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Thérèse Zrihen-Dvir

Regard d'un écrivain sur le Monde

13 septembre 2013 5 13 /09 /septembre /2013 02:18

A Genève, Américains et Russes affichent leurs divergences

 

Guerre en Syrie

John Kerry et Sergueï Lavrov ont entamé à Genève des pourparlers cruciaux sur la Syrie. Ils ont d'entrée affiché leurs divergences, alors que le président syrien Bachar al-Assad s'est engagé à placer son arsenal chimique sous contrôle international.

Mis à jour le 12.09.2013

1/98 Le chef de la diplomatie américaine John Kerry et son homologue russe Sergueï Lavrov ont donné le ton lors d'une conférence de presse conjointe, avant le début des négociations qui s'annoncent difficiles. (12 septembre 2013)
Image: Keystone

   

Le chef de la diplomatie américaine John Kerry et son homologue russe Sergueï Lavrov ont donné le ton lors d'une conférence de presse conjointe, avant le début des négociations qui s'annoncent difficiles.

«Nous allons travailler pour parvenir à un accord de principe afin de résoudre une fois pour toutes le problème des armes chimiques en Syrie, via l'adhésion de la Syrie à la Convention sur l'interdiction des armes chimiques. (...) Nous partons du principe que le règlement de ce problème rend toute frappe sur la Syrie inutile», a estimé M. Lavrov.

Scepticisme américain

«Les déclarations du régime syrien ne sont pas suffisantes à nos yeux et c'est pourquoi nous sommes là pour travailler avec les Russes», lui a répondu John Kerry, qui a assuré que l'armée américaine «maintenait la pression sur le régime syrien».

Alors que Sergueï Lavrov lui faisait part de ses espoirs de concrétiser leurs attentes respectives lors des discussions, John Kerry a affiché un scepticisme peu diplomatique: «Vous voulez que je vous croie sur parole? C'est un peu tôt pour cela», a-t-il dit.

«Les attentes sont fortes. (...) Cela doit être réel, cela doit être complet, cela doit être vérifiable, cela doit être crédible. Ensemble, nous allons tester la capacité du régime syrien à tenir ses promesses», a souligné le secrétaire d'Etat américain. Il n'a pas commenté les déclarations tenues quelques heures auparavant par Bachar al-Assad.

Le président syrien s'était engagé à envoyer aux Nations unies les documents nécessaires pour signer l'accord sur l'interdiction de l'utilisation des armes chimiques, lors d'un entretien à la chaîne publique russe Rossia 24. Il avait toutefois aussi demandé en échange des concessions importantes à Washington.

Adhésion syrienne reçue

«Quand nous verrons que les Etats-Unis veulent effectivement la stabilité dans la région, cesseront de menacer et de chercher à attaquer, et de livrer des armes aux terroristes, alors nous considérerons que nous pouvons mener le processus jusqu'au bout», avait déclaré Bachar al-Assad.

Le Washington Post a révélé mercredi soir que les premières livraisons américaines d'armes légères et de munitions aux rebelles ont débuté il y a deux semaines.

Les Nations unies ont annoncé dans la foulée avoir reçu «un document d'adhésion de la part du gouvernement syrien concernant la convention sur les armes chimiques», document «en cours de traduction».

Les discussions à Genève, auxquelles participent des experts en désarmement, doivent durer jusqu'à samedi. Elles vont porter sur la façon de placer l'arsenal chimique syrien sous contrôle international, une initiative lancée lundi par Moscou qui a éloigné la menace de frappes aériennes occidentales sur le régime de Damas.

Les Russes ont transmis aux Américains un plan en quatre étapes dont la première est l'adhésion de Damas à l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), selon le quotidien russe «Kommersant». La Syrie devrait ensuite révéler la localisation de son arsenal, évalué par certains experts à 1000 tonnes, puis autoriser l'accès d'inspecteurs de l'OIAC et décider de la manière de le détruire.

Rebelles opposés au plan

La rencontre entre John Kerry et Sergueï Lavrov est censée rouvrir une voie diplomatique pour le conflit en Syrie, qui a fait plus de 110'000 tués en deux ans et demi. Elle vise aussi à repousser une éventuelle action militaire punitive des Etats-Unis et de la France après l'attaque du 21 août.

Le général Sélim Idriss, chef de l'Armée syrienne libre (ASL, rebelles), a rejeté jeudi le plan russe. Il ne faut «pas se contenter de retirer (au régime syrien) l'arme chimique, l'outil du crime, mais juger devant la Cour pénale internationale l'auteur du crime qui a reconnu clairement posséder cet outil et accepté de s'en défaire», a-t-il dit.

Pour la Coalition nationale syrienne (opposition), l'initiative russe est une «manoeuvre politique destinée à faire gagner du temps» à Bachar al-Assad.

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11 septembre 2013 3 11 /09 /septembre /2013 23:22

Bachar al-Assad fête ses 48 ans dans la tourmente

 

Syrie

Le président syrien fête mercredi ses 48 ans. Ophtalmologue formé en Angleterre, il est empêtré dans une guerre qui a tué plus de 110'000 personnes depuis mars 2011.

Mis à jour à 21h34  Imprimer

Des partisans de Bachar al-Assad dans les rues de Damas pour célébrer l'anniversaire de leur dirigeant. (11 septembre 2013)

Des partisans de Bachar al-Assad dans les rues de Damas pour célébrer l'anniversaire de leur dirigeant. (11 septembre 2013)
Image: AFP

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Dans l'attente d'une intervention militaire en Syrie

Dans l'attente d'une intervention militaire en Syrie
Les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France semblent déterminés à «punir» le régime syrien d'avoir mené une attaque chimique. Damas a prévenu que la Syrie avait les moyens de se défendre.

Une trentaine de voitures recouvertes de portraits du chef de l'État et remplies de passagers agitant le drapeau de la Syrie avec au centre l'effigie de Bachar al-Assad, ont traversé Damas, du quartier huppé de Mazzé (ouest) au centre ville.

Ophtalmologue formé en Angleterre, et père de trois enfants, Bachar al-Assad a succédé à son père Hafez, mort en 2000 alors que ce poste devait revenir à son frère aîné Bassel, disparu dans un accident de voiture.

Il fait face depuis mars 2011 à une révolte qui face à une sanglante répression s'est transformée en rébellion armée et a fait plus de 110'000 morts, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), ONG s'appuyant sur un vaste réseau de militants.

Devenu un «boss»

Considéré au début de son mandat, après des déclarations en faveur d'ouvertures politiques et économiques, comme un potentiel réformateur, il a choisi, dès le début du soulèvement syrien, la voie de la fermeté et a affirmé plusieurs fois qu'il ne lâcherait pas prise, en tout cas pas avant la fin de son mandat actuel en 2014.

«Il est beaucoup plus le 'boss' qu'avant, même s'il ne peut pas agir sans l'appui de l'appareil militaire et sécuritaire», estimait récemment Nikolaos van Dam, diplomate néerlandais auteur du livre «Combat pour le pouvoir en Syrie: confessionnalisme, régionalisme et tribalisme en politique 1961-1994».

«Il écoute ses quelques conseillers mais il prend seul les décisions», insiste un expert à Beyrouth.

Famille unie

Parmi ses personnes de confiance figurent son frère cadet, le colonel Maher al-Assad - chef de la division en charge de Damas, son épouse Asma, son oncle et son cousin, Mohammad Makhlouf et Rami Makhlouf - deux hommes d'affaires à la réputation sulfureuse - et Hafez Makhlouf, un chef de la sécurité à Damas. Tous sont comme lui alaouites, sauf Asma, de confession sunnite.

Parmi ses hommes de confiance, on compte aussi le général Houssam Soukkar (alaouite), conseiller présidentiel pour la sécurité et deux vétérans sunnites des renseignements: le général Ali Mamlouk, directeur de la Sécurité nationale, et le général Rustom Ghazalé, chef de la sécurité politique.

Deux druzes comptent également parmi ses proches, Mansour Azzam, ministre des Affaires présidentielles, et Louna al-Chibl, ancienne journaliste.

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10 septembre 2013 2 10 /09 /septembre /2013 21:40

La vie continue malgré tout en Syrie

 

Photographie

Malgré la guerre qui fait rage en Syrie, la vie continue tant bien que mal pour les combattants et les civils au milieu des ruines. La preuve en 25 images parfois surréalistes.

Par cht. Mis à jour à 17h29

 

2/25 Petit coup de brosse avant les combats.
Image: Reuters

   

5/25 Regards complices entre ce soldat et ces enfants
Image: Reuters

6/25

9/25 On se marie aussi, malgré la guerre

10/25 On danse entre deux combats

11/25 Pose pour photo-souvenir

16/25 Pause cigarette dans un magasin d'armes.

19/25 Quand les bombes font office de boules de Noël...

20/25 Boulangerie secrète de l'armée de libération

22/25 Ce qu'il reste d'un ancien parc d'attractions

 

 
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10 septembre 2013 2 10 /09 /septembre /2013 21:30

Manifestants violemment dispersés à Istanbul

 

Istanbul

La mort lundi en Turquie dans des circonstances floues d'un jeune manifestant lors de heurts avec la police a ravivé la contestation qui avait ébranlé en juin le pouvoir islamo-conservateur.

Mis à jour à 22h50

1/6 Deux à trois mille personnes se sont rassemblées aux abords de la place Taksim a Istanbul pour saluer la mémoire d'Ahmet Atakan, 22 ans, mort la veille à l'hôpital à Antakya (sud) des suites de ses blessures. La police a repoussé les manifestants en faisant usage de gaz lacrymogène et de billes en plastique. (10 septembre 2013)

   
Deux à trois mille personnes se sont rassemblées aux abords de la place Taksim a Istanbul pour saluer la mémoire d'Ahmet Atakan, 22 ans, mort la veille à l'hôpital à Antakya (sud) des suites de ses blessures, a constaté un photographe de l'AFP.

De nombreux policiers ont interdit l'accès des manifestants à la place et à son parc Gezi, épicentres en juin de manifestations antigouvernementales sans précédent contre le régime du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, avant de les repousser en faisant usage de gaz lacrymogène et de billes en plastique.

«Le gouvernement devra rendre des comptes», «Taksim sera le cimetière du fascisme», ont scandé les manifestants, a observé un journaliste de l'AFP.

Les gaz lacrymogènes ont provoqué l'interruption d'un match de football opposant l'équipe nationale turque des moins de 21 ans à son homologue suédoise dans le stade Erdogan, non loin de Taksim, a rapporté l'agence de presse Dogan.

Touché par une grenade

Selon cette agence, Ahmet Atakan a été mortellement touché à la tête par une grenade lacrymogène tirée par des policiers alors qu'il manifestait en mémoire d'un autre manifestant tué en juin à Antakya.

Mais les autorités locales ont réfuté cette thèse, affirmant que le jeune homme était tombé d'un toit lors des incidents alors qu'il répliquait avec des pierres à l'intervention policière.

La direction générale de la police a indiqué sur son site internet que ce décès était le résultat d'une chute, affirmant que lors du drame «les forces de l'ordre n'intervenaient pas» contre les protestataires.

Le ministère de l'Intérieur a chargé des inspecteurs d'enquêter sur cette affaire, souligne le texte.

Une autopsie préliminaire, dont les conclusions ont été rapportées par Dogan, établit que la victime est morte d'«un traumatisme général» et d'«une hémorragie cérébrale».

La mort de ce manifestant porte à six le bilan des victimes la contestation depuis juin, auxquelles s'ajoutent plus de 8000 blessés.

Dérive autoritaire du pouvoir

Les obsèques d'Ahmet Atakan ont été l'occasion de nouveaux heurts mardi à Hatay, où la police a tenté de disperser avec du gaz lacrymogène et des canons à eau un millier de manifestants, selon Dogan.

Des groupes de contestataires continuaient cependant de défier la police dans la soirée derrière des barricades de fortune et des poubelles et des pneus enflammés, a indiqué la chaîne d'information NTV.

Des heurts étaient étaient également rapportés dans plusieurs autres villes à travers tout le pays.

Depuis début septembre, avec la rentrée universitaire, les manifestations dénonçant la dérive autoritaire du pouvoir ont repris graduellement, à Istanbul et Ankara notamment, mais sans l'ampleur de celles de juin.

De violents affrontements ont opposé lundi à Istanbul la police turque à des centaines de manifestants rassemblés pour soutenir un adolescent de 14 ans plongé dans le coma depuis la fronde, lui aussi victime d'un projectile tiré par les forces de l'ordre.

A Ankara, des étudiants sont mobilisés depuis plusieurs jours avec le soutien de l'opposition contre un projet municipal de faire passer une route sur le campus de l'université du Moyen-Orient (ODTÜ). Ce projet prévoit l'arrachage de plus de 3000 arbres.

Le mouvement de contestation antigouvernemental de juin était, lui, parti de la mobilisation d'une poignée de militants écologistes opposés à un projet de réaménagement de la place Taksim d'Istanbul qui prévoyait la destruction du parc Gezi et de ses 600 arbres.

Erdogan montré du doigt

Sa répression brutale a transformé cette protestation en une vague de fond contestant l'autoritarisme supposé du gouvernement et la volonté que lui prêtent les partisans de la laïcité d'islamiser la société turque.

Les violences policières ont sérieusement entamé l'image de Recep Tayyip Erdogan, qui a plusieurs fois affiché sa détermination de ne pas céder face aux 2,5 millions de manifestants descendus dans les rues de Turquie pour contester son pouvoir.

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10 septembre 2013 2 10 /09 /septembre /2013 01:07

La droite revient au pouvoir en Norvège

 

Elections législatives

La droite a remporté les élections législatives en Norvège lundi, selon les premières projections. Ce résultat ouvre la voie à une alliance entre les conservateurs et un parti populiste anti-immigration, deux ans après les sanglantes attaques de Breivik.

Mis à jour le 09.09.2013

Le centre droit l'emporte au Parlement d'Oslo.

Le centre droit l'emporte au Parlement d'Oslo.
Image: AFP

Le centre droit, écarté du pouvoir il y a huit ans par les travaillistes, a remporté les élections législatives.

Les quatre formations de droite et de centre droit disposent d'une majorité de 93 sièges sur 169 au Parlement, selon les projections réalisées par le Bureau norvégien de statistiques après décompte de 22,2% des suffrages.

Un tel résultat, s'il devait être confirmé, fait flotter un parfum d'alternance dans un pays qui se porte pourtant exceptionnellement bien par rapport à ses voisins européens.

Au pouvoir depuis 2005, la coalition de centre gauche du Premier ministre travailliste Jens Stoltenberg n'est, elle, créditée que de 75 mandats, selon les mêmes projections, le dernier siège revenant à un parti d'extrême gauche.

S'entendre sur une plateforme

Les quatre formations de droite, pour peu que leur victoire électorale soit confirmée, doivent encore s'entendre sur une plateforme de gouvernement dans les semaines à venir.

Or, le «bloc bourgeois» est très hétéroclite, regroupant les conservateurs d'Erna Solberg, pressentie pour devenir la prochaine Première ministre, la droite populiste (parti du Progrès, FrP) et deux partis de centre droit, les démocrates chrétiens et les libéraux, dont les vues divergent sur de nombreuses questions comme l'immigration ou le climat.

Prospérité remarquable

Sur le papier, tout semblait plaider pour la reconduction de la gauche: après avoir traversé la crise sans casse, le pays scandinave, riche en pétrole, affiche une prospérité économique remarquable avec un chômage négligeable et des niveaux de vie très élevés.

Résolument à l'écart de l'Union européenne, il possède aussi le plus gros fonds souverain au monde, pesant quelque 750 milliards de dollars.

«Le pays va plutôt bien mais c'est grâce au pétrole, pas grâce à ses dirigeants», a confié un électeur de 29 ans rencontré près de l'Hôtel de ville d'Oslo, où il venait de voter pour la droite populiste.

Attaques de Breivik

Après huit années aux commandes, une longévité rarissime en Norvège, la gauche a été victime d'une usure du pouvoir mais aussi des défaillances des autorités apparues lors des attaques de l'extrémiste de droite Anders Behring Breivik.

Le 22 juillet 2011, Breivik avait tué 77 personnes en faisant exploser une bombe près du siège du gouvernement à Oslo puis en ouvrant le feu sur un rassemblement de Jeunes travaillistes sur l'île d'Utoeya.

Héros d'une nation meurtrie qui avait trouvé les mots justes en promettant «plus de démocratie» et «plus d'humanité» face à l'horreur, Jens Stoltenberg a ensuite vu son image écornée par le rapport d'une commission indépendante qui avait conclu que les attaques auraient pu être évitées et que Breivik aurait pu être arrêté plus tôt.

Paradoxalement, le scrutin de lundi semble ouvrir les portes du pouvoir au parti du Progrès, une formation cantonnée dans l'opposition depuis sa création il y a 40 ans et dont Breivik a été membre jusqu'en 2006.

FrP le mieux placé

Crédité de 30 mandats, ce qui en fait la troisième formation au Parlement, le FrP de Mme Siv Jensen est le mieux placé pour former un gouvernement avec les conservateurs, avec l'appui probable - mais sans participation - des deux partis de centre droit.

La formation s'est nettement démarquée du tueur et a mis la question de l'immigration en sourdine mais elle reste favorable à une politique ultra-restrictive en la matière.

Ilot de prospérité, la Norvège attire les étrangers: 70'000 d'entre eux y ont immigré l'an dernier, dont 25'000 non-Européens, gonflant rapidement la population qui compte un peu moins de 5,1 millions d'individus.

Travaillistes, principal parti du parlement

Selon des médias norvégiens, Jens Stoltenberg ne devrait pas immédiatement annoncer sa démission, semblant parier sur l'incapacité de ses rivaux de droite à s'entendre.

Malgré la défaite électorale de la coalition qu'ils dominent, les travaillistes restent le principal parti au Parlement, avec 55 mandats à ce stade contre 47 pour les conservateurs.

En cas de zizanie au sein de la droite, il pourrait faire valoir sa taille pour rester au pouvoir à la tête d'un gouvernement minoritaire.

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8 septembre 2013 7 08 /09 /septembre /2013 12:26

L'opposant Navalny défie le Kremlin pour la mairie de Moscou

 

Elections municipales

L'opposant russe Alexeï Navalny, candidat à la mairie, a espéré dimanche qu'il n'y ait «pas de fraude» lors des élections municipales à Moscou.

Mis à jour à 12h46   Imprimer

Alexeï Navalny au bureau de vote entouré de ses deux enfants.

Alexeï Navalny au bureau de vote entouré de ses deux enfants.
Image: Keystone

Le célèbre blogueur russe et militant anticorruption Alexeï Navalny affronte le maire sortant Sergueï Sobianine, soutenu par le Kremlin, dans ce scrutin lors d'enjeux.

«Je souhaite ardemment que les Moscovites puissent finalement exprimer leur volonté et choisir le maire qu’ils veulent», a dit Alexeï Navalny, accompagné de sa femme Ioulia et de leurs deux enfants, à la sortie de son bureau de vote dans le sud de Moscou.

Sergueï Sobianine ne s’est en revanche pas exprimé après avoir déposé son bulletin dans l’urne dans un bureau du centre de Moscou. Vêtu d’une veste sombre comme dans la plupart de ses apparitions publiques, il a patienté quelques instants avec son épouse dans la file d’attente des électeurs devant l’urne.

«Changement» possible

Militant anticorruption, Alexeï Navalny s’est fait connaître lors des manifestations contre le pouvoir fin 2011 et début 2012, notamment lors du retour de Vladimir Poutine au Kremlin pour un troisième mandat, de six ans. A 37 ans, même s’il n’a guère de chances de succès, il compte sur ce scrutin pour prouver que ses compatriotes ont soif de changement et qu’il peut l’incarner.

Sergueï Sobianine est le grand favori du scrutin avec 58%-60%, mais Alexeï Navalny a nettement grimpé dans les sondages à 18-20% grâce à une campagne très active dans la rue et sur l’internet. Il espère provoquer un second tour.

Outre Sergueï Sobianine et Alexeï Navalny, quatre autres candidats se présentent devant les près de 7,2 millions d’électeurs de Moscou, ville la plus grande et la plus riche de Russie. Les bureaux de vote fermeront à 18 heures (heure suisse). Les premiers résultats officiels devront être annoncés deux heures plus tard.

L’élection du maire de Moscou écrase en prestige et en importance politique les quelque 7000 autres scrutins locaux organisés ce dimanche en Russie.

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8 septembre 2013 7 08 /09 /septembre /2013 10:43

Washington et Paris, contents des soutiens, affinent leurs plans

 

Syrie

Les Etats-Unis et la France ont affiché samedi leur satisfaction d'avoir obtenu l'appui politique sur le dossier syrien de la moitié du G20 et de l'Union européenne.

Mis à jour le 07.09.2013   Imprimer

 

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Au G20, les leaders mondiaux divisés sur la Syrie.

Au G20, les leaders mondiaux divisés sur la Syrie.
Le G20 a ouvert ses portes jeudi 5 septembre 2013 à Saint-Pétersbourg pour un sommet dominé par la crise syrienne.

Paris et Washington ont affiché samedi leur satisfaction d'avoir obtenu l'appui politique sur le dossier syrien de la moitié du G20 et de l'Union européenne. Mais ils ne les ont pas ralliés à leur projet de frapper militairement le régime de Damas.

Le président français François Hollande a estimé que le Congrès américain voterait sur un recours à la force armée «jeudi ou vendredi» et a encore précisé attendre le rapport des inspecteurs de l'ONU sur l'utilisation des armes chimiques «sans doute à la fin de la semaine» prochaine.

Lors d'une conférence de presse à Paris avec son homologue américain John Kerry, le chef de la diplomatie française Laurent Fabius s'est félicité d'un «soutien large et grandissant» aux Etats-Unis et à la France.

«Désormais 7 des 8 pays du G8 partagent notre analyse sur une réaction forte» comme «12 pays du G20», a-t-il précisé, en évoquant aussi le soutien de l'Union européenne, exprimé à Vilnius, et celui du Conseil de coopération du Golfe qui a appelé à intervenir immédiatement en Syrie.

UE saluée

John Kerry a lui salué la déclaration «très puissante» de l'UE sur la Syrie, se disant «encouragé». Cette déclaration se limite toutefois à souligner la nécessité d'une «réponse forte» à l'usage d'armes chimiques, sans se prononcer sur sa forme.

Si une intervention militaire - toujours suspendue à un vote du Congrès américain - est décidée, elle ne devrait être le fait que principalement des armées américaine et française.

«Il y a un certain nombre de pays - un nombre à deux chiffres - qui sont préparés à prendre part à une action militaire», a assuré John Kerry.

Parallèlement à la séquence diplomatique qui vient de s'achever avec le G20 et l'UE, Washington et Paris ont continué d'essayer de convaincre leurs opinions publiques de la justesse de leur position. Dans les deux pays, l'opposition à un engagement militaire reste majoritaire.

Accord

Samedi, François Hollande a promis de s'adresser aux Français après le vote du Congrès américain et la remise du «rapport des inspecteurs» de l'ONU.

Le président américain Barack Obama a de son côté lancé un appel aux membres du Congrès pour qu'ils approuvent le principe d'une opération armée. «Nous sommes les Etats-Unis. On ne peut pas rester aveugle devant les images de Syrie que nous avons vues», a-t-il déclaré dans son allocution hebdomadaire à la radio.

Sans reprendre exactement les termes de cet appel, la formule adoptée par les ministres des Affaires étrangères de l'UE, prévoyant une «réponse claire et forte», est suffisamment vague pour satisfaire les 28 pays de l'UE au total. Aussi bien la France que ceux, plus nombreux, restant très réticents à un engagement militaire sans l'aval de l'ONU.

Les «28» ont encore affirmé qu'ils étaient d'accord pour dire qu'il existe de «fortes présomptions» sur la responsabilité du régime de Bachar al-Assad dans le massacre de centaines de civils au moyen d'armes chimiques le 21 août et sur le fait que les auteurs doivent être traduits devant la Cour pénale internationale (CPI).

Vote attendu

Aux yeux de la plupart des Etats de l'UE, le rapport de l'ONU attendu prochainement représente une étape essentielle, susceptible de confirmer de manière indépendante les accusations d'attaques aux gaz toxiques.

Lundi, le Congrès américain se réunit après les vacances parlementaires et le président Obama s'adressera mardi aux Américains après avoir décidé samedi dernier du principe de frappes «ciblées et limitées» contre la Syrie, mais pas avant le feu vert du Congrès.

La réunion du G20 de Saint-Pétersbourg a illustré les profondes divisions internationales, le président russe Vladimir Poutine ayant déclaré que la ligne de Moscou était partagée par plusieurs grands pays, dont la Chine, l'Inde et le Brésil.

Appel lancé

Soucieux d'éviter une intervention, le pape François avait invité les chrétiens, les autres religions et les non-croyants à une journée de jeûne et de prière samedi. Il a appelé à «travailler pour la paix et la réconciliation» et à mettre fin à la guerre «toujours une défaite de l'humanité», lors d'une veillée de prière.

Sur le terrain, les combats ont repris samedi entre forces fidèles au régime syrien et rebelles aux environs et dans la ville chrétienne de Maaloula, au nord de Damas, deux jours après le retrait de combattants rebelles de l'une des entrées de la ville, a dit l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), proche des rebelles. Ces éléments ne peuvent être vérifiés de manière indépendante.

Et une dizaine de mouvements islamistes membres de l'insurrection syrienne ont de leur côté manifesté leur hostilité à une intervention militaire étrangère.

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6 septembre 2013 5 06 /09 /septembre /2013 06:06

Obama face à l'intransigeance russe et chinoise au G20

 

Saint-Petersbourg

Vladimir Poutine et Barack Obama ont échangé poignée de mains et sourires forcés à l'ouverture du G20. Ils n'ont pu dissiper l'impression de crispation dominant ce sommet marqué par la situation en Syrie.

Mis à jour le 05.09.2013   Imprimer

1/19 Vladimir Poutine a accueilli d'une poignée de mains Barack Obama au sommet du G20. Les deux chefs d'Etat sourient ostensiblement devant les objectifs malgré leur opposition sur l'idée d'une intervention militaire en Syrie. (Jeudi 5 septembre 2013)
Image: AFP

   

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G20: quels sont les pays pour ou contre une intervention militaire en Syrie

G20: quels sont les pays pour ou contre une intervention militaire en Syrie
Les leaders du monde se réunissent jeudi 5 et vendredi 6 septembre 2013 à Saint-Pétersbourg. Vladimir Poutine a mis officiellement la Syrie à l'agenda du G20

Les leaders des pays du G20 sont entrés de plain-pied dans la crise syrienne, abordée de manière officielle lors d'un dîner de gala jeudi soir. Celui-ci a été organisé dans le somptueux palais de Peterhof, paré pour l'occasion d'un impressionnant habit de lumière bleu.

La plupart des invités, emmenés à pied par Vladimir Poutine, sont arrivés vers 19h30 (en Suisse). Les photographes ont pu constater que François Hollande, Angela Merkel et le Premier britannique David Cameron conversaient, la mine grave.

Le président américain, promoteur d'une intervention militaire contre le régime syrien de Bachar al-Assad qu'il accuse d'utiliser des armes chimiques, est arrivé en solitaire peu avant 20h00.

Ce repas a été l'occasion d'aborder la crise syrienne, source de très vives tensions diplomatiques entre les Etats-Unis et la Russie depuis plusieurs jours. Moscou soutient Damas et s'oppose à l'option militaire américaine.

Solution politique

Auparavant, au cours d'une rencontre avec le Premier ministre japonais Shinzo Abe, le président américain avait déclaré que les dirigeants mondiaux réunis devraient «admettre que l'utilisation d'armes chimiques en Syrie n'était pas seulement une tragédie, mais aussi une violation du droit international qui devait être réglée».

Le camp des bellicistes se heurte au soutien indéfectible de la Russie au régime de Bachar al-Assad et à la résistance de la Chine. «La situation actuelle montre que la solution politique est la seule voie» possible pour régler la crise, a déclaré un porte-parole de la délégation chinoise.

Trois navires de guerre

Depuis mercredi, les déclarations menaçantes et les intimidations se sont multipliées. Jeudi, trois navires de guerre russes ont franchi le détroit turc du Bosphore pour se rendre près des côtes syriennes.

Dans ce contexte, l'ONU a annoncé l'arrivée surprise en Russie de son envoyé spécial, Lakhdar Brahimi, qui est également celui de la Ligue arabe. Il va aider le secrétaire général Ban Ki-moon à convaincre les leaders mondiaux de faire avancer la conférence internationale pour la Syrie, dite Genève-2.

Message du pape

L'Eglise catholique se mobilise aussi d'une manière inédite depuis sa campagne contre la guerre d'Irak en 2003. Le pape François a notamment écrit une lettre à M. Poutine, en tant que président du G20, pour prôner une solution de paix en Syrie.

Les principaux pays européens sont désunis, car seule la France veut intervenir en Syrie. «Nous allons parler très intensément de la Syrie en marge du sommet», a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel, qui a rendu une visite impromptue à François Hollande en marge du sommet.

Les ministres des Affaires étrangères des pays de l'Union européenne se réuniront vendredi et samedi à Vilnius pour tenter de trouver une position commune. John Kerry, leur homologue américain, pourrait les rejoindre samedi.

Efforts diplomatiques

Sur le terrain, quatre personnes ont été tuées et six autres blessées dans un attentat à la voiture piégée jeudi dans l'ouest de Damas, a annoncé l'agence officielle syrienne Sana.

Par ailleurs, la chef des opérations humanitaires des Nations unies, Valerie Amos, est arrivée jeudi à Damas pour des entretiens avec des responsables syriens.

Après le G20, le chef de la diplomatie syrienne, Walid Mouallem, se rendra à Moscou lundi. Il s'entretiendra de la situation en Syrie avec son homologue russe, Sergueï Lavrov, a annoncé jeudi le ministère russe des Affaires étrangères. La Russie soutient le régime de Damas depuis le début du conflit en Syrie il y a deux ans et demi.

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4 septembre 2013 3 04 /09 /septembre /2013 06:58

L'opposition redoute de nouvelles frappes d'armes chimiques

 

Syrie

La coalition de l'opposition syrienne a fait état du mouvement de trois convois militaires chargés d'armes chimiques au cours des dernières quarante-huit heures.

Mis à jour le 03.09.2013   Imprimer

1/67 John Kerry, Chuck Hagel et Martin Dempsey ont présenté une résolution au Sénat américain limitant une éventuelle intervention en Syrie à 60 jours. (3 septembre 2013)
Image: Reuters

   

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Les enjeux pétroliers du conflit en Syrie

Les enjeux pétroliers du conflit en Syrie
La menace de frappes aériennes sur la Syrie par les puissances occidentales a fait bondir les prix du pétrole.

L'opposition dit mardi redouter une nouvelle attaque au gaz toxique des forces fidèles au régime de Damas.

«Nous avons des informations récentes faisant état du mouvement de trois convois chargés d'armes chimiques, nous pouvons confirmer maintenant que deux d'entre eux ont atteint leur destination», a déclaré le porte-parole de la coalition Khaled Saleh, lors d'une conférence de presse à Istanbul.

Selon Khaled Saleh, ces deux convois se sont déployés à Ezra'a, près de la ville de Deraa (sud), et sur l'aéroport militaire de Dommair, dans la banlieue de la capitale syrienne Damas.

«Nous avons de sérieuses craintes, sur la foi d'informations venant de sources internes à l'armée (du président syrien Bachar) al-Assad, qu'ils (l'armée syrienne) pourraient envisager d'utiliser ces armes chimiques contre des civils innocents», a poursuivi M. Saleh.

Punition annoncée

L'opposition syrienne et plusieurs pays, notamment les Etats-Unis et la France, accusent le régime syrien d'avoir tué des centaines de civils en utilisant des gaz toxiques le 21 août près de Damas.

«Quelqu'un à Damas est prêt à utiliser des armes chimiques à n'importe quel prix, malheureusement le seul message qu'il a reçu jusque-là de la communauté internationale est un feu vert», a déploré une nouvelle fois mardi Khaled Saleh.

Plusieurs pays occidentaux ont annoncé leur intention de «punir» militairement le régime de Bachar al-Assad. Mais, après le refus des députés britanniques d'approuver une intervention militaire de leur pays, toute action militaire est désormais suspendue à un vote favorable du Congrès américain.

Preuves attendues

L'opposition syrienne avait annoncé que le chef de l'institut médico-légal d'Alep (nord), Abdul Tawwab Shahrour, allait présenter mardi à la presse à Istanbul des preuves de l'utilisation d'armes chimiques par Damas plus tôt cette année dans cette ville.

Mais Abdul Tawwab Shahrour a été contraint de reporter son intervention publique «pour des raisons de sécurité», a indiqué le porte-parole de la Coalition.

Obama a le soutien du Congrès

Le président républicain de la Chambre des représentants, John Boehner, a apporté mardi un soutien politique décisif au président Barack Obama en se déclarant favorable à une intervention militaire en Syrie. Dans cette perspective, la Marine américaine ajuste son dispositif. La Russie a elle réitéré son opposition à une frappe contre son allié syrien.

«Je vais soutenir l'appel du président en faveur d'une action» en représailles à l'utilisation d'armes chimiques, a déclaré John Boehner à l'issue d'une rencontre des principaux responsables parlementaires américains à la Maison-Blanche avec le président.

Le soutien clé de John Boehner devrait augmenter la dynamique en faveur d'une résolution parlementaire autorisant le recours à la force contre le régime du président syrien Bachar al-Assad, alors que de nombreux membres du parti républicain ont manifesté leur intention de voter contre.

La Chambre des représentants, à majorité républicaine, et le Sénat, à majorité démocrate, seront de retour en session lundi prochain. Les votes dans chacune des chambres pourraient intervenir dès les jours suivants.

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4 septembre 2013 3 04 /09 /septembre /2013 06:50

Barack Obama marque des points au Congrès

 

Guerre en Syrie

En pointant du doigt la menace iranienne, le gouvernement de Barack Obama a marqué des points auprès du Congrès qui doit se prononcer sur une éventuelle intervention en Syrie.

Mis à jour à 07h42

1/67 John Kerry, Chuck Hagel et Martin Dempsey ont présenté une résolution au Sénat américain limitant une éventuelle intervention en Syrie à 60 jours. (3 septembre 2013)
Image: Reuters

   
Le gouvernement américain a marqué des points dans sa campagne visant à convaincre le Congrès du bien fondé d'une intervention militaire en Syrie, en pointant la menace iranienne, peu avant le début mercredi d'un débat sur la Syrie au Parlement français.

Le président américain Barack Obama s'est dit confiant, peu avant son départ pour la Suède mardi soir, que les parlementaires américains voteraient, peut-être dès la semaine prochaine, une résolution l'autorisant à frapper le régime du président syrien Bachar al-Assad, en représailles de l'utilisation d'armes chimiques.

Intervention «limitée»

Pour satisfaire les plus réticents d'entre eux, une nouvelle résolution a été élaborée au Sénat américain limitant toute intervention en Syrie à 60 jours, avec la possibilité d'une extension à 90 jours, et interdisant au président de déployer des soldats américains dans le «but d'opérations de combat» en Syrie.

Un vocabulaire qui laisse la possibilité d'opérations pour secourir des pilotes américains, par exemple. Une commission du Sénat votera sur ce nouveau texte mercredi à 17h30.

L'issue des votes la semaine prochaine dans les deux chambres du Congrès restait pourtant incertaine, même si Barack Obama a engrangé mardi le soutien clé de son principal adversaire politique, le président républicain de la Chambre des représentants, John Boehner.

Barack Obama a une nouvelle fois mis l'accent sur le fait que toute intervention en Syrie serait «limitée» et «proportionnelle». «Cela n'implique pas de troupes au sol, ce n'est pas l'Irak, ce n'est pas l'Afghanistan», a-t-il souligné.

Menace iranienne

«Ce n'est pas le moment d'être isolationniste dans un fauteuil. Ce n'est pas le moment d'être spectateur d'un massacre», a lancé de son côté le chef de la diplomatie John Kerry lors d'une audition très médiatisée au Sénat américain, avertissant que l'inaction était bien plus risquée qu'une intervention.

«L'Iran espère que vous regardez de l'autre côté», a-t-il prévenu, en évoquant le dossier du nucléaire iranien. «Notre inaction lui donnerait certainement la possibilité au mieux de se tromper sur nos intentions, quand ce ne serait pas de les mettre à l'épreuve», a-t-il ajouté, en citant aussi le Hezbollah et la Corée du Nord.

L'opinion américaine, tout comme les élus, restait encore à convaincre. Selon un sondage ABC News/Washington Post publié mardi, 59% des Américains s'opposent à des frappes par missiles de croisière en Syrie, tandis que 48% se disaient opposés (29% favorables) dans une autre enquête, de l'institut Pew.

La France espère une coalition internationale

En France, où le Parlement s'apprêtait mercredi à débattre de la pertinence d'une intervention en Syrie, l'opinion publique est également réticente. Quelque 74% des Français veulent un vote avant toute action militaire contre la Syrie.

Le débat mercredi ne sera pas suivi d'un vote. La question d'un autre débat, suivi d'un vote, pourrait toutefois se poser après la consultation du Congrès américain à partir du 9 septembre.

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault devait confirmer à partir de 16 heures devant les députés la ligne diplomatique française: réunir une coalition internationale afin de «sanctionner» Bachar al-Assad.

Mardi, le président François Hollande s'est montré toujours plus «déterminé» à intervenir contre le régime syrien qu'il tient pour responsable du massacre chimique du 21 août à Damas, appelant l'Europe à s'unir sur cette question.

Inquiétudes de l'ONU

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a de son côté mis en garde mardi contre les risques d'une «action punitive», mettant en avant l'impact qu'elle pourrait avoir «sur les efforts pour empêcher d'autres effusions de sang et faciliter un règlement politique du conflit».

«Je demande aux membres (du Conseil de sécurité) de s'unir et de définir une réponse appropriée au cas où les accusations (à propos des armes chimiques) se révèleraient vraies», a-t-il déclaré.

L'opposition redoute une nouvelle attaque

Sur le terrain, l'armée syrienne a repris mardi le contrôle de la ville stratégique d'Ariha dans la province d'Idleb (nord-ouest) à l'issue de dix jours de bombardement et de combats, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Depuis Istanbul, la coalition de l'opposition syrienne a dit redouter une nouvelle attaque au gaz toxique des forces fidèles à Damas, faisant état du mouvement de trois convois militaires chargés d'armes chimiques au cours des dernières 48 heures.

Le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a estimé mardi que le nombre de réfugiés syriens dépassait désormais les deux millions, soit huit fois plus qu'il y a un an, et que 4,25 millions de Syriens étaient déplacés à l'intérieur des frontières. Au total, ce sont donc plus de six millions de personnes qui sont déracinées, soit plus du quart des 22 millions d'habitants de la Syrie.

Tirs en Méditerranée

Dans ce contexte de tension, le ministère russe de la Défense a annoncé avoir détecté deux tirs de missile balistique mardi matin depuis le centre de la Méditerranée vers la côte est.

Le tir d'un missile a été confirmé par Israël, qui a expliqué qu'il s'agissait d'un exercice militaire israélo-américain --un test planifié «de longue date» et qui «n'a rien à voir» avec une éventuelle action militaire américaine en Syrie, selon le Pentagone.

«La plus grande tragédie du siècle»

Indépendamment du débat autour des attaques chimiques présumées, le Haut Commissaire de l'ONU pour les réfugiés Antonio Gutteres a estimé mardi matin que la Syrie était «devenue la grande tragédie de ce siècle, une calamité humanitaire indigne avec des souffrances et des déplacements de population sans équivalent dans l'Histoire récente».

A Damas, les déplacés ont remplacé les touristes. Dans des hôtels décrépits du secteur populaire de Marjé à Damas, plusieurs dizaines d'entre eux vivent ainsi, certains depuis plus d'un an, entassés dans des chambres de 15m2 où ils cuisinent dans les salles de bain.

A la veille d'un sommet du G20 jeudi à Saint-Pétersbourg - durant lequel aucun tête-à-tête n'est prévu entre Vladimir Poutine et Barack Obama - la Russie a réitéré son opposition à une frappe contre son allié syrien.

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  • écrivain, née à Marrakech, Maroc, qui cherche une voie pour rapprocher les coeurs et les ames.
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