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Thérèse Zrihen-Dvir

Regard d'un écrivain sur le Monde

3 décembre 2015 4 03 /12 /décembre /2015 04:21

Egypte : Néfertiti contre Daech

 

Et si une nouvelle tombe relançait le tourisme?

Publié le 02 décembre 2015 à 17:05 / Monde

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nefertiti tourisme egypte daech

Aussi incroyable que cela puisse paraître, les sites archéologiques égyptiens, fouillés en long, en large et en travers, depuis plus d’un siècle, nous réservent toujours des surprises, et pas des moindres.  Depuis des semaines, un groupe d’explorateurs scanne sans relâche les murs de la tombe la plus célèbre de la Vallée des Rois : celle de Toutankhamon. D’après l’égyptologue britannique Nicolas Reeves, la sépulture du jeune pharaon découverte il y a 93 ans pourrait cacher le tombeau longtemps recherché de la reine Néfertiti. La chambre funéraire du pharaon Toutankhamon, mort à 19 ans, dix ans après son arrivée au pouvoir en 1322 avant notre ère, dissimulerait en réalité un vaste complexe funéraire, jusqu’à alors insoupçonné. En son sein, girait la dépouille de celle qui pourrait être la mère de Toutankhamon – leur arbre généalogique n’a pas été clairement reconstitué.

Pour l’Egypte, cette découverte  tomberait à point nommé. Elle pourrait relancer l’industrie du tourisme égyptien, en berne depuis la série d’attentats qu’a perpétré la branche locale de l’Etat islamique, Ansar Bayt al-Maqdis, dont l’explosion de l’avion russe au-dessus du Sinaï fin octobre. Dès juillet, le groupe revendiquait un attentat à la voiture piégée contre le consulat d’Italie ainsi que plusieurs attaques contre les forces de l’ordre dans le Sinaï. Depuis, les grandes villes touristiques telles que Louxor, Assouan ou Le Caire voient les touristes – et les devises – se raréfier. De 10 milliards d’euros par an avant l’arrivée au pouvoir du général Sissi, les revenus de l’industrie touristique sont tombés à 5 milliards d’euros.

Face à ce marasme, Néfertiti pourrait à nouveau servir son pays. À quoi doit-on ce possible miracle ? À l’origine de la thèse de la « tombe cachée » de Nicolas Reeves, des photographies couleurs haute résolution d’une société espagnole, Factum Arte, publiées en 2014. « Une évaluation minutieuse des scanners de Factum Arte pendant plusieurs mois a donné lieu à des résultats intrigants : la présence probable de deux portes encore jamais découvertes », écrivait cet été  Reeves. Une des portes pourrait mener à un entrepôt, l’autre, située sur le mur nord de la tombe pourrait être la continuation de la chambre funéraire. « Néfertiti elle-même, co-régente et successeur éventuelle du pharaon Akhenaton » s’y trouverait. Mais pourquoi donc ? Le professeur Reeves avance plusieurs éléments de preuves. La tombe de Toutankhamon, découverte par Howard Carter en 1922, aurait en réalité « été à la fois construite et destinée à recevoir la sépulture de Néfertiti ».  La tombe de cette dernière aurait été réaménagée pour accueillir la dépouille de Toutankhamon, mort dix ans plus tard. Découvrir derrière ces murs la dépouille de l’épouse d’Akhénaton pourrait de surcroît apporter des réponses essentielles quant à la filiation de Toutankhamon. Car deux écoles s’opposent. Selon certains, le pharaon serait le fils de Néfertiti. Pour d’autres, il serait le fruit de l’union d’Akhenaton avec l’une de ses sœurs à l’identité inconnue.

Mais les scientifiques cherchent avant tout à prouver la présence d’une cavité derrière les murs de la tombe. Une thèse confortée par les premières explorations de la tombe, ainsi que l’a révélé le New York Times. Ainsi, les scientifiques ont-ils récemment annoncé que leurs radars auraient détecté avec quasi-exactitude la présence d’une cavité derrière les murs de la chambre funéraire. Mamdouh Eldamaty, ministre de la Culture égyptien, a estimé à « 90 % » les chances que les recherches aboutissent à la découverte d’« une autre chambre, une autre tombe », derrière la chambre funéraire de Toutankhamon. Le ministre a par ailleurs annoncé que d’autres explorations auraient lieu dans les prochaines semaines, avant que le mur ne soit percé. Un autre expert, le japonais Hirokatsu Watanabe devrait quant à lui rendre ses conclusions dans un mois.

Mais malgré l’enthousiasme de certains, la thèse ne fait pas consensus parm la communauté scientifique. Elle est même sérieusement remise en cause par les autorités égyptiennes et d’autres égyptologues.  Pour le professeur Zahi Hawass, ancien ministre des Antiquités égyptiennes, sorte d’Indiana Jones bien connu des amateurs des chaines National Geographic et Histoire, le projet de recherche n’aboutira pas. Cette figure du régime de Moubarak n’y croit pas, sans pour autant avancer d’arguments solides. Selon lui, aucune tombe ne se trouverait derrière celle de Toutankhamon. Encore moins celle de Néfertiti. Malgré ses critiques, l’archéologue égyptien concède que les partisans de la thèse de Nicolas Reeves « attendent désespérément une bonne nouvelle ».

Qu’une découverte soit imminente ou non, la recherche suffit à faire renaître l’espoir chez les tour-opérateurs de Louxor, exsangues. Interrogé par le New York Times, Bahaa Youssef, directeur de l’agence de voyage Sunrise tour à Louxor, tente de mettre au point de nouvelles stratégies pour remplir les caisses de sa société. « L’Egypte a besoin d’événements importants, pour que les regards se tournent à nouveau vers nous ».

Un an avant le « printemps » du Caire, chaque jour, quelque 12.000 touristes formaient de longues files d’attente pour visiter les merveilles de Louxor. En 2012, ils n’étaient plus que 300, sans compter la chute du nombre de touristes qui préféraient les croisières culturelles et autres visites de temples et musées dans le reste du pays.

La découverte pourrait donc créer un « choc positif » pour l’économie du pays. Désireux de créer le buzz, le professeur Reeves n’a pas hésité à plastronner : « Si nous trouvons ce que je pense, ce sera une découverte plus importante encore que celle de Toutankhamon ».

Quoi qu’il advienne, si les djihadistes égyptiens ont fait fuir les touristes, ils n’ont pas encore mis la main, comme en Syrie, sur les merveilles archéologiques pour les dynamiter.

 

*Photo: Sipa. Numéro de reportage : Numéro de reportage : 00515442_000011.

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2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 10:48
 

Il est minuit, la France s’éveille

Les tueurs refont de nous un peuple

Auteur

Elisabeth Lévy

Elisabeth Lévy
est fondatrice et directrice de la rédaction de Causeur.

Publié le 02 décembre 2015 à 11:04 / Politique Religion Société

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attentats daech islam elkaroui

« Hollande. Son plan pour contrer le FN. » Au lendemain de la nuit meurtrière du 13 novembre, la une de Society, encore placardée au dos de nombreux kiosques parisiens, claque comme une accusation. Tout comme la manchette du Monde, datée du 12 novembre : « Le plan de Matignon contre le FN. » Lutter contre la menace frontiste, voilà donc ce qui, à la veille de la tuerie, préoccupait nos dirigeants – et les grandes consciences de leur presse. Pendant que nos ennemis se préparaient militairement à accomplir leurs crimes, l’Élysée et Matignon se tiraient la bourre pour savoir qui serait « le meilleur rempart contre le Front national » – et qui, accessoirement, exploiterait le mieux ce terrible danger pour faire avancer ses propres actions électorales. Pendant que la fascination du djihad se répandait dans une fraction de la jeunesse de quartiers islamo-salafisés, une bonne partie de la corporation médiatique s’employait à dresser des listes de salauds qui « font le jeu du Front national ». Il faut croire qu’il était plus gratifiant – et moins fatigant – de fantasmer le retour de la bête immonde que de se prendre la tête avec l’islam radical.

Alors que les familles endeuillées, et avec elles tout le pays, pleurent leurs morts, ces rodomontades résistantes, ces postures pseudo-héroïques semblent rescapées d’un autre temps. Le samedi 14 novembre, Paris était désert, sauf quelques endroits où on se pressait pour être triste et avoir peur ensemble, et dans cette atmosphère de « jour d’après », on se disait que, cette fois, on avait vraiment changé de monde. Quelques jours plus tard, on est moins sûr. D’après le Monde du 22 novembre, nous sommes entrés dans « La France d’après ». Mais après tout, pourquoi cette fois ? Pourquoi pas après Merah ? Pourquoi pas après Charlie et l’Hyper Casher ? Avons-nous changé de monde après Tati, après le RER Saint-Michel, après le Drakkar de Beyrouth ?

D’abord, pourquoi le nier, on s’habitue. On n’est pas moins horrifié, on est moins surpris. Du reste, le retour aux affaires courantes est de plus en plus rapide. Après le 13 novembre, il ne nous a fallu que quelques jours pour recommencer à parler d’autre chose – et à acheter des chaussures. On a fait de la poésie après Auschwitz, on fera les soldes après le Bataclan.

Et pourtant, peut-être que, cette fois, tout ne redeviendra pas comme avant. En tout cas pas aussi vite que d’habitude. D’abord, on l’a abondamment répété, « maintenant, tout le monde se sent visé » – même les « Français innocents », comme l’a remarqué l’ami Guillaume Erner, non sans acidité, en référence à la bourde de Raymond Barre après l’attentat de la rue Copernic1. Désormais, nous disent nos ennemis, nous tuerons des dessinateurs, des juifs et des bobos. Pourquoi des bobos ? C’est ainsi, plus besoin de dessiner Mahomet ou d’être juif pour susciter la haine du djihadiste – ce qui signifie a contrario qu’il ne sert à rien d’être accommodant, à moins que ces accommodements aillent jusqu’au renoncement à fréquenter les bistrots.

Ensuite, il est devenu impossible d’ignorer que le terrorisme islamiste, chez nous, n’est pas un phénomène importé mais une production locale. Quel que soit le rôle de Daech comme camp d’entraînement, comme sponsor et comme Terre promise rêvée, c’est dans nos villes et, de plus en plus, dans nos campagnes, que se recrutent les assassins. On se rappelle la stupeur d’Israël, après l’assassinat d’Yitzhak Rabin, il y a vingt ans, parce qu’« un Juif avait tué un Juif ». Nous devons nous y faire : ce sont, pour l’essentiel, des Français qui tuent des Français. Nous avons des ennemis lointains et d’autres de l’intérieur.

Si quelque chose a changé pour de bon, c’est que, grâce notamment à la conjonction de ces deux éléments, la France d’après est un peu plus la France que celle d’avant. Si beaucoup de gens, y compris à gauche, ont retrouvé le goût du tricolore et de la Marseillaise, suscitant d’homériques affrontements sur Facebook, ce n’est pas parce qu’ils sont au garde-à-vous, prêts à défiler au son du canon, mais parce que, en nous sommant de défendre ce que nous avons en commun, les tueurs refont de nous un peuple. Certains trouveront qu’il manque parfois de panache, ce peuple. « Nous sommes les enfants de Descartes et de Voltaire », écrit Brice Couturier dans la magnifique adresse aux djihadistes que nous publions dans les pages qui suivent. Certes. Mais les terroristes n’ont pas attaqué une librairie (on se demande bien pourquoi…). Et nous sommes aussi les enfants du rock et de l’oisiveté, de l’alcool et de la télé, du porno et du mariage gay (oui, oui… ils finiront par me convertir…).

Si c’est aux terrasses des cafés qu’est aujourd’hui réfugiée la civilité française, défendons les terrasses par les armes ! Si on menace notre liberté de nous abrutir en boîte de nuit, sauvons les boîtes de nuit ! S’ils détestent le sexe, le stupre sera notre langue et notre sol ! En somme, quand les djihadistes s’attaquent à ce que nos existences ont de frivole et même de vain, nous redécouvrons, à travers leur regard hébété, à quel point ces frivolités et ces vanités nous sont chères. Pierre Manent propose de passer un compromis avec les musulmans sur les mœurs. Au contraire, c’est le moment de proclamer qu’elles ne sont pas négociables. Vous n’êtes pas obligés d’en profiter (la minijupe n’est pas une obligation, tout de même…), mais vous êtes obligés de laisser vos sœurs et vos filles s’y adonner si ça leur chante. Ah, ils s’en prennent au ventre mou de notre civilisation ? Ils apprendront vite que ce ventre mou est dur à cuire et verront de quel bois se chauffe l’Occidental avachi.

Tout de même…, on dirait que cette fois, nous avons compris. Après Charlie et les grandes envolées sur l’esprit du 11 janvier qui devait continuer de souffler, nous avons été priés de nous battre la coulpe pour les crimes des Kouachi et Coulibaly, rapport à l’apartheid que nous leur avions fait subir. Et on nous a expliqué sur tous les tons que tout ça n’avait rien à voir avec l’islam et que le problème numéro un de la France, c’était l’islamophobie.

Rien de tel aujourd’hui. Le président en fait même un peu trop dans le tricolore quand il nous demande de pavoiser nos fenêtres. Perso, je préférerais que l’idée vienne de moi. Et puis il ne faudrait pas que cette orgie de symbole finisse par tenir lieu de politique. Bon, en haut lieu, malgré la difficulté qu’a eue le président, dans les premiers jours, à prononcer le mot « islamiste », on semble mesurer l’ampleur de la menace intérieure et déterminé à se donner les moyens de la combattre. Délivrés de certaines complications procédurales par l’état d’urgence, les policiers se félicitent d’avoir, pour la première fois depuis janvier dernier, les coudées franches pour taper dans les fourmilières islamistes. Et si à la gauche de la gauche, on communie dans la dénonciation du « tournant sécuritaire » de Hollande, la France des bistrots, elle, redoute plutôt qu’il soit sans lendemain. Partagée entre le soulagement de voir ses gouvernants agir et l’envie de leur demander des comptes – Qu’avez-vous fait pendant dix mois ? –, cette France-là ne croit pas que ses libertés soient menacées et se préoccupe assez peu des menaces pesant sur celles des salafistes et assimilés. L’humeur du moment, un brin excessive, serait plutôt : « Coffrez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens ! » Cependant, et quoi que feignent de croire Olivier Besancenot et quelques autres, nul ne propose d’abolir l’état de droit et les libertés publiques en France.

Il faut noter que même Laurent Joffrin, le patron de Libération, habituellement pourfendeur inlassable de l’islamophobie, découvre qu’il y a une parenté entre l’arbre et la forêt et que le danger ne tient pas seulement à quelques dizaines de fanatiques prêts à passer à l’acte qui n’auraient « rien à voir » avec la religion d’amour et de tolérance que l’on sait : « Tous les salafistes, loin de là, ne sont pas terroristes, écrit-il dans son édito du 24 novembre. Mais la plupart des terroristes identifiés à ce jour sont passés par le salafisme. La plupart des musulmans ne sont pas salafistes. Mais les salafistes sont une branche extrême, fondamentaliste, de l’islam. » Cette petite musique, nouvelle sous cette plume, est peut-être la preuve que l’ère du déni est en train de prendre fin.

Dans ce contexte, le « Pas d’amalgame » n’est plus très tendance. Non pas, évidemment, qu’il soit devenu légitime de faire des amalgames – entre ceux qui aiment leur pays et ceux qui le haïssent. Au contraire, l’actualité invite aux éclaircissements. La France n’a pas un problème avec l’islam mais avec certaines de ses expressions, incompatibles avec les mœurs françaises, présentes notamment dans « l’islam des cités ». Et le risque d’amalgame est d’autant plus faible que nombre de voix musulmanes, institutionnelles ou individuelles, reconnaissent aujourd’hui que ces expressions existent et qu’il faut les combattre. Pour un type qui fera sauter – ou pas – sa ceinture d’explosifs, combien d’admirateurs qui se contentent de maudire les juifs, la France et l’Occident ? La parole de notables de l’islam officiel, inaudible pour une grande partie de la jeunesse musulmane, est franchement dévaluée. Au moins, pour la première fois, reconnaissent-ils la gravité de la situation et leur responsabilité dans celle-ci.

Mais le plus encourageant, c’est que les tueurs aient, à l’inverse de ce qu’ils voulaient, provoqué un réflexe patriotique chez nombre de Français musulmans qui, anonymes ou célèbres, sont sortis du silence. Comme ce gars énervé qui s’est filmé dans sa voiture expliquant « C’est à nous de faire le boulot et de repérer ces bâtards ! » Comme l’économiste Hakim El Karoui qui, pour la première fois sans doute, parle « en tant que », dans une tribune parue dans Le Monde. « Les Français musulmans ne peuvent plus se contenter d’adopter une posture victimaire. Il faut combattre les idées salafistes », écrit cet ancien conseiller de Jean-Pierre Raffarin qui, il y a quelques années, a signé un livre avec Emmanuel Todd. On aimerait citer in extenso ce texte tonique et autocritique : « Nous [Français de confession musulmane] n’avons pas réussi à nous organiser par nous-mêmes. […] Nous avons laissé des États étrangers financer le culte musulman. […] Nous nous sommes cachés derrière des discours lénifiants et sympathiques (“l’islam est une religion de paix”, “l’islam est l’ennemi de la violence”), incontestablement vrais, mais qui oublient que l’islam, c’est aussi ce qu’en font les musulmans. Et, notamment, les musulmans qui font le plus de bruit. […] Nous avons laissé le poison de la salafisation des esprits se répandre. Aujourd’hui, nous sommes face à nos responsabilités. Et notamment ceux qui ont fait les meilleures écoles, suivi les plus beaux parcours, cru dans l’idée que la religion n’était qu’une affaire privée dans une République laïque. Eh bien non, c’est aussi une question publique. Malheureusement. Et c’est à notre génération, née en France, élevée et éduquée par l’école de la République, de prendre les choses en main. » On espérait de telles voix depuis longtemps.

En attendant, qu’on se rassure, si François Hollande caressait des rêves de dictature, il doit être déçu. L’union nationale est encore facultative – et c’est heureux. Certes, nul n’a revendiqué publiquement le droit de ne pas être Paris puisque, cette fois, tout le monde – ou presque – « pouvait s’identifier ». Mais après quelques jours de sidération compréhensible, la divergence a repris ses droits et le parti de l’Autre – partiellement reconverti en camp de la paix – est de nouveau en ordre de bataille. Et il entonne de nouveau la chanson de la France coupable – à l’intérieur comme à l’extérieur.

Ce néopacifisme, qui se diffuse dans une partie de la jeunesse avec le mot d’ordre « Leur guerre, nos morts », ne manque pas de partisans dans le monde intellectuel. Gageons, avec un peu d’ironie, qu’il ne tardera pas à rassembler le FN et l’extrême gauche – encore que, maintenant que Poutine est dans le coup, le Front mettra peut-être un peu de vodka dans son vin isolationniste.

Attention, que l’engagement de la France en Syrie suscite un débat et même une franche contestation, rien n’est plus légitime. On a le droit de regretter que Michel Onfray, que l’on a connu moins jobard, avale la propagande de l’EI et finisse presque par donner raison à ceux qui nous attaquent – qui ne feraient, selon lui, que répondre à nos agressions –en utilisant, en prime, le terme « islamophobe » pour qualifier notre diplomatie.

Quoi qu’il en soit, on peut comprendre que beaucoup, échaudés par les conséquences désastreuses des précédents irakiens, libyens, syriens, redoutent une dérive bushiste, même si, avec quelques dizaines d’avions et des frappes qui restent d’assez basse intensité, on est assez loin de l’opération Tempête du Désert. Du reste, si, à l’évidence, les Occidentaux n’ont rien arrangé nulle part, il faut un tropisme finalement très néoconservateur pour penser que tout le mal vient d’eux. Croit-on vraiment que, si la France n’était pas intervenue en Libye, la situation y serait plus stable ? Et sait-on ce que serait devenu le régime de Saddam Hussein si les Américains ne s’en étaient pas mêlés ? En réalité, les États faillis, corrompus, illégitimes, violents ont contribué au moins autant que les interventions occidentales à faire de cette région un marigot djihadiste.

C’est sans surprise sur le front intérieur que le parti de la repentance donne sa pleine mesure, en mobilisant la rhétorique excusiste que l’on connaît. On a du mal à croire qu’Emmanuel Macron ait délibérément choisi ce terrain mouvant pour donner des gages à la gauche du PS ou à ce qu’il en reste. Convoquant le terreau sur lequel prospère le djihadisme, le ministre de l’Economie estime que la société française a sa part de responsabilité parce que les discriminations, les inégalités, le chômage et toutes nos turpitudes. Bref, il ne parle pas d’apartheid mais presque. Dans les bataillons de la sociologie « radicale », c’est le ravissement. Et quand Olivier Roy, qui annonce la fin de l’islam politique depuis une vingtaine d’années, leur offre la formule magique qui blanchit l’islam de tout soupçon, c’est l’extase. « Ce n’est pas l’islam qui s’est radicalisé, c’est la radicalité qui s’est islamisée », écrit-il – et il embobine tout le monde avec ce tour de normalien.

Un instant sonnée, l’extrême gauche universitaire reforme les rangs, et quelques-uns de ses représentants éminents signent une tribune hilarante – ou terrifiante – dans Libération[2]. « Comment éviter que ne sombrent des jeunes issus en particulier des milieux populaires, s’ils ne cessent d’être partout discriminés, à l’école, à l’embauche, dans l’accès au logement ou dans leurs croyances ? Et s’ils finissent en prison. En les stigmatisant davantage ? En ne leur ouvrant pas d’autres conditions d’existence ? En niant leur dignité revendiquée ? » Nier la dignité des assassins, vous n’y pensez pas. Non, il ne faut pas faire une chose pareille. « La seule manière de combattre concrètement, ici, nos ennemis, dans ce pays devenu le deuxième vendeur d’armes mondial, c’est de refuser un système qui, au nom du profit à courte vue, produit partout plus d’injustice. » La suite, vous devinez : ce n’est pas Daech, ou Ben Laden, qui sont responsables de la violence, c’est Bush et c’est nous. Enfin vous et moi (pas eux, bien sûr). Dans un monde qui change à grande allure, la persistance de ce fatras tiers-mondiste et complotiste est presque rassurante. D’autant plus qu’il ne semble guère rencontrer d’écho. Je préfère penser qu’on entend l’appel de Hakim El Karoui « pour que l’islam de France fabrique une vision et des pratiques de l’islam compatibles avec la vie en France ». Ce serait, dit-il encore, « le plus beau service que la France pourrait rendre à l’islam. » De fait, paradoxalement, c’est peut-être en France que la bataille pour les esprits musulmans, à laquelle Gilles Kepel appelle depuis longtemps, peut être gagnée. D’ailleurs, c’est pas pour me vanter, mais on l’avait bien dit. En janvier dernier, après les attentats de Charlie et de l’Hyper Casher, nous écrivions que la France pouvait être une chance pour l’islam. C’est peut-être même sa dernière chance de remonter dans le train de l’Histoire.

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2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 03:18

Pas de quartier pour les islamistes, pas d’islamistes dans nos quartiers

Le Causeur nouveau est arrivé

Auteur

Daoud Boughezala

Daoud Boughezala
est rédacteur en chef de Causeur.

Publié le 02 décembre 2015 à 9:00 / Politique Religion Société

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daech enel belgique muray

Plus rien ne sera jamais comme avant. C’est du moins ce qu’on nous répète à chaque fois qu’un attentat de grande ampleur se produit dans notre pays. « Après Charlie, on nous a expliqué que tout ça n’avait rien à voir avec l’islam et que le problème numéro un de la France, c’était l’islamophobie », regrette Elisabeth Lévy. Au lendemain des carnages du 13 novembre, une lueur d’espoir scintille au milieu du chagrin : et s’il était minuit dans le siècle ? « Peut-être que, cette fois, tout ne redeviendra pas comme avant. En tout cas pas aussi vite que d’habitude », espère notre directrice de la rédaction en introduction au dossier que nous avons consacré à cette triste actualité.

Certes, « le parti de l’Autre », suivant la belle expression de notre marraine Elisabeth, n’a pas dit son dernier mot, ainsi que le démontre Régis Soubrouillard dans son reportage à la gauche de la gauche. Chez les islamo-gauchistes, on conspue la France coupable en toutes circonstances, et tant pis pour le deuil national : fussent-ils kamikazes, antisémites et meurtriers, les djihadistes sont des damnés de la terre que la République a indûment maltraités. CQFD. Rien d’étonnant à ce qu’une partie du peuple des banlieues, tout acquis au combat contre « l’islamophobie », ne se sente pas plus «Paris» qu’il n’était Charlie en janvier. Malgré l’effroi et l’ampleur du massacre, une frange entière du 93 a fait sécession d’avec la nation, nous confirme notre correspondante locale Alexandra Laignel-Lavastine. Quelques kilomètres plus loin, le Boboland parisien des Xe et XIe arrondissement panse ses plaies. Sonné, Homo festivus pleure ses morts et commence à regarder le monde d’un autre œil, certains dénonçant même les impensés et autres tabous d’une gauche diversitaire engluée dans ses contradictions. Une plongée en eaux profondes signée Gérald Andrieu.

Outre-Quiévrain, l’heure n’est pas encore à l’aggiornamento. Pourtant, nos voisins belges ont rendu les armes face à l’offensive salafiste dont ils sont les victimes depuis des années. Le sénateur libéral Alain Destexhe explore par le menu la débâcle de son pays, base arrière des terroristes du 11 janvier et grand pourvoyeur de bras pour l’Etat islamique. La Belgique est hélas devenue l’autre pays du djihad…

L’effacement des frontières nationales au sein de l’espace Schengen aidant, Bruxelles comme Paris encourent le même péril islamiste. Malheureusement, l’appareil judiciaire ne suit pas, d’après le juge Jean de Maillard, qui déplore la mansuétude de notre législation à l’égard des terroristes, lesquels bénéficient des remises et aménagements de peine prévus pour les criminels de droit commun. Dans ces conditions, comment prévenir la menace globale ? Sans y voir la panacée, le géopolitologue Frédéric Encel approuve l’intensification des frappes françaises contre Daech. De toute manière, ingérence ou non, les terroristes nous détestent – et nous tuent – déjà pour ce que nous sommes.

Mais l’actualité ne se résume pas à l’état d’urgence. En ce début de Cop 21, Causeur n’a pas sacrifié le débat écologique à l’unanimisme en vogue. Des technophiles climatosceptiques aux décroissants comme votre serviteur, nos contributeurs s’exaspèrent de la propagande gouvernementale nous enjoignant de fermer nos robinets avant de faire nos prières du soir. Des écolos, des vrais, nous en avons trouvé chez les décroissants de la revue Limite, dont le couple Bès a convié Pascal Bories à déjeuner bio. Le chercheur Olivier Rey, circonspect devant le catastrophisme d’Etat, nous prodigue en outre une leçon de choses à l’usage des écolos conséquents. Comme la stérilité, le désastre environnemental est devenu un marché dont nos gouvernants s’efforcent d’encourager l’extension. Merci l’industrie !

Pour achever ce numéro en beauté, un petit bouillon de culture s’impose. Vous prendrez bien une double dose de Muray, à travers le texte qu’il consacrait au désormais regretté René Girard voici une trentaine d’années, et l’entretien qu’Alexandre de Vitry m’a accordé. Ce jeune chercheur, auteur d’une thèse sur Péguy et d’un essai sur l’œuvre de Muray, compare les cheminements de pensée de ces deux antimodernes irrécupérables. Et comme notre époque morbide tourne au spleen, quoi de plus réjouissant qu’un voyage chez les zombies guidé par Jérôme Leroy ? Au cinéma comme en littérature, The Walking dead vous hante…

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Published by PIMPRENELLE POURPRÉE - dans Le Causeur
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1 décembre 2015 2 01 /12 /décembre /2015 11:32

De l’apocalypse nucléaire à l’apocalypse climatique

La marche triomphale des nouveaux Philippulus

Auteur

Luc Rosenzweig

Luc Rosenzweig
est journaliste.

Publié le 01 décembre 2015 à 9:00 / Histoire Monde Société

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climat écologie nucléaire

La pensée apocalyptique semble inhérente à la nature humaine : peu importe que les divers scénarios catastrophistes élaborés au cours des millénaires écoulés se soient tous révélés erronés, il en surviendra toujours un nouveau qui prédira, cette fois-ci à coup sûr, la fin de l’humanité, et enjoindra, en conséquence, les vivants à modifier leur comportement pour garantir la survie de l’espèce. Philippulus, le prophète dérangé de L’Etoile mystérieuse de Hergé, est aujourd’hui incarné par des savants choyés par l’ONU, bardés de diplômes, qui ont eu l’intelligence de rassembler leurs savoirs parcellaires pour construire une idéologie d’apparence rationnelle, le réchauffisme, en réalité à vocation totalitaire. Leur puissance actuelle repose sur un paradigme qui mélange des faits incontestables – la terre se réchauffe, et les activités humaines contribuent à ce réchauffement – et des extrapolations hasardeuses sur les conséquences abominables de cette évolution.

Ce paradigme engendre une posture politique et morale intimidante. Les générations passées, celles des révolutions industrielles des deux siècles précédents, et la génération actuelle sont clouées au pilori pour avoir engagé l’humanité dans une spirale infernale, et les générations futures sont invoquées au nom de l’adage le plus stupide jamais formulé en ce bas monde : « Cette terre ne nous appartient pas, nous l’avons empruntée à nos enfants ! » On pourrait répondre, à ceux qui l’ânonnent comme un mantra, que nous avons d’abord hérité cette planète de nos parents, et dans un meilleur état, pour ce qui concerne le destin de l’espèce humaine, qu’ils ne l’avaient reçue des leurs. Un seul indicateur devrait donner à réfléchir aux nouveaux prophètes de malheur : l’espérance de vie de la prochaine génération, celle de nos enfants, malgré toutes les turpitudes des humains passés et présents, est incontestablement plus élevée que la nôtre, et cela même dans les régions où, naguère, les populations étaient régulièrement décimées par les famines, les épidémies, la mortalité infantile. Les quelques améliorations élaborées pour combattre ces fléaux grâce au développement des sciences et des techniques sont l’œuvre de savants tout aussi respectables que les honorables membres du GIEC. Ainsi, on prévoit, d’ici la fin du siècle, une explosion démographique sur le continent africain, alors que cette population avait stagné aux cours des siècles passés, à cause des calamités évoquées plus haut

Le bilan économique, politique et moral de l’humanité récente peut donc être considéré comme « globalement positif », comme aurait dit feu Georges Marchais, ce qui ne nous exonère naturellement pas de tirer les leçons des horreurs que l’humanité s’est infligée à elle-même, en se laissant entraîner dans des aventures idéologiques et militaires dévastatrices, dont Hobbes avait su décrire les ressorts (homo homini lupus)

La transformation en discours de l’apocalypse de l’analyse des périls nouveaux qui menacent l’avenir d’une partie de nos semblables n’appelle pas une réponse rationnelle adaptée à chacun d’entre eux. Elle invite à une mobilisation passionnelle de l’ensemble de l’humanité contre un danger global et indifférencié pour effectuer, toutes affaires cessantes, un virage à 180° dans notre manière de vivre, de penser, de jouir. Cette attitude est la porte ouverte à l’apparition de nouveaux totalitarismes, où une minorité prétendument éclairée, mais en réalité aveuglée par la conviction d’être porteuse d’une vérité transcendantale, entend promouvoir un homme nouveau, hier le prolétaire ou le fasciste, aujourd’hui le décroissant et le végétarien.

Pour comprendre ce phénomène, et se prémunir contre sa réapparition sous une forme renouvelée, il n’est pas inutile de jeter un regard rétrospectif sur la forme précédente du discours apocalyptique universel, celui de l’inéluctable destruction de l’humanité par la guerre nucléaire, une période que les plus anciens d’entre nous ont vécu, dans leur enfance et dans leur jeunesse. Le monde sortait alors d’un cycle de violence et de mort d’une ampleur inégalée dans l’histoire des guerres : soixante millions de victimes, militaires et civiles, une tentative de génocide avérée, l’irruption d’une arme de destruction massive, la bombe atomique expérimentée à Hiroshima et Nagasaki.

Bannir la guerre semblait alors l’exigence absolue de ceux qui avaient survécu à cette tourmente. Des efforts méritoires furent déployés pour mettre en place des institutions planétaires destinées empêcher le retour de telles abominations. Il fallait aller au-delà des aménagements du droit de la guerre institués au lendemain du premier conflit mondial : conventions de Genève, bannissement de certaines armes (gaz de combat), pour mettre en place un système collectif de préventions des conflits armés, que devait incarner l’Organisation des nations unies. Il fallait faire disparaître le tragique de l’Histoire, tout en permettant à l’histoire de continuer, cette fois-ci pour le bien de l’humanité. La nature humaine étant ce qu’elle est, il n’aura pas fallu plus de cinq ans pour que cette utopie en marche se transforme en un nouveau discours de l’apocalypse, instrumentalisé par ceux-là même qui profitaient des failles du nouveau système mondial pour tenter de faire triompher leur projet politique et idéologique totalitaire à l’échelle planétaire. Le postulat était le suivant : l’arme nucléaire allait inéluctablement conduire l’humanité à sa vitrification généralisée, toute arme inventée étant par nature destinée à être utilisée. Ce discours fut cyniquement propagé par l’une des superpuissances issues du second conflit mondial, l’URSS, qui s’efforçait dans le même temps de rattraper par tous les moyens son retard sur les Etats-Unis dans ce domaine. La diabolisation de l’arme nucléaire était l’instrument de la disqualification morale de ses premiers détenteurs, et le prétexte pour s’autoriser à en disposer,  puisque « l’autre » refusait de s’en défaire. L’URSS et son despote Staline, puis ses successeurs, ont entretenu ce discours apocalyptique qui leur permettait de maintenir, avec la complicité de leurs « idiots utiles » dans le monde occidental, leur emprise sur une bonne moitié de la planète,  au moyen d’un système d’oppression dont les victimes sont estimées à plus de vingt millions, et même plus si l’on y ajoute les victimes chinoises de la folie maoïste. En fait, même si un conflit nucléaire avait éclaté entre 1950 (date de l’obtention de l’arme nucléaire par l’URSS) et 1989, rien ne permet d’affirmer qu’il eût marqué la fin de l’espèce humaine, ni même qu’il eût été plus dévastateur, en terme de destruction de vies et de biens, que la deuxième guerre mondiale. Ce discours de l’apocalypse, en tous cas, a servi à prolonger la vie de «  l’hypothèse communiste » chère à Alain Badiou. L’appel de Stockholm 1, formidable machine de propagande soviétique lancée en en 1950, rassembla, en Occident, un grand nombre de prétendus pacifistes, bien au-delà des communistes convaincus, puisque même le jeune Jacques Chirac s’y laissa prendre… Ajoutons, pour clore ce rappel historique que la disparition de ce discours de la scène publique ne signifie pas que l’humanité est, aujourd’hui, moins menacée de la guerre nucléaire qu’elle ne l’était hier. Au contraire, la prolifération nucléaire actuelle, et le maintien par les Etats-Unis et la Russie d’un stock très important de ce type d’armes en rend la possibilité tout autant, sinon plus envisageable qu’au siècle dernier, comme le constate lucidement François Heisbourg dans son dernier ouvrage 2.

Il ne peut y avoir de coexistence, dans une même période, de deux discours apocalyptiques, car ce sont par nature des idéologies totalitaires, devant mobiliser seules les affects des humains. Autour d’un postulat de base, réputé irréfutable, on agglomère un catalogue hétéroclite de nouveaux tabous, au nom du sacro-saint principe de précaution : le nucléaire civil, les OGM, l’alimentation carnée sont les interdits de la nouvelle religion post-moderne.

La nouveauté, concernant le catastrophisme écologique qui domine aujourd’hui, c’est qu’il n’est pas mis en forme et imposé par les pouvoirs politiques dominants, mais conçu et diffusé au sein des sociétés ouvertes et démocratiques par des idéologues prétendant sauver l’humanité en attisant les angoisses existentielles travaillant l’âme humaine. Un peuple qui a peur ne pouvant avoir tort, ceux qui ont reçu  démocratiquement la mission de le guider doivent lui emboîter le pas, ou au moins faire semblant d’être aussi effrayés que leurs mandants. La mise en scène de la COP 21, l’accumulation de déclarations hyperboliques : « Sauver la planète ! Notre maison brûle !… », sont des leurres aussi efficaces pour répondre réellement aux problèmes posés que l’invention du grand méchant loup pour inciter les enfants à se tenir tranquille. Quel avenir politique, dans nos démocraties d’opinion et d’émotion, aurait un dirigeant qui dirait à ses électeurs que la modification, même de 4° en un siècle, de la température moyenne de la planète ne signifierait pas la fin d’une humanité qui en a vu d’autres, et qu’il convient d’en évaluer les désagréments pour les rendre les moins nocifs possibles, puisqu’il est irréaliste de penser que le genre humain, unanime, se mobilise pour adorer le fétiche écolo ? Le danger qui nous guette immédiatement est moins de griller dans les flammes de l’astre solaire que de subir la dictature comportementale des nouveaux Philippulus.

*Photo : Sipa.00732616_000018.

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1 décembre 2015 2 01 /12 /décembre /2015 11:19
 

«L’Iran est la seule armée capable de vaincre Daech»

Entretien avec Ardavan Amir-Aslani

Auteur

Daoud Boughezala

Daoud Boughezala
est rédacteur en chef de Causeur.

Publié le 01 décembre 2015 à 11:00 / Monde Religion

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Ardavan Amir-Aslani est un avocat et essayiste spécialiste du Moyen-Orient. Il a notamment publié Juifs et Perses. Iran et Israël (Nouveau monde), Iran-États-Unis, les amis de demain ou l’après-Ahmadinejad (Pierre-Guillaume de Roux) et L’âge d’or de la diplomatie algérienne (Editions du Moment).

Daoud Boughezala. Avant d’aborder les questions géopolitiques, commençons par vos activités professionnelles. Vous venez d’ouvrir le cabinet d’avocats d’affaires “Cohen-Amir-Aslani” à Téhéran. En vous permettant de vous installer en Iran sous ce nom à consonance juive, la République islamique entend-elle se laver des soupçons d’antisémitisme qui pèse sur elle? 

Ardavan Amir-Aslani. La République islamique n’a pas eu son mot à dire quant au lancement de notre cabinet, et aucun de ses représentants n’est venu nous interroger sur la question. La loi iranienne ne connaissant pas la notion de cabinet d’avocats en tant que telle, le barreau de Téhéran est exclusivement constitué d’avocats « individuels » à l’exercice libéral qui s’y inscrivent à titre personnel. Lorsque je distribue les cartes de visite de mon cabinet en Iran, j’ai droit à des sourires, parce que les gens reconnaissent le nom à consonance juive, mais sans aucune remarque désobligeante. D’ailleurs, les employés de mon cabinet sont issus de familles religieuses, pratiquent l’islam et ne trouvent rien à redire au fait de travailler pour nous.

Il n’est pourtant pas toujours très plaisant d’être Juif en Iran…

C’est une erreur de considérer le peuple iranien comme un peuple antisémite. Même la République islamique permet constitutionnellement aux minorités religieuses et ethniques d’être surreprésentées à l’Assemblée nationale iranienne. C’est à ce titre-là que les juifs, qui sont environ 30.000 en Iran, élisent un député. Ceci dit, je ne prétends pas qu’il n’y ait pas d’antisémites en Iran, l’ancien président Ahmadinejad en est un bon exemple.

La signature de l’accord de Vienne sur le nucléaire aiguise l’appétit des investisseurs européens. Proche de l’Arabie Saoudite et du Qatar, la France a-t-elle raté le coche avec les milieux d’affaires iraniens ?

Le retour de l’Iran dans le concert des nations à l’issue de la levée des sanctions va être l’équivalent, d’un point de vue économique, du retour de l’ensemble des pays de l’Est-européen dans le camp occidental après la chute du mur de Berlin. Il s’agit de la première réserve gazière, de la quatrième réserve d’hydrocarbures au monde. C’est un pays de 83 millions d’habitants, un marché domestique important qui occupe une place centrale au Moyen-Orient. Je crois que la France a un coup à jouer parce que les secteurs les plus porteurs de l’économie iranienne - secteurs pétrolier, aéroportuaire, aérien, du traitement de l’eau – trouveront naturellement comme partenaires les grands groupes français comme Total, Airbus, Suez environnement ou Veolia. Malgré le positionnement particulièrement dur de la diplomatie française tout au long des négociations sur le nucléaire iranien, la France a su revenir dans le cœur des Iraniens. Quelques jours après l’accord de Vienne, Laurent Fabius a été parmi les premiers politiques d’envergure à faire son chemin de Damas en se rendant à Téhéran. Aujourd’hui, les Iraniens n’ont qu’une seule envie : pouvoir de nouveau commercer avec la France, laquelle pourra redevenir un partenaire industriel et commercial majeur.

Le Président iranien Hassan Rohani a vivement condamné les derniers attentats de Paris, les qualifiant de “crimes contre l’humanité” et contestant le caractère islamique de Daech. Est-ce une manière de conjurer le choc des civilisations ?

La journée tragique du vendredi 13 novembre était hélas prévisible. On aurait pu voir venir les choses depuis l’attaque des tours jumelles à New York le 11 septembre 2001. Ce jour-là, dix-sept personnes dont une majorité de Saoudiens et de Qataris, se sont écrasés sur des cibles civiles. C’est alors qu’a commencé le conflit de civilisations qui oppose l’Occident – c’est-à-dire non pas les pays de l’Ouest mais ceux qui sont attachés à la volonté de vivre et de laisser vivre – à une certaine version de l’islam. Il s’agit de la lecture wahhabite sunnite de l’islam marquée par l’Arabie Saoudite. Or, il se trouve que cet islamo-fascisme djihadiste a également comme ennemi principal l’Iranien chiite. Ce dernier est le principal objet de leur haine, devant le Juif et le Chrétien.

Partant de ce constat, pensez-vous crédible une inflexion de la politique étrangère française en faveur de l’Iran et de la Russie afin de combattre l’Etat islamique ?

Au Moyen-Orient, la France a construit tout son système d’alliances sur l’appui aux pétromonarchies sunnites wahhabites. Elle devrait réfléchir à  changer de stratégie. Tandis que Daech sert de pôle d’attraction sanguinaire et médiéval à nos jeunes frustrés d’origine musulmane, le seul moyen d’avoir la paix dans la région, c’est d’éradiquer l’Etat islamique. Pour l’instant, les bombardements contre Daech qui contrôle un territoire grand comme l’Angleterre à cheval sur l’Irak et la Syrie, ne l’ont pas fait reculer d’un mètre. Par contre, lorsque la volonté est là et des troupes au sol engagées, des milices pro-chiites irakiennes encadrés par des Iraniens ont mis vingt-quatre heures pour reprendre Tikrit à l’Etat islamique. Quand on veut, on peut.

Justement, aucun pays occidental, Etats-Unis et France compris, n’est prêt à envoyer des hommes au sol lutter contre l’Etat islamique. Que faire ?

Aujourd’hui, l’Iran est la seule armée capable de vaincre Daech et se montre d’autant plus déterminée qu’elle constitue une des cibles prioritaires du groupe djihadiste. Il faut donc permettre à l’armée iranienne, aidée des milices chiites de la région, de combattre au sol. Téhéran ne demande que ça.

En êtes-vous bien sûr ? Tant que l’Etat islamique reste cantonné à plus de quarante kilomètres de la République islamique, les pasdarans et les forces iraniennes se gardent bien d’intervenir massivement…

Le seul pays qui a fait qu’Assad tient bon depuis cinq ans, c’est l’Iran. Sans les forces armées chiites venues prêter main forte à l’armée syrienne, il serait tombé. Idem en Irak, s’il n’y avait pas de troupes pro-iraniennes à Samarra ou aux abords du Kurdistan irakien, le pays serait tombé entre les mains de Daech. Certes, il n’y a pas de troupes iraniennes au sol déployées massivement dans ces pays mais des milices proches de Téhéran. 60% de la population irakienne étant chiite, cela représente suffisamment de combattants prêts à prendre les armes contre l’Etat islamique sans que l’Iran ait besoin d’y envoyer des soldats. En Syrie, où les chiites sont minoritaires, l’Iran a fait en sorte que des chiites irakiens, pakistanais et afghans constituent des brigades chiites internationales pour sauver le pouvoir de Damas.

Mais sur un plan plus politique, la relégation des sunnites dans l’Irak post-Saddam Hussein a fait le lit de l’Etat islamique. De ce point de vue, la proximité entre Téhéran et Bagdad, en confortant la mainmise des chiites sur l’Irak, n’a-t-elle pas fait le jeu de Daech ?

C’est une question décisive. Quand on regarde la carte, on voit que l’Iran contrôle les capitales historiques de la civilisation arabe comme Damas (ville des Omeyyades), Bagdad (ville des Abbassides), Beyrouth (avec le Hezbollah) et Sanaa (au Yémen). Il y a une survisibilité de la puissance iranienne dans la région. Par conséquent, il n’y aura pas de paix durable dans la région tant que les Iraniens et leurs alliés occidentaux – car l’Iran est de facto l’allié des Occidentaux – n’auront pas réussi à fédérer les tribus sunnites en Irak et en Syrie. L’immense majorité des sunnites n’est pas sur la ligne idéologique de Daech ; il suffit d’observer la colère des sunnites de Mossoul sous le joug de l’Etat islamique. Tant en Irak qu’en Syrie, avec l’aide des Américains, se constituent déjà des brigades sunnites anti-EI. Il faudrait y ajouter des brigades mixtes chiites-sunnites pour faire battre en retraite Daech.

Rappelons que les deux tiers des combattants de l’Etat islamique sont des étrangers, dont la moitié de Saoudiens et un tiers de Caucasiens (Tchetchènes, Ingouches, Daguestanais), indifférents au sort des populations locales qui leur sont étrangères. Tous ces djihadistes aspirent à revenir dans leur pays d’origine commettre des attentats comme ceux que l’on a connus à Paris.

*Photo : Sipa. Numéro de reportage : AP21800238_000008. 

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1 décembre 2015 2 01 /12 /décembre /2015 04:42

Salafisme: L’Arbresle qui cache la forêt

 

On a fermé la petite mosquée radicale

Laurent Cantamessi
co-anime le site http://idiocratie2012.blogspot.fr/

Publié le 30 novembre 2015 à 18:00 / Politique Religion Société

Mots-clés : ,

arbresle salafisme islam daech

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’Arbresle est une jolie petite commune de 6161 habitants dont l’histoire se confond avec l’abbaye bénédictine de Savigny, érigée au XIe siècle et tombée en ruine au XVIIe siècle. Le petit village a perdu sa vocation de place forte pour accueillir une pacifique et prospère bourgeoisie lyonnaise à la Renaissance avant de se convertir à l’industrie textile au XIXe siècle. Après le déclin du secteur textile à la fin des années 1960, L’Arbresle est retombée dans la torpeur. Ses habitants ont peut-être conservé dans le folklore local le souvenir de la Bête du Lyonnais qui terrorisa la région entre 1754 et 1756, faisant une trentaine de victimes, principalement des enfants, mais ce sont bien d’autres sujets qui occupent aujourd’hui les conversations depuis que le préfet du Rhône Michel Delpuech a, dans le cadre de l’article 8 de la loi relative à l’état d’urgence, décidé de fermer la salle de prière, dite « mosquée », située au 33 bis rue Gabriel Péri à l’Arbresle. « Prenez le centre de l’arbresle ,en direction de sain bel vous allez trouver un pont eh bien juste après le pont garer vous sur le parking a droite la mosquée est a 30seconde », peut-on encore lire sur le site du Guide musulman qui précise que les prêches s’effectuent en français et que la salle de prière comporte un espace pour les femmes.

Selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, il y avait, en 2012, 2.131 lieux de culte musulmans en France métropolitaine et 318 outre-mer. Il en existait 150 en 1976, 200 en 1979, 900 en 1985, 1035 en 1987 et 1 555 en 2001. Le nombre de mosquées en France a donc été multiplié par dix en l’espace de vingt-cinq ans, de 1979 à 2001. D’après les statistiques données par l’OCDE et le département des affaires économiques et sociales de l’ONU (Fondation Robert Schuman), le nombre d’immigrés s’est stabilisé à six millions et a augmenté plus graduellement à partir de 1980. L’immigration due au regroupement familial et l’installation durable d’une partie des migrants a remplacé la logique de l’immigration de travail qui avait cours jusqu’aux années 1970. Selon le ministère de l’Intérieur, la France compterait aujourd’hui 5 à 6 millions de Musulmans, un chiffre ramené à 4 millions de personnes de 18 à 50 ans se disant musulmanes selon l’INED. Selon les mêmes sources, un tiers environ de ceux que l’on sera bien obligé de nommer, faute d’une expression plus précise, des « personnes de culture musulmane », seraient pratiquants. En 2008, l’INED évoquait 2,1 millions de personnes, pour 11,5 millions de catholiques, qui disposent de 45 000 lieux de cultes en France. Mais parmi les lieux de prière musulmans, bien peu sont en réalité des mosquées et les deux tiers sont des salles de prières ne dépassant pas cent mètres carrés, apparaissant et disparaissant très facilement. Elles sont financées par les fidèles ou par des « donations » venues de France ou de l’étranger, dont l’encadrement peut poser problème, tout autant que l’origine, surtout quand elle est saoudienne. A la date du 29 juin 2015, il y avait en France, 393 projets de construction de Mosquées, dont trois dépassent le million d’euros : Bordeaux, Marseille et Mulhouse. La grande mosquée de Lyon, inaugurée le 30 septembre 1994, est sortie de terre en grande partie grâce à des fonds saoudiens. « L’Arabie Saoudite nous a accordé le financement qu’elle nous avait promis », rapportait le recteur de la grande mosquée de Lyon au site SaphirNews le 27 août 2014. Le rapport déposé au Sénat le 17 mars 2015 par Hervé Maurey, sénateur et maire de Bernay (Eure), a pointé du doigt quelques inquiétudes et souligné les avantages que pourrait avoir l’instauration d’un co-financement public complétant le financement par les fidèles, selon les élus locaux (toutes tendances confondues) consultés pour les besoins du rapport, qui ont confié avoir éprouvé : « l’impression d’une certaine opacité dans le financement des lieux de culte musulmans aujourd’hui (liens éventuels entre certains financeurs et des organisations terroristes) et la crainte de financement provenant directement d’Etats étrangers comme l’Algérie, l’Arabie Saoudite ou encore le Qatar (pour ne citer qu’eux) leur suggèrent de prendre des mesures claires afin de réguler ces situations. »

La première inquiétude provient de la nature de l’islam salafiste que l’Arabie Saoudite, notamment, finance à coups de pétrodollars depuis plus de vingt ans, et du risque de voir un islam français majoritairement sunnite basculer en partie sous l’influence de la « finance spirituelle » saoudienne. Si les grands projets de « mosquée-cathédrale » comme celle de Lyon ou de Marseille sont des symboles religieux très visibles, les multiples salles de prières (plus de 1500) sont disséminées non seulement dans les cités, comme celle des Minguettes à Vénissieux, fermée le 18 novembre, mais aussi dans les communes rurales, comme à L’Arbresle, visée aujourd’hui par une interdiction préfectorale. « Fréquentée par de nombreux salafistes, dont certains en relation avec des individus pouvant se trouver en Syrie, cette salle, dans le contexte actuel postérieur aux attentats de Paris, présente un risque sérieux d’atteinte à la sécurité et à l’ordre public », explique la Préfecture du Rhône. Le chercheur Samir Amghar estimait  en 2012 que : « Selon les renseignements généraux, les salafistes sont entre 12.000 et 15.000 en France, mais les salafistes jihadistes sont ultra-minoritaires », un avis pas nécessairement partagé par son collègue politologue Gilles Kepel, qui jugeait lui, dans le même article de La Dépêche « inquiétant, quand les salafistes imposent leurs règles, par exemple le port du voile intégral, aux autres musulmans ».

Le problème ne provient pas en effet nécessairement du nombre de salafistes mais de leur emprise discrète sur une communauté musulmane hétérogène. Emprise d’autant plus discrète qu’en dépit de la conviction partagée par les spécialistes du renseignement que le recrutement au sein des mosquées a été considérablement réduit depuis 2001 grâce à la surveillance exercée par les services de renseignements, encore faut-il que les pouvoirs publics aient parfaitement connaissance de l’existence d’une salle de prière et que la présence de radicaux salafistes puisse justifier la mobilisation d’une structure de renseignements. En ce sens, le dernier facteur qui complique dangereusement le phénomène est Internet. Depuis une dizaine d’années, on assiste en effet à la montée en puissance d’un islam radicalisé de nouvelle génération, un islam mutant, dont les pratiquants, souvent jeunes, attirés par les mirages romantico-nihilistes du djihadisme, vont parfaire leur progression politico-religieuse sur Internet avant même de mettre les pieds à la mosquée, ce qui rend l’évolution du phénomène encore plus difficile à surveiller. L’état d’urgence donne peut-être les moyens aux pouvoirs publics de lutter de façon très éphémère contre le radicalisme islamiste en menant des perquisitions et en prononçant des fermetures par arrêté préfectoral mais cette agitation soudaine a surtout pour effet de médiatiser le laisser-aller dont les autorités politiques portent aujourd’hui la responsabilité, tout autant l’administration de Nicolas Sarkozy que celle de François Hollande ou de Jacques Chirac d’ailleurs, pour ne pas remonter encore plus loin. Et quand la mosquée salafiste de L’Abresle ou des Minguettes est fermée, combien, comme celle de Lunel, sont restées trop longtemps en activité tandis que nos dirigeants continuaient – et continuent encore – à serrer la main des pourvoyeurs de fonds saoudiens. «  Proclamer qu’on lutte contre l’islam radical tout en serrant la main au roi d’Arabie saoudite revient à dire que nous luttons contre le nazisme tout en invitant Hitler à notre table », déclarait très récemment le juge Marc Trévidic. L’argent n’a peut-être pas d’odeur mais le djihadisme sent quand même fortement le pétrole.

*Photo: DR.

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27 novembre 2015 5 27 /11 /novembre /2015 05:41
 

Contre l’islamisme, une seule allégeance: la nation

Nos jeunes doivent respecter la France ou la quitter

Auteur

Fatiha Boudjahlat
est secrétaire nationale du Mouvement Républicain et Citoyen mais s'exprime ici à titre personnel.

Publié le 26 novembre 2015 à 14:00 / Politique Religion

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daech ecole islam education civique

Après les attentats du 13 novembre, nous avons pris  conscience d’un vide en France. Un manque de communion, l’absence d’un sentiment d’appartenance que nous avons appelé de nos vœux et retrouvé dans le deuil, mais que nous avions perdu au quotidien. C’est ce manque qui a laissé éclore et prospérer le radicalisme religieux. Ecrivons-le tranquillement : notre ennemi s’appelle le radicalisme islamiste. Il est devenu évident que la France s’est montrée trop laïque avec l’Etat, et pas assez avec les religions, et particulièrement la dernière arrivée, à savoir l’islam. Ce faisant, nous n’avons plus fait nation, et plus fait société.

La religion catholique, par la coercition législative, est devenue ce qu’elle doit être : un corpus de croyances et de pratiques compatibles avec le régime républicain, sans statut ni revendication politiques. C’est maintenant à l’islam de faire cette mue, y compris par une coercition identique. Nous pensions disposer d’outils législatifs suffisants. La laïcité est inscrite comme principe constitutionnel depuis 1946 et 1958, mais ne nécessite aucune adhésion active des citoyens pour être appliquée. La loi de 1905 s’avère hélas trop poreuse. Parce que des lois, pour inscrites dans le marbre qu’elles soient, restent largement tributaires des hommes chargés de les faire respecter.
Lors de l’affaire Baby-Loup, la Cour de Cassation avait heureusement servi de supplétif à un personnel politique et à des intellectuels d’une grande lâcheté. Il n’y a guère eu qu’Elisabeth Badinter qui se soit montrée à la hauteur des événements.

En vérité, la France a oublié de faire aimer la patrie et la République telle qu’elle s’incarne dans un territoire.L’école est gratuite, laïque et obligatoire depuis 1882. L’application de la laïcité, qui voulait mettre autant à distance le religieux que l’Etat, n’a fait reculer que le culte de l’Etat, là où on percevait le patriotisme comme aussi obscurantiste que la religion.
Nous avons par exemple remisé au rang de folklore le baptême républicain. Nos pudeurs excessives le font appeler maintenant baptême civil. C’est pourtant une très belle cérémonie dirigée en général par le maire et au cours de laquelle marraine et parrain s’engagent à élever leur filleul dans le culte de la raison.

La nature a horreur du vide et le consumérisme ne nourrit plus son homme. Il existe un besoin qu’Abdennour Bidar nomme « besoin indépassable de spirituel ». Je préfère personnellement mettre en avant la nécessité d’une transcendance qui permette de faire nation. Le vivre-ensemble et son relativisme culturel, chacun de son côté du périphérique, ont assez vécu. Il est urgent de se montrer plus laïc avec l’islam et moins avec l’Etat. Cela demande un effort politique, déjà accompli en 1905 vis-à-vis de l’Eglise catholique. Précisons que la séparation des cultes et de l’Etat, la laïcité, n’aurait jamais du empêcher que les valeurs de la République ne soient promues activement au sein des institutions de l’Etat comme l’école. Une triangulation mortifère s’est faite entre ce vide politique, le prosélytisme religieux d’ambassadeurs des théocraties pétrolières, l’assignation à résidence de populations devenues ethniquement et religieusement homogènes, assignation que les élus des quartiers, droite et gauche confondues, ont favorisée, y voyant le moyen de s’assurer des clientèles captives. Ces élus ont laissé les prédicateurs remplacer les grands frères.

Une solution prétendait être apportée avec la mise en œuvre de l’Enseignement Moral et Civique dès cette rentrée, en lieu et place de l’Education Civique. Dans un paradoxe typiquement socialiste, ce programme s’avère très insuffisant et prétend prendre la place des parents dans la transmission de pratiques élémentaires comme l’hygiène corporelle, tout en se gardant bien de transmettre un commun politique, de nourrir un patriotisme que l’Etat peut en exiger comme élémentaire contrepartie à ce service public gratuit. Un exemple de ce mouvement de balancier : dans le cycle 4 (c’est –à-dire celui qui concerne les niveaux de 5ème, 4ème, 3ème), on trouve les indications suivantes dans la séquence nommée la sensibilité : soi et les autres.

Connaissances, capacités et attitudes visées

Objets d’enseignement

3/a – Comprendre la diversité des sentiments d’appartenance civiques, sociaux, culturels, religieux

- Expressions littéraires et artistiques et connaissance historique de l’aspiration à la liberté.

 

- La francophonie.

- Sentiment d’appartenance au destin commun de l’humanité

Notons le relativisme qui fait placer le sentiment civique au même niveau que les autres. À aucun moment n’apparaît la nécessité de faire comprendre que le sentiment d’appartenance religieux, pour légitime et fort qu’il soit, est inférieur en droit et en exposition publique au sentiment d’appartenance nationale.

Hélas, le programme  passe de ce morcellement des identités particulières à l’universel. Culpabilité postcoloniale ? Volonté de maintenir la paix sociale ? Quand nos élus et nos élites comprendront-ils que notre neutralité passe pour de la faiblesse, une désertion face aux prédicateurs enrôlant une armée de conquête ? Que la démocratie ne doit pas être un régime faible ?

La structure presbytéro-synodale de l’islam soulève des problèmes, faute de clergé et de hiérarchie capable de chasser les brebis galeuses. L’Etat doit donc intervenir et sa capacité coercition relève de ses missions régaliennes. Car la liberté ne signifie pas faire n’importe quoi, ou laisser faire ces prêcheurs de haine, mais avant tout obéir à la loi qu’on se donne démocratiquement.  Loin du relativisme cultuel, il faut retrouver l’exigence républicaine. Et poser aux habitants la question de l’allégeance. Quel gros mot j’emploie ici, qui fera hurler les gaucho-extrémistes. L’allégeance que le Larousse définit comme l’« obligation de fidélité et d’obéissance qui incombe à une personne envers la nation à laquelle elle appartient et le souverain dont elle est sujette. Manifestation de soutien, voire de soumission envers quelqu’un, un groupe ».

J’ai d’ailleurs pris l’habitude de dire à mes élèves de REP, qui n’ont que le bled à la bouche, qu’ils devaient à tout le moins respecter la France, ou la quitter. Ils sont fils de Français, petits-enfants d’immigrés, et pourtant s’embourbent dans un statut d’extra-territorialité. Ils se sentent prisonniers d’un conflit de loyautés, pensant trahir un pays qui n’est pas le leur s’ils admettaient aimer la France. Puisque ce sentiment naturel n’est pas spontané, il faut l’enseigner. Ce bled qu’ils mythifient, ils ne le connaissent que le mois d’été, en vacances, avec un niveau de vie français. C’est eux qu’il faut réconcilier avec ce qu’ils sont : Français. C’est une question qu’il faut poser aux candidats à la naturalisation, mais aussi à ceux « qui se sont donnés la peine de naître » en France. « Gaulois » ou fils et descendants d’immigrés. La verbalisation de cette allégeance permettra de métaboliser les distances, les rejets et de dédramatiser le fait, si naturel dans d’autres pays, d’aimer sa patrie.

*Photo: pixabay.

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27 novembre 2015 5 27 /11 /novembre /2015 05:39
 

Taubira, la ministre fantôme

Forte avec les syndicalistes, faible avec les djihadistes

Auteur

Régis de Castelnau

Régis de Castelnau
est avocat.

Publié le 27 novembre 2015 à 6:00 / Politique Société

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taubira goodyear terrorisme

Le cas Christiane Taubira reste un sujet de perplexité pour ceux qui ont eu l’occasion de la croiser avant et connaissent un peu les choses de la justice. Voilà quelqu’un dont la carrière politique n’avait pas particulièrement appelé l’attention et dont le positionnement la situait quand même très vaguement à gauche. Sa nomination casting, femme et noire, à un poste particulièrement difficile, avait suscité une certaine surprise. Après l’échec de Rachida Dati, sa cousine en représentante de la diversité, il y avait quand même un risque. Il faut savoir que si elle n’est pas dénuée de caractère et de talent, Christiane Taubira n’est absolument pas intéressée par le ministère qu’elle occupe. Elle l’a laissé prendre en main par des représentants de la petite secte du « mur des cons ». L’essentiel de son occupation consistant à user ses six directeurs de cabinet successifs, et à sculpter sa statue. Par de multiples provocations, elle a fourni à l’opposition une tête de turc en or. Situation dont elle profite pour se faire passer pour une icône de la gauche. Et elle espère bien pouvoir en profiter par la suite.

Cela étant, cette désinvolture et son désintérêt pour sa charge peuvent avoir des conséquences terriblement gênantes. Après la tragédie de janvier, on pouvait espérer et le gouvernement s’y était engagé, une prise en compte plus sérieuse de la question terroriste et de la manière de la traiter. Le rôle de l’appareil judiciaire était central. Tout le travail de prévention et de répression devait se faire sous sa conduite. La catastrophe du 13 novembre est aussi, qu’on le veuille ou non, l’échec de la justice et de celle qui la conduit. Restée, on le comprend, muette pendant près d’une semaine. Aucune contorsion ne permet d’échapper à ce principe de responsabilité républicaine élémentaire. En tout cas, François Hollande en a pris acte, puisque c’est pour faire face à cette défaillance qu’il a décidé de confier directement, avec l’état d’urgence, la mission à l’administration et à la police.

Il semble qu’il y ait d’autres priorités, place Vendôme.  Alors qu’ils appelaient à l’unité nationale, François Hollande et Manuel Valls n’ont pas demandé au PDG d’Air France d’éviter de mettre à la rue les salariés  impliqués dans les incidents de Roissy, provoqués par l’annonce de 1300 licenciements. On se rappelle que Manuel Valls s’était précipité chez  Alexandre Juniac l’ancien collaborateur de Sarkozy, pour les qualifier de « voyous ». Cela n’étonnera personne, ces gens ne sont pas de gauche. Christiane Taubira prétend l’être. Chef du parquet, en ces temps « d’union sacrée », peut-être aurait-il été généreux de demander au procureur d’abandonner les poursuites pénales à leur encontre, eux qui ont déjà perdu leurs emplois sans aucune indemnité? Des syndicalistes ? Vous n’y pensez pas, bien pire que les terroristes ceux-là.

Chef du parquet toujours, il ne lui est pas venu non plus à l’idée de d’enjoindre au procureur du tribunal correctionnel d’Amiens de prendre le 24 novembre dernier, des réquisitions d’apaisement dans l’affaire Goodyear. Alors même que la société avait retiré sa plainte. Non non, quand on est de gauche comme Christiane Taubira,  il faut être impitoyable avec les syndicalistes CGT et les salariés licenciés qui osent protester quand on les met à la rue. Deux ans de prison requis dont un ferme. Petit rappel, six mois avec sursis ont été infligés le même jour pour l’émir de l’Ariège expert en endoctrinement de jeunes des cités. Et ce ne sont pas les quatorze suicides intervenus depuis le conflit parmi les salariés de Goodyear licenciés qui risquaient d’amadouer le parquet. De dangereux terroristes on vous dit.

Une ministre de la justice de gauche se doit de ne pas être laxiste.

*Photo: Sipa. Numéro de reportage : 00731036_000017.

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26 novembre 2015 4 26 /11 /novembre /2015 04:29
 

Turquie, Syrie, Russie: le précédent de 2012

Ça barde dans les airs

Auteur

Daniel Saoud

Daniel Saoud
est journaliste.

Publié le 25 novembre 2015 à 14:00 / Monde Politique

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Avion Turquie Syrie Russie

Alors qu’un bombardier russe S-24 vient d’être abattu par l’armée turque, une autre information résonne. Souvenez-vous du 22 juin 2012. La Syrie reconnaît alors avoir fait chuter un avion de combat turc.

D’après Ankara, l’appareil aurait violé l’espace aérien syrien de façon « non intentionnelle » en raison de sa vitesse. « Quand vous pensez à la vitesse des jets lorsqu’ils volent au-dessus de la mer, il est courant qu’ils passent et repassent les frontières pour un court laps de temps », déclare alors le président turc Abdullah Gül. Selon Damas, l’appareil, un F4 Phantom, volait à basse altitude et à un kilomètre seulement  des côtes syriennes lorsqu’il est abattu par la défense anti-aérienne. La Turquie se défend en affirmant que l’appareil, « non armé », « accomplissait une mission de reconnaissance-entraînement ». Bachar Al-Assad concède, chose rare, qu’il « regrette à 100 %» et invoque la présence de l’avion turc dans le couloir aérien habituellement utilisé par l’ennemi israélien.

Selon un officier syrien, interrogé alors sous couvert d’anonymat par le site Syria Politic, il ne s’agirait toutefois pas du premier impair turc : « Les avions turcs ont violé une première fois l’espace aérien syrien le 21-6-2012 au-dessus de la région de “Badroussia” (Lattaquié). Mais ils ont été contraints de rebrousser chemin après que les mitrailleurs anti-aérien sont entrés en action. »

Les tensions sont alors vives entre les deux pays. Et les relations diplomatiques interrompues à l’automne 2011, en raison de la répression obstinée du mouvement de contestation anti-gouvernementale qui agite la Syrie depuis le printemps. Le Conseil national syrien, principal organe d’opposition à Bachar Al-Assad, siège à Istanbul et le pays a accordé à l’armée syrienne libre qu’elle se replie sur son territoire.

L’opinion turque crie au scandale. Le gouvernement, lui, tente d’apaiser les tensions. « Nous devons rester calme. Ne nous laissons pas aller à des déclarations et attitudes de provocation », déclare-t-il en admettant que le F4 a bien violé l’espace aérien syrien. Mais l’affaire se complique. La Turquie fait volte-face en affirmant que son avion volait dans l’espace aérien international. Ankara évoque désormais « un acte hostile au plus haut point ». L’OTAN, saisie par la Turquie, condamne fermement l’accident.

Mais cette version est contredite, cette fois par des experts russes. Ils concluent que  le F-4 Phantom turc effectuait en réalité un vol de reconnaissance visant à tester la défense antiaérienne syrienne pour le compte de l’OTAN. Selon une source bien informée qui a souhaité conserver l’anonymat, citée par LePoint.fr, l’opération aurait même été supervisée non pas par des Syriens, mais par des Russes. « Le niveau de qualification nécessaire pour la mise en marche de ce système étant élevé, il est très vraisemblable que ce soient des officiers russes qui l’aient activé », estime la source. L’information est incertaine. Néanmoins, la perte de l’avion et des deux pilotes a certainement marqué les Turcs. Il n’est donc pas à exclure que le F4 turc abattu en 2012 était présent dans les esprits des acteurs des évènements survenus ce mardi matin.

*Photo : Wikimedia Commons.

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25 novembre 2015 3 25 /11 /novembre /2015 23:30
 

Terrorisme, Belgique, régionales: dialogue de sourds aux enfers

Fin de partie pour le couple

Auteur

Jérôme Leroy

Jérôme Leroy
Ecrivain et rédacteur en chef culture de Causeur.

Publié le 25 novembre 2015 à 16:00 / Monde Politique

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irak regionales belgique daech

Elle et lui dans un salon. Ou lui et elle, comme vous voudrez.

- J’irai bien manger des moules-frites à Malo-les-Bains, moi…

- La ceinture d’explosifs retrouvée à Montrouge contenait le même explosif que celui utilisé par les terroristes.

- On pourrait se promener sur la plage après, avec un bon k-way…

- Cinq lignes de métro ont été paralysées par une fausse alerte à la bombe.

- Oui, mais on n’irait pas en métro. On pourrait pousser jusqu’à la Belgique si tu préfères…

- Bruxelles en est son quatrième jour d’alerte maximale, toute la capitale tourne au ralenti.

- On serait resté sur la Côte, entre La Panne et Coxyde, tu sais… Histoire de prendre l’air… Avec les vagues, la pluie, le vent dans les oyats…

- Un avion russe a été abattu par l’armée turque.

- Sinon, on peut aussi aller au cinéma si tu préfères, ou au musée ? On me dit du mal du dernier Woody Allen, mais j’aimerais autant me faire une idée moi-même…

- Vladimir Poutine parle d’un coup de poignard dans le dos…

- Tu as vu ? Le poète et auteur américain de romans noir Dan Fante est mort. C’était le fils de John Fante. Il avait soixante-et-onze ans.  Un cancer. J’aimais beaucoup ce qu’il écrivait.

- La France doit-elle garder l’Arabie Saoudite et le Qatar pour alliés ?

-Tiens, écoute, c’est dans Bons baisers de la grosse barmaid :

“Je suis redevenu ce gamin ivre de printemps
qui fonçait à vélo dans les petites rues de New York
devant les bornes d’incendie ouvertes
-trempé jusqu’aux os
lançant ma vie vers un ciel
où Dieu sautait à la corde.”

 - La femme enceinte sauvée lors de l’attaque du Bataclan a retrouvé celui qui l’a aidée.

- C’est une bien belle nouvelle. Oh, regarde, il neige ! J’espère que ça va tenir.

- L’état d’urgence est prolongé pour trois mois.

- Pas forcément trois mois, mais quelques jours quand même, pour changer le décor.

- Manuel Valls redoute la menace chimique.

- Il ne faudrait pas oublier les élections régionales, malgré tout. Je vais voter communiste, moi, comme d’habitude… Pourtant, le groupe FDG a approuvé l’état d’urgence comme un seul homme. Même pendant la guerre d’Algérie, ils ne l’avaient pas fait.

- Les forces de l’ordre ont mené 1233 perquisitions administratives dans le cadre de l’état d’urgence décrété après les attentats du 13 novembre à Paris et Saint-Denis, a annoncé  le ministre de l’Intérieur.

- Parce que tu comprends, si on ne bouge pas, l’extrême droite va avoir un boulevard… Tu vas voter pour qui, toi ?

- EDF vient de se mettre en vigilance extrême autour des centrales nucléaires

- J’espère que l’abstention ne sera pas trop importante…

- Des avions de chasse français ont décollé du porte-avions Charles-de-Gaulle, hier, pour plusieurs missions au-dessus des zones sous contrôle de l’État islamique, en Syrie comme en Irak.

- Je crois que je vais aller au Splendid à Lille, pour le meeting de fin de campagne, le 2 décembre. Il y aura  des groupes pas mal,  comme Lénine Renaud…

- «Nous avons frappé à Ramadi et à Mossoul en appui au sol de forces locales qui étaient en progression contre des troupes de Daech», a déclaré le général Pierre de Villiers qui se trouve à bord du porte-avions.

- Il y a longtemps qu’on n’a pas dansé tous les deux, non ?

- À titre dérogatoire, le sulfate d’atropine solution injectable 40 mg/20 ml PCA, fabriqué par la Pharmacie centrale des armées, peut être acquis, stocké, distribué, prescrit, dispensé et administré pour la prise en charge des personnes exposées à des neurotoxiques organophosphorés par les professionnels de santé intervenant dans le cadre des services d’aide médicale urgente…

- J’ai l’impression d’être dans une pièce de Beckett. Tiens, Fin de Partie, par exemple…

- Le problème sera, maintenant, de réduire les séquelles psychiques, déclarent les spécialistes.

- Moi aussi, je t’aime, tu sais.

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  • écrivain, née à Marrakech, Maroc, qui cherche une voie pour rapprocher les coeurs et les ames.
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