyées dans des conditions similaires depuis janvier. De plus, force est d’admettre que des photos bouleversantes, des films nauséeux et des histoires poignantes envahissent régulièrement nos écrans. Nous sommes tous informés des atrocités commises par l’État islamique. Nos politiciens savent pertinemment et depuis fort longtemps que cette horde de terroristes sadiques torturent, violent, brûlent vifs et décapitent des innocents, et ont ensuite l’outrecuidance de nous offrir la preuve filmée de leurs ignominies.

Pourtant, ni les images du jeune homme enfermé dans une cage et brûlé vif, ni la photo insupportable d’une fillette décapitée, ni les vidéos des décapitations des Égyptiens coptes ou des journalistes américains n’ont suscité une fraction de l’intérêt porté à la photo d’Aylan. Pourquoi? Si l’injustice, la barbarie et le crime nous révoltent, comment justifier ce double standard? Comment expliquer que les élites politiques de nombreux pays s’agitent soudainement après des années de mutisme devant la bestialité de certains groupes? Pensons notamment au génocide des Tutsis au Rwanda, et aux guerres civiles au Burundi et en République du Congo. Les images des bébés avec la tête fracassée ou des femmes enceintes éviscérées étaient-elles insuffisantes pour susciter la compassion?

Au Canada, Messieurs Mulcair et Trudeau ont vivement réagi à la triste photo d’Aylan. Mais où étaient-ils au cours des derniers mois alors que le bilan des personnes noyées dans des circonstances quasi-identiques augmentait chaque semaine? Et pourquoi continuent-ils d’être aphasiques quant aux abominations commises par l’EI? Ils fustigent Ottawa, mais lèchent les babouches de l’EI. Comment donc croire en leur sincérité?

Deuxièmement, les pays occidentaux sont invités à ouvrir leurs frontières aux réfugiés. Angela Merkel et Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, ont même demandé une « répartition contraignante » et des quotas de réfugiés imposés à tous les pays de l’Union européenne. Ce serait une question de solidarité, d’humanité et de morale. Soit!

Dans ce cas, pourquoi aucune demande équivalente n’est-elle adressée aux pays du Golfe? À ce jour, pas un seul exilé n’a trouvé refuge en Arabie saoudite, à Bahreïn, aux Émirats arabes unis, au Koweït, à Oman ou au Qatar. Pourtant, la Syrie est située à proximité, et les Syriens ont infiniment plus d’affinités avec les résidents de ces pays qu’ils n’en ont avec les Européens. Ils partagent la même religion (les réfugiés sont principalement musulmans), et ont des valeurs, des traditions et des langues similaires. Avec ses moyens financiers, son taux de chômage à 5,5% (selon The World Factbook), une croissance économique de 3,6% et une densité de population de l’ordre de 14 habitants/km2, l’Arabie Saoudite devrait logiquement montrer l’exemple en accueillant chaleureusement ses coreligionnaires, d’autant plus qu’elle aurait contribué financièrement à la montée de l’EI. Alors pourquoi est-elle exonérée de la même obligation morale que celle imposée à l’Europe?

Le double standard règne en maitre à tous les niveaux. Pas étonnant que le monde se porte si mal!

Repost 0
Published by PIMPRENELLE POURPRÉE - dans le blog des radios juives
commenter cet article
12 septembre 2015 6 12 /09 /septembre /2015 16:50

L’homme qui dérange

Dernière mise à jour Jeudi, 10 septembre 2015 10:10 Ecrit par Nathalie Elgrably-Lévy Jeudi, 10 septembre 2015 10:10

 

 

Le 24 juin 2014, l’État islamique (EI) proclamait l’instauration du califat sur les territoires irakiens et syriens sous son contrôle.

 

Voilà donc plus d’un an que les fous d’Allah procèdent à une purification ethnique sur fond de barbarie démesurée et de cruauté infinie. Déjà presque quinze mois que des terroristes sanguinaires détruisent, ravagent, kidnappent, massacrent, égorgent, violent, brûlent vifs, décapitent et ne laissent sur leur passage que ruines et désolation.

L’esclavage sexuel fait partie du fonds de commerce de l’EI. Ses leaders ont même élaboré une «théologie du viol» dans laquelle cet acte odieux est jugé «spirituellement bénéfique». Néanmoins, les sociétés occidentales restent impassibles. On lit rarement des textes d’indignation. On ne voit aucun collectif d’«intellectuels» signer des pétitions enflammées pour réclamer la libération des femmes qui sont sauvagement violées trente fois par jour. Nous sommes tous des spectateurs indifférents, insouciants. Nous laissons l’inqualifiable se produire, comme si le sort des esclaves sexuelles ne nous concerne pas.

Plus déplorable encore, ce sont les efforts déployés pour saboter, inconsciemment ou volontairement, les initiatives de l’une des rares personnes à refuser l’inaction face aux crimes de l’EI. L’homme d’affaires montréalais, Steve Maman, est cette personne.

Après avoir engagé son propre argent pour libérer des esclaves sexuelles des griffes de l’EI, M. Maman a fondé le 25 juin dernier l’organisme CYCI afin de collecter des fonds nécessaires pour racheter les femmes et les jeunes filles retenues captives. Mais au lieu d’être épaulé par ses concitoyens, il fait maintenant l’objet d’une croisade visant à le discréditer, à délégitimer son organisation et à le faire passer pour un escroc. Notre société reste amorphe devant les atrocités de l’EI, mais vilipende le seul courageux qui tente une action. Avons-nous donc perdu la raison?

On reproche à CYCI d’avoir omis de compléter tous les formulaires exigés par Revenu Canada, d’avoir enfreint certaines résolutions de l’ONU et possiblement, mais non sciemment, des lois fédérales en ce qui concerne le financement d’activités terroristes. Ces critiques sont certainement fondées. Peut-être que CYCI a agi avec précipitation. Après tout, CYCI n’existe que depuis deux mois et opère grâce à une poignée de bénévoles.

Mais ces manquements, aussi réels soient-ils, ne justifient pas le traitement au vitriol dont Steve Maman fait l’objet. Au contraire, ils sont autant de raisons pour lui prodiguer les conseils légaux et le support administratif qui lui font défaut. Pourtant, personne ne bronche. Notamment, les avocats et autres «experts» qui se plaisent à sermonner M. Maman ne lui offrent aucun soutien pour corriger la situation et l’aider à poursuivre sa cause. Ils préfèrent le salir et miner sa mission, même si d’innocentes jeunes filles Yézidis s’en trouveraient sacrifiées.

Il faut dire que M. Maman dérange. Par son initiative, il donne mauvaise conscience à ceux qui se vautrent dans l’indifférence. Il ébranle la quiétude de ceux qui discourent sans jamais agir. Et il rappelle que la solidarité n’est pas qu’un slogan. Surtout, son action isolée met en lumière notre inaction collective.

Albert Einstein disait : «Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire». Par notre léthargie collective, nous collaborons avec les monstres de L’EI. Torpiller la mission de Steve Maman ne changera rien à cette triste réalité!

Repost 0
Published by PIMPRENELLE POURPRÉE - dans le blog des radios juives
commenter cet article

Pimprenelle Pourprée

  • : Regard d'un Ecrivain sur le Monde
  • Regard d'un Ecrivain sur le Monde
  • : Cherchant les points communs entre les peuples, les nations et les religions pour creer un monde meilleur...et une paix durable.
  • Contact

Profil

  • PIMPRENELLE POURPRÉE
  • écrivain, née à Marrakech, Maroc, qui cherche une voie pour rapprocher les coeurs et les ames.
  • écrivain, née à Marrakech, Maroc, qui cherche une voie pour rapprocher les coeurs et les ames.

PIMPRENELLE POURPRÉE

Recherche

Pimprenelle Pourprée